. 176 000 policiers piratés : l’État nounou, incapable de se protéger lui-même

Articles : Avril 2026Mar. 2026Fev 2026Jan 2026
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#webtube : La police nationale n’a pas vu venir l’attaque. Entre le 17 et le 18 mars 2026, un acteur malveillant s’est introduit dans e-campus, la plateforme de formation en ligne du ministère de l’Intérieur, gérée par une société privée externe. Résultat : les données professionnelles de 176 317 agents — policiers actifs, personnels administratifs et contractuels — ont été consultées. Noms, prénoms, adresses mail professionnelles, et pour certains adresses de résidence correspondant à des bâtiments de la Police nationale elle-même. La nouvelle n’a été rendue publique que le 15 avril, soit près d’un mois après les faits.

Un mois de silence, une institution aveugle

Ce délai dit tout. Les victimes concernées viennent à peine d’être contactées. La plateforme e-campus a été placée en maintenance le temps des « mesures correctives ». La Direction générale de la Police nationale parle d’« incident de sécurité » et assure que « des mesures ont été prises immédiatement ». Le langage administratif dans toute sa splendeur — calibré pour rassurer sans informer, pour paraître réactif sans avoir à rendre de comptes.

Ce piratage n’est pourtant pas un fait isolé. Il survient quatre mois seulement après une précédente attaque massive contre le ministère de l’Intérieur, lors de laquelle des pirates avaient accédé au fichier de traitement des antécédents judiciaires. Une enquête est toujours en cours sur ce premier incident. On attend donc le résultat de l’enquête sur l’ancien piratage pendant que le nouveau se produit. La roue tourne, l’État regarde.

Des données qui valent de l’or pour les mauvaises personnes

Les informations volées ne contiennent ni données bancaires ni mots de passe — ce qui, dans la communication officielle, sert à minimiser la gravité de l’affaire. C’est une erreur de cadrage. Pour un attaquant professionnel ou un service de renseignement hostile, un annuaire structuré de 176 000 profils de policiers avec leurs parcours de formation, leurs spécialités et leurs coordonnées professionnelles représente une ressource d’une valeur considérable.

Il suffit de croiser ces données avec d’autres sources — réseaux sociaux, précédentes fuites — pour cartographier des unités entières, identifier des compétences sensibles, cibler des agents individuellement avec des messages de phishing parfaitement crédibles. Un mail imitant un supérieur hiérarchique connu, mentionnant un module de formation récemment suivi : voilà le genre d’attaque que ce type de fuite rend trivial à construire. Dans un contexte policier, le risque ne se limite pas au vol de données supplémentaires — le ciblage individuel d’agents reste une hypothèse que personne n’ose formuler officiellement, mais que personne ne peut non plus écarter.

L’État, incapable de se protéger lui-même

Le paradoxe est cruel : la plateforme piratée était celle dédiée à la formation des policiers — y compris, vraisemblablement, à leur formation aux risques numériques. L’outil censé renforcer la culture de sécurité est devenu le point d’entrée de l’attaque. On ne saurait mieux illustrer l’écart entre les discours sur la cybersécurité et la réalité des systèmes d’information de l’État français.

L’ANSSI alerte, Cybermalveillance.gouv.fr sensibilise, les rapports parlementaires s’accumulent. Hôpitaux, collectivités, établissements scolaires, administrations — la liste des victimes de cyberattaques dans le secteur public français s’allonge chaque trimestre. Et à chaque fois, la même séquence : l’attaque se produit, elle est découverte avec retard, communiquée au compte-gouttes, suivie d’assurances sur les « mesures correctives immédiates » et d’une enquête dont on n’entendra plus parler.

Dans le monde réel, l’État peine à assurer la sécurité des citoyens. Dans le monde virtuel, il peine à l’assurer également. Ce n’est pas rassurant — c’est même, à bien y réfléchir, le constat le plus inquiétant qui soit.

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. L’ampleur des dégâts : Marc Eynaud dresse le bilan au scalpel de neuf années de macronisme

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#webtube : Neuf ans. Deux quinquennats. Et un bilan que Marc Eynaud, journaliste diplômé en sciences politiques, a voulu sortir du brouillard des récits officiels pour le confronter aux faits. Dans L’ampleur des dégâts, 2017-2026 — le vrai bilan d’une présidence, paru en février 2026 aux éditions l’Artilleur, il décortique méthodiquement ce que la communication macroniste a soigneusement évité de dire : l’état réel de l’économie, de l’emploi, de l’immigration, de la souveraineté, des services publics. Chiffres à l’appui, sans concession mais sans procès d’intention, il répond à la question que beaucoup de Français se posent : comment un président élu sur la promesse d’efficacité et de modernité a-t-il pu susciter autant de désillusion ? Et surtout — la France peut-elle encore redresser la barre ? Entretien.

Breizh-info.com : Dans votre livre, vous parlez d’un « vrai bilan » : est-ce que cela signifie que celui présenté aux Français depuis 2017 relève davantage du récit politique que de la réalité ?

Marc Eynaud : Lorsqu’une force politique, quelle qu’elle soit, est en mouvement, se met invariablement en place un récit politique. Ce dernier a pour objectif de donner une cohérence à l’ensemble des décisions prises et des actions entreprises. Je n’en fais pas spécifiquement le reproche à Emmanuel Macron et à son entourage. Mais c’est le rôle d’un journaliste de vérifier, a minima, si le récit est raccord avec la réalité. Vous vous doutez bien que si ce livre a vu le jour, c’est parce que la réalité est beaucoup moins reluisante que ce que le récit laisse entendre.

Breizh-info.com : Emmanuel Macron a été élu sur la promesse d’efficacité et de modernité. Comment expliquez-vous que, neuf ans plus tard, le sentiment dominant soit celui d’un déclassement et d’une perte de contrôle ?

Marc Eynaud : L’élection d’Emmanuel Macron a été, au moins en 2017, un immense malentendu. On l’a sans doute oublié, mais il y avait un véritable vote d’adhésion, renforcé, il est vrai, par l’effondrement de Marine Le Pen lors du débat d’entre-deux-tours. Emmanuel Macron s’est présenté comme un candidat qui avait un bon diagnostic sur l’état de la France (cf. son livre-programme). Il a été élu sur la promesse d’en finir avec les partis politiques et les vieux clivages. En bref, un président rassemblant les Français au-delà de ces vieilles luttes stériles. Un peu dans l’esprit originel de la Constitution incarnée par le général de Gaulle. Mais, contrairement à son lointain prédécesseur, Emmanuel Macron n’aura jamais eu le souci de sa propre légitimité.
Enfin, il a été élu aussi sur une promesse libérale, l’imposant comme le candidat des actifs, porté par son image de « Mozart de la finance ». On a vu le résultat, et ce que vous appelez un « sentiment » est hélas une réalité économique, sociale, géopolitique et souveraine.

Breizh-info.com : Vous insistez sur les faits plutôt que sur la personnalité. Mais peut-on vraiment dissocier le bilan politique du style de gouvernance très vertical d’Emmanuel Macron ?

Marc Eynaud : Le pari de ce livre repose justement sur une forme d’abstraction de l’incarnation présidentielle. Parce que d’autres l’ont traitée de manière très complète. Mais aussi parce que jamais un président élu n’aura suscité autant de détestation et de passion. Aussi, j’ai fait le choix du bilan sourcé. Parce qu’au-delà du « président toxique », il y a la réalité d’un pays dont les failles se sont muées en fractures. Au-delà de l’homme qu’il est aisé de détester, il y a un pays ruiné.

Breizh-info.com : Sur l’économie et l’emploi, le pouvoir met en avant des chiffres positifs. Selon vous, s’agit-il d’une amélioration réelle… ou d’un habillage statistique ?

Marc Eynaud : C’est sans doute l’une des données les plus emblématiques de l’enfumage macroniste. On a entendu les élus macronistes pérorer sur les 2,4 millions d’emplois créés depuis 2017. Or, si l’on regarde dans le détail, on s’aperçoit que se cachent dans ce décompte 600 000 emplois « non-salariés, indépendants et auto-entrepreneurs », en résumé les emplois créés par la fameuse ubérisation. Depuis 2017, le nombre d’indépendants a progressé de 21 %, contre seulement 3 % en moyenne dans la zone euro. Mais le revenu moyen d’un auto-entrepreneur en 2024 est d’un peu plus de 500 euros par mois… Reste 1,8 million d’emplois. Mais là encore, 600 000 d’entre eux correspondent à des contrats d’apprentissage. Si cela permet à des jeunes d’accéder plus facilement à l’emploi, c’est aussi un dispositif coûteux. Il coûte entre 25 et 30 milliards d’euros par an à l’État. Dernier volet : la fonction publique.

D’après l’Observatoire Hexagone, les effectifs ont augmenté de 190 000 agents depuis 2017. Nous sommes loin de l’engagement du candidat Macron, qui promettait la suppression de 120 000 postes. Donc, sur ces 2,4 millions d’emplois créés, environ 60 % sont à fortement relativiser. D’autant que le décrochage du PIB laisse à penser qu’une grande part des emplois objectivement créés n’ont pas spécialement enrichi leurs bénéficiaires.

Breizh-info.com : L’immigration est l’un des angles forts de votre analyse. Pourquoi estimez-vous que le macronisme n’a jamais réussi à définir une ligne claire sur ce sujet ?

Marc Eynaud : Parce que derrière cette promesse de nouveau monde se cache un logiciel ringard. Malgré sa relative jeunesse, Macron appartient à cette vieille génération sociale-démocrate qui s’accroche encore à la mondialisation heureuse et à la « chance » créée par le brassage des cultures et les sociétés cosmopolites. Le président élu et les siens sont passés en quelques années du multiculturalisme heureux à l’incapacité d’appréhender les conséquences civilisationnelles qu’une telle politique allait engendrer. On a quand même fait entrer, en 2024, un nombre d’immigrés légaux supérieur à la population de la métropole de Nice. À cet incompréhensible bouleversement sociétal, à cette submersion migratoire volontaire, aux violences engendrées par ce changement de population, Mélenchon donne un but. Il en propose une grille de lecture idéologiquement cohérente et optimiste. Là où les macronistes paraissent dépassés et incapables d’assumer cet état de fait, les Insoumis le font paraître inéluctable, volontaire, voire souhaitable. Prise à son propre piège progressiste, comme une voiture lancée dans une pente, l’ex-majorité est condamnée à deux choix : accélérer vers sa gauche ou freiner jusqu’à casser le moteur.

Breizh-info.com : Vous évoquez une forme de « synthèse » entre droite et gauche qui aurait finalement aggravé les problèmes. Est-ce que le dépassement du clivage gauche-droite était, dès le départ, une illusion ?

Marc Eynaud : Oui. Cela s’est vu lors du premier quinquennat, dès les débats sur la première loi immigration. Avec un groupe composé pour un tiers d’anciens socialistes, un tiers d’anciens LR et un tiers de « société civile », Emmanuel Macron et son gouvernement verront le groupe exploser. Au fond, Macron n’a pas aboli le clivage droite-gauche, mais il l’a enfermé dans son propre groupe. D’où l’impossibilité d’avoir une ligne et, surtout, l’opportunité pour LFI et le RN de démultiplier leur force politique. Oui, ce fut une illusion, mais celle-ci a volé en éclats en 2022. Cela fait quatre ans que les lambeaux de la macronie passent d’une béquille à l’autre sans jamais se stabiliser. Le groupe macroniste est passé en sept ans de majorité absolue à majorité relative, pour finir comme une composante minoritaire d’un socle commun lui aussi minoritaire. Bravo l’artiste !

Breizh-info.com : Vous suggérez que le macronisme a libéré un espace pour les oppositions dites « extrêmes ». Est-ce l’échec d’une stratégie… ou une conséquence logique de ce positionnement central ?

Marc Eynaud : Une conséquence logique et souhaitée. En se positionnant lui-même à l’extrême centre, Emmanuel Macron a joué à fond la carte des blocs : le camp de la raison face aux extrêmes. À court terme, cela a fonctionné pour lui. Il a réussi à se faire réélire en 2022 sur cette promesse, pour ne pas dire ce chantage : lui contre le chaos. Mais ce calcul n’est bon que si le centre est majoritaire. Or, il est aujourd’hui écrasé entre l’ultra-gauche et la droite nationale. Une situation qui l’oblige à chercher une respiration… au PS et chez LR, c’est-à-dire chez les deux forces politiques qu’il a tenté de mettre à mort. La passation de pouvoir entre Attal, dauphin fauché en plein élan, et Michel Barnier, vieux dinosaure que tout le monde croyait éteint, aura été le symbole de cet essoufflement tactique.

Breizh-info.com : À vous lire, le macronisme apparaît comme un mouvement sans enracinement durable. Est-ce, selon vous, la preuve qu’il s’agissait avant tout d’un projet personnel ?

Le macronisme n’a été qu’un mouvement destiné à porter Emmanuel Macron au pouvoir. Lorsque ce dernier a été réélu en 2022 sans possibilité de se présenter pour un troisième mandat, il en a acté l’obsolescence. C’est ce qui a pu motiver sa décision de dissoudre en 2024. L’avenir de ses proches ne le concernait plus, et la résurrection ou non de ses concurrents n’était plus son affaire. Voire, ils le servent. Car cela complique singulièrement la tâche d’un successeur dont il rejette l’idée.

Breizh-info.com : Vous évoquez l’hypothèse d’un retour d’Emmanuel Macron en 2032. Faut-il comprendre que cette décennie n’est, au fond, qu’un acte dans une stratégie politique plus longue ?

Emmanuel Macron a, en quelques mois, nommé Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel et envoyé Amélie de Montchalin à celle de la Cour des comptes. Il n’a aussi rien fait pour se créer un successeur, car ce dernier serait le meilleur moyen de se barrer la route pour un retour en 2032. Je ne saurais vous dire si Macron a un plan dans la tête, mais sa résolution à continuer d’exercer le pouvoir est certaine. Peut-être, pour revenir à vos premières questions, faudrait-il s’en tenir à la personnalité d’Emmanuel Macron ? Cette aventure présidentielle est une aventure solitaire. Une trajectoire vue comme une performance. Un retour au pouvoir en 2032 s’inscrit pleinement dans cette vision.

Breizh-info.com : Dernière question : après neuf années que vous jugez largement négatives, la France est-elle encore en mesure de redresser la barre… ou a-t-on déjà basculé dans une crise durable ?

Marc Eynaud : Les dix ans d’Emmanuel Macron n’ont pas créé le chaos ni provoqué le décrochage français à eux seuls. Mais ces deux quinquennats ont accéléré et aggravé des failles déjà existantes. La France peut redresser la barre, et personne n’est condamné d’avance au déclin. Il faudrait pour cela un renversement de table total. Mais plus nous attendons, plus le remède sera brutal. Il faut en finir avec l’immigration, briser l’accoutumance à la dépense publique, remettre la responsabilité individuelle au cœur du projet social, « détotémiser » l’État de droit… C’est possible, mais existe-t-il une telle volonté politique et, surtout, une majorité d’électeurs ?

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. Dette, retraites, fiscalité : la vérité sur l’économie française

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#webtube : Dette qui explose, retraites sous tension, fiscalité record, risques sur l’épargne… Dans cette émission, Maxime Maury, ancien directeur régional de la Banque de France, répond aux questions des auditeurs et analyse les fragilités de l’économie française. Quelles réformes seraient nécessaires ? Quels scénarios pourraient se produire si la situation se dégrade ? Un échange sans détour pour mieux comprendre les enjeux économiques actuels.

00:00 – Introduction 00:28 – Présentation de Maxime Maury (ex-Banque de France) 01:17 – Les réactions des auditeurs à la première vidéo 02:29 – La France vers une crise obligataire et un plan d’austérité ? 05:35 – Énergie, métaux et contraintes de la transition énergétique 07:05 – L’euro protège-t-il vraiment la France ? 08:31 – Bureaucratie, normes et coût de l’État 10:10 – Retraites : une des causes majeures de la dette 13:46 – Impôts record et inefficacité des services publics 16:46 – Quelles réformes pourraient réduire le déficit ? 20:56 – L’État pourrait-il s’attaquer à l’épargne ? 25:02 – Comment protéger son épargne 27:50 – La dette augmente de 5 000 € par seconde 29:57 – Fonctionnaires, bureaucratie et désindustrialisation 32:43 – L’or et la méfiance envers les monnaies 36:34 – Risque de crise majeure 39:22 – Déclin économique de l’Union européenne 42:46 – Immigration et finances publiques 44:32 – Les jeunes croient-ils encore au système de retraite ? 47:29 – Conclusion

Source : Youtube – Le Revenu

. Comprendre les marchés depuis 50 ans au travers de l’expérience de Charles Gave

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#webtube : Dans cette émission, Charles Gave explique sa vie personnelle et les années de bourse qui ont entouré ces années. Le choix de la finance, la fin de Bretton wood, Charles Gave a compris le monde.

Source : Youtube – Institut des Libertés-Charles Gave