#webtube : La pression fiscale ne cesse d’augmenter, les libertés publiques font débat, et le sentiment de déclassement gagne du terrain. Dans cette émission d’Alerte Générale, Philippe Prigent, l’avocat volcanique, livre une analyse directe et sans détour sur l’évolution du pouvoir en France. Fiscalité jugée étouffante, décisions politiques de plus en plus contestées, régulation des réseaux sociaux, rôle des institutions et défiance croissante envers les médias : plusieurs signaux interrogent sur le fonctionnement réel du système. À travers ses prises de position et son franc-parler, Philippe Prigent aborde une question centrale : les citoyens ont-ils encore une prise sur les décisions qui les concernent ? L’émission revient également sur la transformation du rapport entre le pouvoir et l’opinion publique, entre communication politique, contrôle du discours et tensions sociales. Une discussion franche sur les libertés, la fiscalité et les équilibres démocratiques dans un contexte de plus en plus tendu.
#webtube : Dans un monde instable où les tensions au Moyen-Orient menacent l’approvisionnement en pétrole et en gaz, une question devient centrale : la France peut-elle encore être indépendante énergétiquement ? Car pendant que les crises internationales dictent le prix de l’énergie, une réalité reste largement ignorée : la France possède déjà sur son sol de quoi assurer son indépendance pour des millénaires. Au cœur de cette stratégie : les réacteurs nucléaires surgénérateurs, capables d’utiliser les stocks d’uranium appauvri accumulés depuis des décennies. Un potentiel colossal : près de 350 000 tonnes, soit plus de 8 000 ans d’énergie. Alors pourquoi cette solution n’est-elle pas pleinement exploitée ? Les décisions récentes du pouvoir sont-elles à la hauteur des enjeux ?
🎙️ Pour en parler : Dominique Grenêche, ingénieur, docteur en physique nucléaire, ancien du CEA, expert international, et l’auteur de « Les réacteurs nucléaires surgénérateurs – Plaidoyer pour un avenir énergétique durable et propre ». Jean-Luc Cerdan, ingénieur en génie atomique, chercheur aux Etats-Unis (Argonne, Illinois) ancien de Framatome et d’EDF Au programme : 🔹 Les réacteurs surgénérateurs : révolution énergétique ou fantasme ? 🔹 La France peut-elle vraiment devenir indépendante ? 🔹 Les risques nucléaires (déchets, accidents) : mythe ou réalité ? 🔹 Le tournant nucléaire d’Emmanuel Macron 🔹 PPE3 : stratégie cohérente ou impasse énergétique ? 🔹 Eolien & photovoltaïque vs nucléaire : un conflit inévitable ? 👉 Une émission essentielle pour comprendre les enjeux réels derrière la crise énergétique. A la suite de « Politique & Eco », retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : »Plus ça va mal, plus les marchés montent ». Philippe Béchade est rédacteur en chef de La Chronique Agora et La Lettre des Affranchis
#webtube : Mardi 21 avril 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la création d’une nouvelle aide carburant destinée aux « travailleurs modestes grands rouleurs ». Montant moyen : 50 euros, versés en une seule fois au mois de juin sur déclaration en ligne via le portail impots.gouv.fr. Nombre de bénéficiaires visés : environ 2,9 à 3 millions de personnes, soit moins d’un détenteur du permis de conduire sur dix en France. Critères cumulatifs : un revenu inférieur à la médiane nationale (environ 17 000 euros par an pour une personne seule, 50 000 euros pour un couple avec deux enfants) et une distance domicile-travail d’au moins 15 kilomètres — ou 8 000 kilomètres professionnels annuels pour les métiers mobiles. Présenté comme un « geste ciblé » face à l’envolée des prix à la pompe consécutive à la guerre au Moyen-Orient, le dispositif illustre une fois de plus la préférence obstinée de Bercy pour la complexité bureaucratique plutôt que pour les mesures fiscales simples et universelles.
Il existe, en France, deux manières de faire face à une hausse brutale des prix du carburant.
La première, sobre et efficace, consisterait à alléger la charge fiscale qui compose environ 60 % du prix de l’essence à la pompe. Baisser temporairement la TVA sur les carburants, réduire la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), geler la taxe carbone prévue pour les prochaines années. Résultat attendu : une baisse immédiate, automatique, visible, profitant à tous les automobilistes sans distinction — ouvriers, retraités, étudiants, indépendants, agriculteurs, bénévoles, commerçants, salariés du privé comme du public.
La seconde, bureaucratique et clientélaire, consiste à conserver toutes les taxes existantes, puis à reverser par petits bouts une partie de leur produit à une fraction soigneusement sélectionnée de la population, selon des critères fiscaux, géographiques et professionnels complexes, via un portail administratif à construire, avec déclaration sur l’honneur, vérification croisée, contrôles a posteriori possibles — et naturellement au prix d’un coût de gestion substantiel pour l’administration.
C’est évidemment la seconde solution qui a été choisie mardi dernier par le gouvernement de Sébastien Lecornu.
Un dispositif à la complexité étudiée
Le « dispositif d’accompagnement grands rouleurs » tel qu’il a été présenté par le ministre de l’Économie Roland Lescure sur France 2, puis précisé par la porte-parole Maud Bregeon sur Europe 1 et CNews le lendemain, a tout d’un modèle de ce que l’on peut appeler, avec la lassitude de ceux qui observent ces manœuvres depuis des années, le français-bureaucratique appliqué.
On commence par exclure d’emblée environ 35 millions des 38 millions de détenteurs du permis de conduire français. Les retraités, même modestes, même vivant en pleine campagne à vingt kilomètres de leur pharmacie, de leur médecin et du supermarché le plus proche : dehors. Les étudiants qui parcourent parfois cinquante kilomètres par jour pour rejoindre une faculté décentralisée : dehors. Les demandeurs d’emploi qui ont justement besoin d’une voiture pour aller chercher un travail : dehors. Les bénévoles associatifs qui transportent des personnes âgées, livrent des repas à domicile, assurent la vie collective des petites communes rurales : dehors. Les petits artisans et travailleurs indépendants dont le statut juridique ne correspond pas aux cases préremplies : statut incertain. Les ménages dont les revenus, tout en étant modestes, dépassent de quelques euros le plafond fixé : dehors.
Puis on applique à la population résiduelle — quelques millions de salariés modestes obligés de parcourir au moins quinze kilomètres quotidiens jusqu’à leur travail — une seconde batterie de conditions, de contrôles, de plafonds, de seuils, de vérifications. Distance à vol d’oiseau ou par la route ? Le gouvernement ne précise pas. Comment justifie-t-on 8 000 kilomètres annuels quand on est infirmier libéral ? Attestation sur l’honneur, croisée plus tard avec les données fiscales et sociales, sous la menace d’éventuelles poursuites pour déclaration inexacte. Comment prouve-t-on que l’employeur ne rembourse pas déjà les frais de trajet ? Autre déclaration, autres pièces, autre portail.
Cinquante euros pour un demi-plein
Et tout cela, au bout du compte, pour combien ? Selon le Premier ministre lui-même, un montant moyen de 50 euros versé en une seule fois, en juin 2026. Rapporté aux trois mois couverts — avril, mai et juin —, cela fait un peu plus de 16 euros par mois d’aide nette pour les bénéficiaires concernés. En parallèle, le même automobiliste paie, sur chaque plein de 50 litres de gazole autour de 1,80 euro le litre, environ 54 euros de TVA et TICPE — soit plus que le versement en une seule fois qu’il touchera en juin. Autrement dit : le dispositif tout entier ne compensera même pas les taxes prélevées par l’État sur un seul plein mensuel.
Pour les 35 autres millions d’automobilistes français, qui eux continueront à passer à la pompe pour y laisser leurs économies — retraités, étudiants, bénévoles, indépendants modestes, ménages légèrement au-dessus du plafond, salariés habitant à 14 kilomètres de leur boulot plutôt qu’à 15, et tous les autres —, rien. Aucun geste, aucun centime, aucune reconnaissance de la pression fiscale qu’ils subissent chaque jour pour un besoin essentiel de mobilité.
Une préférence idéologique, pas technique
On entend déjà l’objection : cette aide « ciblée » coûterait moins cher aux finances publiques qu’une baisse générale de la fiscalité sur les carburants. C’est vrai dans l’absolu, mais cette comparaison occulte le choix politique qui est fait à chaque étape de la décision.
Un gouvernement véritablement soucieux du pouvoir d’achat des Français — et non d’abord du rendement budgétaire de la TICPE — pourrait parfaitement décider d’une baisse temporaire et proportionnée des taxes sur les carburants, comme le font régulièrement plusieurs de nos voisins européens en période de choc énergétique. L’Espagne, par exemple, a mis en place à plusieurs reprises des remises directes à la pompe de 20 centimes par litre, prises en charge par l’État, simples, universelles, immédiatement visibles. L’Italie et le Portugal ont suivi des dispositifs comparables.
Paris préfère le système inverse : garder toutes les taxes existantes — elles représentent une ressource budgétaire considérable —, puis ré-arroser en mode sélectif une infime partie des contribuables concernés, en cochant des cases sociales, professionnelles et géographiques qui satisfont la sensibilité idéologique dominante au ministère de l’Économie. C’est ce que les économistes publics appellent parfois les « aides chirurgicales », terme qui sonne techniquement rigoureux mais qui décrit, dans les faits, un art consommé du clientélisme budgétaire.
Un choix qui dit quelque chose de notre époque
Il y a, derrière cette préférence obstinée pour la complexité, un arrière-plan idéologique qu’il faut nommer clairement. Baisser les taxes sur les carburants reviendrait à reconnaître que l’État français prélève trop, que la fiscalité verte qu’il érige en dogme pèse de manière disproportionnée sur les ménages modestes qui n’ont pas d’alternative à la voiture, et que la politique énergétique élaborée à Paris et à Bruxelles — punir l’usage de la voiture individuelle pour « sauver le climat » — est structurellement inadaptée aux réalités de la France des territoires.
À l’inverse, concevoir une aide compliquée, fractionnée, conditionnelle, permet de préserver intacte l’architecture fiscale punitive tout en maintenant l’illusion d’un « accompagnement » social. La taxe carbone continue à monter. La TICPE reste à des niveaux historiquement hauts. La TVA s’applique à tout le reste, y compris à la TICPE elle-même — une taxe sur la taxe, spécialité française souvent méconnue du grand public. Et pour compenser le tout, on verse un demi-plein à 3 millions de Français triés sur le volet. C’est ce qu’on peut appeler, sans être ni excessif ni insolent, de la préférence administrative pour l’inefficacité.
Les grands absents
La liste des exclus du dispositif mérite qu’on s’y arrête. L’association Familles rurales, qui connaît admirablement le terrain des campagnes françaises, a immédiatement pointé du doigt les grands absents : « l’ensemble des retraités, des étudiants, ceux qui doivent aller chez le kiné tous les jours ». À quoi il faut ajouter les aidants familiaux non-salariés, les bénévoles associatifs qui assurent le maintien à domicile dans les zones désertées, les parents au foyer qui effectuent les trajets scolaires, les auto-entrepreneurs qui n’atteignent pas le seuil kilométrique annuel, les mères isolées qui cumulent des horaires fragmentés, les ouvriers saisonniers.
Bref, toute la France périphérique, rurale, laborieuse, âgée, silencieuse — celle qui a massivement soutenu le mouvement des gilets jaunes en 2018, celle qui paie cash les conséquences des politiques énergétiques conçues dans les beaux quartiers parisiens. Cette France-là, comme d’habitude, n’existe pas dans les critères retenus par Bercy.
Le Premier ministre s’en justifie avec la franchise qui caractérise les discours bien préparés : il s’agit, selon ses mots, de « soutenir l’activité économique », « au seul bénéfice des Français qui travaillent », et de ne pas tomber dans « une logique de chèque à l’aveugle ». Traduction : entre tous les automobilistes français étranglés par les prix à la pompe, seuls les actifs modestes en trajet domicile-travail long méritent un petit geste ; les autres, qu’ils se débrouillent. Et tant pis si cela signifie exclure de l’aide les catégories les plus fragiles socialement, à commencer par les retraités aux faibles pensions dont les déplacements médicaux, familiaux et associatifs restent vitaux mais statistiquement invisibles pour l’administration.
Une conclusion de bon sens
Ce qu’il y aurait de plus simple, de plus juste, de plus efficace et de plus respectueux des Français, tiendrait en quatre mots : baisser les taxes, pour tous.
Baisser temporairement la TICPE et la TVA sur les carburants, face à un choc externe — la guerre au Moyen-Orient — dont les automobilistes français ne sont en rien responsables, répondrait mécaniquement à l’urgence sans distinguer parmi les citoyens selon des critères moraux ou professionnels discutables. La mesure serait visible, comprise, immédiate. Elle soulagerait toutes les bourses, proportionnellement à leur consommation réelle. Elle éviterait la création d’un nouveau portail, d’un nouveau formulaire, d’un nouveau contrôle, d’un nouveau corps de contrôleurs chargés de vérifier des déclarations sur l’honneur croisées avec des fichiers fiscaux.
Au lieu de cela, le gouvernement a choisi ce qu’il choisit presque toujours depuis trente ans : la complexité au service de la captation fiscale, et le clientélisme social comme cache-misère d’une politique énergétique punitive dont le bilan social et économique reste calamiteux.
Cinquante euros en juin, sur déclaration en ligne, pour trois millions de Français triés sur le volet. Les autres paieront — comme toujours.
#webtube : Assa Traoré, SOS Méditerranée et les syndicats de gauche profitent de la défiscalisation des dons pour se financer. « Pillage ». Ce 18 avril, la une de Libération entend dénoncer ces « groupuscules identitaires, racistes et royalistes [qui] profitent de la législation sur la défiscalisation des dons pour se financer ». Le journal, qui consacre trois pages à ce sujet, dénonce un « pillage » et soutient les demandes de contrôle fiscal à l’encontre de ces structures dites « fachos ». Pour le quotidien, il est inimaginable que des associations comme le collectif Némésis, l’Association de soutien aux lanceurs d’alerte (ASLA) ou encore Polémia puissent bénéficier de la « loi Coluche » qui permet aux donateurs d’associations d’intérêt public de déduire de leurs impôts 66 % des dons versés à ces collectifs. Avec Éric Coquerel, député de La France insoumise, le journal « réclame une refonte des textes pour que les impôts cessent de financer les associations d’extrême droite ». Mais ce que Libération omet de préciser, c’est que si, effectivement, plusieurs associations identitaires ou catholiques profitent de cette « subvention indirecte », de très nombreuses structures d’extrême gauche font de même ! Et souvent, ces associations et collectifs proches de la gauche radicale jouissent en même temps d’autres subventions directes…
L’aide aux migrants financée par nos impôts
Libération se montre ainsi très prolixe pour dénoncer les déductions fiscales dont bénéficie le collectif Némésis. Rien, en revanche, n’est dit sur toutes ces associations de gauche qui profitent du même système. À commencer par les syndicats étudiants de gauche ou proches de l’extrême gauche. Parmi les différents avantages à soutenir financièrement leur action, l’UNEF et les Étudiants musulmans de France mettent ainsi en avant la possibilité de « bénéficier d’une réduction d’impôt ». Et ce, alors que les Étudiants musulmans de France sont régulièrement accusés d’être proches des Frères musulmans…
Sur le volet immigrationniste, même constat. Alors que SOS Méditerranée est déjà gavée de subventions publiques, l’association d’aide aux migrants jouit également de cette subvention indirecte que représente la déduction après impôts. « 66 % du montant de votre don au profit de SOS Méditerranée peut être déduit de votre impôt », affiche ainsi le site Internet de la structure. En 2024, SOS Méditerranée a perçu quelque 7,72 millions d’euros de dons individuels, soit possiblement un manque à gagner de plus de 5 millions d’euros pour le fisc sur la seule année 2024. Dans le même registre, Utopia 56, bien souvent à l’origine des actions de migrants sans papiers (blocages, occupation de lieux publics, squats…), propose également à ses soutiens de « bénéficier d’une réduction d’impôt égale à 75 % du montant de votre don, dans la limite de 2.000 € de don par an. Au-delà, la réduction est de 66 % du montant du don dans la limite de 20 % de votre revenu net imposable. »
Côté écologie, L214, une association qui lutte contre la maltraitance animale mais qui, en parallèle, promeut le véganisme et participe à une stratégie d’intimidation du monde agricole, jouit également de cette subvention indirecte. Sur son site Internet, le collectif antispéciste annonce ainsi : « Si vous êtes imposable en France, vos dons donnent droit à une réduction d’impôts égale à 66 % du montant de vos dons. » Soutiens des Soulèvements de la Terre et de différents collectifs de lutte contre les « violences policières », les Amis de la Terre rappellent également à leurs donateurs de bien renseigner leurs informations personnelles au moment du don « pour bénéficier de [leur] réduction fiscale ».
Assa Traoré bénéficie de la déduction fiscale
Urgence Palestine, dont le processus de dissolution avait été engagé par Bruno Retailleau, promet également à ses donateurs un reçu fiscal qui leur permettra de demander une réduction d’impôt, d’après le site HelloAsso. Tout comme la Libre Pensée, qui œuvre pour interdire les crèches de Noël ou supprimer les statues religieuses de l’espace public. Même Assa Traoré, et sa Génération Leaders qui vise à installer la question antiraciste dans les mairies, profite également de cet avantage fiscal. Et l’organisation Flagrant Déni, qui accuse la police de « tuer », se réjouit aussi que « tous les dons que vous nous ferez soient défiscalisables à hauteur de 66 % ».
À cette longue litanie d’associations de la gauche radicale financée par nos impôts, on pourrait enfin ajouter de nombreuses associations néo-féministes ou de défense de la cause transgenre comme OutTrans, soutenue malgré les polémiques par l’État, et qui propose ce système de réduction fiscale à ses adeptes. Qu’est-ce qui est donc le plus choquant ? Que des associations identitaires, souvent privées de subventions publiques et qui peinent à ouvrir un compte bancaire, profitent de la « loi Coluche » ? Ou bien que des associations d’extrême gauche, déjà gavées d’argent public, bénéficient également de cet avantage fiscal ?
#webtube : La vie mouvementée d’une famille juive de la classe moyenne, dans une banlieue parisienne en 1985. On pense ce que l’on veut du tandem que forment Olivier Nakache et Éric Toledano, auteurs d’un cinéma bien-pensant et parfaitement dans les clous, ils savent au moins faire les choses avec talent. Leur sens du rythme, de l’écriture et de la réplique bien sentie n’est plus à démontrer depuis longtemps. Réalisateurs des très politiquement corrects Intouchables, Samba, Hors normes ou encore Une année difficile, Nakache et Toledano savent aussi se faire moins idéologues, comme ils l’ont prouvé en 2017 avec Le Sens de la fête. Les deux complices nous reviennent aujourd’hui avec une comédie familiale et initiatique largement nostalgique des années 80 et inspirée, semble-t-il, de leurs propres souvenirs d’enfance.
L’éveil de l’adolescence
En référence, évidemment, au tube d’Imagination, Juste une illusion nous raconte la vie mouvementée d’une famille juive de la classe moyenne de banlieue parisienne, en 1985, à une époque où les Israélites, originaires d’Algérie, du Maroc ou de Tunisie, peuplaient encore les barres d’immeubles, n’avaient pas à craindre leur voisinage et croyaient dur comme fer à l’utopie multiculturaliste vantée par nos élites médiatiques…
Entouré de parents aimants, perpétuellement en conflit et cachottiers, ainsi que d’un grand frère à l’égoïsme forcené, Vincent, treize ans seulement, est en passe de faire sa bar-mitsva. Une période propice pour lui à toutes sortes de questionnements sur la famille, sur la vie, sur Dieu, sur le messie… et sur les femmes. Car follement amoureux d’Anne-Karine, sa camarade de classe avec laquelle il prépare un exposé, Vincent va faire l’apprentissage de la séduction.
En définitive, peut-être, deviendra-t-il un homme selon les critères de sa religion et de son rabbin.
Une esthétique 80 un peu trop ostensible
Dédié aux pères des deux cinéastes, Raphaël Toledano et Marc Nakache, Juste une illusion se trouve à l’intersection de plusieurs cinémas : celui de Woody Allen, auquel on pense souvent eu égard aux questions existentielles du personnage principal ; celui de Spielberg, pour le récit familial et le passage obligé de l’enfant qui fait la morale aux parents dans une inversion totale des valeurs ; et le cinéma français populaire de l’époque, pour le ton ouaté de l’ensemble.
Comme beaucoup de films ou de séries qui jouent aujourd’hui sur la nostalgie des années 80, Juste une illusion tombe allègrement dans le piège de l’effet juke-box, avec cette propension des auteurs à nous servir tous les tubes éculés de l’époque, comme si la bande originale était la meilleure garantie possible de leur souci d’authenticité. Plus finaud sur le plan esthétique, Les Passagers de la nuit, notre coup de cœur de l’année 2022, avait sur éviter cet écueil et, paradoxalement, avait mieux réussi son immersion dans les années 80.
Juste une illusion s’avère néanmoins une comédie familiale de bonne facture dont les répliques n’ont pas manqué de faire rire le public. On retient tout particulièrement les prestations de Louis Garrel, de Pierre Lottin et des jeunes Simon Boublil et Jeanne Lamartine.
#webtube : L’essor des téléconsultations favorise la vente frauduleuse d’arrêts maladie et révèle les failles du système de santé. Depuis l’épidémie de Covid-19, le nombre de téléconsultations a considérablement augmenté ainsi que la possibilité d’établir des arrêts de travail à distance sans avoir examiné le malade. Certes, ces arrêts sont en théorie limités dans le temps à trois jours (renouvelables), mais il n’en fallait pas plus pour permettre à certains de vendre par Internet des arrêts de travail et de faire ainsi de substantiels bénéfices.
Un arrêt de travail en quelques clics
Le site Police et Réalités,, le 15 avril, nous informe qu’un faux médecin de 25 ans aurait vendu 44.000 arrêts maladie en ligne entre 2025 et 2026 et empoché près d’un million d’euros. La démarche était très simple, il suffisait d’aller sur son site et de verser 21 euros pour obtenir, en quelques clics, un arrêt de travail qui avait l’air parfaitement authentique. Le suspect, âgé de 25 ans, a été mis en examen pour exercice illégal de la médecine, escroquerie en bande organisée, usage de faux, association de malfaiteurs et blanchiment, d’après le site qui révèle ces informations, et il est désormais incarcéré à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.
Cette affaire n’est pas isolée. Déjà, en 2024, dans les Landes, un jeune homme de 22 ans avait vendu 25.000 faux arrêts de travail qu’il facturait 9 euros aux internautes, depuis un site baptisé « Stop travail », causant un préjudice de plusieurs millions d’euros à l’assurance maladie et lui ayant permis d’empocher un bénéfice de 280.000 euros en quelques mois.
Alors que la CPAM vient de rendre obligatoire, pour les praticiens, l’usage de nouveaux formulaires papier sécurisés, il est très facile d’aller sur des sites pour obtenir un arrêt maladie, avec éventuellement une téléconsultation au cours de laquelle on pourra raconter n’importe quoi pour rendre vraisemblable une pseudo-maladie, car le médecin ne peut pas examiner le malade, et c’est très rentable pour les sites qui pratiquent cette pseudo-médecine.
Des téléconsultations pour pallier l’accès au soin, détournées
En acceptant de rémunérer ce type de consultation, l’administration a grandement favorisé le développement de cette pratique pour, au départ, pallier le manque d’accès aux soins. Mais ce qui aurait dû se limiter à des conseils est rapidement devenu un business rentable, permettant de prescrire ordonnances et arrêts maladie sans, bien sûr, avoir examiné le malade. Rien d’étonnant, alors, à ce que des escrocs profitent du système pour se faire de colossaux bénéfices.
Face à cette dérive, l’Assemblée nationale devrait se saisir de ce dossier et, entre autres, interdire le renouvellement d’arrêts maladie par téléconsultation. Selon la CNAM, ils ont augmenté de 30 % en dix ans, ce qui représente un coût annuel de 18 milliards d’euros pour la Caisse primaire d’assurance maladie, soit une hausse de 45 % depuis 2019, période du Covid-19 et date de mise en place des téléconsultations !
Ces téléconsultations devraient rester un complément à la médecine traditionnelle et se contenter de donner des conseils médicaux ou agir dans des suivis simples, sans chercher à remplacer la consultation en présentiel, car si elles devaient se développer encore, cela pourrait être une source accrue d’erreurs thérapeutiques par manque d’examen physique du malade et, bien sûr, favoriser encore plus les fraudes.
#webtube : Il s’est trouvé deux architectes des Monuments historiques pour faire le sale boulot. Incompétence ou carriérisme ? L’association Sites & Monuments a tiré la sonnette d’alarme : l’autorisation de travaux pour la dépose des vitraux de Viollet-le-Duc et leur remplacement par ceux de Claire Tabouret a été affichée sur les grilles de Notre-Dame, le 20 avril. Cela laisse deux mois pour attaquer cette autorisation devant la Justice.
C’est une nouvelle « station » dans le calvaire de verrières des chapelles latérales sud. Décembre 2023, Emmanuel Macron annonce un concours pour la réalisation de six vitraux, commande d’État soutenue par Mgr Ulrich, archevêque de Paris. Juillet 2024 : la Commission nationale de l’architecture et du patrimoine (CNAP), s’appuyant sur la Charte de Venise, émet un avis défavorable à ce projet, qui met au rancart des vitraux conçus pour ces chapelles précisément et qui n’ont pas souffert de l’incendie.
Fin novembre 2025, le tribunal administratif rejette la requête de l’association Sites & Monuments qui demandait l’annulation du marché public. Décembre 2025 : les projets de Claire Tabouret, peintre qui a remporté le concours, sont exposés au Grand Palais. La philosophie de cette artiste, au-delà du fait d’être inspirée par les migrants ? « Ce serait une catastrophe de congeler un monument dans son histoire. » Comme si la catastrophe, ce n’était pas d’abord et surtout l’incendie, il y a sept ans, resté inexpliqué. Comme si la catastrophe était une cathédrale pluriséculaire où le XXIe siècle ne poserait pas sa crotte.
Qu’apporteront les vitraux de Claire Tabouret, à part perturber un équilibre délicat ? « Grisailles », c’est ainsi qu’on qualifie les vitraux de Viollet-le-Duc, et qu’on les disqualifie. Ils colorent très bien les cinq chapelles latérales sud concernées par ce truchement de verrières. Voyez la chapelle Sainte-Clotilde. Il s’y mêle du XVIe (les boiseries), du XVIIe (un tableau de Poerson) et beaucoup de XIXe : autel, statue, confessionnal, et de ces vitraux de Viollet-le-Duc. Reconnaissons à ce XIXe, qu’on a pu juger intrusif en la matière, qu’il a pour lui, ici, de mettre en valeur ce qui doit l’être. Du XIXe siècle, Claire Tabouret, elle, n’a qu’un anachronique diplôme des beaux-arts qui ne certifie en rien qu’elle ait le goût nécessaire à de tels arrangements.
Depuis le début, les autorités se sont montrées sourdes à la réprobation des experts du patrimoine. Mais le pouvoir sait se trouver des serviteurs compréhensifs. À l’honneur de servir Notre-Dame, deux architectes en chef des monuments historiques ont préféré l’opportunisme de soutenir le projet épiscopo-présidentiel. Leurs noms sont inscrits sur l’autorisation de travaux. Pas sûr que mettre à bas des vitraux qui avaient réchappé au terrible incendie leur fasse honneur.
Outre la question esthétique et patrimoniale, rappelons le coût de l’affaire. La dépose des Viollet-le-Duc, la restauration des maçonneries, la réalisation et l’installation des Tabouret vont coûter quatre millions d’euros. La France est si riche et le patrimoine si bien portant ! Une aile du château de Chambord menace de s’effondrer, plusieurs des bâtiments du Muséum national d’Histoire naturelle « sont dans un état de délabrement très avancé », la cathédrale de Clermont-Ferrand « vit une lente agonie » — et ne parlons pas de l’état des petites églises, des chapelles et autres châteaux « anonymes » qui parsèment la France… — mais on trouve quatre millions pour satisfaire l’orgueilleux caprice d’Emmanuel Macron.
Il aura fallu une cagnotte pour relever Notre-Dame ; il en faut une, désormais, pour la sauver d’un Président brise-verre : l’association Sites & Monuments appelle aux dons pour mener à bien son action en Justice. Si celle-ci échoue, l’abbé Michel Viot appelle d’ores et déjà à un sit-in de protestation. Le jour où les vitraux seront déposés, écrit-il, « rendez-vous sur place pour protester pacifiquement, les catholiques avec le chapelet, d’autres pour prier, d’autres pour protester contre le pouvoir arbitraire […] ». En attendant, et en complément de l’action en Justice, il n’est pas interdit d’invoquer saint Luc, patron des maîtres verriers.