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#webtube : Les experts sont beaucoup moins rassurants que le président qui n’envisage « aucune pénurie »… Alors que le dialogue USA-Iran semble au point mort après la non-rencontre d’Islamabad et que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, l’alerte lancée par le PDG de TotalEnergies ce vendredi résonne avec plus de force. En effet, selon le patron de cet acteur majeur du marché mondial de l’énergie, la France entrerait « dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques », si le blocage dans le détroit d’Ormuz perdurait « encore deux ou trois mois ». « La pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique (…) mais on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures », a-t-il ajouté.
Un président (trop) rassurant ?
Depuis Athènes, Emmanuel Macron a tenu à écarter le risque de pénurie : « On n’est pas dans le scénario qui est un des scénarios du pire que vous avez décrit, qui n’est aujourd’hui pas le plus probable et qu’il ne m’appartient pas de commenter », a-t-il affirmé. Selon lui, « la pire des choses, dans ces moments-là où il y a des tensions, de l’incertitude géopolitique, c’est que ces tensions soient accrues par des comportements de panique ». « Et bien souvent, la pénurie, on la crée par ces comportements de panique eux-mêmes », a-t-il estimé. C’est pas faux. Un président rassurant et dans son rôle quand il met en garde les Français inquiets et tentés de faire des stocks à la pompe, comme en voit dans les stations, remplissant plusieurs jerricanes… Mais un président, comme toujours, un brin sûr de lui et péremptoire : « Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation est contrôlée et qu’aujourd’hui, la situation ne nous fait envisager aucune pénurie », a encore affirmé Emmanuel Macron.
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Des risques sérieux selon les experts
Une assurance que ne partagent pas les experts reconnus du secteur. Philippe Charlez, expert énergétique que les lecteurs de BV connaissent bien, interrogé par franceinfo samedi, a confirmé l’analyse du patron de TotalEnergies : « Aujourd’hui, les marchés ne montrent pas de pénurie, mais ça n’empêche pas qu’on commence à avoir des difficultés. Il faut savoir que le pétrole est extrêmement fluide dans le sens où il se déplace extrêmement facilement et donc cela signifie que, globalement, une cargaison qui part du Nigeria et qui est à destination de Rotterdam, aux Pays-Bas, si on y met le prix, elle peut changer de destination et aller vers l’Extrême-Orient, vers la Chine », explique-t-il . Thierry Bros, expert des énergies et professeur à Sciences Po Paris interrogé aussi par franceinfo, se montre encore plus pessimiste : « La pénurie est aux portes de l’Europe ». En effet, la désorganisation est multiple, frappant aussi bien la production (avec des destructions d’infrastructures qui demeureront inutilisables pendant plusieurs mois) que le transport et les prix. Le tout suspendu à un conflit qui peut perdurer.
Concrètement, la pénurie commencerait par frapper le kérosène, comme l’a indiqué Patrick Pouyanné : « Si cette guerre et ce blocus durent plus de trois mois, nous commencerons à faire face à de sérieux problèmes d’approvisionnement pour certains produits, comme le kérosène, ce qui obligera à rationner les avions ou le diesel. »
Et en cas de pénurie, que faire ?
Pour le moment, les médias se sont refusés à envisager une pénurie qui frapperait les particuliers et les entreprises. On espère que le Président et son gouvernement, eux, l’ont fait. Quelles mesures seraient-ils amenés à prendre si la pénurie devenait effective et le rationnement nécessaire pour réserver les stocks aux activités essentielles au fonctionnement du pays ? Le passage au télétravail, par ailleurs déjà permis par certaines structures pour permettre aux agents de limiter l’impact des hausses de prix ? Mais peut-être aussi des interdictions de circuler assorties d’exceptions qu’il conviendrait de cocher sur son autorisation ? Des tickets de rationnements ? Mais sous format numérique bien sûr. Avec QR code et application dédiée. Et évidemment des Pass de circulation illimitée pour les détenteurs de voitures électriques. Le grand retour d’Édouard Philippe, en somme…
Frédéric Sirgant, dans BV
