
#webtube : Le 18ᵉ sommet des BRICS, qui s’est tenu à New Delhi, confirme la reconfiguration brutale de la géopolitique mondiale. Désormais au nombre de 11 membres officiels, le noyau historique (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ayant été rejoint par l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Indonésie, le bloc affiche une puissance de feu redoutable.

Pourtant, sur le plan politique, rien de concret n’est ressorti de ce sommet, paralysé par des divisions et des intérêts divergents majeurs. Le texte final s’apparente à une déclaration minimaliste et prudente, évitant soigneusement de nommer la guerre impliquant l’Iran pour ménager les susceptibilités de chacun. Les rivalités territoriales historiques entre l’Inde et la Chine dans l’Himalaya, couplées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient entre l’Iran et les monarchies du Golfe, interdisent toute alliance militaire de type Otan.
Mais malgré ces fractures, une volonté générale et inflexible unit le bloc : s’émanciper de la domination du dollar et des institutions financières occidentales (FMI, Banque mondiale). L’offensive se matérialise par l’explosion des règlements pétroliers en yuans ou en roupies, le développement de systèmes de paiement alternatifs au SWIFT et la montée en puissance de leur Nouvelle Banque de Développement. L’objectif est clair : priver Washington de son arme favorite, les sanctions financières.
Les BRICS s’envolent, les USA résistent, l’UE décroche
C’est sur le plan macroéconomique et énergétique que le bloc des BRICS dicte désormais sa loi. Le tableau comparatif suivant illustre le nouveau rapport de force face aux deux piliers occidentaux
| Indicateur Économique | BRICS+ (11 pays) | Union Européenne (27 pays) | États-Unis |
|---|---|---|---|
| Démographie | 49,5 % de la population mondiale | 5,6 % de la population mondiale | 4,2 % de la population mondiale |
| PIB Nominal global | 30 000 milliards $ | 19 300 milliards $ | 29 500 milliards $ |
| Part du PIB mondial (PPA) | 40 % | 14 % | 15 % |
| PIB moyen par habitant (PPA) | 19 000 dollars | 60 000 dollars | 85 000 dollars |
| Commerce Mondial (Biens) | 26 % des exportations | 16,5 % (hors commerce interne) | 8,5 % des exportations |
| Ressources Énergétiques | 43 % du pétrole / 50 % du gaz | Dépendance extérieure massive | 16 % du pétrole / 24 % du gaz |
Le monumental décrochage de l’Union européenne en 25 ans
Le constat est sans appel : l’Europe subit un affaissement historique de son poids économique mondial, tandis que les BRICS et les États-Unis poursuivent leur trajectoire ascendante.
Part du PIB mondial nominal en 2000 :
– Union européenne : 26 %
– États-Unis : 30 %
– BRICS (4 pays historiques) : 5,5 %
Part du PIB mondial nominal en 2026 :
– Union européenne : 16 %
– États-Unis : 25 %
– BRICS+ (11 pays) : 29 %
C’est l’entrée de la Chine dans l’OMC au début des années 2000 qui a fait de l’Asie l’atelier du monde. Et l’intégration récente des géants pétroliers au sein du bloc en a fait une superpuissance énergétique autonome.
Le fossé technologique face aux États-Unis est béant. Alors que l’Europe et les États-Unis faisaient jeu égal en 2000, Washington a capté l’intégralité de la valeur de la révolution numérique (GAFAM) et domine aujourd’hui l’Intelligence artificielle. L’UE, engluée dans une réglementation absurde et handicapée par ses divisions, a manqué le virage des géants de la Tech.
Ajoutons les trois facteurs aggravants qui plombent tout espoir de redressement
– Une démographie en chute libre qui interdit le renouvellement des générations
– Une immigration de masse sous-qualifiée et majoritairement misérable
– Un choc énergétique sans précédent avec la guerre en Ukraine. L’Europe souffre de la perte de ses accès à l’énergie russe bon marché. Avec un coût de l’électricité et du gaz largement supérieur à celui de ses concurrents américains ou asiatiques, le continent fait face à une désindustrialisation massive et à une fuite des capitaux.
L’Europe n’a plus aucun poids géopolitique. Elle n’est plus qu’une colonie américaine en chute libre dans tous les domaines. Avec sa politique mondialiste axée sur les droits de l’homme, les valeurs humanistes et le multiculturalisme débridé, sans comprendre que le monde n’est régi que par des rapports de force, à la fois économiques et militaires, elle court à sa perte, déclinant d’année en année en faisant de mauvais choix.
Sans matières premières, surendettée, sans armée capable de haute intensité sur le long terme ou de projection lointaine, l’Union européenne ne pèse pratiquement plus rien dans les grands conflits du monde. Elle affiche la volonté de défendre l’Ukraine, mais sans en avoir les moyens, ni militaires, ni financiers.
Pendant que l’Europe roule inexorablement vers le déclin, les États-Unis, eux, se défendent farouchement face à l’assaut des BRICS, notamment sur le terrain scientifique et technologique. Le phare du monde qu’était le Vieux Continent au XIXe siècle n’est plus aujourd’hui que l’ombre de lui-même.
Mais le plus révoltant est que c’est l’Union européenne qui nous a conduits à ce désastre, cette Union mirifique qui nous promettait la paix, la prospérité et la sécurité, en un mot le paradis sur Terre. Puisse-t-elle s’effondrer à jamais pour le salut des nations.
Jacques Guillemain, Riposte Laïque
