L’éviction de Swift imposée par les pays occidentaux a conduit Moscou à chercher refuge ailleurs. Après avoir été bloquées du système de messagerie interbancaire, les banques russes se sont tournées vers le système de paiement interbancaire transfrontalier (CIPS).
Développé par la Chine – principal partenaire du Kremlin – en 2015, le système de paiement CIPS est principalement utilisé pour régler les crédits internationaux en yuan et les échanges liés à l’initiative “Belt and Road”, agissant comme un système alternatif au traditionnel Swift créé en 1973, bien qu’il n’en soit pas encore totalement indépendant.
Ce système, le CIPS, permet aux banques mondiales d’effectuer des transactions transfrontalières directement en yuan sur le territoire national, plutôt que par l’intermédiaire de banques de compensation dans des centres offshore, et vise à faire de la monnaie de Pékin une monnaie de réserve mondiale à part entière.
Selon le journal d’État Jiefang Daily, le système chinois a traité environ 80 000 milliards de yuans (12 680 milliards de dollars) en 2021, soit une augmentation de 75 % en glissement annuel, tandis que fin janvier, la société qui gère la plateforme a déclaré qu’environ 1 280 institutions financières dans 103 pays et régions s’étaient connectées au système.
Il s’agit notamment de 30 banques au Japon, de 23 banques en Russie et de 31 banques dans des pays africains qui reçoivent des fonds en yuan dans le cadre de projets d’infrastructure relevant de l’initiative “Belt and Road” de Pékin. En outre, des banques occidentales telles que HSBC (LON:HSBA), Standard Chartered (LON:STAN), Citigroup (NYSE:C) et BNP Paribas (PA:BNPP) ont également décidé d’utiliser le système, selon les données de Qichacha.
Il y a, face aux événements actuels, un sentiment d’irréalité absolue. C’est sans doute ce qu’ont éprouvé les habitants de Kiev qui vivaient comme vous et moi et, en quelques heures, ont pris le chemin de l’exil ou de la « mobilisation ». Un vieux mot, aux sonorités incongrues dans notre pays où seuls les délinquants savent manier la kalachnikov.
Nous sommes à longueur de temps bombardés d’images. Le moindre fait divers à l’autre bout de la planète nous arrive en ouverture des JT. On est gavé d’informations sans pouvoir discriminer entre l’important et le futile. D’ouragans en guerres en passant par la psychose covidienne, un drame chasse l’autre. Alors, c’est inévitable : depuis que les antipodes s’invitent au salon, depuis, surtout, qu’on nous promet chaque jour l’Apocalypse, on sombre dans l’indifférence. Question de survie, question de santé nerveuse.
Poutine n’allait rien faire, Poutine a fait, Poutine va nous réduire sous le feu nucléaire… La guerre et sa fin en trois jours de temps. Pas le temps de se poser, pas le temps de réfléchir. Il faut accélérer jusqu’à la folie, comme ce commentaire stupide d’un reporter à la frontière polonaise. Interrogeant une famille qui vient d’arriver après des heures de route, il nous dit que les enfants sont « encore » sous le choc. Pourquoi ? Ils devraient déjà avoir oublié ?
Trois jours plus tard, on nous bombarde de chiffres : la France vient d’envoyer 500 militaires en Roumanie. On a l’heure de départ et le lieu d’arrivée, presque les coordonnées GPS et le matricule des soldats. Le ministre nous dit tout : 33 tonnes d’aide humanitaire sont déjà acheminées en Pologne, ainsi que deux avions de la Sécurité civile remplis de médicament ; 30 tonnes de matériel décollent pour la Moldavie. L’ONU prévient : « L’Union européenne doit se préparer à une crise humanitaire “de proportions historiques” en Ukraine, qui pourrait aboutir à “plus de sept millions” de personnes déplacées à l’intérieur du pays si l’offensive russe se poursuit. » À se demander si l’on n’a pas déjà la date de cessation des hostilités et les contrats de paix prêts à être signés !
Plus le temps de vivre, de mourir, encore moins le temps de penser : il faut faire vite. Très vite. Tout dire, tout montrer. Et répartir les réfugiés. Sept millions, ça fait du monde. Les maires des grandes villes postulent : à Lyon, Nancy, Saint-Étienne, Lille… Le Président Macron l’a assuré : « La France, comme tous les autres pays européens, prendra sa part pour assister la population ukrainienne, mais aussi pour accueillir des réfugiés venus de ce pays. »
Seule voix dissonante dans ce concert, Éric Zemmour, qui a dit sur RTL : « Je partage et je comprends l’émotion vis-à-vis des populations ukrainiennes », mais « il n’est pas bon d’arracher les gens comme ça loin de leur pays, de déstabiliser la France qui est déjà submergée par l’immigration. » Question pratique, il pense que les Ukrainiens « pourront plus facilement rentrer chez eux quand la guerre sera finie ». On se dit que cela ne saurait tarder, au train d’enfer où vont les choses. Le patron de Reconquête a d’ailleurs une proposition à faire pour favoriser ce processus : il faut « que nous aidions les Polonais et que la Commission européenne lève les sanctions financières contre ce pays ».
Rappelons, en effet, que la Pologne, pour oser considérer que son droit national prévaut sur le droit européen, est condamnée par l’Union européenne, depuis le 27 octobre 2021, à des astreintes de un million d’euros par jour… qu’elle refuse de payer.
Nous pouvons accueillir les Ukrainiens. Ils partagent la culture de la vieille Europe, partagent aussi nos mœurs et, comme le rappelait ici Philippe Kerlouan, ce week-end, l’Ukraine est « un pays très majoritairement chrétien, de tradition orthodoxe, bien éloigné de l’islam ». Nous pouvons leur tendre la main, ils ne la couperont pas.
En envahissant l’Ukraine, Vladimir Poutine en a surpris plus d’un, à commencer par votre serviteur. Car l’enjeu est immense et les risques considérables pour le président russe comme pour la Russie elle-même.
Certains rappellent qu’il en est tout de même à sa quatrième guerre. C’est un peu exagéré et le contexte était, à chaque fois, bien spécifique, mais toujours en lien avec les frontières russes menacées.
Il y eut d’abord la guerre en Tchétchénie, à l’extrême sud de la Russie. Ce n’est pas lui qui la déclencha mais Boris Eltsine, son prédécesseur, en 1999. L’année suivante, Poutine fut élu président et dut continuer cette guerre difficile. L’armée russe – enfin, ce qu’il en restait – n’avait pu gagner la première guerre de Tchétchénie (1994-1996) sans toutefois la perdre tout à fait. Le traité qui suivit n’empêcha pas les islamistes tchétchènes de multiplier les attaques et attentats sanglants jusqu’à Moscou.
Eltsine, sur les conseils de l’armée, résolut de remettre la main sur cette province dont les islamistes rêvaient de proclamer l’indépendance. La capitale, Grozny, fut prise au bout de quelques semaines mais une longue guérilla s’ensuivit, alimentée notamment par des djihadistes venus de plusieurs pays. Poutine tira les leçons de cette guerre, ce fut le début de la modernisation de l’armée russe.
Puis il y eut la Géorgie, en 2008. Deux régions, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, rattachées à la Géorgie par les Soviétiques, proclamèrent leur autonomie avec le soutien de Moscou. Le président pro-occidental Saakachvili décida, en août 2008, de ramener ces deux petites régions dans l’orbite géorgienne et attaqua l’Ossétie, tuant les premiers combattants ossètes mais aussi plusieurs soldats russes. L’armée géorgienne, entraînée par les Américains, était bien plus nombreuse mais la réaction russe fut foudroyante.
Des milliers d’hommes et de nombreux chars furent envoyés par le tunnel de Roki et la contre-attaque russe mit l’armée géorgienne en déroute. L’Abkhazie et l’Ossétie ont ensuite proclamé leur indépendance, reconnue par Moscou. C’est à cette occasion que les États-Unis, par la voix de Condoleezza Rice, la secrétaire d’État de George Bush, avait évoqué les adhésions à l’OTAN de la Géorgie et de l’Ukraine.
Pendant ce conflit, les chefs d’État ukrainien, polonais et baltes se rendirent à Tbilissi, capitale de la Géorgie, pour soutenir le président Saakachvili, rien ne changea… Des rumeurs annoncèrent un assaut russe vers Tbilissi, mais ce ne fut pas l’option choisie par Poutine. L’armée russe, depuis 2008, protège l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud dont les habitants sont dotés d’un passeport russe.
La troisième guerre n’en n’est pas vraiment une, puisqu’elle ne fit aucun mort. C’était en 2014, en Crimée. Après la révolution de la place Maïdan, à Kiev, qui entraîna la fuite en Russie du président élu et le début de la guerre du Donbass, la Crimée, presque totalement russophone, saisit l’occasion pour proclamer son indépendance puis demander son rattachement à la Russie. Ce ne fut donc pas factuellement une annexion, soit dit en passant.
Une guerre de l’eau cuisante pour la Crimée s’ensuivit. Dépourvue de fleuve, elle dépend du Dniepr, qui coule en Ukraine à qui elle est reliée par un canal. Les autorités ukrainiennes l’ont alors fermé, mettant la Crimée en grande difficulté. Nul doute que la remise en marche de ce canal fera partie des objectifs russes, comme le démontre le spécialiste de la guerre de l’eau, Franck Galland, dans une tribune du Monde.
La quatrième guerre, celle d’Ukraine, est, comme on peut le constater, une suite chronologique assez cohérente de l’affrontement géopolitique entre les États-Unis et la Russie.
Mais la donne est toutefois nouvelle par son ampleur. L’Ukraine n’est ni la Géorgie ni la Crimée. Elle est le deuxième pays d’Europe par sa taille (600.000 km2) et compte 45 millions d’habitants. Certes, l’unanimité n’y règne pas et le pays est clairement coupé en deux, entre l’est et l’ouest. Mais l’incertitude est grande sur les objectifs militaires et politiques de cette invasion.
Poutine, d’une grande prudence depuis 22 ans, a clairement changé de stratégie.
Bon, voici poindre une nouvelle journée avec ces joies mais aussi tous les problèmes que l’on peut imaginer. Il reste notre petit jardin secret : la musique ! Alors rien que pour vous, je vous propose ce matin cette petite friandise à déguster avec votre café. « Sometimes » va vous donner envie de vous lever et d’aller affronter cette nouvelle journée qui commence.
Well, here is dawning a new day with these joys but also all the problems that one can imagine. There remains our little secret garden: music! So just for you, I offer you this morning this little treat to enjoy with your coffee. "Sometimes" will make you want to get up and face this new day that is beginning.
Par Paul Tormenen, juriste et spécialiste des questions migratoires ♦ L’annonce a fait peu de bruit, mais l’information est d’importance : 1 200 médecins algériens vont bientôt arriver en France pour y exercer leur activité professionnelle. Le gouvernement français favorise ainsi le départ de professionnels qualifiés du Maghreb, sans résoudre pour autant en profondeur le problème récurrent du manque de médecins qui sévit dans notre pays depuis plusieurs années. Pire, il crée d’autres problèmes dans les pays d’origine des professionnels de soins qui arrivent en France.
L’ampleur du phénomène
Selon un rapport sénatorial publié en juin 2020, on dénombrait en France, au 1er janvier 2020, 103 079 médecins généralistes et 127 823 spécialistes inscrits à l’Ordre des médecins (1).
Parmi ceux-ci :
1 446 médecins généralistes et 8 354 spécialistes ont bénéficié de la reconnaissance de leur diplôme obtenu dans un autre État membre de l’Union européenne. Comble de l’ironie, la part de ressortissants français parmi les médecins titulaires d’un diplôme obtenu dans un autre pays de l’U.E. exerçant en France est loin d’être négligeable. Le président de la Conférence des doyens des facultés de médecine déclarait devant une commission parlementaire que, en 2015, « les étudiants français formés en Roumanie sont 600 et seront 800 l’année prochaine» (2).
2 697 médecins généralistes et 11 444 spécialistes exerçant en France avaient au 1er janvier 2020 un diplôme validé en dehors de l’Union européenne.
Au total en 2020, 23 941 médecins exerçant en France avaient un diplôme obtenu à l’étranger, dont 14 141 un diplôme obtenu en dehors de l’Union européenne. Le recours aux médecins étrangers, en particulier maghrébins, ne fait qu’augmenter en France depuis quelques années.
L’accélération des flux
Le nombre de médecins étrangers nommés chaque année dans les hôpitaux français a été évalué récemment à près de 700 (3). L’annonce de l’Office français de l’immigration et l’intégration de l’arrivée prochaine de 1 200 médecins algériens, appelés à exercer en France, ne fait que confirmer la tendance à recourir à toujours plus de médecins étrangers, en particulier à ceux venant de pays extérieurs à l’Union européenne (4).
De vrais problèmes : le manque de médecin et les déserts médicaux
Le manque de médecins et les déserts médicaux ne sont pas une nouveauté en France. Depuis de nombreuses années, plusieurs rapports en ont analysé les causes et ont proposé des réformes du système en place (volumétrie, sélection, formation, affectation, etc.).
Ainsi, une sénatrice interpellait le gouvernement sur le fait que « l’ordre des médecins s’est récemment inquiété de la démographie médicale à compter de 2010 car l’arrivée de promotions de médecins généralistes, moins nombreuse, ne suffira pas à compenser le départ massif à la retraite de la génération du baby-boom». C’était en… 2005 ! (5).
Force est de constater que, en dépit de nombreuses alertes, les différents gouvernements qui se sont succédé au pouvoir n’ont pas su apporter une réponse à la hauteur des besoins sanitaires de la population française. Selon un chirurgien en poste à Paris, le numerus clausus appliqué aux étudiants en médecine aurait été remplacé par un numerus apertus, une porte à moitié fermée (6).
Le recours croissant à des médecins étrangers est dans ce contexte un pis-aller : il ne résout pas de manière structurelle le manque récurrent de médecins en France, qui ont, il faut le souligner, vocation à être issus de notre pays et à y être formés. Par ailleurs, le départ de professionnels de santé formés au Maghreb crée d’autres problèmes dans leurs pays d’origine.
Le « tourisme » médical
L’admission exceptionnelle au séjour pour soins
Priver des pays du Maghreb ou d’ailleurs de certains de leurs médecins diplômés n’est pas qu’un pillage de leurs ressources. Cela concourt à y restreindre leur offre de soins. Un sénateur algérien demandait récemment au gouvernement d’interdire le départ de médecins algériens à l’étranger. Il le justifiait ainsi : « Nos hôpitaux souffrent de manque de spécialistes » (7).
Cette pénurie aboutit à ce que des ressortissants de ces pays, de plus en plus en plus nombreux, sollicitent les autorités françaises pour être soignés en France. Un dispositif le permet : l’admission exceptionnelle au séjour pour soins.
Chaque année, l’État français attribue en effet des milliers de titres de séjour à des étrangers pour se faire soigner gratuitement en France. Ces titres de séjour sont accordés quand les étrangers sont exposés à « des conséquences d’une exceptionnelle gravité» s’ils n’étaient pas soignés ou s’ils ne peuvent pas bénéficier d’un traitement approprié dans leur pays d’origine.
3 694 étrangers ont ainsi été pris en charge dans ce cadre en 2020 selon un récent rapport de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Ce chiffre ne prend en compte ni les étrangers entrés en France par les départements d’outre-mer ni les mineurs. La tendance n’est pas à la baisse : en 2020, pas moins de 26 000 étrangers ont demandé à bénéficier de cette mesure.
Le directeur de l’OFII le reconnaissait récemment dans Le Figaro : ce dispositif « permet chaque année depuis sa création à des dizaines de milliers de personnes étrangères éligibles de se faire soigner, même dans des secteurs en tension» (8) ! Un rapport du service médical de l’OFII sur la procédure d’admission au séjour pour soins, paru en 2017, soulignait par ailleurs que « la France a, en Europe, la législation la plus favorable aux personnes étrangères gravement malades ne pouvant accéder à des soins appropriés dans leur pays d’origine. »
La « migration pour soins » est une autre conséquence de cette fuite de personnel de santé hautement qualifié. Dans un rapport rendu public en 2019 sur l’aide médicale d’État, l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires sociales pointaient le fait que la migration pour soins n’était « clairement pas un phénomène marginal […]. Les données de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation montrent des atypies chez les bénéficiaires de l’AME vis-à-vis des assurés sociaux de droit commun, dont certaines sont difficiles à expliquer sans faire l’hypothèse d’une migration pour soins » (9).
Les différences les plus notables entre les dépenses de soins des bénéficiaires de l’AME et celles des assurés sociaux concernent les accouchements, l’insuffisance rénale chronique, les cancers et les maladies du sang. Le rapport souligne qu’un sondage a fait ressortir une suspicion de migration pour soins pour 43 % des patients AME en dialyse et 25 % des patients AME en chimiothérapie.
Si quelques mesures restreignant quelque peu l’accès inconditionnel aux soins des clandestins et des demandeurs d’asile ont été prises récemment, la progression continue du nombre de bénéficiaires de l’AME peut faire douter de leur caractère réellement dissuasif.
Cette migration pour soins peut être motivée non seulement par la gratuité totale des soins aux clandestins en France, mais également par des carences dans l’offre de soins dans leurs pays d’origine, causée par l’émigration de médecins vers les pays européens.
En médecine comme dans d’autres secteurs d’activité, l’immigration est érigée en solution pour résoudre les pénuries de personnel. La réponse ponctuelle apportée à un problème structurel crée cependant d’autres problèmes dans les pays d’origine des professionnels de santé.
L’absurdité du système actuel touche à son comble : de jeunes Français recalés en France aux épreuves de médecine obtiennent leur diplôme à l’étranger pour exercer dans leur pays, des médecins étrangers partent de leurs pays sous-dotés en offre de soins pour venir exercer en France. Et la France accueille à grands frais des extra-Européens pour qu’ils se fassent soigner gratuitement dans notre pays, pour le motif qu’ils ne peuvent pas accéder à des soins appropriés dans leur pays d’origine.
Cette situation correspond néanmoins pleinement à la doctrine du pouvoir en place. Selon celle-ci, le monde est un marché et la mobilité permet à l’offre de s’ajuster à la demande. Le grand déplacement des professionnels de santé et des patients n’est qu’une nouvelle manifestation poussée à l’absurde de cette idéologie qui nie les identités et les cultures, « quoi qu’il en coûte ».
Paul Tormenen 28/02/2022
(1) Rapport d’information fait au nom de la commission des affaires européennes sur la mobilité des professionnels de santé au sein de l’Union européenne. M. Pierre MÉDEVIELLE. Sénat. 25 juin 2000. (2) Rapport fait au nom de la commission d’enquête sur l’égal accès aux soins des Français sur l’ensemble du territoire et sur l’efficacité des politiques publiques mises en œuvre pour lutter contre la désertification médicale en milieu rural et urbain. M. Alexandre FRESCHI. 19 juillet 2018. (3) Cf. (3). (4) Tweet de l’OFII. 7 février 2022. (5) Question écrite n° 21030 de Mme Patricia Schillinger (Haut-Rhin – SOC) publiée dans le JO Sénat du 29 décembre 2005. (6) « “La première année de médecine a été teintée de wokisme” selon le Pr Laurent Lantieri ». RMC. 31 janvier 2022. (7) « Un sénateur appelle à interdire le départ des médecins à l’étranger ». ObservAlgérie. 13 février 2022. (8) « Étrangers malades : un risque sérieux de dérive des dépenses de santé publique ». Le Figaro. 12 décembre 2021. (9) « L’aide médicale d’État : diagnostic et propositions ». IGAS – IGF. Octobre 2019.
La Fifa et l’UEFA ont décidé d’exclure la Russie de toutes leurs compétitions, y compris la Coupe du monde 2022, “jusqu’à nouvel ordre”. L’équipe de Valeri Karpine ne participera donc pas au prochain Mondial (qui aura lieu du 21 novembre au 22 décembre au Qatar), pour lequel elle aurait pu se qualifier.
La Fifa et l’UEFA ont décidé de frapper très fort. Les instances dirigeantes du football mondial et européen ont officiellement exclu la Russie de toutes leurs compétitions “jusqu’à nouvel ordre”, en raison des opérations militaires menées par les troupes de Vladimir Poutine en Ukraine. L’information a été officialisée ce lundi dans un communiqué commun, à neuf mois du début du Mondial au Qatar (du 21 novembre au 18 décembre).
L’équipe de Valeri Karpine, qui a terminé deuxième de son groupe lors des éliminatoires (derrière la Croatie), devait disputer une demi-finale de barrage contre la Pologne, le 24 mars à Moscou. Avant une possible finale contre le vainqueur de Suède-République Tchèque. Ce ne sera donc pas le cas.
Les factures d’électricité des Français commencent déjà à flamber, mais cela sans même que le conflit russo-ukrénien ait encore eu (et il en aura) des répercussions économiques d’ordre mondial. Le prix de l’énergie en Europe devrait notamment s’enflammer, le continent étant en partie dépendant du gaz russe.
La Russie est la source d’environ 40 % des importations du gaz dans l’Union européenne, et est le premier producteur et le premier exportateur de gaz naturel dans le monde. Or, le prix du gaz impacte directement celui de l’électricité
Un impact colossal sur les marchés de l’énergie
Alors que le prix du gaz naturel flambe déjà en Europe, atteignant 100 euros par mégawattheure, il y a de forts risques que le gaz se paie beaucoup plus cher dans les semaines à venir. Le prix du gaz a déjà augmenté de 15% sur le marché du gros (après un pic à +50%). L’électricité, dont le prix est lié à celui du gaz, a quant à elle augmenté de plus de 10% pour 2022. Le marché anticipe que les sanctions finiront par impacter l’approvisionnement en gaz.
+4% sur le TRV depuis le 1er février 2022 : un impact bien plus important qu’annoncé sur les factures d’énergie des Français
Par ailleurs, depuis le 1er février, la facture d’électricité des Français a augmenté, gonflée par une hausse du tarif réglementé. Limitée à 4% par le « bouclier tarifaire » imposé par le gouvernement, cette hausse globale masque en réalité des augmentations bien plus significatives pour de nombreux ménages, que ceux-ci aient opté pour une offre à tarif de base ou à tarifs heures pleines/heures creuses.
En septembre 2021, sortait un rapport (réalisé par Cherpas, application web permettant d’analyser en quelques clics les abonnements domestiques des particuliers ) qui démontrait qu’opter pour le tarif heures pleines / heures creuses plutôt que le tarif de base n’était pas une alternative si avantageuse qu’elle y paraîtrait pour faire des économies. Loin d’être aussi rentable qu’espéré, alors que près de 50% des Français sont abonnés à ce type d’offre pour leur électricité, il ferait même plutôt perdre de l’argent à de nombreux ménages que l’inverse.
Tenant compte de l’augmentation de +4% du TRV (Tarif Réglementé de l’Electricité) depuis le 1er février dernier, dans ce contexte de flambée des prix et malgré l’application du « bouclier tarifaire », la startup a constaté que cette hausse récente du TRV est venue changer totalement la donne, car même si elle se limite à 4% en moyenne, elle cache en réalité des évolutions tarifaires très disparates.
Ainsi selon les simulations :
Pour le tarif de base, le TRV subissait une augmentation moyenne de +11,6%.
Pour le tarif heures creuses, le TRV augmente significativement de +8% alors que celui aux heures pleines ne subit qu’une hausse limitée de +1%.
Qui sont les plus impactés par cette hausse du TRV ?
Loin de mettre tout le monde sur un pied d’égalité, cette hausse de 4% du tarif réglementé de l’électricité fait majoritairement peser la hausse sur les foyers les plus modestes mais aussi les foyers qui pensent être plus écologiques dans leur consommation. Effectivement, l’électricité des heures pleines est plus « charbonnée » car elle utilise les centrales de gaz et de charbon, tandis que l’électricité des heures creuses fait appel à l’énergie nucléaire. Comme l’indique le Syndicat de gestion des énergies de la région lyonnaise (Sigerly), « limiter les forts appels de puissance sur le réseau électrique en hiver limite la production d’électricité à partir d’énergies fossiles »
En d’autres termes :
Sur les 11 millions de foyers concernés par les tarifs de base, 95% ont une consommation énergétique égale ou inférieur à 9kVA et cela concerne en grande majorité des foyers modestes. Pour ces consommateurs, la hausse du TRV depuis le 1er février 2022 atteint les 11,6%.
Parallèlement, les ménages avec une part d’heures creuses dans leur abonnement supérieure à 70% subissent une hausse 2.6 fois plus importante que ceux ayant une part d’heures creuses inférieure à 30%. BREIZH-INFO.com
« Ils sont des nôtres. » C’est en ces termes qu’Ursula von der Leyen a présenté son souhait de voir l’Ukraine, « à terme », rejoindre l’Union européenne. La situation internationale avait-elle vraiment besoin qu’on en rajoute ? On sait que l’une des raisons de l’invasion russe est le souhait de préserver ce que Vladimir Poutine perçoit comme la sphère d’influence traditionnelle de la Russie : la Rus de Kiev, on connaît cela par cœur grâce aux chaînes d’information continue, mais on ne prend pas bien la mesure de ce que cela signifie. On sait également que l’empressement de l’Ukraine à se raccrocher aux instances occidentales (Union européenne et OTAN) remonte à l’URSS et au traitement que les Soviétiques, qui ont créé ce pays, ont réservé aux Ukrainiens, notamment les terribles famines organisées des années 30. Le pouvoir en place doit son installation à la déstabilisation de 2013, récupérée par la CIA, ainsi qu’au ras-le-bol général de la corruption, qui a hissé sur le pavois un ancien comique. Les Ukrainiens résistent héroïquement, certes ; leurs réfugiés sont de vrais réfugiés (femmes et enfants), et non des colonnes d’hommes seuls, certes ; cette tragédie se passe non loin de chez nous et l’émotion est légitime. Toutefois, les critères d’adhésion à l’Union européenne (État démocratique, économie de marché, respect des « valeurs de l’Europe ») ne semblent pas remplis dans un pays encore instable et corrompu. Accélérer le processus d’adhésion par commisération relèverait du mépris pour les Ukrainiens et de la puérilité face à Poutine.
Que dire si un quelconque génie s’avise d’accélérer l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, cette fois ? Au nom de l’article 5, cette guerre deviendrait alors la nôtre…
Ce conflit a mis en lumière plusieurs choses – en dehors du « retour du tragique » dont se gargarisent les commentateurs. D’abord, l’armée russe n’est pas uniquement un rouleau compresseur. Beaucoup de ses soldats sont jeunes et peu aguerris. Certains ne savaient même pas où on les envoyait. Ensuite, le manichéisme n’est pas mort : non, l’Ukraine, malgré son remarquable patriotisme déjà évoqué sur Boulevard Voltaire, n’est pas un pays de chevaliers blancs. Les armes distribuées à la population ont par exemple facilité les pillages et les meurtres. Enfin, la Russie n’est pas le champion de l’Occident chrétien. Comme l’ont vu les théoriciens de l’eurasisme (Douguine, notamment), c’est un peuple de culture orthodoxe marqué d’une empreinte islamique par le biais des invasions tatares, une puissance guerrière et tellurique, opposée à une puissance protestante, marchande et maritime (hier le Royaume-Uni, aujourd’hui les États-Unis).
Dans ce monde dont les invariants redeviennent visibles, la France pourrait jouer le rôle d’une puissance d’équilibre. Emmanuel Macron veut y jouer. En est-il seulement capable ? Le veut-il seulement sincèrement ?
Du point de vue des Français de l’étranger, d’Afrique en particulier, les sondages et les médias ne reflètent pas la réalité de terrain de la campagne présidentielle d’Éric Zemmour. Atypique, elle propose une franche alternative plutôt qu’une alternance déguisée. Elle bat son plein et fait discrètement le plein de ralliements dans « l’électorat invisible » qui échappe aux sondages sincères ou truqués, aux médias achetés et orientés.
Innovante et dynamique, cette campagne est fortement mobilisatrice par la « lueur d’espoir », voire la « carte de la dernière chance » qu’y voient de nombreux citoyens attachés, par filiation et par comparaison, à notre civilisation féconde mais injustement décriée. À notre identité et à notre souveraineté nationales déniées au nom d’un projet expérimental de gouvernance mondiale totalitaire. À notre culture riche et généreuse, accueillante si elle est respectée, ouvertement dénigrée et bafouée. À notre mode de vie libre et paisible, tolérant envers l’autre dans des limites acceptables, quotidiennement agressé par des ennemis de l’intérieur et de l’extérieur.
Contrairement aux clichés dépréciatifs, fallacieux et tenaces martelés par des opposants à court d’arguments (prétendus racisme, extrémisme, passéisme, machisme), on ne s’apprête pas à voter Zemmour par rejet ni par regret, par défaut ni par nostalgie. Non par adhérence forcée à un parti d’appareil suiveur de l’air fugace du temps, mais par adhésion positive et spontanée à un mouvement nouveau et exaltant qui, se référant à l’Histoire longue, veut allier sans complexe ni contradiction passé et avenir, conservatisme et progrès, identité et humanité, liberté et solidarité.
Ce réservoir potentiel de centaines de milliers de voix à l’étranger pourrait bien faire la différence. Celui des indécis en voie de ralliement, découragés par la médiocrité des partis traditionnels qui renient leurs racines et leurs valeurs. Celui, surtout, des abstentionnistes, dégrisés du mirage macronien ou lassés de la politique spectacle et qui se manifestent à nouveau, par sursaut de citoyenneté. Quand on pense qu’il y a encore vingt ans, les Français d’Afrique votaient majoritairement RPR, on réalise combien la droite pantouflarde, privilégiant le monde des affaires, a laissé inconsidérément (quand elle ne s’y est pas ralliée) les activistes gauchistes puis progressistes noyauter des pans entiers de la société par copinage et par formatage des esprits, dont ceux de l’éducation et de la culture, jusqu’à imposer une véritable police orwellienne de la pensée qui préfigure le contrôle social généralisé.
De nombreux Français résidant par choix ou par dépit à l’étranger – environ deux millions et demi de nationaux, dont la moitié détiennent deux passeports – en ont une acuité naturelle particulière du fait de leur distance et de leur recul. Lors de voyages occasionnels, ils sont frappés par ces transformations silencieuses mais radicales de la société, imperceptibles sur place au quotidien, frappés par le décalage entre ce que rapporte la presse dominante et complaisante, perfusée de subventions publiques, et la triste réalité décrite par les mots choquants mais réalistes d’Éric Zemmour.
À l’évidence, le tissu de cohésion sociale dans la France profonde dont ils sont issus, celle que méprisent tant les « élites » urbanisées et déracinées, s’est fortement dégradé. De même que s’est dégradée l’efficacité du service public sous toutes ses formes, numérisé et dépersonnalisé à l’extrême dont ils dépendent à l’étranger. Ils attendent d’être mieux respectés et soutenus par une aide financière moins saupoudrée et gaspillée au profit d’intérêts concurrents voire hostiles à la France, ainsi qu’une politique africaine plus exigeante pour agir sur des environnements d’affaires opaques et corrompus, par une conditionnalité claire et de vrais contrôles dans toutes formes de partenariats, de contrats et d’aides au développement.
Il est encore trop tôt pour analyser, avec discernement et sans céder à l’émotion, toutes les causes de l’invasion des troupes russes en Ukraine. Il est non moins difficile d’en prévoir tous les effets. On peut cependant assurer que la crise ukrainienne aura sur la France deux conséquences prochaines. Sur le plan politique, elle va dénaturer la campagne électorale, qui fera l’impasse sur le bilan du Président sortant. Sur le plan migratoire, on peut présumer que la France accueillera bientôt des réfugiés ukrainiens.
Emmanuel Macron a déclaré que « la France, comme tous les autres pays européens, prendra sa part pour assister la population ukrainienne, mais aussi pour accueillir des réfugiés venus de ce pays ». Marine Le Pen a de son côté assuré, sur BFM TV, qu’il fallait, « bien sûr, accueillir les réfugiés qui fuient l’Ukraine », ajoutant qu’« on est là au cœur de la Convention de Genève ». Le journal Libération a sauté sur l’occasion pour souligner, comme pour la prendre en défaut, les contradictions de la candidate d’un parti qui avait, en août dernier, lancé une pétition pour dire « non à l’accueil massif de réfugiés afghans ». Il fait semblant de ne pas comprendre.
Christophe Barbier, dans sa chronique matinale sur BFM TV, a involontairement pris la défense de Marine Le Pen, qui pourrait reprendre mot pour mot son argumentation. Évoquant l’éventualité d’une arrivée importante en France de réfugiés ukrainiens, il a rappelé qu’ils étaient des « Européens de culture », une population « très proche, très voisine », que « cette situation ne va pas s’éterniser durant des années » et que la plupart d’entre eux retourneraient dans leur patrie à la fin des hostilités. Des paroles de bon sens qui, dans la bouche de Marine Le Pen ou d’Éric Zemmour, seraient considérées comme discriminatoires.
Il faut pourtant se rendre à cette évidence : entre les réfugiés afghans ou, plus généralement, les réfugiés de culture musulmane et les réfugiés ukrainiens, il y a une différence de nature. L’Ukraine est un pays très majoritairement chrétien, de tradition orthodoxe, bien éloigné de l’islam. Elle est proche de nous par sa civilisation et sa culture. Tout laisse à penser que les réfugiés ukrainiens d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, contrairement à une partie des immigrés issus de pays islamiques, n’exporteront pas une culture étrangère, voire hostile à la nôtre, et ne poseront aucun problème d’intégration ni d’assimilation.
Cette différence essentielle ne semble guère être comprise par des esprits qui, au nom d’un universalisme perverti, refusent de prendre en compte les différences civilisationnelles qui peuvent nuire à la cohésion sociale et à l’unité d’un pays, quand elles ne tendent pas à s’imposer. Il existe, chez ces apôtres de la bien-pensance, qui sont aussi les chantres de la pensée unique, une préférence irraisonnable pour tout ce qui est le plus étranger à notre culture. On l’a vu avec les chrétiens d’Orient, dont les persécutions semblent les laisser indifférents alors qu’ils ouvrent facilement les bras à la religion qui les persécute.
Certains peuples s’assimilent en France mieux que d’autres. Le reconnaître n’est pas une marque de discrimination mais de discernement. Le mot de Saint-Exupéry, « Celui qui diffère de moi, loin de me léser, m’enrichit », ne peut s’appliquer pleinement qu’entre peuples de cultures voisines, qui s’enrichissent mutuellement de leurs particularités. Nier cette évidence, c’est faire preuve d’un aveuglement coupable ou prendre un malin plaisir à voir progressivement s’éteindre notre civilisation.