. L’Iran le tombeau des États-Unis ? Non, sauf si Trump jette l’éponge

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Articles : Avril 2026Mar. 2026Fev 2026Jan 2026
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#webtube : L’Iran n’est pas l’Afghanistan, où Anglais, Soviétiques et Américains  se sont tous cassés les dents. C’est l’indécision de Trump qui complique la situation et rend l’issue de cette guerre incertaine.

Le comportement agité et irrésolu de Trump, à 180 % du calme olympien de Netanyahu, ne fait qu’encourager le discours défaitiste anti-occidental annonçant le crépuscule de l’Empire américain. Dans toute la presse européenne mais aussi américaine, la petite musique d’une énième défaite américaine commence à circuler, énumérant tous les atouts en faveur de l’Iran et toutes les faiblesses des États-Unis. Il s’agit de véhiculer l’idée aussi absurde que dangereuse, qu’une paix bâclée suivie d’un retrait américain serait préférable à une crise économique dévastatrice de type 1929.

Nous n’en sommes pas là. D’abord le Golfe Persique n’est pas le seul fournisseur de pétrole et de gaz de la planète, ensuite le monde a connu bien pire en 1973 et 1979. Certes, le prix du baril a augmenté de 50 %, aggravant l’inflation et freinant la croissance mondiale, mais comme le rappelait récemment un économiste :

– le FMI estime que la croissance, prévue à 3,7 % en 2026, fléchira à 3,1 %. 

– En 1973, le monde a encaissé le pire choc pétrolier avec un quadruplement du prix du baril.

– Six ans plus tard, en 1979, un second choc pétrolier entraînait le doublement du baril.

– Enfin, il n’y a pas de krach boursier en vue, avec ruine totale des grandes fortunes de ce monde.

Bref, inutile d’anticiper un désastre économique planétaire parce que l’Iran résiste à la puissance américaine. Je pense que c’est surtout le manque de détermination de Trump qui encourage le régime iranien à ne rien céder. Netanyahu se dit prêt à finir le job, mais sans l’aval de Trump il ne peut que se plier aux décisions de ce dernier, qui n’aspire qu’à se retirer au plus vite en criant victoire.

Le Mossad sait très bien que le régime iranien est épuisé et que seule la poursuite des opérations peut aboutir à la chute de la théocratie chiite et à la libération du peuple iranien, persécuté par par ceux-là mêmes qu’il a portés au pouvoir en 1979. Mais c’est  l’imprévisible Trump qui bat la mesure.

https://reseauinternational.net/iran-le-tombeau-des-empires-comment-teheran-est-en-train-de-gagner

À en croire l’auteur de l’article ci-dessus, ce serait fin de partie pour Trump et Netanyahu. Le pire est toujours possible, mais jamais certain, si toutefois les États-Unis et Israël décident d’atteindre leurs objectifs de guerre du 28 mars.

Je rejoins l’auteur dans sa conclusion, au cas où cette guerre ne s’achèverait pas par une victoire américaine, mais par un retrait américain. En effet…

« Les bases du Moyen-Orient deviendront indéfendables. Les alliés du Golfe chercheront d’autres protecteurs (la Chine, la Russie). Et Israël, privé de son parrain américain, se retrouvera seul face à un Iran plus puissant et plus respecté que jamais. »

J’ajoute que l’Iran chiite, auréolé de sa victoire sur l’Occident, sera le maître incontesté du Moyen-Orient et dominera le monde sunnite. Quant au peuple iranien, il subira les pires représailles pour avoir soutenu l’ennemi américain.

Mais tout va dépendre des choix de Trump.

– Oui, la défense iranienne est décentralisée et chaque région peut mener une guerre « autonome » en cas de rupture de la chaîne de commandement

– Oui, les cibles iraniennes sont profondément enfouies dans les montagnes, à l’abri des bombes perforantes américaines les plus puissantes

– Oui, le rapport des forces s’inverse quand le faible lance des drones de 25 000 dollars pour saturer les défenses du plus fort tirant des missiles valant 2 à 15 millions de dollars

– Oui, le détroit d’Ormuz est sous contrôle iranien, faisant planer une crise énergétique majeure

Mais tout cela est à double tranchant

– Comme dans toutes les guerres, c’est la tête qu’il faut frapper, en ciblant tous les centres de décision et les hauts responsables du régime, quelle que soit la décentralisation de la défense

– Si les cibles sont inatteignables au cœur des montagnes, toutes les issues peuvent être obstruées par des frappes massives, interdisant l’utilisation des matériels cachés

– Les drones à 25 000 dollars pour épuiser les défenses ruineuses de l’ennemi, cela fonctionne aussi du côté américain et israélien. Si le stock des défenses sol-air diminue côté occidental, le stock des missiles iraniens diminue aussi

– Enfin, au blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran, Trump répond par un blocus naval des ports iraniens et de tous les navires commerçant avec l’Iran, ce qui finira par asphyxier le pays en le privant de ses ressources

Par conséquent, si un recul de Trump est toujours possible, abandonnant Israël en rase campagne, une poursuite de la guerre reste l’option la plus logique pour assurer la sécurité d’Israël et une paix de long terme au Moyen-Orient, ainsi que la libération du peuple iranien persécuté.

À ce jour, bien malin celui qui peut dire où en sera ce conflit dans un mois, tant Donald Trump est instable et imprévisible. Tout est possible. Mais ce qui est certain, c’est qu’une négociation bâclée pour en finir au plus vite, sans avoir atteint les buts de guerre initiaux, serait une monumentale défaite américaine de plus, qui fragiliserait encore davantage la position d’Israël.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque

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