. Municipales : l’accueil de migrants dans les villages a influencé le scrutin

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#webtube : A Bélâbre (Indre), le maire sortant qui avait tenté d’imposer un centre pour migrants n’a pas été réélu. Un scrutin passé inaperçu mais qui en dit long… Ce dimanche 15 mars, à l’instar de millions de Français, les habitants de Bélâbre, petite commune de l’Indre, se sont rendus dans leur bureau de vote pour désigner leur futur maire.

Cette fois-ci, deux listes se faisaient face : une première, « plutôt de centre gauche », portée par le maire sortant, Laurent Laroche, en course pour un troisième mandat ; la seconde, « plutôt de centre droit », menée par Emmanuel Moyrand, un spécialiste de l’intelligence artificielle. Si la campagne a d’abord porté sur des enjeux d’avenir (rénovation urbaine, lutte contre la désertification médicale, sécurité de la commune, développement du commerce local…), le débat autour de l’installation d’un centre pour demandeurs d’asile (CADA) au cœur de ce village de 900 âmes est toujours bien présent dans les esprits. En 2023, Boulevard Voltaire révélait ainsi que l’association Viltaïs envisageait d’ouvrir un centre pour migrants à Bélâbre avec le soutien du maire. Beaucoup d’habitants, mis devant le fait accompli, avaient eu le « sentiment d’avoir été trahis ». Au terme de plusieurs mois de lutte, le projet de CADA avait finalement été abandonné, laissant d’importants stigmates au sein de la population…

À Bélâbre, le maire sortant est évincé

Et ce dimanche 15 mars, la sanction est donc tombée. Emmanuel Moyrand et sa liste « qui compte dans ses rangs d’anciens opposants au CADA », rappelle la presse locale, remportent l’élection municipale au premier tour avec 50,97% des voix, soit neuf voix de plus que la liste menée par le maire sortant. Même si Emmanuel Moyrand n’a jamais pris publiquement position sur le sujet du centre pour migrants, il n’a pas manqué de dénoncer « la méthode utilisée » par l’ancien édile pour tenter d’imposer le CADA aux habitants de la commune. À la suite des résultats du scrutin, Laurent Laroche a annoncé sur ses réseaux sociaux son intention de « cesser l’ensemble de [s]es fonctions électorales et associatives ».

Pour les opposants de la première heure au projet de CADA, ce résultat est avant tout un « vote sanction » contre l’ancien maire. « Ce résultat permet d’évincer Monsieur Laroche qui méritait d’être face aux conséquences de ses décisions passées », note l’Union bélâbraise, l’une des principales associations d’opposition à l’ouverture du centre.

À ce sujet — [Exclu BV] Viltaïs se prépare à installer des migrants dans le Berry

Des listes qui réalisent de belles percées

À Châteauneuf-Grasse (Alpes-Maritimes) également, le débat autour du centre pour migrants dans cette commune de 1 500 habitants n’a pas manqué d’influencer la campagne des municipales. Dans ce village, le centre pour migrants, imposé à la municipalité, engendre, selon plusieurs témoignages, des craintes, des incivilités et des nuisances. Face à ce constat, Cyril Malbert, l’un des principaux opposants au centre, a décidé de créer une liste pour continuer son combat dans les urnes. Si le maire sortant, Emmanuel Delmotte, est réélu dès le premier tour avec 66,48% des voix, la liste menée par Cyril Malbert réalise une belle percée avec plus de 33% des suffrages et obtient quatre sièges au sein du conseil municipal. « Notre équipe siègera désormais au conseil municipal pour représenter les habitants qui nous ont fait confiance », promet le nouvel élu qui assure « rester mobilisé pour la commune ».

À Callac (Côtes-d’Armor), autre commune devenue un symbole de la lutte contre l’immigration en France, le maire sortant, qui avait porté un projet d’accueil de migrants – projet finalement abandonné suite à une large mobilisation -, n’a pas non plus été réélu. Une liste de « changement » lui succède. Dans cette ville bretonne, les tensions restent toujours vives. L’une des principales figures de l’opposition au projet Horizons explique ainsi ne pas avoir pu déposer de liste car ses colistiers recevaient, selon elle, des « pressions et menaces ».

Enfin, à Uzerche (Corrèze), commune vantée par les médias pour son accueil « réussi » de demandeurs d’asile depuis près de dix ans, une liste portée par le Rassemblement national, qui pose la question du maintien ou non de ce centre pour migrants, a réussi à se qualifier pour le second tour (10,71%), une première ! Preuve que le débat n’est pas encore totalement clos dans cette ville…

Clémence de Longraye, dans BV

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