Articles : Mar. 2026 – Fev 2026 – Jan 2026 – Dec. 2025 –
Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

#webtube : Face aux maires RN élus dès le premier tour, LFI déterre le spectre du fascisme. Le duel se met en place. Ce premier tour des élections municipales de 2026 porte avec lui un bouleversement profond, une vague d’espoir et une source d’inquiétude pour les patriotes français. Le RN, jusqu’ici très faible dans ce scrutin local, avait déposé 763 listes ! Bien plus que lors des dernières municipales. Les électeurs ont transformé l’essai. D’abord parce que de nombreux maires RN sont reconduits dès le premier tour, ce dimanche soir. Le suspens est clos à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) où Ludovic Pajot est réélu avec plus de 81 % des voix ! Record à battre dans six ans… Le maire RN d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) Steve Briois écrase le match avec une réélection dès le premier tour à 78 % des voix. Le maire RN de Morières-lès-Avignon (Vaucluse), Grégoire Souque, est reconduit avec plus de 66 % des suffrages. Le maire RN du Pontet (Vaucluse), Joris Hébrard, comme le maire de Beaucaire (Gard), Nelson Chaudon, obtiennent plus de 60 % des voix. Toujours dans le Vaucluse, le maire de Camaret-sur-Aigues, Philippe de Beauregard, est réélu avec 72,99 % ! À Perpignan, Louis Aliot a plié le match avec 51,4 % dès ce dimanche soir. À Fréjus, David Rachline l’emporte aussi définitivement avec 51,3 % des voix. À Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), le député Bryan Masson passerait dès le premier tour avec un peu plus de 50 %, délogeant le maire LR en place. La liste n’est pas limitative…
En reconduisant leur maire RN, ces Français ruinent le discours selon lequel la gestion du RN provoquerait le rejet massif des électeurs horrifiés. Dans ces villes, les administrés du RN ont essayé la potion et en redemandent. De même, le patron de Reconquête Eric Zemmour s’est réjoui sur X : « J’ai le plaisir de vous annoncer que Reconquête! a remporté dès le premier tour plus d’une centaine de mairies partout en France ». On ne connait pas encore alors que nous publions les résultats de Sarah Knafo à Paris. Nicolas Dupont Aignan, lui, a été réélu facilement avec 80% des voix à Yerres. Citons enfin l’élection de Tony Leprêtre, Les Patriotes, à Harfleur, commune de 8 000 habitants en Seine-Maritime, avec 50,21 % des voix contre la maire communiste sortante.
Alliances à gauche
Pour le RN, la moisson n’est évidemment pas terminée. Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella est en position très avantageuse à Toulon avec Laure Lavalette qui obtient 42 % des suffrages, doublant le score obtenu par le parti voilà six ans. À Nice, le patron de l’UDR Éric Ciotti dispose d’une longueur d’avance de plus de dix points avec 41,9 % face à son meilleur adversaire Christian Estrosi (31 %). C’est une certitude : le RN dépêchera dans les conseils municipaux de toute la France des centaines de conseillers municipaux. Cinquante quatre ans après l’émergence du FN devenu RN, on assiste (enfin !) à l’émergence d’une véritable implantation locale du premier parti de France. Il était temps…
À ce sujet — [MUNICIPALES] LFI face au risque du plafond de verre
Mais l’affaire est loin d’être pliée. D’abord parce que le deuxième tour sera soumis à l’incertitude des alliances à gauche. Le PS a promis qu’il ne nouerait pas d’alliances avec LFI, sauf au plan local. Ce qui, au moment d’élections municipales, signifie qu’il nouera des alliances partout où il en aura besoin. Au diable les principes ! « Je suis oiseau voyez mes ailes, je suis souris vive les rats ! », écrivait La Fontaine. Ensuite, la gauche va tenter de mobiliser le ban et l’arrière-ban des abstentionnistes. On va voir surgir à nouveau, comme à chaque fois que la gauche risque de perdre ses mandats ou tente d’accélérer une dynamique, le spectre gonflé à l’hélium médiatique du fascisme renaissant, ce monstre du Lochness fictif, prêt à terroriser sur commande les bonnes consciences, à faire sortir de leur canapé les abstentionnistes de gauche des grandes villes et même à mobiliser les banlieues parfaitement indifférentes au sort de la France.
LFI ressuscite l’éternelle ficelle du fascisme
Enfin, LFI vantera toute la semaine ses bons résultats, réels. Le parti de Mélenchon progresse : il est en tête à Roubaix où il a de bonnes chances de l’emporter, comme à Limoges. Il est au coude à coude à Lille. Il a emporté Saint Denis. Le coordinateur de la France insoumise Manuel Bompard l’a dit : LFI, jeune parti, sera aussi présent dans des centaines de conseils municipaux, avec « une nouvelle génération féminisée, jeune », une « nouvelle France », vantait Bompard ce 15 mars après le scrutin, avant de basculer, comme prévu dans une violente diatribe contre les méchants, « l’extrême droite » bien sûr. Il entend « empêcher leur victoire », en appelant aux urnes « la jeunesse et les quartiers populaires ». Il veut « protéger le peuple français de ce danger » et en appel à la constitution d’un « front anti-fasciste ». La bataille se joue « entre l’extrême droite et nous », menace-t-il. En face, Bardella en appelle aussi à un front contre « l’extrême gauche et le macronisme ». Tiens, on l’avait oublié le macronisme, durant cette campagne des municipales. Ce dimanche soir, la France se polarise à nouveau, mais cette fois, c’est net : la droite nationale fait face à l’ultra-gauche. Le paradoxe est là : les Français ont choisi un maire essentiellement pour des motifs locaux mais les commentateurs et les leaders politiques interprètent dès ce soir leurs votes comme le résultat d’une première bataille dans la course aux présidentielles. Qui s’annonce violente.
- Marc Baudriller, dans BV
