. IA: la relégation de l’homme

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#webtube : La multiplication des dispositifs technologiques dans le champ du réel traduit déjà un monde où l’homme n’est plus que l’appendice et le rouage de la machine… 

Signes avant-coureurs ? Un arbitre avec une caméra embarquée, des ballons connectés, des avatars 3D des joueurs, des pauses fraîcheur qui se transforment en armada publicitaire des dernières technologies, des écrans partout dans les stades… Bienvenue au cœur de la Coupe du monde de football 2026 qui se joue à la fois aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada. 

Ce à quoi nous assistons pendant cet événement sportif planétaire n’est rien d’autre qu’une greffe technologique de grande ampleur. Dans nos vies quotidiennes, de nouvelles formes de transplantation numérique continuent de s’imposer comme une évidence : nous marchons et parlons seuls avec nos oreillettes Bluetooth ; nous avons les yeux rivés en permanence sur nos écrans ; nous ne cessons d’être dépendants de l’intelligence artificielle ; notre temps d’écran explose ; notre vie réelle s’appauvrit ; les rencontres demeurent virtuelles ; le travail des ingénieurs ne se réalise pas sans ChatGPT, Perplexity, Gemini ou Claude ; les chatbots se multiplient ; les opérateurs téléphoniques sont des agents conversationnels ; le pilotage algorithmique explose. 

L’humain s’efface de notre champ de vision et nous ne savons plus vivre sans être médiatisés par des appareils qui font écran entre nous et la réalité. 

Perte de contrôle

Nous sommes ainsi les spectateurs de notre propre obsolescence programmée où l’être humain ne peut plus se déployer sans qu’on lui greffe des dispositifs autonomes qui orientent, pensent, créent et façonnent le réel à sa place. « Dans un futur relativement proche, tout un chacun va utiliser des assistants d’IA dans sa vie de tous les jours. Ils vont être accessibles à partir de nos smartphones, mais aussi de nos lunettes intelligentes ou d’autres gadgets qu’on va porter sur nous », se réjouissait Yann Le Cun, ancien directeur de l’IA chez Meta, dans un entretien accordé au Figaro.Cette gestion des flux de la vie, associée à une prise de contrôle du domaine intellectuel et créateur de nos psychés, préfigure un monde qui n’est plus le nôtre. Nous ne sommes plus « maîtres et possesseurs de la nature » (Descartes) mais esclaves et possédés de la machine. Nous sommes les contemporains d’un basculement anthropologique majeur.

Dans un environnement bruyant, les lunettes connectées RayBan / Meta Glasses adaptent le volume pour être sûres que vous restiez concentré sur votre conversation via l’appareil, plutôt que distraits par votre environnement réel… (C) Meta

Cette inversion à l’œuvre, où l’objet technique devient sujet permanent de la réalité, reléguant toute décision de l’être humain aux oubliettes, conduit à notre appauvrissement généralisé. Ce n’est pas, comme on l’entend abusivement, l’avènement d’une humanité augmentée mais bel et bien la naissance d’une humanité diminuée. En témoigne, s’il fallait encore en douter, la décision récente du président argentin libertarien, Javier Milei, de créer une nouvelle catégorie légale pour les sociétés : la « corporation non-humaine ». Ou encore la nomination de Diella, une IA nommée ministre en Albanie, chargée de prendre des décisions sur l’attribution des marchés publics. Ici encore, plus de trace de l’homme. Seuls les algorithmes gouvernent. 

Place aux hommes 

La fameuse complémentarité homme/machine qui nous est sans cesse rabâchée est un leurre. Si cette réalité machinique continue de se déployer sans que s’opère le moindre contre-mouvement, c’est l’existence même de l’homme en chair et en os qui est en danger. Difficulté à fonder sa propre subjectivité ; incapacité à former des liens sensibles concrets ; perte de l’estime de soi ; hausse de la défiance généralisée ; suppression du travail ; accroissement de la surveillance… C’est ainsi le pouvoir même de l’homme qui s’évapore dans les nuées et qui se trouve annihilé par une puissance tentaculaire et totalitaire dont on ne connaît pas encore les effets à long terme sur les sociétés.

Le pire est que toutes ces impositions nouvelles n’ont pas été discutées. Elles sont réalisées à marche forcée sans qu’aucune délibération collective ne puisse s’interposer. Il serait temps que chacun prenne aujourd’hui la mesure de ce qui advient et que s’engagent mondialement des consultations populaires afin de déterminer si les hommes daignent vivre ou non sous ce nouveau régime d’existence.

C’est aux gens collectivement de décider et non à des firmes technologiques de formuler le credo de la réalité pour tous. La réponse à apporter n’est pas dans l’adaptabilité permanente à ces systèmes mais aussi et surtout dans la capacité de refuser cette nouvelle forme d’existence au risque d’un assujettissement définitif. Laissons alors les gens librement choisir l’orientation de leurs vies. Ce n’est pas à la technologie de s’imposer par-dessus le pouvoir décisionnaire du politique, et les politiciens eux-mêmes n’ont pas, au nom d’intérêts exclusivement productivistes, à soumettre leurs peuples aux volontés des GAFAM. Car, si tel était le cas,  nous ne pourrions plus dire, sans honte, que nous désirons sauvegarder l’héritage démocratique. Nous accepterions alors sans sourciller notre soumission définitive à l’empire technologique. 

Benjamin Edgard, dans Causeur

. En 1970, on nous prédisait une période glaciaire pour l’an 2000…

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#webtube : L’idée n’est pas de systhématiquement nier le réchauffement climatique. Il est à nos portes et nous le subissons encore plus fortement ces dernières année. La question est de savoir si le discours « étatique » actuel est le bon face à ce bouleversement. Les « écologistes » ont toujours travesti la réalité, mais ils ont le soutien des médias et la droite en a peur. Macron leur a tout cédé… et ne parlons pas de François Hollande.

Si on les écoute, nous aurons bientôt des voitures sans clim et sans chauffage.

Nous vivons à l’heure d’une implacable dictature des Verts, à laquelle se sont soumis tous les gouvernements depuis des années, par peur de s’aliéner un électorat toujours plus intolérant avec ses contradicteurs, y compris les plus grands scientifiques.

Dans les années 1970, ils nous annonçaient une période glaciaire pour la fin du siècle. Maintenant, ils nous tiennent un discours à 180°, en diabolisant notre industrie, notre agriculture et notre élevage, sources de désastres apocalyptiques.

Un peu plus tard, ils ont décrété que les pluies acides dues aux rejets industriels détruisaient nos forêts. Trente ans plus tard, la surface des forêts européennes s’est largement étendue.

Il ont aussi accusé nos aérosols de trouer la couche d’ozone, ce qui allait provoquer des cancers de la peau à l’échelle industrielle. En fait, le trou dans la couche d’ozone s’est rebouché sans qu’un seul écologiste nous explique pourquoi.

Le problème de ces « scientifiques » imperméables à tout débat contradictoire est qu’ils s’accrochent à leurs modèles mathématiques pour déchiffrer le climat, sans jamais tenir compte des puissances titanesques de l’Univers, face auxquelles nous sommes de simples fétus de paille pris dans un ouragan.

Dites à un écologiste intégriste que si les activités humaines polluent la planète, elles n’ont aucune incidence sur le climat, il vous prendra pour un crétin. Dites-lui que le climat dépend des courants marins, de l’activité solaire et des mouvements de la Terre, contre lesquels nous sommes impuissants, il vous prendra pour un fou.

Les écologistes, 100 % politisés, nous ont toujours menti.

https://irdeme.org/Les-Ecolos-nous-mentent

Jean de Kervasdoué avait démasqué les arnaques des écologistes dans son livre de 2021.

– des milliers d’espèces animales et végétales menacées ? Mensonge !

– les élevages de cochons et de volailles favorisent les algues vertes ? Mensonge !

– les OGM sont dangereux ? Mensonge ! Ils améliorent les rendements et sont inoffensifs

– le glyphosate est dangereux ? Mensonge !

– l’agriculture biologique, la solution ? Mensonge ! Elle diminue les rendements de 30 à 40 %

– il faut 13 500 litres d’eau pour produire 1 kilo de bœuf ? Mensonge ! 1 kilo de bœuf  contient 700 g d’eau. Plus de 13 499 litres d’eau sont retournés à la nature.

– les nappes phréatiques s’épuisent ? Mensonge ! Elles représentent 4 ans de pluie

– le danger du nucléaire ? Mensonge ! Seulement 4,3 m3 de déchets radioactifs par an. Les centrales nucléaires ont évité 1,8 million de morts prématurées en 40 ans, provoquées par les centrales au charbon

– Fessenheim, une centrale trop vieille ? Mensonge !

Quant à l’arnaque du CO2 d’origine humaine, elle a assez duré.

https://www.luttedeclasse.org/dossier_2025/arnaque_climatique.pdf

« Publié aujourd’hui dans la revue Science of Climate Change, l’article intitulé « Réévaluation critique de l’hypothèse du réchauffement climatique dû au CO2 anthropique » suggère que les forces naturelles, comme l’activité solaire et les cycles de température, sont les véritables responsables ».

Claude Allègre, un cerveau des plus brillants, le disait quand il était ministre de l’Éducation nationale.

En attendant, à cause des diktats écologiques, la santé publique est menacée, la France étant le pays le plus mal équipé en climatiseurs.

90 % des foyers américains ou japonais sont équipés, contre 25 % en France

Les écologistes surfent sur la peur alors que notre pays est le meilleur élève d’Europe en matière d’émissions de CO2, avec un mix électrique décarboné à 95 % !

Nucléaire et hydraulique font merveille, avec un appoint d’éolien et de solaire subventionnés, dont l’intérêt reste à démontrer.

Par conséquent, la généralisation de la climatisation doit être acceptée par tous les partis politiques, en étudiant les meilleurs compromis. Les climatiseurs modernes consomment peu et les émissions de chaleur en milieu urbain doivent être mesurées en termes de santé publique. Hôpitaux, Ehpad, écoles doivent être climatisés.

Car si l’homme ne peut maîtriser le climat, ni prévoir s’il fera plus chaud ou plus froid dans quelques décennies, il est en mesure de se protéger des températures excessives.

Voilà trop longtemps que nous subissons les diktats des Verts, davantage portés sur les enjeux politiques que sur les débats scientifiques.

On ne soulignera jamais assez le désastre énergétique et économique qu’ont provoqué les fermetures du surgénérateur Superphénix par Jospin en 1998, puis celle d’Astrid par Macron en 2019. Un crime économique impardonnable pour acheter les Verts. Ce programme qui nous donnait trente ans d’avance nous promettait une énergie décarbonée pour mille ans avec nos déchets nucléaires. Tous ont été esclaves des Verts. Ce sont les Américains qui ont repris le projet.

Le coût de l’écologie punitive en termes de pertes économiques dans les domaines industriel et agricole se chiffre en centaines de milliards. Pour le plus grand bonheur de certains lobbys qui profitent du gâteau.

Quand les Verts reconnaîtront que le bilan final d’une voiture électrique est un désastre écologique, comparé à des moteurs thermiques modernes qui ne polluent pas, nous aurons avancé d’un grand pas. Mais nous en sommes très loin.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque

. Le Suicide français de Zemmour adapté en documentaire : précis de démolition illustré

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#webtube : Il fallait mettre en images cette incroyable entreprise de sape de la France par des Français. Le Suicide français s’y prêtait.

Pour un magnifique roman de neige canadienne au temps des trappeurs, Maurice Constantin-Weyer avait trouvé ce titre magnifique : Un homme se penche sur son passé. Ce qui est permis au romancier est strictement interdit à l’analyste sociétal et politique depuis des décennies. Les moindres incursions sont saluées d’une salve d’attaques toutes prêtes, destinées à vider l’offensive de toute dangerosité. On entendra, sur le ton de l’ironie supérieure si caractéristique d’une classe intellectuelle qui veille à maintenir les palissades devant le spectacle de la destruction : « C’était mieux avant, bien sûr ! »« ringard »« réactionnaire »« vieux jeu »« refus du progrès »« tourné vers le passé », on en passe. Avec son Suicide français publié en 2014 chez Albin Michel et réédité, actuellement, chez Fayard, Éric Zemmour, qui est encore à l’époque l’implacable polémiste en chef de la droite, pulvérise les Trissotin de la déchéance française, ceux qui l’ont tricotée patiemment et ceux qui croient qu’elle est inéluctable. La parution est saluée par ces mots de Télérama, aux sous-entendus hénaurmes : « Faisant don de sa pensée à la France, il est nécessaire à tous ceux qui, un peu égarés par la perte des repères politiques, avaient oublié à quel point le révisionnisme de droite pouvait encore sévir à propos d’un passé qui, décidément, ne passe pas. »

Mettre en images l’entreprise de sape

Zemmour persiste, signe et illustre le propos d’images saisissantes dans le documentaire du même nom, en quatre volets, disponible sur la chaîne Planète+, dans l’offre Canal+. Comme le livre, le documentaire s’ouvre sur le chêne déraciné, la mort de De Gaulle, secousse tellurique dans la France des années 1970. Comment la France de De Gaulle a-t-elle accouché de la France de Macron ? Le documentaire tente d’expliquer cette incroyable bascule en images.

Vendu à plus de 500.000 exemplaires, Le Suicide français (530 pages) a dépassé la sphère intellectuelle. L’impact a été puissant dans le public de droite. Zemmour a trouvé le chemin que beaucoup cherchaient pour perforer la chape de plomb des non-dits, des dénis et des non-lieux, pour éclairer le présent à la lumière des mécanismes destructeurs à l’œuvre depuis longtemps. Restait à mettre en images cette incroyable entreprise de sape de la France par des Français. À illustrer ce phénomène unique. Or, ce qui est rare pour un essai, Le Suicide français se prêtait à cette entreprise. Pourquoi ? Parce que Éric Zemmour n’est pas parti d’une théorie intellectuelle vaguement collée sur une interprétation des faits.

À ce sujet — Le Suicide français adapté en série télé, Éric Zemmour réhabilité ?

Il a raconté la mort de De Gaulle, « père de la nation », le procès des « bourgeois » de Bruay-en-Artois, l’installation de la loi Pleven sur la liberté d’expression, il a analysé les manifs féministes et leurs slogans, passé au radar le film Les Valseuses, dépiauté le débat Mitterrand-Giscard, ausculté les changements portés par les chansons populaires (Mon fils ma bataille)… Tout cela s’appuie, non sur un raisonnement, mais sur des faits, des phénomènes de société générationnels, tous documentés par des images, tous à l’origine d’un long sillage, à peine brouillé par le temps dans la mémoire populaire. C’est une autre lecture de l’Histoire récente de la France, si peu idéologique qu’elle s’impose d’elle-même avec la puissance dévastatrice de l’évidence et, désormais, de l’image d’archive. Interrogé dans l’émission Soir 3, le 14 novembre 2014, Éric Zemmour avait expliqué ce succès, comme le relevait Jean Kast dans nos colonnes : « Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui ne reconnaissent plus leur pays. Ils sont malheureux. Ils ont l’impression que ce n’est plus la France, déclarait-il. Et moi, je mets des mots sur leurs maux. […] Car on a empoisonné la France et le peuple français. Et il s’est laissé empoisonner par ce que j’appelle les trois D : déconstruction, dérision, destruction. »

L’Histoire que le vainqueur autoproclamé entend raconter

Cette lecture de notre Histoire récente, l’explication de cette décomposition inédite, fait l’objet d’une bataille extraordinairement violente. Ce n’est pas la bonne version. Ce n’est pas l’Histoire que le vainqueur autoproclamé entend raconter. Ce n’est pas ce que veulent dire les adeptes de la mondialisation, de l’Europe, de la haine des frontières. Ce n’est pas ce que veulent diffuser ceux qui tentent de guider les peuples vers leur propre destruction.

À la fin de son livre, Zemmour fait allusion à Marc Bloch, panthéonisé ce 23 juin, en citant cette phrase fameuse qui décrit si bien la difficulté des Français à s’entendre depuis la Révolution française : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’Histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims et ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. » Et Zemmour interroge en postface : « Que dirait aujourd’hui l’auteur de L’Étrange Défaite de ces millions de Français, jeunes en particulier, qui, par ignorance ou rejet, ne vibrent ni pour l’un ni pour l’autre événement ? » Que dirait-il de la France de Mélenchon ?

Après avoir lu Le Suicide français, il faut aller voir sa version documentaire, en parler et la recommander. Pour que les Français de bonne volonté ne puissent pas dire : nous ne savions pas.

Marc Baudriller, dans BV



. Vitraux de Notre-Dame de Paris : chronique d’un patrimoine sacrifié

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#webtube : Nous avons à faire aux sacrifice de l’ancien et du vénérable au profit de l’inutile et de l’orgueilleux. Malgré les 353.591 signatures recueillies par la pétition « Conservons à Notre-Dame les vitraux de Viollet-le-Duc », malgré les recours engagés devant la justice administrative, malgré l’opposition unanime de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, rien n’aura finalement infléchi la décision prise au sommet de l’État. Le souhait du prince président se sera ainsi imposé envers et contre presque tous les avis exprimés par les spécialistes de la conservation du patrimoine et aura fait force de loi.

Ainsi, ce 22 juin 2026 a marqué le début de l’impopulaire dépose de six vitraux conçus sous la direction d’Eugène Viollet-le-Duc et installés en 1865 dans les chapelles du bas-côté sud de la nef de Notre-Dame de Paris. Épargnées par l’incendie du 15 avril 2019 et conservées dans un état jugé satisfaisant par les experts, ces verrières vont ainsi céder leur place à six créations contemporaines réalisées par l’artiste Claire Tabouret et les ateliers Simon Marq de Reims. Il s’agit ici du sacrifice de l’ancien et du vénérable au profit de l’inutile et de l’orgueilleux.

Le chantier de la discorde

Les nouvelles verrières, consacrées au thème de la Pentecôte, seront normalement installées entre octobre et novembre 2026 et deviendront les premiers vitraux du XXIe siècle à entrer dans la cathédrale. Pour leurs défenseurs, Notre-Dame ne saurait demeurer dans un état définitif. Leur créatrice, Claire Tabouret, déclare ainsi que c’est une bonne chose « de rajouter une strate d’histoire à ce bâtiment constitué de mille strates d’histoire et qu’on ne peut pas congeler dans le temps ». Quand il s’agit de contemporanéité, la Ville de Paris apporte bien évidemment son soutien en affirmant que « Notre-Dame de Paris n’est pas un monument figé ».

Ces arguments n’ont pourtant pas convaincu une grande partie du monde patrimonial. Les associations Sites et Monuments et SOS Paris ont multiplié les recours, en vain. Quant à la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, réunie le 11 juillet 2024, puis à nouveau le 12 juin 2025, elle a rappelé au ministère de la Culture son opposition à l’enlèvement de vitraux classés, conservés en bon état et pleinement intégrés à l’architecture de la cathédrale. Un avis purement consultatif, puisque le ministère n’en a pas tenu compte. On peut se poser la question de l’utilité de ces commissions si elles ne sont pas écoutées.

Ancien et vénérable

Les vitraux déposés ne sont ni des ajouts récents ni des œuvres accessoires. Ils sont le fruit du grand chantier conduit par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle, lequel rendit à une Notre-Dame fatiguée par les siècles une cohérence et une magnificence nouvelles. L’architecte travailla naturellement selon les canons néo-gothiques de son époque, plus riches et parfois plus démonstratifs que le gothique des bâtisseurs médiévaux. Pourtant, loin de rompre avec l’âme de l’édifice, il chercha à en prolonger le génie et à s’inscrire dans sa continuité. Ses vitraux participent de cette ambition. À l’inverse, les verrières destinées à les remplacer rompent sans nuance avec cet héritage pluriséculaire.

À ce sujet — Notre-Dame : les vitraux confiés à une artiste inspirée par les migrants…

À cela s’ajoutent également les incohérences des choix opérés : suite à l’incendie de 2019, l’État a fait le choix de reconstruire la flèche exactement selon les plans de Viollet-le-Duc, érigeant son travail en référence absolue de la restauration. Dans le même temps, les verrières, originelles et intactes, pourtant préservées par le feu, sont aujourd’hui retirées pour être remplacées.

Les défenseurs du patrimoine rappellent enfin que la Charte de Venise de 1965, texte fondamental de la conservation monumentale, recommande le respect des apports historiques successifs et s’oppose au remplacement d’éléments anciens bien conservés par des créations nouvelles. Le retrait des anciens vitraux créés en 1865 constitue donc une entorse manifeste à ce texte auquel la France adhère notamment via son lien avec l’ICCROM (organisation intergouvernementale qui se consacre à la conservation du patrimoine culturel, NDLR).

Inutile et orgueilleux

La critique du remplacement des vitraux est également une histoire de sens, de coût, de calendrier et de symbole. En effet, au sein même de Notre-Dame, il existe d’autres emplacements possibles pour accueillir ces nouvelles verrières. Julien Lacaze, président de l’association Sites et Monuments, a ainsi notamment proposé leur installation dans les tours de Notre-Dame, où cela n’aurait pas nécessité la dépose d’éléments historiques.

Le coût du projet nourrit également la contestation. Les nouvelles verrières représentent une dépense d’environ quatre millions d’euros financée par le ministère de la Culture. Une somme conséquente pour remplacer des vitraux en bon état de conservation, alors que partout en France, dans nos campagnes, des églises, des chapelles, des abbayes, des châteaux et bien d’autres monuments historiques attendent désespérément les financements qui permettraient simplement d’assurer leur survie. Cette réalité a été dénoncée par Stéphane Bern qui, en avril dernier, sur le plateau de C à Vous, rappelait avec une certaine irritation que « la France n’est pas Paris ». Déplorant la concentration des moyens sur la capitale, il ajoutait : « Il y en a marre, il y a aussi des petites églises qui ont mille ans d’histoire […] et on ne trouve pas le dixième, le millième d’euros ».

Enfin, la dimension politique de l’opération est loin d’être anodine. Tous y voient l’expression d’une volonté présidentielle d’Emmanuel Macron de laisser une empreinte personnelle, dans un geste presque despotique et capricieux, dans un contexte de crise, de dette et de fragilisation du patrimoine sur l’ensemble du territoire, et ce malgré les réserves des experts et les critiques de l’opinion publique. Cependant, « Notre-Dame de Paris n’est pas un monument figé », n’est-ce pas ! Alors, rien n’interdit qu’un jour, les vitraux de Viollet-le-Duc puissent retrouver leur place au sein de la cathédrale, contribuant de nouveau à l’embellir, comme ils l’avaient fait pendant plus d’un siècle.

Eric de Mascureau, dans BV

. « Arabisation » de la France : Boualem Sansal dit les choses clairement

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#webtube : La liberté de ton de Boualem Sansal renvoie notre classe politique et médiatique à sa propre lâcheté. Boualem Sansal était, ce mardi 23 juin, l’invité de Christine Kelly sur Europe 1. Ceux qui auraient pu croire que la détention arbitraire qu’il a subie avait amoindri sa pugnacité en seront pour leurs frais. Au cours de cette interview, qui avait principalement pour but de présenter son nouveau livre La Légende (Grasset), du nom que lui donnaient, paraît-il, ses codétenus. Numéro d’écrou 46611, incarcéré au bloc 18A, l’ancien haut fonctionnaire algérien, embastillé par le pouvoir, a raconté par le menu les conditions de son incarcération. Il est surtout revenu sur la situation actuelle de la France qui, pour lui, présente de troublantes similitudes avec celles de l’Algérie.

Sansal évoque d’abord le régime d’Alger, imbu de lui-même, persuadé d’être le phare de l’Afrique, gangrené par la corruption et porté par la certitude d’avoir un destin au sein des BRICS. Relancé par des chroniqueurs pleins de talent et d’admiration, notamment l’excellent Michel Fayad, il explique, d’une manière très philosophique, ce que recouvre la notion de dignité, à laquelle il est très attaché, et qui lui a probablement permis de tenir avec une telle noblesse. Comparant cette volonté de demeurer digne au comportement de la France vis-à-vis de l’Algérie, l’écrivain considère que notre pays « s’agenouille » devant Alger « depuis l’indépendance ». Il compare les accords d’Évian aux bourgeois de Calais et montre à quel point l’Algérie n’a été forte que de notre faiblesse. Michel Fayad en profite pour rappeler que la France a gagné la guerre militairement et a choisi de la perdre politiquement.

Nos ministres n’ont fait que reculer

Plus encore, sur la prise progressive de pouvoir des islamistes au sein de notre société, sujet cardinal, il est sans appel : « Ce ne sont pas les islamistes qui ont islamisé la France, c’est le pouvoir. » À force de renoncements, les élus et l’exécutif ont accepté de se laisser grignoter. En France comme en Algérie, « les islamistes n’ont jamais fait ça avec la force ». Avec les « pieds-rouges », universitaires communistes des années 1960, Sansal a constaté l’arrivée des « pieds-verts », les islamistes, qui se sont rendus maîtres de la justice, des écoles, mais jamais de l’armée ou de la police, « fausses forces ». À l’époque, le gouvernement algérien, plutôt que de défendre la démocratie, a essayé de faire des concessions à l’islamisme pour se gagner ses bonnes grâces. Universités séparées, arabisation des cours, fin du travail des femmes. Pour Sansal, même chose en France : « C’est le gouvernement qui cède », conclut, implacable, l’écrivain franco-algérien. « Qui arabise la France ? Qui islamise la France ? C’est le pouvoir lui-même. »

On sort de cet entretien un peu sonné par un constat aussi indéniable. La liberté de ton de Boualem Sansal renvoie notre classe politique et médiatique à sa propre lâcheté. Il a parfaitement raison : depuis l’affaire du voile de Creil, il y a près de quarante ans, nos élus et nos ministres n’ont fait que reculer, terrorisés par la crainte du scandale, par la peur d’être traités de racistes ou, plus récemment, d’islamophobes. Ils n’y ont gagné ni la paix sociale, ni le moindre début de pacte entre l’islam et la République. Construite sur la haine du catholicisme, elle s’est trouvée impuissante face à une religion conquérante venue d’ailleurs, qu’elle ne s’autorisait pas à critiquer. Et nous voilà dans cette situation.

Il nous faut dix, il nous faut cent Boualem Sansal, sur les chaînes de télévision ou de radio, pour dire la vérité. Avant qu’il ne soit trop tard – sachant que cela fait plus de trente ans qu’on nous dit qu’il est minuit moins dix et que les Français s’en moquent…

Arnaud Florac, dans BV

. Narbonne : âgé de 17 ans, Louis est lynché lors d’un guet-apens et décède

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#webtube : Vendredi 19 juin, au soir, un jeune homme de 17 ans, prénommé Louis, a été sauvagement lynché sur un chantier de Narbonne (11) par une bande. Dans le coma pendant cinq jours, la victime est décédée mercredi 23 juin. Cinq auteurs présumés ont été identifiés et placés en garde à vue, puis déférés devant un juge d’instruction. Les agresseurs présumés ont été mis en examen pour tentative d’assassinat, puis placés en détention provisoire.

Source : BV

. Fête de la musique 2026, circulez il n’y a rien à voir !

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#webtube : La nuit de la Fête de la Musique a donné lieu à 148 interpellations à Paris, selon un premier bilan communiqué par le ministère de l’Intérieur ce lundi matin. Au niveau national, la place Beauvau a recensé 243 interpellations, dans le cadre d’un décompte encore provisoire, qui doit être consolidé dans la journée

Le phénomène le plus visible de la soirée a concerné les piqûres. Plusieurs personnes ont signalé avoir été piquées dans la rue, entre 21 heures et 23 heures, principalement dans le centre de Paris (Ier et IVe arrondissements). Certaines victimes, très désorientées, ont été conduites à l’hôpital. Les substances qui auraient été injectées n’ont pas encore été identifiées.

Deux viols présumés ont par ailleurs été enregistrés dans la capitale. Dans le IXe arrondissement, vers 21h20, une femme a déclaré avoir été violée dans un appartement après avoir reçu, contre son gré, une injection avec une seringue. Un homme a été interpellé. Dans le IVe, vers 22h30, un homme a déclaré avoir été victime d’un viol en réunion, commis par deux individus dans une cour d’immeuble. Plusieurs agressions sexuelles ont également été signalées dans la foule.

Dans le Ve, vers 23 heures, une femme a affirmé avoir été agressée alors qu’elle dansait près du square Tino-Rossi. Un homme a été arrêté. Dans le Xe, peu après 22 heures, un noctambule alcoolisé s’en est pris à une passante avant de blesser son compagnon avec un tesson de bouteille, ce qui a donné lieu à deux interpellations. Toujours dans le Xe, vers 01h25, une autre femme a expliqué avoir été agressée sexuellement par un groupe de trois hommes. Un suspect a là aussi été interpellé.[…]

Rue Beaurepaire (Xe), vers 3 h 45, des policiers ont été violemment pris pour cible par environ 200 personnes. Ils ont été visés par de nombreux jets de projectiles, selon une source proche de l’affaire. Les fonctionnaires ont riposté avec des grenades lacrymogènes pour se dégager, et deux véhicules ont ensuite été retrouvés tagués “ACAB”.[…]

La petite couronne a connu, elle aussi, des tensions avec les forces de l’ordre. À Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), vers 23h45, cernés par une quinzaine d’individus, des policiers municipaux ont eu recours au gaz lacrymogène pour se dégager. À Clichy-sous-Bois, vers 01h15, des policiers ont également été pris à partie par des groupes d’individus.[…]

Actu17

Dans la nuit du 21 au 22 juin, Paris a vibré au rythme de millions de fêtards à l’occasion de la Fête de la musique et ses forces de l’ordre n’ont pas chômé. Selon le bilan, non définitif, du ministère de l’Intérieur lundi matin, au moins 148 personnes ont été interpellées à Paris et 243 à l’échelle de la France. Près de 5 000 policiers et gendarmes ont été déployés dans la capitale et son agglomération ainsi que 2 500 sapeurs-pompiers.[…]

À Gagny, en Seine-Saint-Denis, un homme de 48 ans a été interpellé lors d’un concert local après avoir commis une agression sexuelle sur une fillette de 12 ans. À Nogent-sur-Marne, une adolescente de 15 ans s’est présentée aux forces de l’ordre pour signaler un viol survenu en marge des festivités.[…]

Le Parisien

. Le retour sur scène de Raphaël Arnault : le déshonneur a un nom

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#webtube : La Fête de la Musique et le concert « contre le racisme » de La France Insoumise : l’occasion rêvée de refaire surface. Lors du concert organisé par La France insoumise, à l’occasion de la fête de la Musique, ce 21 juin, le député Raphaël Arnault s’est exprimé à nouveau pour la première fois en public depuis le drame de Lyon. Tout en remerciant le mouvement d’extrême gauche de son soutien, il a invité la foule à ne pas laisser « la nation réhabiliter des néonazis ». Fondateur de la Jeune Garde, le disciple de Jean-Luc Mélenchon a trois assistants parlementaires soupçonnés d’être impliqués dans le meurtre de Quentin Deranque, le 14 février dernier.

Patiemment, le député Raphaël Arnault a donc laissé passer la tempête. Après l’épouvantable drame de Lyon et le lynchage mortel de Quentin Deranque par les milices « antifascistes » de la Jeune Garde, sur les conseils de ses amis mélenchonistes, le parlementaire s’était éloigné du palais Bourbon et du champ médiatique. Courber l’échine un moment, se faire tout petit, disparaître, le temps de laisser la température retomber. Ensuite, la politique des petits pas. Un retour en douceur, discret. La première étape consista à organiser une prise de parole. Un long entretien donné au média d’extrême gauche Blast était mis en ligne, le 1er avril, en même temps que le parlementaire retrouvait les bancs de l’Assemblée nationale, un mois et demi après les événements. Seconde étape : réapparaître sur scène et s’exprimer en public. C’est ainsi chose faite, ce dimanche 21 juin à Paris, sur la place de la République, à l’occasion du « concert antiraciste » que La France insoumise organisait pour la fête de la Musique. Après une grande « marche contre le racisme et l’extrême droite » au départ de Barbès, en début d’après-midi, la foule se rassembla pour assister au concert, un temps interdit par un arrêté préfectoral que le tribunal administratif de Paris avait finalement suspendu.

« La violence politique assumée sans aucun complexe »

« Les antifascistes sont les bienvenus partout dans la période, et notamment ici lors de la fête de la Musique. » Voilà donc le député de Vaucluse au micro devant plusieurs milliers de personnes. « C’est la première fois que je reprends la parole sur scène, […] ça a été dur, mais ce qui fait qu’on tient, c’est le collectif, les amis », explique-t-il, exhortant la foule à « se serrer les coudes » afin de ne pas laisser « la nation réhabiliter des néonazis », à ne pas « baisser les yeux lorsqu’on réhabilite des fascistes sur tout le territoire ». Une bonne occasion offerte au parlementaire d’Avignon d’exprimer sa reconnaissance pour l’indéfectible soutien du mouvement insoumis, « un des seuls sur le plan politique qui ne cède pas, qui ne baisse pas les yeux, qui fait front contre l’extrême droite ». L’élu est ovationné et la foule scande en chœur « siamo tutti antifascisti ».

« Quatre mois après que sa milice a tué en pleine rue à Lyon, dont deux de ses collaborateurs mis en examen, et sans avoir jamais eu un mot pour condamner cet assassinat, Raphaël Arnault monte sur scène pour remercier LFI de son soutien sans faille. » L’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy s’est indigné, comme nombre de parlementaires. « La violence politique assumée sans aucun complexe », a résumé le bras droit de Bruno Retailleau. Au Rassemblement national, Matthieu Valet a dénoncé « un élu condamné pour violences volontaires en réunion [qui vient] donner des leçons comme si de rien n’était ». « Deux de ses collaborateurs parlementaires sont mis en examen, dont un en prison dans le cadre du tabassage à mort de Quentin Deranque à Lyon, a souligné l’eurodéputé RN. Et il ose encore venir nous faire la messe antifasciste. » Certains stigmatisent le côté moutonnier de la foule LFI présente.

« Une secte grotesque avec ses rites totalitaires pour une pensée enrégimentée, une synchronisation d’esprits en pannefustige l’eurodéputé Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen, qui conclut : le gauchisme est une maladie mentale. »

À ce sujet — [EXCLU BV] Ce 8 mai, à Paris, un stand de soutien aux meurtriers présumés de Quentin !

Pourtant, trois assistants parlementaires de Raphaël Arnault sont soupçonnés d’être impliqués dans la tragédie lyonnaise. Boulevard Voltairevia notre journaliste Jean Bexon, suit de près ce dossier sensible. L’ex-bras droit du député LFI, Jacques-Elie Favrot, est le meneur présumé du lynchage mortel. Son autre assistant, Adrian Besseyre, est lui aussi meurtrier présumé. Il serait celui qui aurait donné les coups de pied les plus violents à Quentin. Robin Chalendard, qui est toujours attaché parlementaire en poste, pourrait avoir aidé un des meurtriers dans sa cavale et à se soustraire aux enquêteurs. Il est actuellement interdit d’entrée dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. À ce stade, les trois jeunes hommes sont présumés innocents. Les neuf inculpés, tous actuellement en détention provisoire, sont membres de la Jeune Garde, le mouvement fondé par Raphaël Arnault.


Yves-Marie Sévillia
, dans BV

. Accords USA-Iran : les perdants et le gagnant

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#webtube : En négociant avec l’Iran à Genève, sous arbitrage pakistanais, Donald Trump n’est pas en position de force. Il le sait, mais n’a plus le choix. Sa guerre de deux semaines a duré trois mois, sans grands résultats. Il sait qu’il lui faut négocier au plus vite, lui qui a été en grande partie élu sur la promesse de ne plus engager son pays dans des conflits lointains et à l’issue incertaine.

Donald Trump n’est peut-être pas le plus cultivé des hommes, mais au moins sait-il compter jusqu’à deux. Les défaites militaires américaines, par exemple : Vietnam (1955-1975) et Afghanistan (2001-2021). Le cas de l’Irak (2002-2011) n’est guère plus flatteur, le but de la manœuvre était de « démocratiser » ce pays arabo-musulman pour en faire une sorte d’allié de l’Amérique. La réussite n’est pas flagrante. D’ailleurs, instruit par ses échecs à répétition, il s’est engagé dans l’équipée iranienne uniquement parce que Benyamin Netanyahu l’a convaincu que tout cela serait réglé en deux semaines, comme vu plus haut. Le Pentagone lui disait que non ; il a préféré écouter « Bibi ». Ce dernier en paye déjà le prix.

La grande perdante de cette affaire, c’est évidemment la stratégie militaire. Ou son absence, dans le cas qui nous occupe. Contre l’Iran, les USA et Israël avaient le matériel, la suprématie aérienne, les bombes dernier cri. Mais Téhéran avait la stratégie, préparée depuis des décennies, la conceptualisation d’une guerre asymétrique, à base de missiles, certes, mais surtout de drones et de vedettes rapides lui ayant permis de bloquer le détroit d’Ormuz, fragilisant ainsi les flux pétroliers.

Israël perd la main…

L’autre grand perdant, c’est bien sûr l’État hébreu qui, lui aussi, devient imbattable dans le registre de la force brute et le manque conjoint de vision politique et stratégique. Cela fera bientôt trois ans que les Israéliens s’acharnent sur la bande de Gaza, quasiment réduite en cendres. Mais le Hamas est toujours là. Même échec patent vis-à-vis du Hezbollah libanais. Ils ont beau eu décapiter son état-major à coups de téléphones piégés, le Hezbollah, lui aussi, est toujours là. Alors, Israël bombarde le Liban. Ça semble être une manie chez eux. Quand on ne sait pas quoi faire à Tel-Aviv, on bombarde le Liban. Ça ne sert à rien, mais ça soulage. Sauf qu’aujourd’hui, ça ne fait plus rire personne, et surtout pas Donald Trump : « Trop de gens sont tués et Israël n’a pas besoin de raser un immeuble à chaque fois que vous cherchez quelqu’un, car il y a beaucoup de monde dans ces immeubles, et ils ne font pas tous partie du Hezbollah. »

J.D. Vance, le vice-président américain, dépêché à Genève pour signer l’accord irano-américain, est à peine plus amène avec « l’ami israélien » : « Donald Trump est le seul chef d’État au monde à être bienveillant envers la nation d’Israël en ce moment précis. Et il se trouve qu’il est le chef d’État de la superpuissance mondiale. Si je faisais partie du cabinet du gouvernement israélien, je n’attaquerais peut-être pas le seul allié qu’il me reste encore. » Envoyé, c’est pesé.

Ce n’est pas pour autant que les USA sont les gagnants de cette séquence, loin s’en faut. L’Arabie Saoudite et les Émirats du Golfe lui faisaient confiance pour les protéger d’attaques extérieures ? Les frappes iraniennes ont démontré que le parapluie américain n’était pas exactement fiable. Ces pays devront investir plus pour leur sécurité. Certains ont déjà commencé. Quant à cette confiance, elle n’est plus là.

Et l’Iran la reprend…

Mais s’il y a un grand gagnant, c’est bel et bien l’Iran. Et le paradoxe est qu’il peut finalement remercier Israël et les États-Unis. Avant que ne démarre leur équipée, le régime n’était pas au mieux, de plus en plus contesté par des manifestations permanentes, auxquelles s’étaient, grande première, joints les commerçants du bazar de Téhéran, traditionnellement conservateurs. On évoquait même un possible basculement de l’armée régulière. Les bombardements israélo-américains ont étouffé la révolte naissante, sauvant involontairement le régime qui, s’il avait chuté, aurait provoqué un grand saut vers l’inconnu avec une possible guerre civile à la clef, l’Iran étant une mosaïque à la fois religieuse et ethnique. Mais il est un autre aspect inattendu de ce conflit : en décapitant les religieux iraniens, dont l’ayatollah Khamenei, les USA ont donné l’avantage aux Gardiens de la révolution qui, même si touchés eux-aussi, ont profité de la faiblesse du pouvoir religieux pour accroître le leur. Une sorte de putsch de velours, en quelque sorte, et qui fait bien les affaires des Américains.

En effet, ces Gardiens, très portés sur les affaires (ils tiennent une large part de l’économie iranienne), ne sont pas insensibles à la corruption, même si nationalistes convaincus. Bref, des partenaires idéaux pour Donald Trump. Ce qui fait dire à Renaud Girard, dans Le Figaro de ce 16 juin : « Je pense que la réconciliation irano-américaine est beaucoup plus proche qu’on ne le croit habituellement. » Robert Baer, ancien chef de région de la CIA au Moyen-Orient, écrivait déjà, en 2008, dans son essai Iran, L’irrésistible ascension (JC Lattès) : « Une alliance entre les États-Unis et l’Iran serait l’un bouleversements stratégiques les plus significatifs de l’histoire moderne, aussi décisif que la rupture sino-soviétique. Mais c’est le seul choix qui s’offre à nous. » On comprend mieux pourquoi Israël, qui n’a pas été convié aux négociations de Genève, les suit néanmoins de très près.

Nicolas Gauthier, Revue Elements

. La chanson du jour, Milk – Garbage

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#webtube : S’il y a bien un titre qui prouve que Garbage n’est pas qu’un groupe de rock alternatif pur et dur, c’est « Milk ». Dernier single de leur premier album éponyme, ce morceau est un chef-d’œuvre de trip-hop gothique et d’électro-pop minimaliste. Loin des guitares saturées de « Vow » ou de « Only Happy When It Rains », Milk s’écoute comme un murmure nocturne, à la fois fragile et venimeux.

#webtube : If there’s one track that proves Garbage isn’t just a pure and simple alternative rock band, it’s « Milk. » The final single from their self-titled debut album, this song is a masterpiece of gothic trip-hop and minimalist electro-pop. Far removed from the distorted guitars of « Vow » or « Only Happy When It Rains, » « Milk » is like a nocturnal whisper, both fragile and venomous.

Source : Youtube