#webtube : Avec Harold Hyman, Gil Mihaely et Jeremy Stubbs. Si l’année 2025 a été marquée par des tensions entre la Chine et les Etats-Unis, notamment sur des questions commerciales (tarifs douaniers, exportations de terres rares et de puces…), Donald Trump est actuellement reçu à Pékin avec tous les honneurs par Xi Jinping.
Les deux chefs d’Etat ont intérêt à trouver un terrain d’entente concernant le commerce, le détroit d’Ormuz et – dans la mesure du possible – l’avenir de Taïwan. Certes il est difficile de croire qu’ils peuvent trouver un accord « win-win », mais ils doivent au moins trouver un accord « no lose-no lose » où chacun garde la face et sans que le côté potentiellement antagoniste de leurs relations éclate au grand jour.
Les deux parties ont intérêt à rouvrir le détroit d’Ormuz: Trump, parce que la crise économique et la guerre déplaisent à ses électeurs; Xi, parce que les clients de la Chine disposent de moins d’argent pour acheter les produits chinois, et les exportations représentent la seule source de croissance pour son pays. Ni Trump ni Xi n’ont les coudées totalement franches dans cette négociation. Jusqu’à présent, M. Trump a surtout eu recours à la menace des tarifs douaniers, mais la justice américaine cherche à le brider dans ce domaine. Pour M. Xi, l’immixtion du Parti communiste dans les affaires économiques est en partie responsable de la croissance comparativement terne de la Chine, et, ayant arrêté son chef d’état-major et plusieurs généraux, il est pour le moment mal placé pour intervenir militairement à Taïwan.
L’Europe est non seulement absente de ces discussions, mais semble avoir du mal à exister sur le plan diplomatique dans la crise actuelle. Pourtant, le Vieux continent n’est pas du tout impuissant. Son soutien à l’Ukraine permet à cette dernière, et de résister à l’agression russe, et à développer de nouvelles technologies militaires qui feront d’elle une puissance avec laquelle il faudra compter dans l’avenir. Volodymyr Zelensky vient de réaliser une tournée des pays du Golfe pour leur vendre les nouveaux armements ukrainiens à l’heure où ces pays cherchent désespérément à se protéger à d’autres agressions iraniennes.
Il se peut bien que le centre de gravité de l’Europe commence à se déplacer vers l’est avec la montée en puissance de l’Ukraine et de la Pologne, jointe à un réarmement allemand.
Ecoutez maintenant les analyses de Harold Hyman, Gil Mihaely et Jeremy Stubbs dans le nouvel épisode de notre podcast 👇
#webtube : Isabelle Huppert me fascine, qui maîtrise le grand art d’être toujours identique sans jamais être tout à fait la même. Probablement est-ce cette aptitude à une forme de métamorphose immobile qui fait les très grands ?
L’actrice est à Cannes cette année pour la 22ème fois, confie-t-elle ce week-end au Figaro Madame à qui elle a donné un édito1. Elle y est pour son rôle dans le film « Histoires parallèles » du réalisateur iranien Asghar Farhadi.
Je me méfiais. Depuis 68, je me méfie toujours des éditos d’acteurs de cinéma. En général, ils se croient obligés de nous persuader qu’ils pensent. Et qu’ils pensent bien. Je veux dire, du bon côté. La misère du monde les accablerait, les injustices de notre horrible société capitalo-patriarcale les empêcheraient de dormir, la faim qui sévit dans les bas-fonds des inhumaines mégalopoles leur nouerait l’estomac au point de devoir renoncer aux mignardises de la table étoilée du coin. Et s’ils ne tenaient qu’à eux, les méchants, les riches, les trop blancs qui font-rien-qu’à-maltraiter-les-pauvres-gens seraient précipités dans la mer du haut du Palais des Festivals, enchaînés à un lingot de plomb du poids de leur ego. Dans ce registre des larmoiements convenus des biens nourris du septième art, nous avons de quoi remplir des volumes entiers.
Donc, à l’annonce d’un édito d’Isabelle Huppert, je m’inquiétais. Le conformisme étant un mal au moins aussi contagieux que la star du moment, j’ai nommé l’hantavirus, je m’attendais à devoir bien vite me détourner des lignes écrites par l’actrice ou de les reléguer illico dans le puits sans fond de mon indulgence naturelle.
Eh bien, non ! Huppert est l’intelligence même. L’intelligence de son art, le cinéma. Si je ne m’en étais pas convaincu tout seul, Claude Chabrol, dont je me flatte d’avoir été de ses amis les dernières années de sa vie, me l’aurait fait découvrir. Un réalisateur, un artiste intelligent qui parle avec intelligence d’une comédienne intelligente. Voilà qui faisait un bien fou. Telle était en effet la teneur des propos qu’il tenait sur Huppert, la grande Huppert.
Dans son édito, de quoi parle la reine Isabelle ? Du cinéma. Du cinéma comme elle le vit à Cannes. En salle. Elle décrit une virginité de plaisir toujours recommencé, identique d’année en année sans être jamais le même et qui, donc, en ce sens lui ressemble. « Les pépites peuvent surgir de partout, toutes catégories confondues. Chaque projection est une cérémonie », dit-elle. (Dans sa bouche le mot cérémonie sonne toujours d’une manière singulière aux oreilles de ceux qui ont vu le grand et beau film éponyme du même Claude.) « Les mots claquent, ajoute-t-elle. Cérémonie d’ouverture, cérémonie de clôture, Palme d’or, red carpet. Mais quand on est dans la salle, on ne pense plus qu’au plaisir de découvrir un film. Ou plutôt on ne pense plus. On pensera après. On oublie tout. On pensera plus tard. »
« On ne pense plus qu’au plaisir », dit-elle. « J’y retourne cette année pour la vingt-deuxième fois en sélection officielle, ajoute-t-elle, mais ce sera comme la première fois. Ce sera comme toujours une mise à l’épreuve du film, du travail accompli, de la justesse des choix qu’on a faits. Rares sont les occasions où la fête et l’exigence coexistent avec cette intensité. »
La reine Isabelle est bien généreuse de nous livrer son secret, qui -ô merveille ! – me semble convenir aussi bien pour la vie que pour le film qui passe sur l’écran. S’abandonner au plaisir de vivre comme elle s’abandonne au plaisir du film. Ne penser qu’après. Plus tard. Faisons donc cela…
#webtube : À l’appel de Tommy Robinson et de son mouvement « Unite the Kingdom », ils étaient des milliers à manifester à Londres. Ce samedi 16 mai, ils sont venus du Yorkshire, d’Écosse, d’Irlande du Nord ou encore de l’Essex, des dizaines de milliers de manifestants britanniques se sont réunis autour de la statue de Winston Churchill en plein cœur de Londres, à l’appel de l’activiste anti-immigration Tommy Robinson et de son mouvement « Unite the Kingdom » (« Unissons le royaume »). C’était son deuxième rassemblement après celui du 13 septembre dernier. BV était sur place.
« J’aime mon pays, j’aime mes compatriotes ! Je suis habillé comme un vrai patriote, un vrai Anglais. »
Parmi les manifestants, essentiellement des membres de la working class britannique, à savoir la classe laborieuse. Au micro de BV, des manifestants confient leur désarroi. Selon eux, leur travail est asphyxié par les taxes et leur sécurité est menacée par l’immigration. Des jeunes, reconnaissables à leurs habits « Casual », un code vestimentaire inspiré des milieux populaires du stade, côtoyaient leurs aînés. Tous brandissaient l’Union Jack, la croix de saint Georges (Angleterre) ou encore celle de saint Patrick (Irlande). Beaucoup sont venus en famille.
Vétérans, anciens mineurs ou encore travailleurs du bâtiment nous font part de leur fierté d’appartenir au peuple britannique mais aussi de leur crainte face à l’intensification des flux migratoires. L’un d’eux déclare : « Mon grand-père a fait le Débarquement. Nous sommes fiers d’être britanniques, d’être anglais. Mais notre gouvernement nous interdit cette fierté. »
« Mon grand-père a fait le Débarquement. Nous sommes fiers d’être britanniques, d’être anglais. Mais notre gouvernement nous interdit cette fierté. »
Certains manifestants n’ont pas hésité à injurier les forces de l’ordre, accusées d’avoir étouffé les scandales des viols collectifs de Telford commis par des gangs pakistanais.
En 2025, trois migrants arrivés au Royaume-Uni en bateau puis logés dans un hôtel pour demandeurs d’asile ont été condamnés pour le viol collectif d’une femme sur une plage britannique. L’un des migrants était poursuivi pour meurtre en Égypte.
Pour prévenir les risques de débordements, les autorités ont utilisé des systèmes de reconnaissance faciale, mais la manifestation, surplombée par Big Ben, selon la police, s’est tenue sans incidents majeurs.
#webtube : Nous ne savons pas si, comme le disent nos amis de Synthèse nationale, il y avait un million de manifestants à Londres, ou bien plusieurs dizaines de milliers, ou bien plusieurs centaines de milliers. Mais ce que nous savons, c’est que, en ce moment, en Europe, seul notre ami Tommy Robinson est capable de mettre dans la rue autant de monde contre l’invasion migratoire, dans une capitale européenne.
Ce rassemblement se déroulait dans un contexte particulier. Les travaillistes anglais viennent de subir une véritable déroule électorale, et Keir Starmer est de plus en plus contesté. On avait appris la veille la mort sordide d’un jeune anglais, Henri Nowak, poignardé par un sikh, mais menotté par les policiers qui le prenaient pour un agresseur raciste. Et une contre-manifestation pro-palestinienne se tenait à quelques centaines de mètres de l’initiative de Tommy. Deux Angleterre inconciliables, d’où des mots d’ordre radicaux évoquant la nécessaire remigration, voire des croisades.
Tommy, pourtant plusieurs fois emprisonné par les différents gouvernements anglais, est devenu un animateur de manifestation exceptionnel, presque un show-man, avec une structure militante d’une efficacité impressionnante autour de lui. Et, détail important, ce sont les Anglais issus des classes populaires qui descendent dans la rue pour refuser le modèle multiculturel et l’invasion migratoire musulmane que la gauche et les élites mondialistes veulent leur imposer.
A chaque initiative anglaise, des militants français traversent la Manche pour soutenir les organisateurs. Cette fois, ce sont les militantes de Némésis qui ont, de fort belle façon, représenté la France, en apparaissant, sur scène, avec une burqa, avant de la retirer et d’apparaître pour ce qu’elles sont : de superbes jeunes femmes européennes, habillées de manière élégante.
Lors du dernier rassemblement de Tommy, c’était Eric Zemmour qui avait pris la parole, devant une foule impressionnante.
Et la première fois, alors que Tommy était en prison, c’était notre ami Eric Mauvoisin, président du Rassemblement Vendéen, qui avait représenté notre pays.
La réussite de ces manifestations confirme que de plus en plus d’Européens comprennent ce qui est en train de se passer, et que c’est la survie de leur civilisation qui se joue dans les années qui viennent. Pourquoi de telles manifestations sont impossibles en France ? Peut-être manque-t-il un Tommy Robinson, mais surtout, l’appareil d’Etat paraît très organisé, avec ses antifas, ses journaleux et ses juges, pour rendre difficile l’organisation de telles initiatives, l’interdiction de la manifestation parisienne du C9R, la semaine dernière, en est une nouvelle preuve.
Et pourtant, il y a 14 ans, c’est nous qui occupions les rues de Paris, pour dénoncer l’islamisation de notre pays. A cette occasion, nous étions 3000, mais un inspecteur des Renseignements généraux nous avait prévenus qu’il avait des consignes, et qu’il n’annoncerait que 700 participants.
Et nous recommencions deux ans plus tard.
Comment ne pas rêver, quatorze ans plus tard, que d’autres prennent la relève et soient capables, malgré tous les obstacles, de rassembler autant de monde que Tommy à Londres ?
#webtube : Dans ce texte, comme d’habitude très engagé, Guillaume d’Aram de Valada présente la République comme un régime fondé sur une logique permanente de tension, d’insoumission et de menace insurrectionnelle, dont LFI et le maire de Saint-Denis seraient aujourd’hui les héritiers stratégiques. Il dénonce plus largement les contradictions idéologiques républicaines — égalitarisme, laïcisme, universalisme et culte de l’« homme nouveau » — en les décrivant comme les causes profondes d’un système lancé dans une fuite en avant politique et civilisationnelle.
Saint-Denis et la mise en scène de l’insurrection
La République n’est jamais en reste pour imposer ses impératifs et ses contradictions. Ses défenseurs les plus acharnés savent en user jusqu’à profusion. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon, en créant son parti « La France insoumise », en fidèle thuriféraire robespierriste, n’a fait que mettre à jour, toujours un peu plus, un régime qui a toujours construit sa légitimité sur une guerre civile permanente. À la faveur des dernières élections municipales, de nouveaux sans-culottes se sont vus hissés sur le pavois de certaines de nos villes, et pas des moindres.
Saint-Denis, la commune la plus importante du 93, est devenue l’ombre de notre Cité royale d’antan où dorment la plupart de nos rois. Elle est maintenant tombée dans l’escarcelle de LFI, le parti de la « France créolisée ». Il n’aura pas fallu plus de 24 heures pour que son nouveau maire, Bally Bagayoko, affiche clairement la couleur, sans mauvais jeu de mots. « L’allégeance » et la soumission furent clairement avancées dès le soir des résultats, comme dans le village le plus reculé du Mali, d’où est originaire le nouvel édile. Sans revenir sur les premières polémiques instrumentalisées par les médias de grand chemin, faisant de cette nouvelle icône le chantre de la « Nouvelle France » mélenchoniste, attardons-nous sur les derniers épisodes.
À deux reprises, monsieur Bagayoko a eu l’occasion de monter le curseur de la provocation médiatique. Ainsi affirme-t-il, sans aucun complexe, que la future élection présidentielle sera le théâtre d’une « insurrection populaire » si la candidate ou le candidat du Rassemblement National devait accéder à l’Élysée. Le politologue pontifiant au sourire narquois, Alain Duhamel, dans son style habituel de commentateur niaiseux et ampoulé, s’est empressé de relever sur RTL « des propos très maladroits et quand même un peu exagérés de la part d’un maire d’une grande ville ».
C’est bien évidemment tout le contraire !
Prendre pour de la maladresse un appel à l’insurrection de la part d’une nouvelle figure emblématique de LFI, c’est se voiler la face et ne rien connaître de la vieille stratégie de la tension, ce vieil outil si cher à l’extrême gauche depuis des lustres. Alors, en ramenant tout à un combat d’egos secondaire, les commentateurs zélés des tubes cathodiques n’y voient que la potentielle concurrence faite à Jean-Luc Mélenchon par ce nouveau bateleur de la foire « insoumise ».
Que nenni ! Il n’y a aucune concurrence ici.
Il s’agit tout simplement d’une logique consistant à concentrer l’attention en vue d’une échéance potentiellement explosive en 2027. Autrement dit : mobiliser ses électeurs et terroriser les autres.
Il y a fort à parier que cette nouvelle provocation ne vise pas seulement à mobiliser les troupes LFI contre le fascisme fantasmé, mais surtout à démobiliser ceux qui seraient tentés de voter pour le candidat RN dans la course à l’Élysée. Dans la droite ligne du bon vieux terrorisme intellectuel, il s’agit d’infuser la peur aux électeurs. Ils renonceraient alors à voter RN en se disant, dans le tribunal de leur conscience, qu’un tel geste les condamnerait à subir une insurrection violente qui s’en prendrait tout autant à leurs biens qu’à leurs corps.
Éternelle ficelle politicienne : jouer sur la peur.
La meilleure manière de casser la dynamique RN, c’est de glacer le sang de ceux qui le soutiennent.
Cette hypothèse pessimiste, je le concède, n’est pas uniquement le fait d’un raisonnement fustigeant la frilosité de la nature humaine. La recette a souvent très bien marché. Il suffit, pour s’en convaincre, de se rappeler un passé électoral pas si lointain.
La stratégie révolutionnaire : mobiliser, terroriser, conquérir
Résumer ses philippiques à des foucades passagères revient ni plus ni moins à ramener la vie politique à une comédie de boulevard où les acteurs s’affranchiraient du souffleur en improvisant leurs textes.
Il n’y a pas de hasard en politique. S’il existait, nous ne serions pas en République depuis plus de 150 ans ! La Révolution française n’a pas été le fruit du hasard, seules les circonstances lui ont permis de conduire son chemin, tracé de longue date, jusqu’à son terme. Le temps est un des leviers dans la conquête du pouvoir, et rien ne peut mieux la desservir que l’absence d’une véritable stratégie. Sinon, c’est du temps perdu qui ne se rattrape jamais. Précisément, la stratégie de cette extrême gauche suit méthodiquement le précepte de « l’Archange de la Terreur », leur inspirateur le plus déterminé : « Ce qui constitue une République, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé. » Saint-Just.
Mélenchon n’hésite jamais à ramener la République à lui, et à lui seul. Le temps travaille encore pour lui, il le sait. Il ne lui reste qu’à marteler les fondamentaux en repoussant toujours plus loin ceux qui pourraient lui faire de l’ombre : « La République, c’est moi ! »
Le maire de Saint-Denis est un voltigeur pour Mélenchon. Il lui permet d’accompagner sa stratégie du « moi ou le chaos ». Et comme tout bon voltigeur, Bally Bagayoko se doit, quand le terrain est miné, d’en accepter les risques. Le déminage viendra peut-être plus tard, ou pas. Garder un terrain médiatique miné, c’est aussi la meilleure assurance-vie d’un système aux abois.
Les sorties médiatisées du maire de Saint-Denis renvoient notre vieille République jacobine à n’être que le jouet des plus résolus de ses enfants ! Ses autres progénitures politiciennes, en bons notaires voulant s’assurer la permanence d’une transmission sans encombre, ne font que s’opposer mollement aux incantations insurrectionnelles. Leur conformisme et leur incurie politique apparaissent comme le prélude d’une fin de règne.
Les dernières saillies de Bally Bagayoko font tout simplement correspondre l’insoumission et l’insurrection, comme le fil conducteur implacable de toutes les révolutions. Cette prédiction, en forme de rappel, serait-elle suivie en nombre suffisant pour faire basculer la Cinquième République en un sac en Seine ? Le Rassemblement National, arrivant peut-être au pouvoir, saurait-il faire face et pourrait-il répondre à cette menace révolutionnaire ?
C’est toute la question des suites potentiellement réservées au futur mois de mai 2027.
L’image donnée par les dernières émeutes urbaines, place de la Concorde, préfigurait une fois de plus ce qui nous attend. Comme sur la maquette du bac à sable d’un jeu de guerre, le maître du jeu déplace les soldats de plomb bigarrés au fil de l’actualité, en préservant son avantage. Le discours du maire de Saint-Denis ne sert, en quelque sorte, qu’à mobiliser les troupes en prévision du « grand soir ». Il instrumentalise la République en espérant que ses désirs deviennent réalité.
La mystification républicaine de l’« homme nouveau »
La République, que ça plaise ou non, reste engoncée dans son corset idéologique fondateur « des droits de l’homme et du citoyen ». Son humanisme de façade apparaît comme un évident sauf-conduit pour démagogues toujours en quête de respectabilité. Ces derniers se servent du dernier leurre du triptyque jacobin, la « Fraternité », comme une justification de leur inconséquence assurant une immigration extra-européenne toujours plus incontrôlée.
Sa quête perpétuelle d’Égalité, au détriment du devoir le plus élémentaire d’Équité, la rend encore plus fragile sans qu’elle n’en connaisse vraiment la raison.
Celle-ci est pourtant simple.
Quand on s’érige en architecte d’un « Homme nouveau » affranchi de toute transcendance autre que son émancipation, on se réveille tôt ou tard la tête dans le sac. La « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » porte en elle le germe destructeur de l’amnésie institutionnalisée. Comme si l’histoire de France devait définitivement commencer le 26 août 1789 !
« L’homme moderne a pris toutes ses précautions contre le sublime. Il en était autrement au Moyen Âge ; les hommes y attendaient perpétuellement quelqu’un qui les dépassât. Cela les exposait à bien des erreurs et à bien des risques, mais il y avait des portes ouvertes là où, maintenant, il y a des portes fermées. » Abel Bonnard — Saint François d’Assise — 1934.
Voilà, peut-être, en résumé, la redoutable mystification républicaine de « l’homme nouveau ». On a créé un être constamment fragile, manipulable à merci, et en quête d’un salut qu’il ne saurait trouver que dans le Code civil !
Et, à force de vouloir frénétiquement tendre vers plus d’égalité, il aura fallu couper des têtes jusqu’à en sublimer les inspirateurs au fronton de nos bâtiments publics. La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de 2024, à Paris, nous en avait livré la plus abjecte illustration.
Eh oui, la guillotine n’a pas vraiment disparu !
Elle a seulement changé son billot et son couperet. Le billot est symbolisé par l’universalisme le plus dévoyé et son couperet par le tribunal médiatique.
Comme des amoureux transis de ce régime, les républicains les plus sincères refusent de voir toutes les contradictions et les dérives sectaires de leur idéal politique. Sous couvert d’unité et de concorde nationale, ils pensent devoir s’imposer à eux-mêmes et à leurs obligés un univers indépassable où l’homme serait son propre Dieu. Tout le combat pour l’instauration de la loi de 1905 sur la séparation de l’Église catholique et de l’État trouve son aboutissement dans cette impasse du laïcisme le plus sectaire déroulé inlassablement.
La laïcité, le « camion fou » et l’usine républicaine
Alors que le nouveau maire de Saint-Denis, dans le sillage de son gourou Jean-Luc Mélenchon, récite ses gammes, le gouvernement enfourche son vieux canasson de la laïcité fragilisée par l’obscurantisme religieux. Et la droite, comme souvent pour ne pas dire toujours, lui sert de marchepied en s’imaginant apporter un outil plus efficace pour lutter contre « l’entrisme islamiste en France ». Ainsi, monsieur Retailleau, fort de son passé d’étoile filante au ministère de l’Intérieur et dans son positionnement de candidat aux élections présidentielles, a cru bon de déposer une proposition de loi en ce sens. Passé le préambule en trompe-l’œil, le texte affiche clairement la couleur d’un nouveau délit : celui « d’atteinte aux principes de la République permettant la dissolution d’association ». Le contenu n’est en fait qu’un outil supplémentaire au service d’une magistrature bien en place et toujours plus occupée à réprimer la dissidence du camp national qu’à combattre un islam installé durablement grâce à un laxisme militant. Sous couvert de renforcer un arsenal législatif visant à réprimer les atteintes à la « laïcité républicaine », ce texte servira surtout de caution au projet de loi, sur le même thème, de l’actuel ministre de l’Intérieur. Laurent Nuñez ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour rappeler à l’ordre le sénateur Retailleau en considérant sa proposition de loi comme une « œuvre inachevée », en y ajoutant l’éternel refrain bien connu : « S’attaquer à toutes les structures ou individus séparatistes ou ultraviolents, comme les groupes d’ultradroite », ceux « qui provoquent à la discrimination, la haine, la violence » ou « ceux qui ont pour vocation d’attenter à la République ».
Les associations royalistes ou de sensibilité identitaire n’ont qu’à bien se tenir ! Elles en ont malheureusement l’habitude depuis l’application de toutes ces lois liberticides en vigueur depuis plus de 50 ans. Quant aux associations d’obédience islamiste et de confession musulmane, censées être la principale cible, elles sauront sûrement contourner le sujet en utilisant l’épouvantail institutionnel de la « lutte contre la discrimination ». Le totem viral du « vivre ensemble » sera à nouveau brandi comme l’ultime référence permettant d’écarter de ladite loi les exceptions cultuelles et culturelles. Les promesses d’insurrection populaire de monsieur Bagayoko en cas d’accession au pouvoir du Rassemblement National seraient dérisoires si elles n’étaient pas le symptôme de la déliquescence d’un régime ayant usé jusqu’à l’os de concepts idéologiques fallacieux portant le germe de la pire des guerres civiles.
« La République gouverne mal mais elle se défend bien », selon Charles Maurras, et pour mieux se défendre, elle accélère. Elle fonctionne comme un « camion fou » qui fonce sur tout ce qui bouge !
Ce « camion », chargé à bloc dans sa longue remorque, nous fonce dessus le pied au plancher. Il est immatriculé aux îles apatrides et ne s’arrête jamais. Il est polycarburant et avale de l’électricité comme du petit lait. Son autonomie ne semble avoir aucune limite. Il nous écrase, fait marche arrière et nous repasse dessus. Ce « camion » est fabriqué dans une usine ultramoderne, très sophistiquée, où la chaîne de production marche en trois-huit et aux trois points. Et ce semi-remorque de 38 tonnes ne peut pas arrêter sa course folle, ses freins sont limés depuis le début. Il marche au frein moteur. Ceux qui évitent sa collision s’accrochent au rétroviseur et montent dans la cabine en applaudissant frénétiquement le maniaque qui conduit. D’autres s’écartent et sautent dans la remorque et dévalisent la cargaison en la répandant sur la route. Des cartons entiers d’utopie égalitaire alimentent les quartiers et les écoles. La tournée est permanente. On ne semble jamais connaître la rupture de stock.
Bon, j’arrête là le cauchemar du « camion » fou !
Alors, que faire ?
« Il faudrait prendre les clés du camion », nous dit-on ! Changer la caisse et vider la remorque ! Et pourtant, pour commencer, il faudrait plutôt prendre d’assaut l’usine de fabrication. Ce n’est ni plus ni moins ce que propose monsieur le maire de Saint-Denis à ses sans-culottes maternés au biberon du multiculturalisme triomphant, avant peut-être de profaner une fois de plus la nécropole royale de la basilique-cathédrale pour la plonger dans une fosse commune comme en octobre 1793.
#webtube :L’image de la semaine : Le maire de Saint-Denis appelle à l’insurrection Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, menace de refuser le verdict des urnes et d’appeler à une insurrection populaire en cas de victoire du RN. Le dossier du jour : Télétoubibs, le retour de la médecine de plateau Les « experts » du Covid-19 viennent de se reconvertir en experts de l’Hantavirus et sans surprise, ils racontent tout et son contraire. Une période qui signe le retour d’Agnès Buzyn, de la comédie des masques FFP2 et de la chasse aux complotistes.
Les pastilles de l’info :
France Info s’emmêle les pinceaux avec Edouard Philippe
Patrick Bruel : l’intouchable rattrapé par ses mœurs !
Julien Dray : « Je ne veux pas vivre avec ces gens-là »
La DJ des JO Barbara Butch rémunérée par la mairie de Paris : le gros scandale à 42 000 €
#webtube : Face à une assemblée totalement passive, Stéphane Ravier a lâché un avertissement d’une brutalité rare. Pas de langue de bois, pas de ronds de jambe diplomatiques : une confrontation directe sur les sujets qui fâchent. Mais le plus frappant dans cette séquence, ce ne sont pas seulement les mots employés… c’est la réaction du Sénat. Ou plutôt, son absence totale de réaction. Un bloc figé, presque pétrifié.Enfin une prise de conscience ?
#webtube :Quatre cents manifestants ce jeudi 14 mai 2026 à Pléguien, dans les Côtes-d’Armor, massés devant la microbrasserie Kerfave pour empêcher son inauguration. Une centaine d’élus, militants à Caen quelques semaines plus tôt pour réclamer l’interdiction administrative des banquets du Canon français, relayés manifestement par leurs copains journalistes ou pigistes. Des pétitions à la chaîne, des reportages à charge, des saisines de procureurs sur la base de témoignages anonymes invérifiables, des courriers de députés socialistes au ministre de l’Intérieur pour exiger des interdictions administratives préventives. Des maires socialistes — comme à Quimper — qui refusent qu’une entreprise privée légale tienne un événement dans leur commune au seul motif qu’elle déplaît idéologiquement à la majorité municipale. Une marque bretonne historique, Coreff, contrainte de se justifier publiquement parce qu’une de ses enseignes lumineuses a été aperçue en arrière-plan d’une vidéo militante. Une cabale médiatique permanente, une chasse à l’homme administrative, juridique, économique et psychologique organisée méthodiquement contre toute initiative jugée idéologiquement suspecte.
Posons la question clairement, sans euphémisme : jusqu’à quand ?
Jusqu’à quand allons-nous tolérer cette dérive ? Jusqu’à quand allons-nous accepter qu’une minorité idéologique — bruyante, hystérique, structurellement implantée dans certains médias, certaines universités, certaines administrations centrales, certaines préfectures, certaines mairies — décide à notre place ce qui peut s’exprimer, ce qui peut entreprendre, ce qui peut exister sur le territoire ? Jusqu’à quand allons-nous nous laisser insulter, calomnier, ostraciser, dénoncer, fichés, sans réagir, comme des moutons qui ne mesurent même plus le caractère totalement anormal de ce qu’on leur impose ?
Une attaque frontale contre les libertés individuelles les plus élémentaires
Soyons précis sur ce qui se passe. Ce qui est en jeu dans les affaires Kerfave et Canon français, ce n’est pas de savoir si l’on aime ou pas Erik Tegnér, Pierre-Édouard Stérin, Frontières, CNews, les banquets identitaires, les bières bretonnes ou les chansons de Sardou. Ce qui est en jeu, ce sont les libertés individuelles les plus fondamentales sans lesquelles aucune société libre ne peut survivre.
La liberté d’entreprendre. Deux gars montent une microbrasserie. Ils investissent leur argent, recrutent localement, achètent du houblon en circuits courts, brassent de la bière bio. C’est leur affaire. C’est leur risque. C’est leur droit le plus absolu. Qu’une foule de quatre cents militants vienne hurler devant leur établissement pour exiger qu’on les empêche d’ouvrir — voilà qui devrait susciter la révolte unanime de tous ceux qui se réclament un tant soit peu de la liberté. À gauche comme à droite, à Brest comme à Marseille. Or il n’en est rien. Au contraire : des élus de la République applaudissent. Des journalistes de service amplifient. Des préfets prennent des arrêtés d’interdiction « par crainte de troubles à l’ordre public » — mais l’ordre public est précisément menacé par ceux qui manifestent, pas par ceux qui ouvrent une brasserie.
La liberté d’opinion. Erik Tegnér dirige un média marqué à droite. Et alors ? Depuis quand exercer un métier médiatique d’opinion priverait-il son auteur du droit d’avoir aussi d’autres activités économiques ? Une journaliste de Libération peut-elle ouvrir une fromagerie sans qu’on lui demande de quel parti elle est ? Évidemment. Le contraire est-il accepté ? Évidemment pas. Cette asymétrie idéologique est désormais la règle dans le pays. Une moitié de la population se voit accorder tous les droits, l’autre moitié doit constamment se justifier d’exister.
La liberté de réunion et de fête. Le Canon français organise des banquets. Cent mille personnes y ont participé en quatre ans, sans qu’aucune violence, aucune plainte, aucun incident grave ne soit officiellement enregistré dans les centres concernés. Les gestionnaires de salles, les communes hôtes, les responsables locaux contactés par Le Figaro le confirment unanimement : aucun incident à déplorer. Mais cela n’empêche pas la presse parisienne militante de fabriquer des « saluts nazis » à partir d’extraits vidéo de quatre secondes où quelqu’un lève le bras — pour danser, pour saluer un ami, pour poser la main sur l’épaule d’un copain. Cela n’empêche pas un député socialiste de demander l’interdiction administrative pure et simple de tous les banquets futurs. Au nom de quoi ? Au nom de rien, sinon du fait que ces fêtes échappent au contrôle idéologique des bonnes consciences urbaines.
La liberté de consommer ce qu’on veut. Si je veux boire de la Kerfave, c’est mon affaire. Si je veux participer à un banquet du Canon français, c’est mon affaire. Si je veux regarder CNews, lire Frontières, écouter Radio Courtoisie, déjeuner au McDo ou manger végan — c’est strictement mon affaire et celle de personne d’autre. Le rôle d’un État digne de ce nom est de garantir que je puisse exercer ces choix librement, sans avoir à craindre les représailles d’une milice idéologique. Or aujourd’hui, en France, on ne peut plus consommer librement sans s’exposer au fichage social, à la dénonciation publique, voire à des sanctions professionnelles. C’est une régression civilisationnelle sans équivalent depuis les régimes communistes d’Europe de l’Est.
L’envers du décor : un mépris de classe sidérant
Le plus révoltant dans cette séquence, c’est le mépris de classe absolu qui transpire de chaque manifestation, de chaque reportage, de chaque pétition militante. Qui sont les manifestants de Pléguien ? Pour la plupart, des retraités confortables ou des étudiants venus donner des leçons d’éthique à des artisans bretons. Qui sont les signataires des pétitions contre le Canon français ? Des journalistes du XIᵉ arrondissement, des cadres associatifs salariés à 4 500 euros par mois sur fonds publics, des élus LFI qui vivent de la République qu’ils prétendent combattre. Qui sont les « lanceurs d’alerte » anonymes des reportages à charge ? Des militants encartés que les journalistes complices se gardent bien d’identifier.
Et qui sont, à l’inverse, les ciblés ? Des artisans, des entrepreneurs locaux, des paysans, des restaurateurs, des employés des classes moyennes périurbaines, des gens du « pays profond » comme on dit avec dédain dans les salles de rédaction parisiennes. Des gens qui n’ont rien demandé à personne, qui voulaient simplement boire un coup, danser, manger ensemble, retrouver un peu de convivialité dans un monde de plus en plus atomisé et triste. Ces gens-là sont désormais traités, par une caste militante qui ne les a jamais croisés et qui les méprise viscéralement, de « beaufs », de « réacs », de « néonazis », de « fachos », de « personnes peu recommandables » — comme l’a écrit textuellement le député socialiste Arthur Delaporte.
« Personnes peu recommandables. » Mesurons un instant la violence symbolique d’une telle formule, prononcée par un parlementaire à l’Assemblée nationale à propos de Français ordinaires venus manger ensemble. Mesurons ce que cela révèle de la haine froide qui anime aujourd’hui une partie de la classe politico-médiatique française envers ses propres compatriotes. Ce n’est plus du débat démocratique. C’est de la stigmatisation organisée.
Une cancel culture importée et structurée
Le procédé est devenu industriel. Premier temps : un média militant — France Inter, Charlie Hebdo, Mediapart, Blast, France Télévisions — produit un reportage à charge construit sur des témoignages anonymes invérifiables, des extraits vidéo savamment montés, des accusations à mots couverts mais à effet maximal. Deuxième temps : des élus LFI ou socialistes saisissent en cascade le procureur de la République, le ministre de l’Intérieur, les préfets, les maires concernés. Troisième temps : des collectifs militants — antifas, syndicats étudiants, associations subventionnées par l’argent public — organisent une mobilisation devant l’établissement visé. Quatrième temps : la pression économique fait son œuvre. Les fournisseurs prennent peur, les clients hésitent, les communes prennent leurs distances. L’entreprise visée est étranglée financièrement, socialement, symboliquement.
C’est exactement le modèle de la « cancel culture » anglo-saxonne, importée d’outre-Atlantique par mimétisme militant, et adaptée au contexte français avec une efficacité redoutable. Sauf qu’aux États-Unis, au moins, le Premier Amendement protège juridiquement les minorités d’opinion contre l’État. En France, c’est l’État lui-même qui se met au service du harcèlement des minorités d’opinion — par l’arsenal administratif préfectoral, par les ouvertures d’enquêtes judiciaires sur des bases extrêmement minces, par les pressions sur les commerçants, par la complicité de la haute fonction publique culturelle.
La Bretagne, en première ligne
Et la Bretagne dans tout cela ? Eh bien la Bretagne se retrouve, malgré elle, sur la ligne de front de ce conflit. À Pléguien, donc, pour Kerfave. À Quimper, pour le Canon français, dont la maire socialiste Isabelle Assih a refusé d’accueillir le banquet — et qui se retrouve aujourd’hui sous protection après les insultes reçues sur les réseaux sociaux. À Carhaix, où la brasserie Coreff s’est pensé courageuse en allant jusqu’à dénoncer publiquement la présence…d’une enseigne lumineuse au nom de sa marque. Dans toute la péninsule armoricaine, on sent monter ce climat malsain où chaque entrepreneur, chaque restaurateur, chaque artisan se demande désormais si la prochaine pétition militante ne viendra pas viser son établissement.
Ce qui me révolte particulièrement, en tant que Breton attaché à sa terre, à son peuple, à ses traditions, à sa langue, c’est de voir que cette cancel culture importée vise désormais frontalement le substrat culturel breton lui-même. Quand des manifestants antifas hurlent « pas de bistrots pour les fachos » devant une microbrasserie qui fait du bio et du circuit court, c’est aussi à un certain art de vivre breton qu’ils déclarent la guerre. Quand des élus de l’UDB se rangent ouvertement aux côtés de LFI pour réclamer l’interdiction administrative d’établissements bretons, c’est une trahison politique majeure d’un mouvement qui prétendait représenter la singularité bretonne et finit par la sacrifier sur l’autel du gauchisme parisien le plus standardisé. Quand les chants bretons et les binious résonnent à l’inauguration de Kerfave pour couvrir les slogans haineux des manifestants — voilà, en réalité, où se trouve la Bretagne authentique. Du côté de ceux qui font, qui produisent, qui vivent. Pas du côté de ceux qui interdisent, qui dénoncent, qui salissent.
Ce que nous voyons fabriquer sous nos yeux
Qu’on me permette d’écrire ce que beaucoup pensent confusément mais que peu osent formuler clairement : ce qui se passe va très mal finir. Les militants antifas qui hurlent devant une microbrasserie ne mesurent pas ce qu’ils sont en train de fabriquer dans les classes moyennes périurbaines, dans les bourgs ruraux, dans les zones d’activité économique. Les députés LFI qui demandent des interdictions administratives à tour de bras ne mesurent pas la rancœur qu’ils accumulent. Les journalistes parisiens qui fabriquent quotidiennement des reportages à charge à partir de témoignages anonymes ne mesurent pas le mépris que leurs concitoyens ressentent désormais à leur égard.
Le sentiment qui domine aujourd’hui en Bretagne profonde — celui que je rencontre dans les villages, dans les marchés, dans les fest-noz, dans les zones artisanales, dans les bars de campagne — n’est plus l’indignation. C’est la haine froide. La haine de ceux qui mangent à nos frais grâce à nos impôts mais passent leur temps à nous insulter. La haine de ces fonctionnaires culturels qui se croient légitimes à nous dicter comment penser, ce que nous devons boire, ce que nous devons manger, ce que nous devons regarder, qui nous devons fréquenter. La haine de ces militants subventionnés qui débarquent dans nos communes pour donner des leçons à des gens qu’ils méprisent et dont ils ignorent tout.
Cette haine s’accumule, jour après jour, à bas bruit. Elle se cristallise. Elle se transmet entre voisins. Et un jour — nul ne sait quand, nul ne sait sous quelle forme — elle débordera. Ce ne sera pas joli à voir.
L’absence pesante d’une riposte politique réelle
Et que font, pendant ce temps, les élus censés représenter cette majorité silencieuse qui n’en peut plus ? Le Rassemblement national, qui pèse pourtant 30 à 35 % dans tous les sondages, communique. Reconquête publie des tribunes. Les Républicains tweetent. Les régionalistes/autonomistes bretons attachés à la défense de leurs traditions et de leurs libertés individuelles regardent ailleurs. Pas un seul n’a jamais frappé un grand coup. Pas un seul n’a organisé une vraie mobilisation. Pas un seul n’a pris la tête d’une initiative législative ambitieuse pour interdire les campagnes de harcèlement économique organisé. Pas un seul n’a appelé clairement à une bataille culturelle frontale comme l’ont fait Meloni en Italie, Orbán en Hongrie ou Milei en Argentine.
Cette pusillanimité politique est, à bien des égards, complice. Elle laisse les citoyens livrés à eux-mêmes. Elle abandonne aux militants extrémistes de gauche le monopole de l’action de terrain. Elle entretient l’illusion confortable d’une opposition parlementaire raisonnable qui « gagnera en 2027 » — comme si les centaines de jours qui nous séparent encore d’une éventuelle alternance suffisaient à arrêter la machine à broyer qui s’est mise en marche dans le pays.
Pour conclure : quelques principes simples
Que tout cela cesse. Que cesse immédiatement la stratégie d’asphyxie économique et sociale organisée contre les entreprises et les citoyens jugés idéologiquement déviants. Que cessent les appels à interdiction administrative préventive d’entreprises légales. Que cessent les campagnes médiatiques fondées sur des témoignages anonymes invérifiables. Que cessent les saisines abusives de procureurs sur la base de rumeurs. Que cessent les manifestations d’intimidation devant des établissements privés. Que cessent ces tentatives répétées de terrorisme économique et social contre des Bretons et autres habitants de ce pays qui exercent simplement leur droit fondamental à entreprendre et à s’exprimer.
Et que ceux qui ne supportent pas l’existence d’une microbrasserie bretonne, d’un banquet du terroir, d’un média marqué à droite, se taisent et passent leur chemin. Personne ne les force à boire la bière Kerfave. Personne ne les contraint à participer aux banquets du Canon français. Personne ne leur impose de regarder CNews ou de lire Frontières. Qu’ils vivent leur vie selon leurs convictions, leurs goûts, leurs choix — comme nous demandons à vivre la nôtre selon nos propres convictions. Que la liberté d’entreprendre, d’opinion, d’expression, de réunion et de consommation soit strictement et totalement préservée pour tous, sans exception, sans condition idéologique, sans procès en sorcellerie permanent.
C’est cela, et seulement cela, qu’on appelle vivre ensemble dans une société libre. Pas le règne d’une minorité hystérique sur une majorité bâillonnée. Pas l’État policier à géométrie variable selon les opinions politiques des citoyens visés. Pas l’asphyxie économique organisée contre les déviants idéologiques. Pas la calomnie permanente comme mode normal de débat public.
Sinon — et je l’écris avec un sentiment d’urgence croissant, en pesant chaque mot — tout cela va très mal finir. Pour nous tous. Et d’abord pour ceux qui auront cru, jusqu’au bout, qu’ils pouvaient sans conséquences mépriser, insulter et humilier les peuples de ce pays.
#webtube : L’intelligence artificielle bouleverse déjà le marché du travail, mais tous les métiers ne sont pas logés à la même enseigne. Selon un rapport de Digital Planet, 136 professions seraient aujourd’hui relativement à l’abri de l’automatisation. Un constat qui rappelle une évidence souvent oubliée par les tenants du tout-numérique : les métiers concrets, physiques, techniques ou relationnels restent beaucoup plus difficiles à remplacer que les tâches standardisées de bureau.
L’étude s’appuie notamment sur l’évolution des tâches réalisables par l’humain ou par l’intelligence artificielle, ainsi que sur des données économiques, le nombre d’emplois et les niveaux de salaire. À l’heure où les logiciels génératifs rédigent, codent, conçoivent des visuels et analysent des données, les professions les plus exposées sont logiquement celles qui reposent sur des productions intellectuelles facilement numérisables : rédacteurs, développeurs, webdesigners ou analystes.
Le retour en grâce des métiers du réel
À l’inverse, la liste des métiers les moins remplaçables met en avant un monde professionnel très éloigné des bureaux et des discours managériaux. On y retrouve les plombiers, couvreurs, électriciens du bâtiment, carreleurs, aides-charpentiers, charpentiers de marine, installateurs d’ascenseurs, techniciens de maintenance éolienne, poseurs de panneaux solaires, conducteurs de grues ou encore mécaniciens de chantier. Autant de métiers qui exigent présence physique, adaptation au terrain, savoir-faire manuel et responsabilité immédiate.
Le soin et l’accompagnement humain résistent également : infirmiers anesthésistes, kinésithérapeutes, ostéopathes, podologues, auxiliaires de vie sociale, accompagnateurs de personnes âgées ou puéricultrices. Même logique pour certains métiers de sécurité, de secours ou d’intervention : pompiers, policiers d’intervention, maîtres-chiens, plongeurs démineurs ou convoyeurs de fonds. L’IA peut assister, calculer, alerter ; elle ne remplace pas encore l’engagement physique, le sang-froid et la présence humaine.
La fracture qui se dessine déjà
Cette recomposition du marché du travail se laisse déjà entrevoir outre-Atlantique. Selon une analyse de Goldman Sachs publiée en 2025, les jeunes travailleurs de la tech aux États-Unis figurent parmi les premières victimes de l’essor de l’IA. Le chômage des 20-30 ans du secteur technologique aurait bondi de trois points depuis janvier 2025, tandis que les offres pour les emplois juniors auraient chuté de 35 % depuis janvier 2023.
La leçon est rude pour une génération longtemps encouragée à tout miser sur le numérique. L’avenir ne sera pas seulement aux ingénieurs de l’IA, mais aussi à ceux qui savent réparer, bâtir, soigner, conduire, intervenir, transformer la matière ou servir concrètement leurs semblables. Dans un monde saturé d’algorithmes, les métiers enracinés dans le réel pourraient bien redevenir les plus solides.
#webtube : Des fonds des Émirats touchent des millions d’aides PAC pendant que les agriculteurs français sombrent. Les chiffres ont l’élégance brutale d’un coup de pelle dans un champ déjà ravagé. Selon le Guardian, des entreprises liées aux Émirats arabes unis auraient perçu près de 70 millions d’euros d’aides de la PAC, entre 2019 et 2024, grâce à des dizaines de milliers d’hectares acquis en Roumanie, en Espagne et en Italie. Une situation qui scandalise jusque dans les rangs agricoles et pose une question explosive : à qui profite encore réellement la politique agricole commune ?
Des aides européennes qui prennent la route du Golfe
Le groupe agroalimentaire émirati Al Dahra, via sa filiale Agricost, contrôlerait à lui seul près de 57.000 hectares en Roumanie. Des terres agricoles européennes qui ouvrent mécaniquement le droit aux aides de la PAC. « Le problème réside surtout dans l’accaparement de nos terres par des fonds d’investissement ou des entreprises étrangères », explique, à Boulevard Voltaire, l’eurodéputé RN Gilles Pennelle, membre de la commission Agriculture du Parlement européen.
— Le20h-France Télévisions (@le20hfrancetele) May 14, 2026
Pour lui, le scandale dépasse largement la question des subventions. « La majorité des produits de ces exploitations possédées par l’Émirat y sont expédiés », souligne-t-il. En clair : des terres européennes, des aides européennes, mais une production destinée au Golfe. Même colère chez Christian Convers, agriculteur et ancien président de la Confédération rurale. « L’aide doit venir aux agriculteurs qui travaillent, il y a beaucoup de tri à faire », dénonce-t-il, auprès de BV. Avant d’ajouter : « On met de l’argent partout, sauf là où il y en aurait besoin. »
La grande braderie du foncier agricole
Au-delà des aides, c’est surtout la question de la souveraineté foncière qui surgit. Les exploitations agricoles françaises et européennes deviennent peu à peu les proies de capitaux étrangers disposant de moyens financiers colossaux. « Vu la crise agricole actuelle, les jeunes n’ont plus les moyens d’accéder au foncier. On est la proie de fonds d’investissement étrangers », alerte Gilles Pennelle. L’eurodéputé cite également les investissements chinois massifs dans les vignobles bordelais, phénomène dénoncé depuis plusieurs années.
Christian Convers évoque, lui aussi, des soupçons dépassant le simple enjeu agricole : « Derrière ça, il y a sans doute des intérêts de nations, d’espionnage. » Certaines acquisitions de terres proches de sites industriels ou militaires interrogent, nous explique-t-il.
Pendant ce temps, les agriculteurs français, eux, croulent sous les charges, les normes et les dettes. Chaque année, plusieurs centaines mettent fin à leurs jours dans un silence devenu presque administratif. Dans ce contexte, voir des groupes étrangers capter des millions d’euros de subventions européennes agit comme un révélateur brutal du malaise agricole.
L’Ukraine, future bombe à retardement de la PAC
Pour Gilles Pennelle, le dossier émirati révèle surtout une autre menace : l’éventuelle entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne. « Si, demain, l’Ukraine rentre dans l’Union européenne, elle toucherait plus de primes PAC que la France, pourtant contributeur net », affirme-t-il. Selon les estimations avancées par l’élu RN, Kiev pourrait capter jusqu’à 11 milliards d’euros d’aides agricoles, contre environ 9 milliards, aujourd’hui, pour la France. Un bouleversement colossal pour une PAC déjà fragilisée par les négociations budgétaires en cours.
L’eurodéputé dénonce également le projet de Bruxelles de réduire de 24 % le budget agricole européen à partir de 2027 et de mettre fin à sa « sanctuarisation ». « Le budget agricole serait noyé dans une immense enveloppe où il y aurait aussi la défense ou l’immigration », avertit-il.
Une Europe qui protège les marchés, plus les paysans
Au fil des années, la PAC semble avoir changé de nature. Pensée à l’origine pour garantir l’autonomie alimentaire européenne et protéger les producteurs, elle apparaît désormais comme un immense mécanisme technocratique où les logiques financières prennent le dessus. Pendant que Bruxelles négocie le Mercosur, ouvre davantage le marché européen et empile les normes environnementales, les exploitants français disparaissent les uns après les autres. Les plus jeunes peinent à reprendre les fermes, étranglés par le coût du foncier et la concurrence mondiale.
« Le gros sujet est plus là que sur les aides », insiste Gilles Pennelle. Derrière le scandale des millions versés aux Émirats, c’est finalement une question simple qui ressurgit : l’Europe veut-elle encore une agriculture européenne ?