Cinquante ans, déjà. Le dimanche 30 janvier 1972, dans un contexte de lutte pour l’égalité des droits en Irlande du Nord, une marche de protestation pacifique avait lieu, à Derry, contre la politique d’internement du gouvernement britannique. À la nuit tombante, 15.000 manifestants se heurtèrent aux soldats du Parachute Regiment qui ouvrirent le feu sur la foule, faisant 14 morts et 17 blessés. En réaction immédiate, les jeunes du Bogside, territoire catholique minoritaire, rejoignirent en masse les rangs de l’IRA, jusque-là très faible en Ulster.
Il faudra finalement attendre le vendredi de Pâques 1998 pour que soit signé le fameux accord de paix, dit « accord du Vendredi saint », entre les différentes communautés d’Irlande du Nord : chacune voyait sa légitimité reconnue, son existence protégée et son droit à participer à la gestion des affaires publiques institutionnalisé. Par ailleurs, si, un jour, une nouvelle majorité se déclarait favorable à l’unification du pays, celle-ci serait rendue possible.
Alors que les conséquences du Brexit semblent à nouveau menacer la paix civile en Ulster, penchons-nous un peu sur les causes historiques d’une telle tension dans le nord du pays et voyons quels enseignements en tirer pour la France.
Le débarquement d’Henri II en Irlande, le 17 octobre 1171, et la soumission des roitelets qui se partageaient jusque-là le territoire, sont évidemment le point de départ des conflits. Par le traité de Windsor, en 1175, le haut-roi d’Irlande Rory O’Connor reconnaissait la suzeraineté des Plantagenêts sur toute l’île. En 1557, sous Marie Tudor, les districts de Leix et d’Offaly furent envahis, confisqués et « plantés » de colons anglais qui désiraient s’octroyer des terres. Un projet que poursuivit Élisabeth Ire. C’est en Ulster, surtout, que se concentra la politique de « plantation » ; il s’agissait d’Anglais du Yorkshire et, surtout, d’Écossais des Basses Terres, de confession presbytérienne, indépendante, baptiste, quaker et bientôt méthodiste (à partir du XVIIIe siècle). Ces dissenters, ou « non-conformistes », persécutés jadis par les anglicans, introduisirent une paysannerie, un prolétariat et une bourgeoisie. Vers 1650, ils étaient plus de 100.000 colons. En une génération, nous dit Pierre Joannon dans son Histoire de l’Irlande, les comtés d’Antrim et de Down étaient radicalement transformés.
Contrairement au sud du pays, le nord connut un bond économique sans précédent avec l’industrie du lin et les premiers chantiers navals de Belfast, apparus dès 1791 ; on parla alors du « Glasgow irlandais ».
La même année fut fondée la Société des Irlandais unis de Belfast afin de promouvoir une fraternité interconfessionnelle en vue d’obtenir une complète réforme de la législature et de s’affranchir, à terme, des Anglais. Si les presbytériens d’Ulster s’étaient un temps sentis proches des catholiques, le fossé entre les deux communautés du nord allait se creuser tout au long du XIXe siècle. D’après Joannon, « l’aversion religieuse, l’intérêt économique, le privilège politique et l’extrême concurrence sur le marché du travail s’alliaient pour briser l’union qui s’était forgée ». En Irlande du Nord, les catholiques, mis en minorité, se concentrèrent alors spontanément dans les trois comtés occidentaux de Londonderry, Tyrone et Fermanagh. Les tensions à venir étaient inévitables ; et le pays, aujourd’hui, n’en est pas tout à fait sorti.
La leçon à tirer de tout cela est que la politique de « plantation » d’un peuple exogène, fédéré autour d’une religion, sur un territoire donné, à plus ou moins long terme, peut constituer un ferment de guerre civile ; l’Irlande en est le parfait exemple. Alors, quid des banlieues françaises dans un siècle ? Les populations d’origine restées sur place auront-elles à subir un Bloody Sunday de la part de la nouvelle majorité ?
À la primaire des forces de gauche, Anne Hidalgo s’est pris une gamelle des plus humiliantes. Dans un système d’évaluation hilarant, le maire de Paris recueille la mention « passable », juste devant deux parfaites inconnues à la moyenne « insuffisant(e) » (Mesdames Marchandise et Agueb-Porterie) et bien loin derrière ses meilleurs ennemis, Taubira étant en tête avec une mention « bien ».
Les méchants diront que c’est bien fait pour celle qui réclamait une primaire à cor et à cri. D’ailleurs, son entourage tempère : « Ces résultats méritent d’être un peu plus précis, dit un proche au Parisien. Ils ne modifient en rien la stratégie d’Anne Hidalgo. Elle a ses 500 parrainages qu’elle déposera cette semaine au Conseil constitutionnel et elle poursuit sa campagne sur le terrain. » Car on l’assure autour d’elle : « Ce que les électeurs demandent, c’est la connaissance des dossiers. Et là, Anne Hidalgo qui a l’expérience de la gestion de la capitale et un réseau international fera la différence. »
Expérience, oui, sans doute, mais ce serait plutôt celle de la mauvaise gestion.
D’abord, il y a la dette, colossale, et si la mairie reconnaissait, voilà deux ans, qu’elle avait atteint 6 milliards d’euros, force lui est de reconnaître, aujourd’hui, qu’elle dépasse officiellement les 7 milliards, chiffres attestés par la chambre régionale des comptes dans un rapport du 27 janvier, et d’autres sources laissent entendre qu’on serait bien au-delà.
Anne Hidalgo conteste et reporte la faute sur l’État. Et puis elle est là pour répondre à la demande des électeurs qui lui ont renouvelé (très chichement) leur confiance en 2020 : « La stratégie d’investissement de la ville de Paris a été validée par les électeurs et répond de manière volontariste aux enjeux de logement et de solidarité, au financement de la transition écologique et à la priorité d’accueillir les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 », a-t-elle répondu aux sages de la CRC. Et puis, elle a beau jeu de lister les méfaits dus à la politique du gouvernement et qui la viseraient particulièrement : « Nous sommes la seule ville en France traitée ainsi. »
L’opposition rappelle qu’en 2013, la dette n’était « que » de 3,6 milliards d’euros. L’avoir plus que doublée, c’est mettre haut la satisfaction de l’électorat bobo de la capitale. Lui est en effet reproché le saccage du paysage au nom de l’écologie, ainsi que des aménagements urbains d’une totale démagogie. On citera en exemple le changement des plaques de rues pour satisfaire l’électorat féministe. Ainsi, dans le IXe arrondissement où la rue La Rochefoucauld est devenue rue Catherine-de-La-Rochefoucauld, la rue de Rochechouart rue Marguerite-de-Rochechouart, etc., étant entendu que ces dames sont, évidemment et par définition, plus méritantes que leurs odieux époux.
Et comme un malheur n’arrive jamais seul, une procédure judiciaire oppose désormais la ville de Paris et la RATP pour des dégâts occasionnés par les travaux de réaménagement de la place de la République (pour 20 millions d’euros). L’affaire est ancienne (travaux engagés sous le mandat de Bertrand Delanoë) et le contentieux a nécessité des années d’expertise. La RATP venait de refaire totalement la gigantesque station/échangeur de République : « Nouveaux luminaires, nouveaux carreaux blancs, nouvelles signalétiques… Tout avait été refait à neuf », rappelle Le Parisien. Et puis la ville a décidé de réaménager la place en surface… et ce fut la Bérézina : « infiltrations, coulures jaunâtres et verdâtres, peintures cloquées, murs boursouflés de moisissures, carreaux de faïence souillés »… Résultat : la RATP réclame plusieurs millions d’euros de dédommagement à la mairie de Paris. Ce qui ne va pas arranger sa dette…
Les Parisiens ne devraient pas être en reste puisque Alice Coffin annonçait, sur BFM TV, que le gouvernement a bien validé le projet de multiplier les salles de shoot, mais que « tout est gelé avant l’élection »…
⚠️Ce qui attend les Parisiens après la présidentielle (et qui se négocie dans notre dos).
Alice Coffin (EELV) confirme que le projet de la Mairie de multiplier les salles de shoot à Paris a bien été validé par le Gouvernement mais que "tout est gelé avant l'élection". ⤵️ #Crackpic.twitter.com/ttLnrW6QTl
"La France m'a sauvé la vie (…) bien entendu que j'ai quelque chose à lui rendre à la France (…) d'ailleurs elle m'a offert une langue, je lui ai rendu des livres", explique Abnousse Shalmani. #GrandsEntretienspic.twitter.com/5yWGZoDHN9
La route migratoire des îles Canaries a été réactivée au milieu de l’hiver
Le nombre de personnes arrivées par bateau en janvier est désormais proche de 2 700.
59 petits bateaux ont atteint les îles au cours d’un mois de janvier inhabituellement actif. Au cours de l’année 2021, l’arrivée de migrants aux îles Canaries par la mer avait diminué de 4,1 %, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, pour atteindre un total de 22 316 personnes. Cependant, au cours des deux derniers mois de l’année dernière, les forces de sécurité ont déjà constaté une accélération des arrivées : 3 039 en novembre et 2 451 en décembre. En janvier, le rythme des arrivées reste similaire : 2 674 arrivées jusqu’au 28, selon les données fournies par la délégation du gouvernement aux Canaries. Pendant tout le mois de janvier 2020, l’entrée de 2 077 personnes avait été enregistrée. “Nous subissons un trafic intense”, indiquent des sources proches du gouvernement des îles Canaries.
Entre samedi et lundi, 623 personnes sont arrivées aux Canaries à bord d’embarcations de fortune. Au total, depuis le début de l’année, plus de 2 000 migrants ont rejoint l’archipel espagnol.
Les sauveteurs espagnols opérant au large des Canaries ont été débordés ce week-end. En seulement trois jours, ils ont porté assistance à 623 migrants en détresse dans l’Atlantique.
Lundi 24 janvier, au moins 150 personnes, réparties dans quatre embarcations, ont débarqué dans l’archipel, selon l’agence de presse EFE. Parmi les rescapés se trouvent cinq mineurs et 23 femmes.
Près de 300 arrivées pour la seule journée de samedi
#Migración | 445 personas han sido rescatadas por Salvamento Marítimo este fin de semana en #Canarias
La veille déjà, 178 exilés, à bord de quatre canots, avaient été secourus par les autorités espagnoles. Dans le détail, ce sont 28 hommes originaires du Maghreb qui ont été pris en charge par les services de secours vers 4h du matin dimanche et emmenés à Grande Canarie.
Une heure plus tard, 47 personnes d’Afrique subsaharienne, dont 14 femmes, ont été déposées sur l’île de Lanzarote. Dans l’après-midi, un autre groupe de 52 migrants subsahariens a été aperçu au sud-est de Lanzarote par un voilier. Ils ont été secourus quelques heures plus tard par les sauveteurs espagnols. Enfin, les autorités ont porté assistance à 51 exilés, parmi lesquels deux enfants et 26 femmes dont deux enceintes. Ils ont été déposés dans la soirée à Grande Canarie.
La journée de samedi a été la plus dense avec l’arrivée dans l’archipel de 295 personnes, venues du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, qui avaient pris place dans six petits bateaux. Les occupants ont été débarqués sur l’île de Grande Canarie et de Lanzarote.
En France, il y a la générations Z. En Russie, il y a la génération Poutine, en référence au célèbre roman de Pélévine : « Generation “P” ». Cette génération Poutine est celle qui naquit après 2000. Elle n’a connu ni la monotonie du communisme, ni la folie des années 90, son seul référentiel c’est Poutine. Nostalgique d’un passé fantasmé ou au contraire tournée vers l’avenir et la Silicon Valley, cette jeunesse est à l’image de son pays : paradoxale et contrastée. Durant près de trois ans, Julien Lusinchi a vécu au cœur de cette jeunesse russe, partageant son quotidien dans un dortoir universitaire à Moscou. Rien de tel, pour découvrir cette génération, que de se plonger dans l’ambiance d’un « obchïéjitïé » (le dortoir). Contrairement aux résidences universitaires françaises où les places se font rare, le dortoir collectif en Russie permet à tout étudiant russe de disposer d’un logement à moindre frais le temps de ses études. Dans un pays où l’université est restée l’un des principaux ascenseurs sociaux du pays : l’obchïéjitïé est l’un des modes d’habitations les plus prisés des jeunes étudiants. Ce qui en fait un excellent observatoire de cette génération. Immersion au cœur de la jeunesse russe.
Jeune lecteur de Jules Verne, j’ai découvert la Russie par la lecture de Michel Strogoff. Immergé dans les grandes pleines de Sibérie, la foire orientale de Nijniï Novgorod et les attaques de nomades tataro-mongoles : l’atmosphère grandiose qui ressortait du roman m’avait poussé à l’apprentissage du russe. Quinze ans plus tard, en 2019, je décidais de partir là-bas pour poursuivre mon master avec une bourse d’étude délivrée par le ministère des Sciences et de l’Éducation supérieure. En attente de mon affectation dans l’un des onze dortoirs de l’université, je séjournai à l’hôtel Gamma, qui se situe dans un immense complexe hôtelier construit pour les Jeux olympiques de Moscou en 1980. Situé à l’est de Moscou, à côté du parc Izmaïlovo et du Kremlin, le parc d’attraction du même nom, ce complexe hôtelier sert désormais pour la réception de séminaires d’entreprise, d’hommes d’affaires en transit et autres voyageurs aux profils les plus diverse. Durant ce mois et demi, je découvris ce monde un peu étrange où se mêlaient prostituées de luxes, salariés provinciaux en déplacement, étudiants russes et étrangers en recherche de logements et businessmen aux affaires parfois douteuses.
Bienvenue à la « Chaussée des enthousiastes »
Puis vers la fin novembre un vendredi soir en rentrant des cours, je recevais un mail de mon université pour m’annoncer ma nouvelle affectation à l’obchïéjitïé 2 (dortoir 2). J’avais donc le week-end pour organiser mon déménagement vers mon nouveau « chez moi ». Voulant profiter jusqu’au bout des conforts et services de cet hôtel trois-étoiles, je prolongeais mon séjour jusqu’au dimanche soir. Le samedi soir, je rencontrai un Arménien russe, à la silhouette massive, qui, sévèrement alcoolisé, m’invita sans possibilité de refuser à aller boire des bières dans le bar « chic » de l’hôtel. L’homme, au caractère sanguin et à l’allure brutale, s’emportait facilement, vociférant contre ses partenaires russes, répétant à l’envi que ces derniers étaient des gens dangereux prêts à tout pour vous voler et vous escroquer : on a les fréquentations que l’on mérite, pensais-je. Ayant appris le russe à l’école, je comprenais difficilement ce drôle d’énergumène, au langage de charretier. Enchaînant les verres de vodka et les pintes de bière, j’acquiesçais plus ou moins subtilement à toutes ses allégations de peur de le vexer.
Le lendemain, je préparais mes affaires pour me rendre dans mon nouveau logis situé à deux stations de métro de mon hôtel. À la sortie du métro, je découvris mon nouveau quartier : Shosse Entousiastov, la « Chaussée des enthousiastes ». Pour mon grand bonheur, le dortoir se trouvait à quelques dizaines de mètres du métro (contrairement à Paris, le réseau métropolitain moscovite est beaucoup moins dense, il n’est donc pas rare de vivre à plus d’une demi-heure à pied de la station de métro la plus proche). Une fois devant la porte d’entrée se dressait devant moi un bâtiment de deux étages aux murs décrépits et jalonné de balcons repartis de manière aléatoire, prêts à s’effondrer à tout instant. La porte métallique, caractéristique des habitations urbaines russes, est fermée. J’ai sonné, et la voix d’une vieille femme visiblement agacée par le dérangement m’a demandé ce que je venais faire ici. Après m’être expliqué, on m’ouvrit enfin. Et c’est ainsi qu’un dimanche soir en cette fin d’automne, je fis mes premiers pas dans ce dortoir où je séjournerai pendant un peu plus de deux ans.
La « coloc » à la mode russe
Lieu de résidence des trois héroïnes du célèbre film soviétique Moskva slezam nie vérit (Moscou ne croit pas aux larmes) du réalisateur Vladimir Menchov, l’obchïéjitïé (des mots russes obchïe : « commun » et jitïe : « vie ») est une institution à part entière en Russie. Ces dortoirs collectifs ont permis de loger les étudiants boursiers les plus pauvres des universités à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, en même temps que naissaient les premières universités d’État du pays1. Ainsi pour une somme d’argent presque symbolique, les étudiants boursiers n’ayant pas les moyens de louer un logement en ville peuvent y séjourner. Les règles collectives y sont strictes et les conditions de vie précaires2. Ces étudiants ou boursiki (mot d’argot à consonance péjorative signifiant boursier) sont par ailleurs méprisés par leurs camarades, du fait des différences de classe sociale entre étudiants de la ville et étudiants pauvres de la province.
Ce n’est que sous l’ère soviétique que ce système d’habitation s’est institutionnalisé. La guerre civile et l’exode rural provoqué par l’industrialisation des plans quinquennaux ont provoqué une pénurie de logements dans les grandes villes ; la Seconde Guerre mondiale a aggravé la situation, qui est devenu un des sujets les plus préoccupants de l’après-guerre. Elle va obliger les autorités soviétiques à créer de nouvelles formes d’habitation pour y loger cette nouvelle classe ouvrière. Les appartements bourgeois des centres-villes sont alors transformés en logements collectifs. Chaque famille dispose d’une pièce à vivre, mais se partage cuisine et salle de bain. Quant aux jeunes, étudiants ou travailleurs, ils sont désormais logés dans ces fameux dortoirs collectifs.
Gratuit, vétuste et collectif
Il faut cependant bien comprendre que ces nouveaux logements n’étaient pas de simples dortoirs. C’étaient des lieux de vie. Destinés à la jeunesse, ils devaient servir de cadre de vie au futur Homo sovieticus. Outre les chambres, une cuisine commune et des salles de bain, on y trouvait également une bibliothèque bien garnie, dont on peut aisément deviner les auteurs et les sujets de prédilection, une salle de sport, une salle de réunion et parfois même une garderie pour les enfants. Ce bit (mot intraduisible littéralement, pouvant signifier « habitus », « mode de vie ») d’un genre nouveau a joué un rôle essentiel durant toute l’époque communiste tant il a contribué à uniformiser et façonner le mode de vie de la jeunesse russe. Si aujourd’hui ce format d’habitation a perdu en popularité, de nombreux étudiants et travailleurs immigrées continuent d’y vivre le temps de leurs études. En effet, les universités russes allouent à tout étudiant ne résidant pas sur place une chambre en dortoir. Le loyer, quasi symbolique, varie entre 1 000 et 2 000 roubles (soit entre 11 et 22 euros) ; et il est gratuit pour les étudiant boursiers, quelque 20 % des étudiants.
Pour les étudiants étrangers, habitués aux standards européens, l’obchïéjitïé est au premier regard un endroit précaire, voire insalubre. Marc ex-étudiant français, ayant effectué un échange universitaire avec le MGU (Université d’État de Moscou3) évoque ses premières impressions en Russie : « C’était la première fois que je venais en Russie. Alors que jusque-là et depuis mon arrivée à l’aéroport, tout me paraissait très moderne, la découverte du dortoir du MGU, situé dans le bâtiment principal de l’université, fut un choc. La décoration n’avait pas changé depuis Staline, les murs étaient couverts de vieux lambris ; et au sol, de grands tapis rouges servaient à protéger le parquet. Je disposais d’un petit appartement avec une salle de bain, une toilette à l’origine allemande, un séjour et deux petites chambres individuelles. Dans ma chambre, le lustre menaçait de s’effondrer à tout instant, un bidon d’eau stagnante maintenait la fenêtre fermée, car le loquet était cassé… J’appris plus tard qu’en matière de dortoir avoir une chambre individuelle, c’était le luxe absolu. Ce qui m’a saisi le plus, c’est le contraste impressionnant entre l’aéroport flambant neuf, le train express dernier cri pour se rendre dans le centre-ville, l’imposant bâtiment de l’université et ma chambre étudiante qui tombait en lambeaux. »
Un chez soi chez les autres
Le manque de place, sans compter les prix exorbitants de l’immobilier à Moscou, fait que des travaux de rénovation sont inenvisageables. Ils signifieraient la fermeture provisoire d’un dortoir pour une durée d’un ou deux ans. Les universités préfèrent donc acheter ou construire en périphérie de la ville, ce qui n’est pas sans poser problème pour certains étudiants, comme en témoigne Maria, jeune professeur de russe pour étudiants étrangers à la Haute école d’économie de Moscou (HSE) : « Lorsque j’étais étudiante, je logeais dans l’un des immenses nouveaux dortoirs de l’université, à Dubké, à 30 km à l’ouest de la capitale. Pour me rendre à l’université tous les matins, je devais prendre un bus, puis le train jusqu’à la gare Biéloruskaïa et enfin le métro. En tout et pour tout, j’en avais pour quatre heures de transport aller-retour par jour. Un soir d’hiver, en première année, j’ai craqué. Il neigeait, il faisait froid et la nuit était déjà tombée. J’ai pris le train et je suis rentrée à Vladimir chez mes parents. C’était beaucoup plus loin bien sûr mais disposer d’un bon repas chaud avec ma famille autour, cela m’a soulagé l’instant d’un soir, car je n’en pouvais plus de ce bâtiment en bêton laid et impersonnel, de ces déplacements à n’en plus finir, de ces attentes interminables à l’arrêt de bus ou le long des quais de gare sous le vent glacial de l’hiver. »
Mais la plupart des étudiants russes s’accommodent de cette précarité, et se montrent très débrouillards et imaginatifs pour améliorer leur confort : led multicolores, guirlandes, posters, photos, étagères, écrans plats, micro-ondes… les chambres étudiantes ressemblent à un joyeux bordel, insolite et baroque où chacun ajoute sa touche personnelle sur les murs de papier peint verdâtre. Ce goût accru pour la décoration s’explique aussi pour des raisons culturelles. Pour beaucoup de jeunes russes, la vie en dortoir est leur première expérience de vie en dehors de la maison familiale. Katia, ancienne étudiante en philologie au MGU, explique : « Lorsque je suis arrivée dans ce dortoir, tout était petit, nous partagions la chambre à trois et j’avais très peu de place pour disposer mes affaires. Malgré tout, c’était la première fois que je me sentais chez moi. Je pouvais arranger et décorer ma chambre à ma guise, aller et venir sans être embêtée. Dans notre maison familiale, nous vivions à quatre avec mon frère. Et notre maison, comme souvent en Russie, ne comporte aucune porte, la notion d’intimité personnelle m’était jusque-là complétement étrangère. »
L’intimité ne survit pas à la collectivité
L’intimité personnelle reste cependant relative. Les bâtiments sont truffés de caméras de surveillance, censées assurer la sécurité des étudiants, bien qu’il n’y ait pas de vol entre étudiants. L’administration ainsi que les autres étudiants peuvent se montrer très intrusifs. Quelques jours seulement après mon installation, à sept heures du matin, la « commandante » frappe à la porte et rentre sans préavis : « Inspection des chambres aujourd’hui, j’espère que vous avez bien rangé depuis mardi dernier parce que la dernière fois, c’était le foutoir ! » Cette intrusion ne semblait pourtant pas choquer mes voisins de chambrée, qui ne se firent pas prier pour se rendormir. Héritage de l’Union Soviétique, peut-être, la notion de vie privée en Russie en général, dans un dortoir en particulier, est très abstraite. Ici tout est partagé, les douches, la cuisine ; on entre dans les chambres des uns des autres, sans se préoccuper de savoir si leurs locataires sont occupés ou en train de dormir. Mais cette forme de collectivisme crée une atmosphère chaleureuse et conviviale. Nicolaï, étudiant bulgare en quatrième année de psychologie, raconte ainsi son intégration : « Lorsque je suis arrivé en Russie, je ne parlais pas un mot de russe. Mes premiers mois ressemblaient à un cauchemar. Je dormais à l’hôtel, je ne connaissais personne et je me demandais tous les jours ce qui m’avait pris d’étudier la psychologie ici. À mon arrivée au dortoir, la première chose que j’ai eu envie de faire, c’est de m’enfuir et rentrer chez moi en Bulgarie. Une semaine plus tard, je n’aurais quitté ce lieu pour rien au monde. On m’a très vite intégré malgré mon incapacité à communiquer avec les gens autour de moi. On m’invitait tous les jours à des soirées improvisées dans les chambres, je passais ma vie à boire et à sortir. Ça n’était pas très sein comme rythme de vie, mais je me sentais bien : c’est grâce à ce dortoir que j’ai appris le russe et que je me suis intégré à ce pays. » Ici tout est dans l’affectif et les rapports humains même avec l’administration.
Le règlement : l’officiel et l’officieux
Tout dortoir collectif comporte un règlement intérieur. C’est simple : selon ce règlement, tout est à peu près interdit : fumer, boire, inviter des gens, être en état d’ivresse… Dans la réalité, toutes ces règles sont dérogeables. Il existe en effet un règlement parallèle implicite qui varie d’un dortoir à l’autre. Pour 500 roubles (six euros à peu près), on peut introduire quelqu’un après minuit. Pour enterrer un rapport du commandant en cas d’infraction du premier règlement, un billet ou une tablette de chocolat peut faire l’affaire. Tout se règle au cas par cas. L’essentiel est d’entretenir de bonnes relations avec le personnel administratif. Composées essentiellement de femmes de plus de quarante ans, mal payées, ces babouchkas avant l’heure peuvent se montrer aussi arbitraires que compréhensives, affectives, voire maternelles, ou au contraire faire preuve d’un zèle excessif pour faire respecter le règlement officiel.
Une règle s’impose néanmoins : pas de vague. Un étudiant français en échange à Moscou en a fait les frais : « Je voulais changer de chambre car je ne m’entendais pas du tout avec mon voisin. Malgré toutes mes demandes, l’administration restait implacable. J’ai décidé alors d’écrire au vice-recteur de ma faculté pour résoudre mon problème. Sa réaction ne s’est pas fait attendre, deux jours plus tard j’étais convoqué dans son bureau. À l’intérieur de la pièce, se tenait en plus de lui, le directeur du dortoir et le directeur de mon étage. C’est bien simple pendant une demi-heure on m’a détruit. “Je n’étais qu’un petit étudiant étranger capricieux et égoïste, qui n’avait pas sa place ici.” Je ne comprenais pas grand-chose bien sûr, mais même sans comprendre, le ton et la forme employés suffisaient amplement. À la fin de l’entretien, le vice-recteur a sorti un dossier : il contenait des photos de moi en train de donner de l’argent au concierge pour faire entrer quelqu’un après 23 heures. Il a alors rajouté – c’est simple, la prochaine fois que vous venez vous plaindre de quoi que ce soit auprès de nous, on vous met à la porte et on a tous ce qu’il faut dans ce dossier ! Finalement j’ai quitté le dortoir pour louer mon propre studio. »
Cette anecdote reflète assez bien deux aspects essentiels de la société russe. D’une part, si la corruption y est tolérée, elle représente une épée de Damoclès, qui servira pour n’importe quel prétexte à vous créer des ennuis. D’autre part, le respect des hiérarchies au sein d’une entité sociale est essentiel, enfreindre cet ordre hiérarchique peut vous entraîner de nombreux problèmes.
Un observatoire de la jeunesse russe
À côté des dortoirs étudiants, il existe une tout autre forme de dortoir, bien moins chaleureux et humain : les dortoirs pour travailleurs étrangers. Héritage de la Russie soviétique, de nombreux étrangers venant essentiellement d’Asie centrale viennent chercher du travail dans les grandes villes russes (principalement Moscou et Saint-Pétersbourg). Bâtiment, restauration, barbier, chauffeur, livreur… l’essentiel des « petits boulots » sont occupés par des immigrés. Pour des raisons administratives et des questions budgétaires, la plupart d’entre eux vivent, eux aussi, en dortoir collectif. Ainsi tout autour de la grande ceinture moscovite, d’immenses dortoirs collectifs abritent chacun jusqu’à 2 000 travailleurs immigrés. Si le loyer pour un lit dans une chambre de 10 personnes est très raisonnable, un système de règles particulièrement coercitives, avec amendes à la clef, permet d’enrichir les gardiens et le propriétaire des lieux. Ainsi n’importe quelle infraction, aussi minime soit-elle, est sanctionnée d’une amende pouvant monter jusqu’à 5 000 roubles (60 euros). L’habitat y est précaire et le personnel brutal, voire violent. Andreï, ayant occupé un emploi dans l’un de ces établissements, raconte : « Un jour alors que j’inspectais les chambres, j’ai surpris un gars allongé sur son lit avec ses vêtements de chantier. Je l’invective et le verbalise. Mais ce dernier refuse d’obtempérer, menaçant d’aller se plaindre auprès de mon supérieur et sortant de la pièce. Cinq minutes plus tard, j’entends du bruit et des insultes dans le bureau du directeur, j’entre et vois ébahis mon directeur en train de frapper violement ce pauvre Ouszbek qui avait refusé de payer son amende. »
Cette situation n’émeut néanmoins pas le moins du monde la population locale qui se montre d’ailleurs très hostile à l’encontre de cette immigration de travail, pourtant très rentable et peu coûteuse, permettant à Moscou d’être l’une des villes les plus propres du monde et de proposer des services individuels à bas prix. Voici donc encore un des nombreux paradoxes de cet immense pays que je ne cesse de découvrir.
En somme, l’obchïéjitïé est un phénomène sociologique à part entière ; il comporte ses codes, ses singularités. Mais ces microsociétés sont également des représentations à taille réduite du pays. L’évolution des intérieurs, de la forme du bâtiment et des populations y demeurant sont à l’image de l’évolution du pays. Ils constituent, en d’autres termes, un observatoire de la jeunesse russe et du devenir de leur pays.
1. Lorsque Mikhaïl Lomonossov, célèbre scientifique et philologue russe, fonde la première université de Russie à Moscou en 1755, ce dernier souhaite que son université soit ouverte à toutes les classes sociales. Fils de pêcheur de la région d’Arkangelsk, située sur les bords de la mer blanche à 300 kilomètres au nord-est de Saint-Pétersbourg, son talent précoce pour l’étude des langues et des sciences lui permet de recevoir une bourse d’étude pour étudier les langues anciennes à Moscou. Opposé à son départ, son père refuse de financer son voyage, et Lomonossov quitte son village natal à pied pour Moscou. Vingt ans plus tard après de brillantes études à Kiev, Saint-Pétersbourg, Freiberg et Leipzig en Allemagne, puis une carrière de professeur et chercheur, il sollicite son ami et protecteur Ivan Chouvalov, conseiller et favori de l’impératrice Élisabeth Ire de Russie, pour la création d’une université à Moscou où les cours seraient donnés en russe (au XVIIIe siècle, le français et l’allemand sont prédominants au sein de la haute noblesse russe. Dans les collèges et lycées pétersbourgeois les sciences humaines et naturelles y sont donc tout naturellement enseignées dans ces deux dernières). Son université connait un franc succès et servira de modèle aux futures universités. Interdites seulement aux serfs, ces universités, qui fleurissent un peu partout à partir de la seconde moitié du XVIIIe sont avec les académies militaires les principaux ascenseurs sociaux dans la Russie impériale, soviétique et même contemporaine.
3. L’université d’État de Moscou, celle-là même fondée par Lomonossov, est la plus prestigieuse université du pays. Son bâtiment principal, situé sur la colline aux Moineaux, au sud-ouest de Moscou, est la plus grande des sept tours moscovites construites par Staline. Elle abrite désormais la faculté de géologie et de biologie de l’université ainsi que l’un des nombreux dortoirs de l’université.
Une fois de plus, l’OTAN semble chercher à s’opposer aux gouvernements non alignés par tous les moyens possibles, même dans l’espace. Dans un document récent, l’alliance militaire occidentale a lancé une nouvelle doctrine spatiale, qui vise clairement à entraver les progrès spatiaux de nations comme la Russie et la Chine. Les analystes du monde entier considèrent que ce document est inutile et sans effets positifs pour la paix mondiale, qu’il ne fait que contribuer à l’augmentation de la militarisation excessive de l’espace.
Le 17 janvier, un projet de nouvelle doctrine spatiale de l’OTAN a été lancé, qui élargit considérablement les objectifs précédents de l’alliance en matière de politique spatiale. Le nouveau document, en plus de désigner l’espace extra-atmosphérique comme un territoire du domaine opérationnel au même titre que la terre, la mer, l’air et le cyberespace, souligne la nécessité de maximiser la puissance spatiale des États membres du bloc. L’un des objectifs est de parvenir à une force compatible et interopérable entre les différents États de l’alliance, en formant une force commune capable de rivaliser dans l’ère spatiale actuelle – classée par l’OTAN comme « encombrée et compétitive ».
Selon l’OTAN, la compétitivité spatiale est devenue un problème croissant, principalement en raison de la montée en puissance des activités de la Russie, de la Chine, de l’Iran et de la Corée du Nord. Ces pays ont développé rapidement et efficacement une large gamme de satellites et d’équipements spatiaux, tant dans le domaine militaire que commercial. Ces pays étant des ennemis géopolitiques de l’OTAN, leurs activités spatiales sont considérées comme une menace croissante, ce qui a suscité des craintes quant à un éventuel incident d’attaque contre des satellites occidentaux dans l’espace. En ce sens, le nouveau document indique clairement qu’une attaque dans l’espace légitime l’invocation de l’article 5 de l’OTAN, qui affirme le droit du bloc à la légitime défense collective. Toutefois, le document ne définit pas ce qui pourrait précisément être considéré comme une attaque spatiale pour l’OTAN.
Certains analystes du monde entier ont estimé que la déclaration de l’OTAN était inutile et inefficace dans le contexte actuel de la politique spatiale internationale. En fait, cette mesure semble n’avoir été qu’une façon de déclarer que la guerre spatiale sera une priorité dans la politique de défense de l’alliance. Il n’y a pas eu d’innovations majeures avec cette nouvelle mesure de l’OTAN, juste une réaffirmation du discours sur les puissances non alignées en tant que « menaces » pour l’Occident – dans ce cas, appliqué aux satellites et engins spatiaux occidentaux dans l’espace. En outre, il est nécessaire de souligner le fait qu’en parlant de l’invocation de l’article 5 sans définir ce qui serait considéré comme une « attaque spatiale« , l’OTAN laisse le champ libre à tout mouvement indésirable d’équipement spécial par ses ennemis pour légitimer une invocation de l’article, ce qui met la paix mondiale en danger.
Cela semble être l’avis même de certains experts américains, comme le Dr Mark Gubrud, professeur de défense à l’Université de Caroline du Nord, qui déclare : « Cette déclaration de l’OTAN est inutile et inutile (…) Toute ‘attaque armée’ contre des systèmes spatiaux ferait partie d’une guerre plus vaste. S’il s’agissait vraiment de quelque chose de confiné uniquement à l’espace, comme l’éblouissement d’un satellite par un laser, on voit mal pourquoi on voudrait invoquer l’article 5 à ce sujet ».
Dans le même sens, une autre critique qui peut être faite est liée à la question de la nécessité de rendre compatible l’ensemble de la puissance spatiale de l’alliance. En voulant rendre compatibles les capacités spatiales de tous les États de l’OTAN, Washington semble créer un discours visant à légitimer l’armement indiscriminé de tous les pays du bloc. Outre le danger que cela représente pour la paix mondiale, il y a le facteur financier, étant donné que les États-Unis ont tendance à vendre des armes spatiales à des prix élevés et que les membres de l’OTAN seront contraints de les acheter en raison des exigences du bloc – en plus de la paranoïa sur une « menace spatiale » qui ne manquera pas de circuler constamment à partir de maintenant, incitant les pays occidentaux à acquérir autant d’armes spatiales que possible.
C’est également l’avis d’un autre analyste américain, le professeur Bruce Gagnon, directeur du Global Network Against Weapons and Nuclear Power in Space. Il pense que l’US Space Force veut maintenir une prééminence mondiale dans la guerre spatiale et encourage l’achat d’armes par les pays de l’OTAN afin d’acquérir des ressources qui seront investies dans l’industrie spatiale militaire. Voici quelques-uns de ses propos :
« Le document de planification de l’US Space Command stipule que les Etats-Unis vont ‘contrôler et dominer l’espace et refuser aux autres nations, si nécessaire, l’accès à l’espace (…) Au QG de l’US Space Command dans le Colorado, juste au-dessus de leur porte, ils ont un panneau qui dit ‘Maître de l’espace’ (…) Même avec toutes leurs ressources, les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre de payer eux-mêmes leur plan de ‘Maître de l’espace’ (…). …] [Afin de maintenir leur « prééminence »], les États-Unis s’imaginent qu’ils doivent « protéger l’espace » contre les forces obscures de la Russie, de la Chine, de l’Iran et de la Corée du Nord (…) L’ »interopérabilité » garantit que tous les membres de l’OTAN achètent de nouvelles technologies spatiales coûteuses, principalement auprès de sociétés aérospatiales américaines telles que Lockheed Martin, Raytheon et autres. En outre, l’ »interopérabilité » signifie que toutes les informations spatiales, la surveillance et le ciblage passent par le système dominé par les États-Unis. En d’autres termes, les alliés de l’OTAN contribuent au financement de ces coûteux systèmes de guerre spatiale, mais le Pentagone contrôle la « pointe de la lance ».
Compte tenu de tous ces faits, il semble qu’une fois de plus les intérêts américains se superposent aux intérêts des autres pays de l’OTAN, qui seront contraints d’adopter les mesures imposées par Washington dans le cadre de l’alliance, même si cela ne correspond pas à leurs plans stratégiques. Le gouvernement américain semble lancer un nouveau discours sur ses ennemis, en les qualifiant de « menace spatiale ». Il est probable qu’à partir de maintenant, toute activité spatiale minimale de la Russie, de la Chine, de la Corée du Nord et de l’Iran sera interprétée comme une attaque contre l’Occident, justifiant des sanctions internationales.
Lucas Leiroz (Infobrics, traduction breizh-info.com)
Une fois de plus, Éric Zemmour était accueilli comme une rock star. Une habitude désormais. Sauf que, cette fois, le public était différent. Environ 380 étudiants de grandes écoles attendaient en effet le candidat à la présidentielle sur une péniche à Paris. Boulevard Voltaire s’est glissé dans cette manifestation atypique. Tous n’ont pas pu trouver de places assises. Organisée par Les Grandes écoles avec Zemmour, la manifestation a donné l’occasion à Zemmour d’une séance intensive de serrage de mains, signe que la ferveur qui l’entoure s’étend jusqu’aux générations de Français les plus diplômés.
L’occasion surtout de revenir sur les défis de l’avenir du pays. Pas toujours enthousiasmants. Parler de guerre civile n’est-il pas exagéré ?, demandent les organisateurs au candidat de Reconquête. Pour lui, l’évidence est si grande qu’elle est partagée par d’autres responsables politiques. « C’est deux poids deux mesures, répond Zemmour. Quand Monsieur Hollande dit que tout cela finira par une partition, est-ce qu’on le lui reproche ? ». Pour Zemmour cette guerre civile « est en germe » dans la situation actuelle. « On y va si on ne fait rien, dit-il. (…) Et quand Monsieur Collomb, vous connaissez sa phrase célèbre, parle des gens qui vivent côte à côte et qui finiront face à face, qu’est-ce que cela veut dire d’autre ? Je dis la même chose. Sauf que, quand c’est moi qui le dis, alors cela prend une dimension apocalyptique et je suis responsable de tout : c’est moi qui vais provoquer la guerre, etc. Non ! »
Une autre manière de demander si l’Islam et la France sont compatibles. Pour Zemmour, la réponse est claire : « La France c’est liberté, égalité fraternité, l’islam c’est soumission, inégalité et fraternité dans la ouma et non pas avec les autres Français ».
Dans ce contexte, la discrimination positive qui étend sa loi sur les écoles et l’université est une question importante pour les étudiants issus de grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs. « On sait pour avoir vu l’expérience américaine que tout cela est contreproductif, tranche Zemmour. C’est une catastrophe, c’est la force terrible de l’idéologie, elle avance, elle avance… Et surtout c’est la force de la faiblesse du ministre qui ne résiste pas à cela, comme il ne résiste pas au lobby LGBT, au lobby antiraciste, comme il ne fait pas appliquer cette circulaire contre l’écriture inclusive, comme il renonce à interdire les mères voilées lors des sorties scolaires… » Une duplicité typique du macronisme.
La politique revient vite en période électorale. Valérie Pécresse n’est pas épargnée, ses électeurs non plus. Que dire à un étudiant de droite tenté par un vote en faveur de Valérie Pécresse ? « Autant qu’il vote Emmanuel Macron parce qu’il aura la même chose ». Une punch line saluée par des applaudissements. « Valérie Pécresse, c’est Jean-Christophe Lagarde et Jean Christophe Lagarde (UDI, ndlr), c’est Emmanuel Macron ! »
Zemmour ne pouvait terminer la rencontre sans un appel à cette jeunesse appelée à des rôles d’encadrement. Un appel lancé sur un ton de gravité et sans flatteries. « Vous avez une responsabilité historique » car « vous êtes la génération – ce n’est pas de votre fait, vous n’avez pas de chance -, qui va affronter le retour du tragique, vous allez payer pour les erreurs des deux générations qui vous ont précédées ».
Si après son intervention, Éric Zemmour est parti assez vite, les membres les plus jeunes de son équipe – Stanislas Rigault, Samuel Lafont, Antoine Diers… – sont restés parmi les étudiants jusque tard dans la soirée dans une ambiance très festive.
Une rencontre inédite qui laissera des traces chez ces futurs diplômés de grandes écoles.
Le capitaine de l'équipe australienne de cricket, dit à l'équipe de ranger le champagne pour permettre à Usman Khawaja, leur coéquipier musulman, de célébrer avec eux pic.twitter.com/Al7tW6LYdr
Usman Khawaja a félicité ses coéquipiers de l’équipe d’Australiens pour avoir interrompu leur célébration au champagne suite à leur victoire 4-0 sur l’Angleterre lors de l’épreuve de cricket “des cendres”.
Le joueur, qui s’était enfui à la vue des bouteilles, a été rapidement rappelé par Cummins, Travis Head et Marnus Labuschagne.
“Mes coéquipiers ont arrêté leurs célébrations habituelles au champagne pour que je puisse les rejoindre. L’inclusivité dans le jeu et nos valeurs en tant que sport sont si importantes… J’ai l’impression que nous allons dans la bonne direction.”
Bien que le geste de Cummins ait été largement salué, les images ont également soulevé des questions sur la décision de Cricket Australia de placer des bouteilles champagne sur le podium…
Un fan qui sollicitait Usman Khawaja lui a posé la question suivante : “C’était une grande prise de conscience de la part de vos coéquipiers, mais il aurait davante inclusif de garder ce champagne pour des célébrations en privé et de vous permettre de figurer sur TOUTES les photos et célébrations sur le terrain, n’est-ce pas?”
Une question à laquelle le joueur a répondu : “Cela avance à petits pas.”
The Ashes, littéralement « les Cendres », est une série de test-matchs de cricket qui opposent tous les ans les équipes d’Angleterre et d’Australie. Elle se tient alternativement dans les deux pays. (…)
En 1882, les Australiens remportent un test-match à The Oval à Londres et un faire-part de décès satirique publié dans un journal britannique signale la « mort du cricket anglais » dont les « Cendres seront transportées en Australie ».
Une équipe anglaise effectue une tournée en Australie en 1882 et 1883 avec pour objectif symbolique de « regagner les cendres » et remporte ce qui est considéré comme la première série des Ashes. Des Australiennes remettent une urne de terre cuite contenant des cendres au capitaine de l’équipe. L’objet devient ultérieurement le symbole de la série.
Ce samedi après-midi, à Caen, en pleine période électorale, époque où chacun fait campagne, des femmes s’étaient donné rendez-vous pour afficher leur soutien à la campagne d’Éric Zemmour sous le slogan #les femmes avec Zemmour#. Une manifestation autorisée et annoncée par voie de presse mais qui a déchaîné les bataillons des tristement célèbres antifas organisés en contre-manif musclée.
Pas facile d’être une « femme avec Zemmour » : insultées, encerclées, menacées physiquement, conspuées, raccompagnées jusque dans leur voiture sous des jets de farine et même des coups – l’une d’entre elles, bien jeune, recevra un coup de poing dans le dos en tentant de s’extirper de la foule -, elles n’ont effectivement pas eu le droit de s’exprimer, juste de « se casser » dans une ambiance extrêmement tendue. Pas l’ombre d’une présence policière, d’ailleurs, pour faire respecter leurs droits. Un quidam réaliste lâchera : « On aurait pu en faire du petit pâté, de ces femmes-là, qu’il ne se serait rien passé. »
Si les quelques journalistes locaux présents auront, on l’espère, l’honnêteté de témoigner de ce qui s’est réellement passé, cet après-midi là, gageons que la grande presse, la mainstream, la parisienne n’en dira rien.
Dans cette France 2022, lorsque des femmes souhaitent rompre avec les vieux discours féministes, elles en paient le prix : celui de la privation. De liberté de parole, de liberté de manifester. Mais gagnent le droit : de se faire insulter. L’égalité, la fraternité, le vivre ensemble, c’est bon pour les autres, les copines de Sandrine Rousseau, celles de Caroline De Haas… Imagine-t-on des femmes de droite menaçant de couper en rondelles Sandrine Rousseau, appelant en renfort les Zouaves si promptement dissous ?
Soutenir Zemmour ou Marine Le Pen, c’est devenir une cible. Pour empêcher de s’exprimer les militantes féminines pour Zemmour, certains sont prêts à en découdre. Physiquement, là, sur le terrain, dans la rue. Expulsion.
Le Pen Zemmour même combat Quand les antifas menacent la sécurité des femmes et prônent l union des droites @BVoltairepic.twitter.com/bYcr9SA39Z
Sans même s’en rendre compte, les antifas manient la confusion des genres et prônent l’union des droites. Zemmour et Marine, ennemis communs ?
L’heure n’est plus aux querelles, aux déchirures, aux luttes fratricides. Le temps des arrangements de salon est dépassé. C’est dans la rue à présent que se joue le sort des femmes. Elles sont en insécurité. En banlieue et dans les centres-villes. Parler de Roubaix, déjà, c’est se mettre en danger. Ne pas partager l’idéologie gauchiste, c’est s’exposer. La peur au ventre. À quand, le grand ras-le-bol, le coup de balai ?
Réaction d une #femme avec #Zemmour après l agression des antifas cet après-midi à Caen "on vient juste s exprimer librement on se trouve face à une horde de gens haineux" pic.twitter.com/R54nmAYfJj