#webtube : Une société se juge à la manière dont elle traite ceux qui ont construit son présent. Les retraités n’attendent ni privilège ni compassion. Ils réclament simplement que la justice fiscale cesse d’être une promesse et devienne une réalité. En 2026, les règles évoluent. Elles ne bouleversent pas le système, mais elles dessinent une frontière nouvelle entre ceux qui bénéficieront d’un allégement et ceux qui continueront à supporter une pression fiscale parfois disproportionnée face à leurs revenus. Le pouvoir public a décidé d’actualiser les seuils permettant à certains propriétaires âgés de réduire, voire d’effacer, l’impôt pesant sur leur résidence principale. Cette adaptation, indexée sur l’évolution du niveau de vie, ouvre les droits à davantage de ménages qu’auparavant. Pour beaucoup de retraités vivant avec une pension modeste, quelques dizaines d’euros de revenus pouvaient jusqu’ici faire basculer une année entière dans l’injustice fiscale. Cette correction constitue donc une respiration, même si elle demeure limitée.
Il existe pourtant un paradoxe français. Les responsables politiques célèbrent régulièrement le vieillissement de la population comme une victoire de la médecine et du progrès. Mais, dans le même temps, cette longévité devient parfois un facteur d’alourdissement des charges supportées par ceux-là mêmes qui ont financé, durant quarante années ou davantage, les services publics et la solidarité nationale.
La fiscalité immobilière demeure l’un des impôts les plus mal ressentis. Contrairement à l’impôt sur le revenu, elle ne s’adapte pas toujours à la réalité du pouvoir d’achat. On peut habiter depuis cinquante ans une maison devenue plus chère sur le marché sans disposer des ressources nécessaires pour acquitter un prélèvement toujours plus élevé. La richesse est alors théorique ; la facture, elle, est bien réelle.
Certes, la progression de cette taxe ralentit après plusieurs années d’augmentations spectaculaires. Mais ralentir ne signifie pas reculer. Pour des milliers de foyers, chaque hausse, même modérée, vient rogner une pension déjà fragilisée par le coût de l’énergie, des assurances, des mutuelles ou encore de l’alimentation.
Les dispositifs fiscaux destinés aux seniors restent nombreux, mais leur efficacité dépend souvent d’une parfaite connaissance des règles administratives. Une déclaration incomplète, une information ignorée ou une simple erreur peuvent faire disparaître des avantages représentant plusieurs centaines d’euros. Le véritable défi n’est donc plus seulement économique ; il devient également administratif. Dans une République moderne, le droit ne devrait jamais être réservé à ceux qui maîtrisent les subtilités des formulaires.
D’autres mesures demeurent favorables, notamment pour l’aide à domicile ou l’accompagnement de la perte d’autonomie. En revanche, certains soutiens destinés à adapter les logements des personnes âgées disparaissent, transférant progressivement l’effort vers d’autres mécanismes. Là encore, les bénéficiaires devront s’informer avec précision pour éviter les mauvaises surprises.
Au fond, une question essentielle demeure : la France souhaite-t-elle simplement alléger la fiscalité des retraités les plus modestes ou entend-elle repenser en profondeur un système devenu parfois déconnecté des réalités sociales ?
Victor Hugo écrivait que « la vieillesse est une dignité ». Une nation digne ne mesure pas uniquement ses équilibres budgétaires ; elle mesure également la reconnaissance qu’elle accorde à celles et ceux qui ont consacré leur existence à bâtir son économie, ses écoles, ses routes, ses entreprises et ses communes.
L’économie n’est jamais seulement une affaire de chiffres. Elle est d’abord une affaire d’humanité. Une feuille d’impôt peut sembler n’être qu’un document administratif. Pourtant, derrière chaque ligne figurent une vie de travail, des sacrifices, des projets parfois abandonnés et une aspiration simple : pouvoir vieillir sans que chaque courrier de l’administration ne soit accueilli avec inquiétude.
Le véritable progrès ne consiste pas uniquement à ajuster des seuils. Il consiste à rendre la fiscalité compréhensible, prévisible et profondément équitable. C’est à cette condition que la confiance renaîtra entre les citoyens et la puissance publique.
#webtube : Cette association, largement subventionnée par l’argent public, fait partie d’un vaste dispositif, à l’échelle de la France et de l’Union européenne, destiné à surveiller l’information sur le climat. Au menu : contrôle, censure, rééducation, uniformisation.
DSA, Arcom, Viginum, observatoire de la désinformation, labellisation des médias, vérification de l’espace informationnel, enquêtes sur les ingérences intérieures – l’écologisme ne pouvait manquer de s’immiscer dans le dispositif de contrôle et de surveillance des médias et des citoyens échafaudé par le pouvoir en place. Le gouvernement ayant l’intention de présenter en septembre prochain un « Premier plan national sur l’accès à l’information sur l’environnement et le climat » sentant la censure à plein nez, l’association QuotaClimat s’est empressée de lui adresser dix-sept propositions qui sont autant de moyens de proscrire tout ce qui ne va pas dans son sens et d’éduquer la population à l’idéologie climatiste. Ses propositions, n’en doutons pas, seront suivies d’effet, d’autant plus que la plupart sont déjà dans les tuyaux : l’écologie politique a ceci de remarquable qu’elle est au pouvoir dans toutes les instances qui comptent et, pour nombre d’entre elles, empoisonnent la vie des Français, alors que son poids électoral est dérisoire et son soutien populaire nul. Pour de plus amples informations sur les buts réels et les actions délatrices de l’association opportuniste et sectaire QuotaClimat, je renvoie à la chronique du 23 octobre 2025 d’Élisabeth Lévy et à mon article du 15 mai 2026.
Rappelons que, diplômées de l’usine de formatage des cerveaux de nos « élites » politico-médiatiques progressistes qu’est devenu Sciences Po, les trois fondatrices de cette association, Eva Morel, Lola Morel et Anne-Lise Vernières, sont d’anciennes assistantes parlementaires de députés Renaissance. Cela n’est sans doute pas pour rien dans le fait que QuotaClimat ait bénéficié en 2023 d’une subvention de 350 000 euros de la part du ministère de la Culture et qu’elle profite également des largesses de l’Arcom et de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Cette dernière est réputée pour avoir gracieusement offert aux Français des conseils sur le lavage de leurs sous-vêtements, le reprisage de leurs chaussettes et la réparation de leurs vieux appareils ménagers, ainsi que pour avoir inspiré à la municipalité socialiste de Nantes l’opération « Plante ton slip », opération consistant à enterrer puis, deux mois plus tard, à déterrer, pour être minutieusement examinés, des « slips en coton usagés », ceci afin de « sensibiliser le grand public à la richesse biologique des sols, souvent méconnue mais essentielle au fonctionnement des écosystèmes ». À cette occasion, l’Ademe rappela un point essentiel, trop souvent ignoré des Français : « Un slip enterré ne doit jamais être laissé dans la terre : n’oubliez pas de le déplanter ».
QuotaClimat collabore activement avec « l’Observatoire des Médias sur l’Écologie » (OMÉ), créé en novembre 2024. Surveiller les médias, dénoncer auprès de l’Arcom ceux qui questionnent le « consensus scientifique » sur le « dérèglement climatique » dû aux « activités humaines », remettent en cause les discours apocalyptiques justifiant les aides pharaoniques de l’État aux marchands d’énergies dites renouvelables, critiquent l’instauration de ZFE discriminatoires et les nombreuses et désastreuses décisions qui ont contribué à l’effondrement de notre industrie et à la destruction de notre agriculture, tel est le programme de cet observatoire financé par les contribuables via l’Arcom, l’Ademe et la Caisse des Dépôts. Une seule ligne idéologique doit avoir cours dans les médias. Certains d’entre eux, l’audiovisuel public par exemple, s’acquittent avec zèle de cette tâche prosélyte. D’autres, les rares ayant gardé quelques notions de ce qu’est le travail de journaliste, renâclent à l’idée de se soumettre totalement à un projet médiatique ayant toutes les apparences d’un programme doctrinaire. Pour les remettre sur le droit chemin, QuotaClimat propose un catalogue complet d’injonctions, d’oukases, de sommations à « bien informer » sur l’écologie, c’est-à-dire à ne pas s’écarter de la ligne du parti.
Afin de « produire une information environnementale de qualité », l’association préconise de « pérenniser un dispositif de mesure de la couverture médiatique des enjeux environnementaux et de suivi de la désinformation climatique », le dispositif en question étant… l’OMÉ. Toujours plus d’argent public et d’indicateurs de police : une enveloppe budgétaire supplémentaire devra « financer la recherche sur la désinformation climatique » avec l’aide d’un « réseau de chercheurs » triés sur le volet. Le gouvernement cherche, paraît-il, à faire des économies, et invoque un budget de l’État à l’os pour justifier son manque d’investissement dans la Sécurité civile : le budget de l’Ademe (frais de fonctionnement + les aides et les subventions, dont celles versées à QuotaClimat et à l’OMÉ) est passé de 510 millions d’euros en 2010, année de sa création, à… 4,2 milliards d’euros en 2023 ! De quoi acheter 80 Canadairs de dernière génération…
Ne reculant devant aucune contre-vérité, QuotaClimat accuse les médias de « sous-représenter les enjeux environnementaux » et de favoriser « les discours qui contredisent le consensus scientifique ». Les gardes-chiourme écolos proposent donc de « renforcer les moyens humains et techniques de l’Arcom dédiés à l’instruction des saisines relatives aux manquements de pluralisme interne ». Est-il besoin de préciser que le pluralisme en question consiste pour l’essentiel en la présentation des seules thèses du « résumé à l’intention des décideurs » du rapport du GIEC, des seules recommandations de l’écologie punitive, des seuls arguments des associations subventionnées préconisant la décroissance, la « sobriété énergétique », les ZFE, le démantèlement de notre parc nucléaire et le massacre de nos paysages, le tout enrobé dans des discours pseudo-scientifiques supposément irréfutables.
Usant de la verbeuse terminologie macronienne, QuotaClimat en appelle à la « construction d’une « coalition des volontaires » autour de la Déclaration mondiale sur l’intégrité de l’information climatique ». Comme si les pernicieuses manœuvres de Thierry Breton (DSA) et de Nathalie Loiseau (Bouclier Démocratique Européen) ne suffisaient pas, l’association se réjouit que la présidence du Comité européen des médias (EU Media Board) soit prochainement assurée par le président de l’Arcom : ainsi, s’enthousiasme-t-elle avec des trémolos européistes dans la voix, la France continuera de jouer un rôle important au sein des « instances européennes de régulation des médias ». L’étau de la censure se resserre inéluctablement : la « désinformation climatique » devant être considérée comme un « risque systémique au titre du DSA », les réseaux sociaux, les plateformes numériques et les médias alternatifs devront faire l’objet d’un suivi particulier par la Commission européenne, l’Arcom, le Secrétariat général à la Planification écologique, etc. En outre, « les controverses scientifiques (notamment sur le climat, l’environnement et la santé) » constituant, d’après QuotaClimat, « un terrain privilégié pour les opérations d’ingérence numérique étrangère », l’association propose que l’agence d’État Viginum intègre les questions environnementales et climatiques dans ses missions de surveillance. Rappel : créée par Emmanuel Macron en juillet 2021, l’Agence Viginum a pour mission principale de « détecter les opérations d’ingérences numériques étrangères », en particulier durant les périodes électorales. Certains observateurs suggèrent que cette officine, qui a noué en octobre 2025 un curieux partenariat avec France Télévisions destiné à « renforcer la résilience collective face aux fake news venues d’ailleurs » et à participer aux actions « d’éducation aux médias et à l’information » du public, pourrait jouer un rôle équivoque dans les mois à venir, surtout si les sondages continuent de prévoir une victoire du RN aux prochaines élections présidentielles…
Aucun discours, autre que celui de l’écologisme, ne doit pouvoir se dire ou s’entendre. Et personne ne doit échapper à la propagande. Les quatre dernières propositions de l’association écologiste encouragent par conséquent la formation aux « enjeux environnementaux » des fonctionnaires, des dirigeants de médias, des chefs de rédaction et des journalistes, et, finalement, de tous les citoyens. « L’éducation aux médias et à l’information (EMI) constitue un levier de long terme pour renforcer la résilience des citoyens face à la désinformation, y compris climatique », écrivent les représentants de QuotaClimat dans la novlangue progressiste, d’usage courant dans les associations qui se veulent à la pointe des « avancées sociétales ». Il faut impérativement, ajoutent-ils, « développer l’esprit critique face à l’information dès le plus jeune âge ». Principe orwellien : proclamer le contraire de ce que l’on va faire, de ce que l’on fait déjà. L’idéologie écologiste imprègne d’ores et déjà l’école, du CP à la Terminale ; les notions de « changement climatique anthropique », de « développement durable », de « transition écologique » et de « sobriété énergétique » y sont inculquées comme allant de soi ; le dogme climatique contamine de plus en plus de disciplines ; loin de les aider à développer un esprit critique, le système scolaire, secondé par des associations radicales subventionnées par l’État, endoctrine les enfants dont on espère qu’ils rééduqueront à leur tour les adultes réfractaires.
QuotaClimat ne peut voir que d’un bon œil les « activités éducatives » qui se multiplient dans les collèges et les lycées, en particulier celle créée par l’Ademe, encore elle, et censée permettre aux élèves « d’observer leur empreinte carbone et d’entamer des réflexions sur les moyens d’adopter un mode de vie plus durable ». Les élèves sont invités à visiter le site M ta Terre créé spécialement par l’Ademe pour « accompagner les jeunes qui souhaitent s’informer et agir pour notre planète ». L’enseignant est encouragé à ne pas oublier de leur poser la seule question possible : « Qu’êtes-vous prêt à modifier pour réduire votre empreinte carbone ? »Puis à apporter quelques réponses qui vont bien : « Favoriser les transports en commun, le vélo et la marche. Si l’usage de la voiture ne peut être évité, favoriser le covoiturage. […] Limiter la consommation de viande. […] Développer la location et le partage des objets. Réduire les achats de vêtements. Acheter de seconde main ». Développement de l’esprit critique ou bourrage de crâne ? Chacun jugera…
Cet article ne serait pas complet s’il n’évoquait pas le fait que, toujours dans les bons coups, l’ONG Reporters Sans Frontières (RSF) a également proposé au gouvernement, le 19 juin, une série de dix recommandations pour « préserver le droit à l’information sur le changement climatique ». On y retrouve grosso modo les mêmes thèmes que ceux développés par QuotaClimat, les mêmes délires sur la désinformation climatique liée à d’obscures ingérences étrangères, les mêmes désirs de censure des réseaux sociaux et des médias alternatifs. Autre point, commun à toutes les organisations parasitaires, un goût immodéré pour l’argent public : « Face aux coûts très élevés des enquêtes journalistiques environnementales, RSF appelle la France à accroître son soutien en faveur de projets journalistiques environnementaux et de collectifs de reporters environnementaux, dans le respect de l’indépendance éditoriale de ces derniers ». Plus de la moitié des ressources financières de RSF proviennent de fonds publics (Agence française de développement, ministère des Affaires étrangères, Commission européenne, Ville de Paris, etc.).
L’Open Society de George Soros fait partie des donateurs privés de cette ONG qui a toutes les qualités requises pour participer, avec QuotaClimat et quelques autres indicateurs de la Police de la pensée, à la planification, à la mise en place et au suivi du dispositif de contrôle de la population et de surveillance des médias. Inspirée par des politiciens et bureaucrates français et organisée à grande échelle par la techno-bureaucratie bruxelloise, cette opération de censure industrielle a vu le jour et s’amplifie au nom de grandes causes, dont le « sauvetage de la planète », prétextes en réalité à la construction d’un « modèle de démocratie » ressemblant de plus en plus au soft totalitarisme – de moins en moins soft cependant – décrit et dénoncé par le sociologue Mathieu Bock-Côté (Le Totalitarisme sans le goulag, 2023, Presses de la Cité). Encadrement des médias, contrôle social et moral de la population, uniformisation des esprits, bourrage de crâne des enfants, lavage de cerveau des adultes, pression dogmatique et rééducation idéologique à tous les étages : QuotaClimat et RSF peuvent se targuer de cocher toutes les cases de la vaste entreprise d’ingénierie sociale organisée par nos « élites » progressistes. L’intérêt ne se limite pas au combat idéologique. Soyons clairs : ces écumeurs d’argent public ne se contentent pas de nous donner des leçons de morale, ils nous grugent. Ils ne sont pas les seuls. En sus des dépenses exorbitantes inhérentes au fonctionnement de comités et d’agences théodulaires, l’État et les collectivités locales versent un « pognon de dingue » à une multitude d’associations inutiles, improductives, voire nuisibles. Il serait temps de nettoyer à grande eau javellisée les écuries d’Augias…
#webtube : En 2026, 95 % des étudiants britanniques interrogés disent utiliser l’IA, tandis que la part de ceux qui intègrent directement du contenu généré dans leurs travaux évalués ne cesse de progresser. A mesure que les devoirs se sous-traitent aux chatbots, c’est la raison d’être de l’enseignement supérieur qui est menacée : former des esprits capables de penser par eux-mêmes.
Pourquoi un enseignant devrait-il s’infliger la lecture d’une rédaction que l’étudiant n’aurait pas écrite ? De prime abord, cela ressemble à une rupture du contrat implicite qui existe entre le maître et son disciple. Une transgression qui menace les fondements de l’école et de l’université. Bien que la culture de l’examen écrit semble perdurer en France, le monde anglophone nous annonce un renversement radical. Avec un enseignement sur écran, des examens réalisés en ligne et des travaux rédigés par le truchement des chatbots, l’éducation change de visage.
Ayant d’abord été appliqués dans les domaines purement techniques, les mécanismes de l’intelligence artificielle se sont immiscés dans ce que nous considérions comme le domaine réservé du cerveau humain : la pensée. L’IA joue sur le traitement de données à grande échelle, elle porte donc une charge cérébrale comme une machine porte une charge physique. Par ailleurs, son développement actuel se dirige vers une meilleure mise en lien, par elle-même, des données qu’elle est amenée à traiter, ce qui se rapproche de la pensée. Enfin, elle se nourrit de ce que les programmateurs et les utilisateurs lui communiquent. En somme, elle apprend. Du moins, la vitesse avec laquelle elle peut restituer le savoir lui donne l’apparence d’apprendre. Pour beaucoup d’étudiants, la tentation est grande.
L’écosystème de la triche
Du simple résumé de texte à la rédaction intégrale de devoirs, les chatbots et applications spécialisées sont devenus la norme du quotidien étudiant. Ils cèdent à la promesse de la facilité et contournent les exercices qui leur sont donnés. Le raisonnement est quelque peu sommaire, mais efficace : pourquoi faudrait-il lire un livre de la première à la dernière page quand un résumé peut aisément communiquer la trame narrative ou argumentative ? Pourquoi passer des nuits blanches à rédiger un devoir quand on peut le faire en quelques minutes avec l’IA ? Pourquoi s’acharner à réviser son cours et à l’assimiler quand on peut obtenir des résumés qui vont droit au but ? Pourquoi s’embêter à écouter en cours quand on peut simplement demander une explication du sujet à son partenaire artificiel ?
La création des chatbots, ou interfaces de dialogue, a permis à chacun d’avoir accès à des outils dont la capacité d’archivage et la vitesse de restitution dépassent largement celles des cerveaux humains. L’éducation, particulièrement à l’échelle de l’université, souffre de l’étendue de cette IA générative. Une moitié de la gymnastique mentale impliquée dans l’éducation des esprits au sens classique – apprentissage, assimilation, restitution – peut être largement contournée. L’autre moitié, celle qui relève de la pensée originale des Hommes à partir de ce qu’ils ont assimilé, est menacée par la facilité de se contenter de ce que l’IA génère pour nous. Jamais le discernement n’a été aussi important pour juger du bon usage et des résultats de l’IA, et jamais il n’a été plus facile de s’en passer.
Pourtant, il existe des utilisations vertueuses des chatbots. Par nature, les grands modèles de langage (GML) encouragent les utilisateurs à échanger de manière active s’ils veulent bien s’en donner la peine. Les étudiants ont parfois trouvé des manières constructives d’y avoir recours de façon légitime. Par exemple, en joignant un cours dans le fil de la conversation, ils peuvent générer des questionnaires utiles à leurs révisions. Plutôt que de sous-traiter l’écriture d’un devoir ou d’une dissertation, les étudiants avisés se servent de l’IA dans la construction et l’amélioration de leur travail. Cependant, seul l’avenir nous dira, de la facilité ou de la curiosité, quelle attitude intellectuelle déterminera l’utilisation de ces outils de pensée.
Le sabordage de l’université
Pour l’heure, les évolutions de l’enseignement dans le monde anglo-saxon ne sont pas encourageantes. De nombreuses universités, plutôt que de revaloriser les travaux manuscrits réalisés en classe, se tournent vers une digitalisation des cours et des examens. Les administrations universitaires rechignent à maintenir, ou à rétablir, des modèles traditionnels d’enseignement magistral et d’examens sur table. La prédominance du contrôle continu, moins éprouvant et sans surveillance directe, offre un espace idéal pour l’usage sans restriction de l’IA. Pour le moment, les universités françaises semblent conserver une part non négligeable d’examens dans l’évaluation des étudiants. Espérons qu’elles ne céderont pas à la tentation de la facilité.
Le contournement de l’apprentissage par l’IA est exacerbé par une vision réductrice des études par les étudiants. Bien souvent, ils arrivent à l’université avec la perspective d’obtenir un diplôme qui leur donne des ouvertures sur le marché du travail. Au Royaume-Uni comme aux États-Unis, où les étudiants s’endettent à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de livres ou de dollars, l’université est souvent perçue comme un service plutôt que comme un lieu de formation intellectuelle. Si le passage à l’université se réduit à l’obtention de résultats, pourquoi ne pas optimiser son temps et son effort en demandant à l’IA de réaliser ses travaux ? Ce n’est plus de la triche, c’est de la sous-traitance. Par ailleurs, en craignant un effet négatif sur les revenus générés par les inscriptions, certaines de ces universités pourraient hésiter à dissuader les étudiants ayant recours à l’IA.
Les enseignants pris en étau
Face à cette situation, les enseignants doivent défendre envers et contre tout une éthique de l’effort personnel. Si l’éducation est plus qu’un moyen d’insertion professionnelle, il faut remettre le développement intellectuel des individus au cœur de l’apprentissage. Face à l’infinie complexité des mécanismes de l’IA, ce sont les méthodes les plus simples qui peuvent garantir l’intégrité des évaluations. À savoir, des examens sur table avec papier et stylo. Or, les administrations des universités ne semblent pas de cet avis. Paul Sagar, professeur de théorie politique au prestigieux King’s College, l’écrit dans une tribune : « Des enseignants universitaires comme moi ont tenté de faire du bruit, mais les administrateurs nous intiment aussitôt de nous taire et de continuer à bafouer notre vocation. »
L’IA générative et les GML sont capables de produire des travaux universitaires de plus en plus sophistiqués. Les logiciels anti-plagiat, quant à eux, ne parviennent pas à suivre la cadence effrénée du développement des « modèles de réflexion », option désormais disponible sur la plupart des chatbots. Pour couronner le tout, le New York Times rapporte que des « outils “d’humanisation” réécrivent les textes générés par l’IA pour les rendre moins robotiques, stéréotypés ou banals. » L’industrie de l’IA fait preuve d’un cynisme notable par son développement parallèle des outils de détection et de contournement. Face à cette situation, l’enseignant est confronté à la plausibilité du déni. C’est son instinct contre la parole de l’étudiant.
Néanmoins, le développement des systèmes de dépistage semble progresser. Le Daily Telegraph rapporte qu’un nouveau modèle de détection est en cours de développement par Anthropic pour son chatbot Claude. Désormais, il serait possible de programmer les GML pour qu’ils introduisent des watermarks ou des « mots en filigrane » qui ne seraient pas visibles des étudiants. Les enseignants pourraient passer les travaux dans un programme capable de répertorier ces signes afin de repérer la triche. Par ailleurs, des initiatives se mettent en place, à l’image du gouvernement danois qui a annoncé que les étudiants devraient défendre leurs travaux écrits à l’oral. Une forme de soutenance qui permettrait aux enseignants d’évaluer leur degré d’implication personnelle au cours de la rédaction.
Le savoir organique contre la logique de la machine
À chaque révolution technique, l’humanité est appelée à se demander s’il s’agit d’une évolution ou de la fin d’un monde. À notre première question, pourquoi un enseignant devrait-il s’infliger de lire un travail qui n’a pas été réalisé par l’étudiant, ce dernier pourrait bien répondre : « C’est tout ce qui m’est demandé pour valider mon année. » En un sens, en sous-traitant leurs études, ils se préparent à sous-traiter leur travail. Les matières littéraires, qui reposent sur l’affinement de la pensée et la rigueur intellectuelle, sont particulièrement vulnérables à cette évolution. Laisser les étudiants sous-traiter leur pensée mettrait fin au rêve humaniste des Lumières. L’émancipation par la connaissance laisserait place à un usage purement utilitariste d’un savoir dispensé par l’algorithme.
Si les universités ne parviennent pas à répondre aux défis que leur pose l’IA, c’est toute la société qui en souffrira. Il serait tout à fait envisageable que, dans un avenir proche, la pensée originale ne joue plus aucun rôle, toute action se réduisant à un choix entre les propositions de la machine. La logique de la machine, collectiviste par nature, l’emporterait sur la singularité humaine qui dépend de sa formation intellectuelle. La généralisation du fonctionnement artificiel aurait alors obtenu ce dont aucun régime totalitaire n’aurait été capable : la dissolution totale de la singularité des individus, désormais incapables de penser en dehors des canaux qui leur sont fournis par la machine.
#webtube : L’OAT à dix ans vient de franchir le seuil des 4 %, une spirale infernale dont l’issue sera très douloureuse. Le taux de rendement exigé par les marchés sur les emprunts d’État à 10 ans (les OAT) vient de passer le seuil des 4 % et s’établit aujourd’hui à 4,10 %. Quant aux taux des obligations à 30 ans, ils montent parallèlement à 4,9 % : rien de nouveau, à ce titre, pour les lecteurs de Boulevard Voltaire, tant cet événement avait été anticipé. Reste à préciser les causes et surtout les conséquences de ce phénomène.
L’envolée des taux a des causes connues
Les épargnants veulent d’abord se couvrir contre l’inflation qu’ils anticipent. Or, la belligérance qui sévit au Proche-Orient est lourde de menaces sur le cours des produits pétroliers, puis, par contagion, sur les produits dérivés et les transports. De plus, les déficits budgétaires persistants accentuent la demande, puisque le secteur public consomme plus qu’il n’encaisse.
Mais c’est la possibilité d’une défaillance qui explique que la prime de risque supportée par le Trésor français soit plus élevée que pour des emprunts similaires émis par les autres pays de la zone euro. En effet, l’objectif affiché pour 2027 (déficit à 4,9 % du PIB) prouve que le gouvernement a abandonné l’objectif des 3 % pour la présente décennie. En clair, il n’est plus question, même avec des mesures drastiques, d’engager notre désendettement avant 2031…
Si nous parvenons jusqu’en 2031 en évitant une défaillance — laquelle semble de plus en plus probable, avec une mise sous la tutelle de la BCE et du FMI —, alors nous serons confrontés à un risque majeur. En effet, au vu de notre dette et de nos déficits persistants, la défiance des marchés va croissante. Or, en matière de crise financière, les anticipations sont souvent « autoréalisatrices » et précipitent une défaillance prévisible à terme.
Des conséquences préoccupantes
Tout d’abord, les intérêts de la dette publique vont continuer à s’envoler. En effet, nous empruntons à huit ans et nous devons aujourd’hui rembourser des emprunts à 0 % en réempruntant à plus de 4 % : la charge budgétaire des intérêts va donc dépasser 100 milliards par an. Et le déficit ne pourra être tenu qu’en restreignant les investissements d’avenir, ou en dégradant les services publics qui n’avaient pourtant pas besoin de ça.
Ensuite et surtout, le taux de l’OAT est un taux directeur : les obligations émises par le secteur privé sont rémunérées par un taux d’intérêt supérieur. En clair, les firmes privées vont devoir emprunter à un coût plus élevé, ce qui nuira à une croissance déjà très anémiée.
À ce stade d’ailleurs, les mêmes phénomènes peuvent être rangés à la fois dans les causes et dans les effets d’une crise de la dette. Parce que nous sommes désormais entrés dans une spirale infernale, dont l’issue sera très douloureuse.
#webtube :À Strasbourg, des drones de trafic de stupéfiants clouent au sol les hélicoptères des secours. À Strasbourg, l’hôpital de Hautepierre est voisin de la Maison d’arrêt d’Elsau. Pas de chance pour les blessés et autres victimes en urgence absolue : le ciel nocturne étant occupé par le trafic des drones vers la prison, les HéliSmur des SAMU 68 et 54, puis les Dragon 67 et 25 de la Sécurité civile ne peuvent plus atteindre le CHU de Hautepierre. Depuis juillet, « les patients les plus gravement blessés doivent être déposés au Nouvel Hôpital civil avant d’être transférés par la route, allongeant le délai de prise en charge », rapportent les DNA.
Les narcos peuvent en remontrer à Bercy
On croyait ce genre d’histoires réservé aux narco-États d’Amérique du Sud. Mais non, c’est juste une nouvelle démonstration du degré de délabrement de la France. Ainsi, dans notre pays où policiers, pompiers, enseignants, et tout ce qui représente une autorité légale ou morale risque sa peau, les secouristes eux-mêmes sont empêchés d’accomplir leur mission.
Dans Strasbourg, ville du Parlement européen, le CHU voisine avec la prison dans le quartier de Hautepierre, l’un de ces QPV (quartiers prioritaires de la politique de la Ville) si bien nommés. Prioritaires pour l’argent que l’État y investit grâce aux impôts payés par Nicolas et prioritaires surtout pour les trafics qui y fleurissent. Si la plupart des jeunes malfrats de nos cités ont été péniblement poursuivis par une scolarité aléatoire jusqu’à 16 ans, ils peuvent souvent en remontrer aux fonctionnaires de Bercy sur le plan de la technologie. À Strasbourg, ils se sont spécialisés dans le pilotage nocturne de drones.
On apprend au détour de cette histoire qu’il existe une tranche horaire durant laquelle sévit la « nuit aéronautique », soit de « trente minutes après le coucher du soleil à trente minutes avant son lever ». En ce moment, à Strasbourg, entre 21h20 et 5h50. C’est dans cette plage horaire que circulent les drones des trafiquants pour effectuer des livraisons aux copains détenus de la maison d’arrêt d’Elsau. En conséquence de quoi Laurent Vialat, le responsable du groupement hélicoptères de la Sécurité civile, explique n’avoir pas eu le choix : « On ne pouvait pas prendre le risque d’un accident aérien, qu’un hélicoptère avec un patient, un médecin et un infirmier à bord percute un drone », dit-il. Il a donc décidé, comme ses confrères du SMUR, de suspendre les atterrissages nocturnes à Hautepierre.
« Il ne faudrait pas que cette audience serve d’exemple »
Le 18 août, quelques jours après que la préfecture a confirmé la chose, deux jeunes gens sont passés en jugement devant le tribunal de Strasbourg. Les agents de la BAC avaient arrêté Dayanne D., 18 ans, et Mohamed O., 19 ans, alors qu’ils étaient en train de charger un drone pour une livraison : « près de 200 g de résine de cannabis, un peu d’herbe, de la cocaïne, des cigarettes, des cartes SIM, de la viande… ». Si le premier a inventé une salade, prétendant qu’il voulait faire une blague sur les réseaux sociaux, le second a préféré se mettre à table : « Mon rôle était d’attacher les colis et de faire décoller le drone. » Un service payé 100 euros, 50 pour le copain qui faisait le guet. Prétextant le jeune âge (sic) de leurs clients, leurs avocats, Mes Flavie Ndocko et Safir Balbzioui, ont clamé leur indignation : « Si les problèmes d’atterrissage des hélicoptères au CHU sont réels, il ne faudrait pas que cette audience serve d’exemple. » Qu’ils se rassurent, les peines prononcées envers ces jeunes gens ne seront pas de nature à les dissuader de bosser dans les nouvelles technologies…
Quand la lâcheté des politiques s’ajoute à l’impuissance
Et maintenant, sachant qu’« en temps normal, l’hélistation de Hautepierre représente environ 80 % de son activité hospitalière à Strasbourg, contre 20 % pour celle du NHC » et que «15 à 20 % des missions sont réalisées de nuit », que fait-on ? Le problème majeur est que « ces appareils ne sont pas déclarés et ne disposent ni de système communicant permettant de les identifier ni d’éclairage, ce qui les rend particulièrement difficiles à détecter la nuit », nous dit-on. Et donc ?
La préfecture du Bas-Rhin, reconnaissant enfin la nature du problème, assure que le dossier « fait l’objet d’une attention particulière ». C’est rassurant. Une réunion s’est tenue le 13 août entre la préfecture, les Hôpitaux universitaires de Strasbourg et le groupement hélicoptères de la Sécurité civile afin de chercher une solution de… repli ! Autrement dit « une zone de pose alternative » : « Il pourrait s’agir par exemple d’un terrain de football situé à proximité de Hautepierre, plutôt au nord afin de s’éloigner du secteur où évoluent les drones ». Si ce n’est pas une capitulation, ça y ressemble fortement.
Eurodéputée du groupe Patriotes pour l’Europe, Virginie Joron est montée au créneau. Dans un communiqué publié sur son compte X, elle écrit : « Nous exigeons le rétablissement immédiat et sécurisé des atterrissages nocturnes à Hautepierre ; des moyens technologiques et humains à la hauteur pour neutraliser ces drones illégaux ; des sanctions exemplaires contre les organisateurs de ces trafics ; une réponse ferme et durable de l’État face à l’emprise des réseaux criminels sur l’espace aérien autour des prisons. » On ne peut que souscrire à sa conclusion : « Il est intolérable que la sécurité des patients les plus graves soit sacrifiée sur l’autel de l’impuissance publique face au trafic de drogue en détention. » Et pourtant…
#webtube : La persistance de l’excision en Afrique fait écho à une réalité française : 139 000 femmes sont concernées. Vous avez peut-être vu passer ces affiches de campagne sur les réseaux sociaux. Réalisées à l’aide de l’intelligence artificielle et ouvertement provocantes, avec le dessin d’un rasoir accompagné des slogans paradoxaux « Oui à l’excision » et « Protégeons les filles », elles font le tour d’Internet ces derniers jours et suscitent les débats qu’elles semblent précisément chercher à provoquer.
Arborant les visages de plusieurs personnalités maliennes, dont certains imams ou se présentant comme « Dr imam », ces posters semblent promouvoir le maintien de la pratique des mutilations génitales féminines au Mali, au nom de la nécessité de « construire l’avenir » des jeunes filles grâce à la « sensibilisation », à « l’éducation » et à « la mobilisation communautaire ». Une pratique qu’il est difficile d’éviter dans ce pays où « décider de s’en défaire peut revenir à s’exiler socialement », explique au Figaro la directrice régionale du Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS), Alissata Ndiaye.
— Collectif des Féministes du Sénégal (@CollFemSn) August 17, 2026
Une campagne en réponse à celle lancée en France ?
Vraie ou fausse campagne en faveur de l’excision ? Accusées par certains sites pro-russes d’être une tentative de déstabilisation du pouvoir malien en place, ces affiches semblent surtout faire écho à une autre campagne, déployée cet été en France par le gouvernement sur un millier d’abribus, pour alerter sur les risques d’excision lors des séjours dans les pays d’origine où cette pratique demeure répandue, notamment pendant les vacances estivales.
« L’excision ne doit jamais faire partie du voyage » : malgré les campagnes de prévention, les vacances au pays restent une menace vitale pour des milliers de jeunes filles. Enquête sur un drame qui ne prend pas de vacances.⬇️ @Valeurshttps://t.co/vxHfcu6w1f
Dans le monde, et majoritairement en Afrique noire, pas moins de 230 millions de femmes sont en effet concernées par les mutilations génitales, selon l’Unicef. Et au Mali, qui ne les interdit toujours pas explicitement malgré des campagnes de prévention, elles seraient 89 % à les avoir subies.
Devant ces publications, les associations féministes africaines se sont vite emparées du sujet pour rappeler les dangers de l’excision, mais, à l’image de la popularité de cette pratique rencontrée dans nombre de pays d’Afrique, certains commentaires publiés sous les affiches donnent un aperçu des mentalités qui ne sont pas prêtes à accepter l’abandon de cette tradition culturelle et religieuse. Sur Facebook et Instagram, plusieurs internautes francophones en prennent ainsi la défense :
« Nous ne sommes pas des Occidentaux mécréants mais plutôt des musulmans avec un esprit, une vision et un regard musulman », rétorque ainsi un utilisateur sur Facebook, qui cite plusieurs fatwas pour appuyer son propos, tandis qu’un autre écrit : « L’excision n’est pas une obligation mais le prophète Muhammed ne l’a pas interdite mais plutôt il a enseigné comment faire pour la femme et cela sera bénéfique pour son mari. » Un troisième fait valoir le poids des traditions et des croyances qui « méritent le respect [car] vis-à-vis de l’excision nous devons respecter ce que dit notre religion et notre coutume tout en respectant la santé de nos filles. » Et un autre y voit « un sujet de déconcentration pour nous faire oublier l’essentiel. »
En France, 139.000 femmes concernées par l’excision
Des réactions qui peuvent sembler éloignées des préoccupations françaises, et pourtant, l’excision est, en France, une réalité en expansion. Près de 139 000 femmes excisées y vivent aujourd’hui, selon le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui mène depuis plusieurs années des campagnes de prévention, notamment avant les départs en vacances.
Un constat qui soulève encore chez les élus des interrogations sur l’efficacité de la lutte menée en France. Dans une question au gouvernement déposée en janvier 2025, le député RN René Lioret alertait déjà sur le peu de moyens consacrés à la prévention et demandait à l’Etat des comptes sur l’inefficacité des poursuites contre les familles soupçonnées de complicité. Ce 19 août, le député UDR Alexandre Allegret-Pilot a d’ailleurs annoncé déposer« une proposition de loi pour que les parents exciseurs ou complices soient IMMÉDIATEMENT déchus de la nationalité françaises et de l’autorité parentale. » En attendant que des décisions politiques efficaces soient prises, le phénomène ne fait que croître. En Île-de-France, il n’y aurait pas moins d’une femme sur dix concernée par l’excision en 2026.
#webtube : Malgré ses milliers d’informaticiens, le fisc vient de subir plusieurs intrusions en quelques semaines. Cinq mille quatre-vingt-un. C’est le nombre d’agents des équipes informatiques de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Pour mesurer cette force de frappe, un comparatif suffit : Spotify comptait 7.323 salariés dans le monde, fin 2025. L’informatique du fisc équivaut donc à près de 70 % des effectifs mondiaux du géant du streaming. Et pourtant, les hackers sont entrés. Après le vol de données fiscales concernant plusieurs centaines de milliers de personnes, la DGFiP a reconnu deux autres intrusions visant ses fichiers cadastraux et le portail des successions vacantes. Le nombre de comptes cadastraux concernés atteint désormais 1,8 million.
Un pirate informatique a revendiqué le 12 août une offensive menée en deux temps, en juin et en juillet, contre la DGFiP
L’administration avait détecté la compromission d’un compte mais pas d’extraction de données
La DGFiP n’est plus seulement l’administration qui collecte l’impôt. Son système d’information concentre revenus, coordonnées, informations fiscales et patrimoniales, mais aussi données cadastrales et successorales. Cette concentration en fait une cible de choix. Et Bercy n’est pas seul : France Travail, l’ANTS et l’Éducation nationale ont elles aussi connu d’importantes « compromissions » – on nomme ainsi, en informatique, les fuites de données et les piratages. En 2025, la CNIL a reçu 6.167 notifications de violations de données personnelles, dont la moitié résultaient d’un piratage.
Pour Maël Camerlynck, ingénieur en IA et conseiller municipal Debout la France de Roubaix interrogé par BV, le problème tient aussi à la priorité accordée à la cybersécurité : « En matière de cybersécurité, cela n’a, selon moi, pas été pris au sérieux. Ce n’était pas un axe de priorité, et on le voit aujourd’hui. »
Le hacker met en cause la sécurité de la DGFiP
Interrogé par BFM TV, le hacker ayant revendiqué l’attaque a affirmé que le site de la DGFiP était mal sécurisé. Une accusation qui devra être confrontée aux constatations techniques de l’administration et des experts. Car les 5.081 informaticiens du fisc ne sont évidemment pas tous des spécialistes de la cybersécurité.
"Leur service était mal sécurisé, c'est tout": les hackers ZeroBytes justifient leurs cyberattaques contre le fisc et l'Éducation nationale auprès de BFMTV pic.twitter.com/FR8PGQJkfG
L’enjeu ne réside pas seulement dans le vol d’un fichier mais dans la possibilité de croiser les informations dérobées. « L’intérêt des hackers, c’est de faire correspondre toutes ces données-là, de les « merger » [croiser, NDLR] […] Vous vous retrouvez alors avec un individu dont vous connaissez quasiment toute la vie », explique Maël Camerlynck. Une donnée fiscale prend une autre valeur lorsqu’elle est rapprochée d’une adresse, d’un bien immobilier ou d’une information issue d’une autre base.
Macron voulait un « État plate-forme »
Cette concentration des données renvoie à la transformation numérique voulue par Emmanuel Macron. En juin 2017, lors de VivaTech, le Président déclarait : « Nous devons construire un État plate-forme », avec l’ambition de « numériser l’ensemble des procédures » de l’État d’ici 2022. Neuf ans plus tard, la promesse est largement devenue réalité. Impôts, cadastre, comptes bancaires, successions, emploi, éducation : l’administration concentre désormais des quantités considérables de données numériques.
La question n’est donc pas de contester la numérisation mais de savoir si leur protection a progressé au même rythme. Plus l’État devient une plate-forme, plus sa sécurité devient une question régalienne.
Qui paie lorsque l’État perd nos données ?
Le problème devient aussi juridique. Les Français ne choisissent pas toujours de transmettre leurs informations à l’administration : pour déclarer leurs revenus ou leur patrimoine, ils y sont contraints.
Le RGPD prévoit qu’une violation présentant un risque doit être notifiée à la CNIL dans les meilleurs délais et, si possible, dans les 72 heures après que le responsable du traitement en a connaissance. Il faudra donc connaître les dates de découverte des intrusions et de leur notification au régulateur. Au-delà de cette obligation, une question demeure : que doit l’État aux citoyens lorsqu’il leur demande de confier toujours davantage de données à ses serveurs ? Maël Camerlynck avance une piste : « On a des audits réguliers à effectuer dans toutes les administrations, dans tous les ministères. »
Macron voulait un « État plate-forme ». Il l’a obtenu. Reste désormais à savoir si la France saura construire un État coffre-fort. Lorsque l’État connaît nos revenus, notre patrimoine et une part croissante de notre vie administrative, leur protection n’est plus une simple affaire informatique. Elle devient une question de souveraineté.
#webtube :C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. Dans sa guerre obstinée contre les réseaux sociaux et sa traque permanente de la pensée dissidente, Bruxelles vient de se faire piéger par Elon Musk de façon magistrale.
Avec ses nouvelles lois sur le numérique, la Commission européenne exige une transparence totale de la part du réseau social X, lequel appartient au milliardaire américain et devient la bête noire des gardiens du temple de la pensée unique.
Une exigence de transparence qui concerne principalement la modération des contenus et les interventions extérieures sur le réseau.
Après un bras de fer qui a duré 4 ans et une amende de 120 millions d’euros infligée à X, l’UE a fini par obtenir gain de cause, du moins en apparence.
Elon Musk a bien accepté de se plier aux exigences de clarté exprimées par Bruxelles, mais à ses propres conditions, lesquelles étalent au grand jour la censure exercée par la Commission et tous les ennemis de la liberté d’expression. Un véritable piège pour Bruxelles.
Au lieu de simplement modifier ses algorithmes en secret, Elon Musk a décidé de rendre publique l’intégralité des demandes de censure émises par les gouvernements. X affiche désormais ouvertement et en détail quels États, ministères ou institutions publiques demandent la suppression de certains comptes ou de messages spécifiques.
C’est la censure d’Etat que Musk veut exposer au grand jour.
Quand une autorité étatique interviendra pour faire supprimer des contenus politiques ou des opinions qui dérangent parues sur X, Musk affichera l’origine de cette demande. La transparence, oui, mais pas uniquement à sens unique.
Musk renforce ainsi sa posture de défenseur de la liberté d’expression, tandis que la Commission endosse l’habit du vilain censeur qui contrôle l’information.
Et Musk a publié sur X :
« Toute censure imposée par les gouvernements est désormais clairement visible. »
En clair : « Si un gouvernement demande à une plate-forme de retirer ou de limiter un contenu, l’utilisateur doit pouvoir savoir qui est à l’origine de cette demande. »
Dorénavant, les citoyens peuvent regarder ce que fait X, mais aussi ce que les autorités demandent à X de faire.
« Les chiffres permettent de mesurer l’enjeu. Dans son rapport de transparence 2025, X indique avoir reçu 97.006 demandes gouvernementales de retrait de contenus dans le monde, dont 3.831 provenant de l’Union européenne. La plate-forme affirme avoir donné suite à 3.464 demandes européennes, soit 90,42 %. L’UE a également adressé 8.730 demandes d’informations concernant des comptes, dont 4.106 ont abouti à une transmission d’informations. »
Tout cela en dit long sur la fragilité de nos libertés, à commencer par la liberté d’expression ou d’opinion. Sous couvert de protection de la démocratie ou de lutte contre les ingérences étrangères, les lois liberticides s’enchainent pour museler la parole dissidente ou traquer les opinions rebelles.
Quand le combat contre la désinformation et la fraude devient prétexte à une dérive inquisitoire pour taire les vérités qui dérangent, cela s’appelle une dictature de la pensée. Ce n’est pas exactement ce que nous promettaient les pères de l’Europe, quand ils nous vantaient les bienfaits de l’Union.
Voici un tableau qui résume l’abîme qui sépare l’Europe des Etats-Unis en matière de liberté de parole.
Critère
Modèle des États-Unis
Modèle de l’Union européenne
Principe fondateur
Liberté quasi-absolue (Premier Amendement). L’État ne peut presque jamais restreindre la parole.
Liberté réglementée. La liberté d’expression est un droit fondamental, mais elle comporte des devoirs.
Rôle de l’État
Neutre. Le gouvernement n’a pas à décider ce qui est moral ou acceptable.
Protecteur. L’État intervient pour protéger les citoyens contre les dérives verbales.
Discours de haine
Légal. Les propos racistes, antisémites ou haineux sont protégés tant qu’ils n’appellent pas à une violence imminente.
Illégal. Les incitations à la haine, le négationnisme et la diffamation envers des groupes sont pénalisés.
Régulation du Net
Historiquement minimale. Les plateformes modèrent selon leurs propres règles (entreprises privées).
Stricte. Des lois comme le Digital Services Act (DSA) obligent les plateformes à retirer les contenus illégaux.
Objectif ultime
Favoriser un « marché des idées » où les mauvaises idées sont contredites par les bonnes.
Préserver la paix sociale, la dignité humaine et éviter la tyrannie de la majorité.
#webtube : Nicolas Altmayer et Mathilde Favier : Producteur de renom et directrice des relations publiques chez Dior, tués par un poids lourd ayant fait une embardée – Marseille : un Youtubeur allemand agressé à son 1er jour sur place, à peine sorti de son logement – Montpellier (34) : en pleine nuit, deux Marocains sous OQTF enchaînent vols et tentative d’arrachage de chaîne – Longtemps cantonné à Paris, le crack se répand à travers le pays : élus, associations et travailleurs sociaux tirent la sonnette d’alarme – Marseille (13) : Un Syrien multirécidiviste et un Algérien condamnés après avoir détroussé des voyageurs dans un TER – Le Puy-en-Velay (43) : Après un violent refus d’obtempérer ayant blessé une policière, un homme de 44 ans arrêté à l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour l’Algérie – Ceuta (Espagne) : Pedro Sánchez prépare le transfert urgent de 500 fillettes migrantes de Ceuta vers la péninsule, malgré le soutien de Bruxelles à leur retour au Maroc – Vaugneray (69) : une nouvelle caserne de pompiers cambriolée, du matériel de désincarcération coûteux volé
Cahors (46) : Sorti de prison quatre mois plus tôt, un Algérien condamné à 10 mois ferme, et une ITF de 10 ans, pour le vol de 192 caleçons chez Kiabi ; trafic de stupéfiants, vol avec violence et violences sur sa compagne enceinte à son casier
Nicolas Altmayer et Mathilde Favier : Producteur de renom et directrice des relations publiques chez Dior, tués par un poids lourd ayant fait une embardée ; le routier, Indien employé d’une société de transport lituanienne, présenté à la justice
Marseille : un Youtubeur allemand agressé à son 1er jour sur place, à peine sorti de son logement : « grave problème de déchets ici, mais la propriétaire a dit que le quartier n’était pas dangereux »
Montpellier (34) : en pleine nuit, deux Marocains sous OQTF enchaînent vols et tentative d’arrachage de chaîne. Libérés, ils comparaîtront devant la justice le 4 février 2027
Longtemps cantonné à Paris, le crack se répand à travers le pays : élus, associations et travailleurs sociaux tirent la sonnette d’alarme
« « Sans nous, les Africains, aucune musique ne serait possible sur cette planète » affirme la Franco-béninoise Angélique Kidjo, première artiste noire africaine à recevoir une étoile sur le Walk of Fame (Los Angeles) »
Marseille (13) : Un Syrien multirécidiviste et un Algérien condamnés après avoir détroussé des voyageurs dans un TER ; le premier avait également harcelé des jeunes femmes avec des propositions sexuelles crues
Le Puy-en-Velay (43) : Après un violent refus d’obtempérer ayant blessé une policière, un homme de 44 ans arrêté à l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry alors qu’il s’apprêtait à s’envoler pour l’Algérie
Ceuta (Espagne) : Pedro Sánchez prépare le transfert urgent de 500 fillettes migrantes de Ceuta vers la péninsule, malgré le soutien de Bruxelles à leur retour au Maroc
Vaugneray (69) : une nouvelle caserne de pompiers cambriolée, du matériel de désincarcération coûteux volé. Les patrouilles aux abords des centres de secours du Rhône ont été renforcées