#webtube : S’il y a bien un morceau qui incarne à lui seul l’âme de la valse musette et le charme des bals parisiens, c’est « Indifférence ». Aujourd’hui, zoom sur l’interprétation magistrale d’Éric Bouvelle et son orchestre, qui redonne à ce chef-d’œuvre de Tony Murena et Joseph Colombo toutes ses lettres de noblesse.Une virtuosité étincelante : Éric Bouvelle survole le clavier avec une précision chirurgicale et une fluidité déconcertante. Les triples croches défilent, mais le jeu reste d’une légèreté absolue. Un shot de nostalgie joyeuse : Dès les premières notes, on est transporté sur les bords de Marne, dans une guinguette rétro, un verre de blanc limé à la main. Composé dans les années 1940, « Indifférence » est devenu le véritable « mètre étalon » pour tous les accordéonistes.
#webtube : If there is one piece that single-handedly embodies the soul of the « valse musette » and the charm of Parisian dance halls, it is « Indifférence. » Today, we spotlight the masterful rendition by Éric Bouvelle and his orchestra, which restores this masterpiece by Tony Murena and Joseph Colombo to its full glory. Dazzling virtuosity: Éric Bouvelle flies across the keyboard with surgical precision and astonishing fluidity. The thirty-second notes cascade by, yet his playing retains an absolute lightness. A shot of joyful nostalgia: From the very first notes, one is transported to the banks of the Marne—to a retro open-air café—with a glass of « blanc limé » in hand. Composed in the 1940s, « Indifférence » has become the true benchmark for all accordionists.
#webtube : Combien de temps encore pourra-t-on débattre de « l’immigration de travail » sans données précises par nationalité ? L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID), fondé par Nicolas Pouvreau-Monti, vient de combler ce vide statistique avec une note publiée le 9 juillet, fondée sur les micro-données du recensement Insee de 2022. Premier constat, déjà connu mais désormais quantifié avec précision : les personnes nées étrangères occupent en moyenne un emploi moins souvent que les Français de naissance, et l’écart est bien plus large que ne le laisse penser la méthode de calcul habituelle de l’Insee.
Un écart deux fois plus important que ce que montre l’Insee
L’Insee calcule traditionnellement le taux d’emploi sur l’ensemble des 15-64 ans, étudiants et retraités compris, ce qui a pour effet de lisser les différences réelles. En excluant ces deux catégories censées ne pas travailler, l’OID obtient un tableau bien plus contrasté : l’écart entre Français de naissance et personnes nées au Maghreb passe ainsi de 11 points selon la méthode classique à 21 points selon ce calcul affiné, soit quasiment le double.
Un classement inédit, des Portugais en tête
Pour la première fois, l’étude propose un classement détaillé par nationalité de naissance. Les Portugais arrivent en tête avec un taux d’emploi de 81,7 %, devançant même les Français de naissance (79,6 %). Le reste du haut du classement est occupé presque exclusivement par des nationalités d’Europe de l’Ouest — Suisses, Allemands, Britanniques, Canadiens — à l’exception notable des Libanais, dixièmes. À l’autre extrémité, les Comoriens (50,8 %), les Haïtiens (51,5 %) et les Pakistanais (51,8 %) affichent les taux les plus faibles, loin derrière les natifs d’Algérie, de Turquie ou du Maroc, également mal classés.
Cet écart se vérifie à tous les âges de la vie active. Entre 25 et 54 ans, période de plein emploi théorique, l’écart avec les Français de naissance atteint environ 20 points pour les natifs du Maghreb et grimpe jusqu’à 25 points pour les natifs de Turquie. Seules les nationalités d’Europe du Sud — Italie, Espagne, Portugal — suivent une trajectoire quasi identique à celle des Français de naissance.
Le diplôme ne gomme pas les écarts
L’étude bat en brèche l’idée selon laquelle un niveau de qualification élevé suffirait à effacer ces différences. À diplôme équivalent, les écarts persistent, et parfois s’aggravent : les personnes nées en Afrique et titulaires d’un bac+5 affichent un taux d’emploi de 81 %, inférieur de 10 points à celui des Français de naissance ayant le même diplôme — et même inférieur à celui des Français de naissance n’ayant qu’un simple baccalauréat (82 %). Cette inadéquation se retrouve dans la nature des postes occupés : parmi les diplômés de bac+5, 65 % des Français de naissance sont cadres, contre seulement 48 % des personnes nées d’une nationalité subsaharienne. L’OID évoque plusieurs pistes explicatives, dont la reconnaissance imparfaite des diplômes étrangers et des résultats plus faibles aux tests internationaux de compétences de l’OCDE.
Un écart marqué entre hommes et femmes selon les nationalités
L’étude relève aussi une disparité entre les sexes particulièrement forte pour certaines origines. Si l’écart de taux d’emploi entre hommes et femmes reste limité chez les Français de naissance au pic de la vie active, il devient considérable pour d’autres nationalités : à quarante ans, plus de 40 points séparent le taux d’emploi des femmes nées françaises de celui des femmes nées turques, et 27 points pour les femmes originaires du Maghreb par rapport aux hommes de même origine. L’OID attribue ce phénomène à des facteurs culturels se traduisant par un fort taux de femmes au foyer dans certaines populations.
L’étude note enfin qu’une naturalisation ne comble pas entièrement l’écart pour les nationalités extra-européennes : marginal chez les personnes d’origine européenne naturalisées (2 à 5 points), l’écart avec les Français de naissance dépasse parfois 15 points chez les extra-Européens, même après acquisition de la nationalité française.
Le mirage des métiers en tension vu depuis Paris
Dernier volet de l’étude : la contribution réelle de l’immigration aux secteurs en pénurie de main-d’œuvre, souvent invoquée pour justifier le recours à l’immigration de travail. L’OID met en évidence un déséquilibre géographique majeur entre l’Île-de-France et le reste du pays. En région parisienne, 66 % des employés de restauration sont nés étrangers, contre seulement 21 % ailleurs en France ; même écart pour les ouvriers non qualifiés du second œuvre du bâtiment, à 59 % en Île-de-France contre 19 % dans le reste du pays. L’Observatoire y voit une explication au regard souvent déformé porté sur le sujet par des responsables politiques et des journalistes concentrés dans la capitale, alors que la majorité des salariés de ces métiers, à l’échelle nationale, demeurent des Français de naissance.
#webtube : Dix ans après l’attentat de Nice, Virginie Leclercq raconte à BV l’épreuve et la reconstruction des siens. Virginie Leclercq est l’une des survivantes de l’attentat survenu à Nice le 14 juillet 2016. Ce jour-là, elle et ses trois enfants échappent au pire. Alors qu’un terroriste islamiste fonce sur la foule déambulant le long de la promenade des Anglais, son fils, Luca, est traîné par le camion meurtrier et grièvement blessé.
A l’occasion de la parution de son livre Parole de maman, parole de femme (Éditions Vérone), Virginie Leclercq se confie pour la première fois face caméra. Elle évoque pour Boulevard Voltaire le traumatisme, la solitude, l’abandon des institutions, mais aussi les difficultés qu’elle et sa famille ont traversées pour se reconstruire.
#webtube : Présenté en mars par le gouvernement suédois, ce projet de loi a été approuvé en juin par le Parlement. Le gouvernement suédois serre de nouveau la vis pour les migrants. Dimanche 12 juillet, une loi visant à expulser des migrants ne menant pas une « vie honnête » a été instaurée. Présentée le 24 mars dernier, elle a été adoptée le 9 juin par le Parlement. Cette loi illustre la volonté du pays de durcir sa politique migratoire en facilitant le retrait des titres de séjour des migrants.
Un retrait possible des titres de séjour
Au moment de l’introduction du texte, le ministre de la Migration, Johan Forssell, avait déclaré : « Le respect des lois et des règles va de soi, mais il doit également aller de soi que nous faisons de notre mieux pour vivre de manière responsable et ne pas nuire à notre pays. » Avant d’ajouter : « Si, par exemple, vous ne payez pas vos dettes, si vous ne vous conformez pas aux décisions des autorités suédoises, si vous abusez du système d’allocations, si vous obtenez un permis de séjour suédois par des moyens frauduleux… alors, vous n’avez pas le droit d’être ici. »
Cette nouvelle loi porte ainsi l’ambition de durcir la politique migratoire suédoise en établissant une liste d’exemples, comme le non-paiement de ses amendes ou de ses impôts. Les titres de séjour pourront également être retirés si les demandeurs d’asile ont menti dans leur dossier ou sont tout simplement considérés comme une menace par les autorités du pays. « Les déclarations, c’est-à-dire ce qu’une personne dit ou exprime, ne doivent pas en elles-mêmes être considérées comme une preuve d’un manque d’honnêteté, mais elles peuvent être un indice, par exemple, de liens avec l’extrémisme violent, ce qui peut alors être un signe de défaut de moralité », a précisé Ludvig Aspling, porte-parole en matière de politique migratoire du parti anti-immigration Démocrates de Suède, interrogé sur le sujet.
Une loi qui s’inscrit dans un tournant pour le pays
Cette loi vise également à supprimer les permis de séjour permanent. Les migrants ayant obtenu le statut de réfugié ou la protection subsidiaire en Suède ne peuvent désormais plus demander un titre de séjour pour résidence permanente. Cette mesure devrait aussi s’appliquer aux personnes arrivées via le mécanisme de réinstallation du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).
Arrivé au pouvoir en 2022, le gouvernement de droite nationaliste a déjà présenté plusieurs réformes visant à durcir l’accès à la citoyenneté, notamment avec l’instauration de tests de langue obligatoires, une exigence de revenus minimums, des examens de culture et, enfin, une aide au retour pouvant aller jusqu’à 20.000 couronnes suédoises. Le but du gouvernement est de faire adopter cette série de réformes avant les élections législatives de septembre.
#webtube :Le rapport du Sénat sur la “régulation de l’information dans l’espace numérique” vient de sortir.Ses 56 recommandations ne visent pas seulement à sanctionner les contenus illégaux : elles proposent aussi de définir la “désinformation”, d’invisibiliser certains utilisateurs, d’orienter les algorithmes et de favoriser les médias considérés comme fiables ou d’intérêt général.
Le danger est là : l’État ne se contenterait plus de faire respecter la loi, il participerait directement à l’organisation de ce que les citoyens peuvent voir, entendre et financer. Sous couvert de protéger le débat démocratique, ce dispositif pourrait devenir une véritable police politique de la visibilité.
1. Faire « invisibiliser » des utilisateurs avant les élections. Un nouvel observatoire de la désinformation pourrait demander aux plateformes de modifier leurs algorithmes ou de réduire la visibilité d’un utilisateur considéré comme fautif.
2. Suspendre des algorithmes pendant une campagne électorale. Le rapport envisage d’imposer aux plateformes des retraits plus stricts, voire la suspension temporaire de leurs systèmes de recommandation.
3. Faire définir officiellement la « désinformation » par le droit européen. Elle serait ensuite classée selon des niveaux de risque, faible, élevé ou « inacceptable », avec des catégories particulières pour le climat, la santé ou d’autres sujets sensibles.
4. Donner à des associations le pouvoir de poursuivre pour « fausse nouvelle ». Certaines associations déclarées depuis cinq ans pourraient se constituer partie civile, au risque de multiplier les procédures militantes contre des médias ou des particuliers.
5. Créer des délits de diffamation ou d’injure « non intentionnelles » liés à l’IA. Une personne ou une entreprise pourrait être sanctionnée lorsqu’un système d’IA produit un contenu diffamatoire, injurieux ou discriminatoire à la suite d’une simple négligence.
6. Faire des fournisseurs d’IA des éditeurs responsables. Ils seraient juridiquement responsables de la manière dont leurs algorithmes sélectionnent, organisent et produisent l’information.
7. Faire choisir par les pouvoirs publics les médias que les plateformes doivent promouvoir. YouTube, TikTok ou Instagram devraient paramétrer leurs algorithmes pour mettre en avant des « services d’intérêt général » désignés par les autorités.
8. Étendre ce privilège à certains influenceurs sélectionnés. Des créateurs d’information pourraient être reconnus comme services d’intérêt général, promus par les algorithmes et financés par de l’argent public.
9. Réguler les gros influenceurs comme des chaînes de télévision. Dès qu’un programme aurait une forte audience et présenterait des « risques sérieux », l’Arcom pourrait intervenir directement. Cette notion est suffisamment vague pour permettre une régulation politique très large.
10. Conditionner la reconnaissance officielle de la presse à des critères déontologiques. La CPPAP pourrait exiger une proportion minimale de journalistes professionnels, l’adhésion à certaines chartes et consulter des associations de déontologie avant d’accorder ou de retirer un agrément.
11. Retirer l’agrément aux médias utilisant trop d’intelligence artificielle. Le rapport propose de sanctionner une utilisation « disproportionnée » de l’IA, sans fixer clairement à partir de quel seuil elle le deviendrait.
12. Utiliser la publicité comme instrument de sélection idéologique. Les achats publicitaires publics devraient exclure les sites qualifiés de désinformation. Le rapport envisage même, si les incitations ne suffisent pas, d’obliger les annonceurs à investir davantage dans les médias d’information reconnus.
13. Financer la presse avec les amendes infligées par ses régulateurs. Un compte spécial alimenté par les sanctions de la CNIL et de l’Arcom servirait à subventionner les médias. Les autorités qui sanctionnent contribueraient ainsi directement au financement des acteurs qu’elles jugent utiles.
Pris séparément, certains dispositifs peuvent sembler techniques. Mis bout à bout, ils dessinent un système dans lequel les pouvoirs publics pourraient définir la bonne information, choisir les médias à promouvoir, réduire la visibilité des autres et orienter les financements publicitaires. Le véritable danger est moins une censure brutale qu’une administration politique de la visibilité.
#webtube : Louis, 24 ans, affirme avoir été violemment agressé à Lille lors de la Fête de la musique par six individus qu’il décrit comme étant de type maghrébin. Selon son témoignage, recoupé avec les éléments de sa plainte, les agresseurs auraient notamment proféré des insultes et des menaces à caractère antiblanc.
Le jeune homme explique que l’agression aurait commencé lorsqu’un individu lui a tapé sur l’épaule avant de prétendre qu’il avait été bousculé. Louis assure ne pas avoir eu le temps de s’excuser avant de recevoir un premier coup. Un deuxième individu l’aurait ensuite saisi par le cou et jeté au sol.
« On va te tuer, sale Blanc, tu vas voir ce qu’on fait aux babtous », lui auraient déclaré ses agresseurs, selon son récit. Louis affirme avoir ensuite reçu plusieurs coups de pied à la tête avant de perdre connaissance.
L’agression lui a causé une fracture de l’orbite et une fracture du nez. Louis a déposé plainte dès le lendemain. Une témoin lui a laissé ses coordonnées, mais le jeune homme indique ne toujours avoir reçu aucune nouvelle de l’enquête.
Louis a 24 ans.
Il a été agressé à Lille lors de la fête de la musique par 6 individus de type maghrébin, aux cris de « sale blanc ».
Résultat : fracture de l’orbite et fracture du nez.
Louis m’a racontée ceci et j’ai pu croiser avec sa plainte : « cette agression était… pic.twitter.com/h6nFtXBG8J
#webtube : L’ado a trois fractures, 10 semaines d’ITT, traumatisé il ne sort plus… Sur une feuille de papier, Cédric (tous les prénoms ont été modifiés) a couché un itinéraire précis. Point de départ, parcours, arrivée : tout est rigoureusement fléché. En plein milieu du cheminement, il y a un square et un point noir. Voilà le discret square Emmanuel-Fleury, entre le boulevard Mortier et le périph, dans le XXe arrondissement de Paris. « C’est là qu’ils l’ont isolé et frappé. Enfin, lynché, si on veut être précis », pose Cédric.
L’homme parle de ce jour du 5 juillet où son fils de 14 ans, Matteo, a croisé la route d’une douzaine de jeunes plus âgés que lui. S’est ensuivi un déluge de coups ultra-violents, « tous à la tête », qui ont laissé l’adolescent sérieusement blessé, hagard. Matteo ne sort plus de chez lui depuis, entre mâchoire fracturée et peur au ventre. (…)
Ce dimanche 5 juillet, l’ado vient de quitter un copain du quartier et rentre chez lui. Selon son récit, Matteo, alors sur le boulevard Mortier, sent quelqu’un lui taper la nuque, par-derrière. Il se retourne : une douzaine de garçons, un peu plus âgés que lui, l’air menaçant. Matteo comprend vite. Son père : « Ils lui ont ordonné de les suivre dans le square. » (…)
« Ils ont frappé tellement fort qu’à l’hôpital, le médecin a remarqué qu’il avait la marque d’une chaussure sur le visage », grimace, horrifiée, la mère de la victime.
La bande en a-t-elle après son portefeuille ? Son téléphone ? Rien de tout ça, semble-t-il, puisque tout lui a été rendu. L’ado semble avoir été « gratuitement » lynché, sans raison évidente, en pleine journée ou presque : il était environ 18h30, le soleil était encore haut dans le ciel parisien.
Alors que la bande est partie prestement, Matteo déambule comme un zombie vers son domicile. Les blessures sont telles qu’il doit s’arrêter sur un banc. Un badaud le croise dans un triste état et appelle les pompiers. (…)
Hématomes, ecchymoses, mais surtout trois fractures, dont deux à la mâchoire, sont mis en exergue. Le médecin délivre à Matteo une ITT (incapacité totale de travail) de six semaines, de quoi mesurer l’ampleur des violences subies. (…)
« Il ne parle quasiment pas depuis une semaine, développe sa mère. Il reste à la maison et refuse de sortir. On sent un gros traumatisme, qu’il garde au fond de lui. C’est très dur. »
C’est pour « se faire entendre » que ses parents ont décidé de s’exprimer. Avec, à l’esprit, les autres agressions mortelles survenues dans la capitale, dont celle d’Elias, en 2025 dans le XIVe arrondissement, tué pour son téléphone portable. Un garçon qui avait le même âge que Matteo. (…)
#webtube : Parmi les milliers de livres invisibles que charrie chaque année l’océan de l’autoédition, certains méritent de trouver leur lecteur. C’est le cas de « 1 + 1 = 1 », étrange objet littéraire signé Fred-Achille Viguier. Entre dystopie, satire et fable, ce livre inclassable raconte l’effondrement de notre monde moderne avec une verve et un humour noir qui méritent l’attention.
Nous, éditeurs, petits ou grands, on reçoit beaucoup de bouteilles à la mer, manuscrits dérivants, romans en quête de port d’attache, autofictions fantômes… Il y a de tout dans cette mer de papier. Pourquoi en ouvre-t-on certains plutôt que d’autres ? Nul ne le sait. La providence des bons auteurs ? Peut-être. Les ouvrir tous est impossible à moins d’avoir dix vies de lecture devant soi. Parfois, ces livres nous tombent dessus comme la bouteille de Coca-Cola dans Les Dieux sont tombés sur la tête.
1 + 1 = 1 est sûrement de cette famille, une bouteille de Coca qui ne paie pas de mine, échouée sur les rivages d’Amazon. Le géant américain a mis à la portée de tout un chacun de pouvoir s’auto-éditer, confortant au passage notre fétichisme du livre à une époque où de moins en moins de gens lisent. Amazon a beau couvrir la terre entière comme les satellites de Starlink, les livres auto-édités qui transitent par la plateforme américaine demeurent pour la plupart invisibles au commun des mortels. Avec son titre évoquant une tête à Toto à multiple 1, le livre de Fred-Achille Viguier n’a sans doute guère franchi le cercle étroit des connaissances proches de l’auteur. D’ailleurs il est pour ainsi dire introuvable, même sur Amazon.
C’est dommage. Il y a un style et on sait, depuis Buffon au moins, que l’homme, c’est le style. Celui de Fred-Achille Viguier est musical et psychédélique. Son livre enchâsse les récits : le Covid, une vie de Jésus à la première personne, la fin du monde, la théorie de l’évolution. Un produit hybride qui retrace notre apocalypse molle, dérisoire, loufoque et risible. Il s’ouvre d’ailleurs sur une scène qui résume à elle seule le coronavirus : une bataille rangée dans une épicerie de Sydney pour l’acquisition du dernier paquet de papier hygiénique disponible. Toute notre civilisation tient dans cette image. Rome est en train de brûler, mais nous nous battons pour du PQ triple épaisseur.
L’histoire ? En 2023, Emmanuel Macron est assassiné par Alice Coffin qui mène une révolution ethno-woko-LGBT avec Sandrine Rousseau. La France se désagrège, la Seine-Saint-Denis devient un califat et le monde entier entre dans une phase de convulsions apocalyptiques. Elon Musk envoie une colonie sur la Lune qui disparaît à son tour. Puis vient l’apocalypse thermonucléaire. Réduite à une poignée de survivants, l’humanité retourne à son destin mammifère et troglodytique, rejoignant les intuitions d’un Richard Duncan et de sa théorie d’Olduvaï, selon laquelle la civilisation industrielle ne serait qu’une parenthèse de quelques générations dans l’histoire humaine. Ou comme le dit le Terminator, cité par l’auteur : « It’s in your nature to destroy yourselves. »
Mais ce n’est pas cette dystopie qui fait le sel du livre. Ce n’est pas davantage le nazisme mis à toutes les sauces, comme une sorte d’exhausteur de dégoût universel. Non, ce qui retient l’attention, c’est ce ton, un mélange de gonzo, de pop culture et de délire psychédélique désenchanté. Quelque chose qui évoque à la fois Jean Baudrillard et J.G. Ballard. C’est parfois inégal, mais jamais ennuyeux.
#webtube : L’immigration massive, longtemps présentée comme une réponse quasi automatique au vieillissement démographique et aux pénuries de main-d’œuvre, fait l’objet d’une remise en cause croissante jusque dans les colonnes du Financial Times. Oren Cass, économiste en chef du think tank American Compass, y estime que la profession a trop longtemps minimisé les effets de l’immigration sur les salaires, la qualité de l’emploi, le logement et les services publics.
Un basculement politique autant qu’économique
Selon Oren Cass, le changement de ton ne serait pas seulement académique. Aux États-Unis comme en Europe, les partis de centre gauche découvriraient que l’immigration incontrôlée menace directement leurs perspectives électorales, ce qui accompagnerait un retournement progressif du débat économique. Des économistes des Réserves fédérales de Dallas et de San Francisco ont ainsi attribué 30% de la hausse rapide des prix du logement aux États-Unis entre 2021 et 2024 à l’augmentation de l’immigration illégale.
Le référendum suisse de juin sur le plafonnement de la population aurait relancé la discussion en Europe. Le professeur d’économie Alan Manning y a défendu l’idée que l’immigration ne constitue pas une solution au vieillissement de la population et que les dépenses qu’elle entraîne peuvent peser sur la productivité. Un dirigeant d’entreprise suisse est allé jusqu’à qualifier le recours à l’immigration pour combler les pénuries de main-d’œuvre de solution de facilité.
Une main-d’œuvre abondante qui découragerait l’investissement
L’argument central d’Oren Cass porte sur les effets d’une offre de travail abondante et bon marché : lorsque les employeurs savent pouvoir recruter continuellement des travailleurs facilement exploitables, ils auraient moins intérêt à améliorer les postes, à réorganiser leur activité ou à investir dans la productivité. Pour lui, un emploi que les travailleurs nationaux refusent n’existerait souvent que parce que les entreprises savent pouvoir trouver quelqu’un d’autre pour l’accepter.
Ce que dit la recherche sur la baisse de la natalité
Une étude de Daron Acemoglu — Prix Nobel d’économie 2024 —, David Autor, Keelan Beirne et Andrew Scott vient nourrir ce débat sous un angle différent : les chercheurs, qui étudient les conséquences de la baisse de la natalité plutôt que celles de l’immigration elle-même, constatent que la diminution du nombre de travailleurs disponibles n’a pas produit la stagnation économique attendue. Ils l’expliquent par une réponse technologique endogène à la raréfaction des jeunes travailleurs : le manque de main-d’œuvre pousserait les entreprises à investir, automatiser et innover, ce qui préserverait l’activité tout en soutenant productivité et salaires.
Un parallèle avec le débat sur le libre-échange
Oren Cass reconnaît que ces résultats méritent d’être approfondis, mais estime qu’ils déplacent le point de départ du débat : l’idée selon laquelle l’immigration massive résoudrait la pénurie de logements en fournissant davantage d’ouvriers du bâtiment lui paraît désormais moins solide. Il invite les économistes qui défendaient encore en 2017 l’apport de jeunes travailleurs immigrés pour compenser les départs à la retraite des baby-boomers à produire des preuves concrètes.
L’auteur établit un parallèle avec le consensus qui entourait autrefois l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce, présentée en 2000 comme unanimement bénéfique par les économistes — un jugement largement remis en cause depuis, Paul Krugman ayant lui-même reconnu s’être trompé sur les bienfaits automatiques du libre-échange. Pour Oren Cass, le débat sur l’immigration n’en serait qu’à ses débuts, comparable à celui sur le « choc chinois » au milieu des années 2010, et les prochaines années pourraient s’annoncer difficiles pour les défenseurs de l’immigration massive comme évidence économique.