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#webtube : L’avantage de ne pas être CNews, c’est que l’on peut faire n’importe quoi, l’Arcom s’en fiche comme d’une guigne. Imagine-t-on un instant le tollé si CNews avait comparé un signe religieux islamique à un attribut du IIIe Reich… C’est pourtant dans la plus totale indifférence qu’une autre chaîne – M6, en l’occurrence – a fait sans complexe le parallèle entre un crucifix et une affiche de propagande nazie.
Un reportage pointe du doigt un « collectif d’ultra-catholiques » (sic) – mais qu’est-ce donc que des ultra-catholiques ? En théorie, on appelle cela des saints, mais il est peu probable que ce soit le sens qu’aient voulu donner à ce mot les journalistes. Ceux-ci, d’après la voix off, « s’affichent fièrement sur les réseaux sociaux » (c’est grave, docteur ?) et multiplient les érections de croix dans les Alpes-Maritimes, près de Nice – trois en l’espace de six mois -, avec cette mention : « Ave Christus Rex » (« Je vous salue Christ Roi »). Contacté par M6, ce collectif affirme avoir pour objectif de « refaire vivre notre religion dans une société où on a envie de l’éteindre ». Une atteinte à la laïcité insupportable, d’après un édile concerné, qui s’apprêterait à porter plainte.
Mêler l'installation de croix siglées "Ave Christus Rex" à la pose d'autocollants néonazis "Nice c'est l'Allemagne". Quel est le lien ? La croix est un symbole nazi maintenant ? Cet amalgame est parfaitement honteux et scandaleux. https://t.co/xfktb18NAq
— Yves-Marie Sévillia (@SevilliaYves) April 22, 2026
Néo-nazis
Mais surtout, « l’opération du collectif identitaire » – c’est ainsi que le reportage la qualifie – « fait écho, d’après les journalistes, à d’autres actions de groupuscules d’extrême droite, comme par exemple l’affichage, dans le Vieux Nice, d’autocollants à l’effigie d’Adolphe (sic) Hitler ». Sachez-le, pour M6, ériger des calvaires équivaut à de la propagande nazie. Saint Yves, Saint Louis, saint Vincent Ferrier et tant d’autres étaient des suppôts d’Hitler. Maximilien Kolbe, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (née Édith Stein), les membres de la rose blanche et tant d’autres doivent faire des bonds dans leur tombe.
Et pour vernir tant de mauvaise foi mêlée d’inculture de l’onction de l’expert, on tend le micro à un supposé spécialiste de l’extrême droite, Erwan Lecœur, dont on omet de préciser le pedigree politique (ce militant d’extrême gauche très proche historiquement d’EELV, mais aussi de LFI, a travaillé à la communication de la mairie de Grenoble avec Éric Piolle de 2014 à 2019). On doit, par ailleurs, à ce monsieur l’affirmation farfelue devenue fameuse selon laquelle 10 % des détenus en prison seraient membre du RN. Pour lui, il y a derrière ces bâtisseurs de calvaires la volonté de mener le pays « au chaos » et d’accélérer l’arrivée « d’une guerre raciale qu’ils appellent quelque part de leurs vœux ». Tout est dans le « quelque part » : car il n’est qu’un seul lieu où un calvaire est synonyme de chaos et de guerre raciale, c’est dans son imagination déréglée d’idéologue. Tout y est : amalgame, stigmatisation, reductio ad hitlerum, fausse présentation…
Féminisme borgne
Dans un autre registre, se souvient-on des cris d’orfraie quand, en décembre 2019, Philippe Bilger avait qualifié le ministre Brune Poirson d’« agréable à regarder » et d’« accessoirement très jolie » ? Pascal Praud l’avait pourtant immédiatement recadré, mais cela n’avait pas empêché les commentaires indignés de fuser.
Et ne parlons pas bien sûr, plus récemment, en février dernier, du vacarme médiatique et politique quand Richard Millet, dans la même émission, avait parlé d’« une énorme chanteuse malienne » pour évoquer Aya Nakamura, dont le nom lui échappait. Sommé de s’excuser sur le champ par Pascal Praud, l’écrivain s’était exécuté sans barguigner. Mais cela n’avait rien changé : le grand bad buzz, implacable, s’était mis en branle. Tant de machisme, de sexisme, de misogynie patentée était insupportable.
Mais dénigrer longuement, dans un sketch poussif, le physique d’Alice Cordier, comme un pseudo-humoriste vient de le faire sur Radio Nova, ne pose aucun problème. Silence radio, c’est le cas de le dire. « Si un média Bolloré avait tourné en dérision une femme politique ou une militante de gauche en l’attaquant sur son physique, l’indignation aurait été unanime et immédiate. Mais là, c’est Alice Cordier, donc ça passe », note le journaliste du Figaro Paul Sugy.
Si un média du groupe Bolloré avait tourné en dérision une femme politique ou une militante de gauche en l’attaquant sur son physique, l’indignation aurait été unanime et immédiate. Mais là c’est @CordierAlice2, donc ça passe. Lamentable. https://t.co/2e6lUIqjkJ
— Paul Sugy (@PaulSugy) April 22, 2026
À ce sujet — Dans le Sud, la guerre des croix fait rage
À peu près comme lorsqu’en juillet 2024, « l’humoriste » Paul de Saint-Sernin, sur France 2, avait exhibé un montage de Marion Maréchal louchant outrageusement et saignant du nez sous les ricanements de la foule. L’Arcom, saisie par des téléspectateurs indignés, n’avait alors rien trouvé à redire. Un positionnement politique de droite vous exclut de facto du champ de couverture du parapluie de sororité féministe. Dans notre monde absurde, vous risquez plus à complimenter gentiment une femme de gauche qu’à dénigrer méchamment une femme de droite.

Quant à l’Arcom, le « gendarme de l’audiovisuel », elle verbalise CNews quand elle ne freine pas assez vite à l’orange, mais ferme peu ou prou les yeux sur tous les stops grillés des autres chaînes. À quand une enquête parlementaire sur la justice à double standard de l’Arcom ? Elle serait assez complémentaire de celle sur l’audiovisuel public.
Gabrielle Cluzel, dans BV
