#webtube : Derrière les murs de ce château se cachent des pièces qui racontent le quotidien de ceux qui y vivaient il y a un siècle. Parmi elles, la « Larder Room », le cœur de la cuisine de l’époque. Trouver cette pièce dans son jus était incroyable… mais la voir s’effondrer l’était beaucoup moins. Pour pouvoir reconstruire et moderniser ce château, il faut parfois savoir faire table rase. Dans cette vidéo, on s’attaque au grand nettoyage : on démonte, on trie, et on met la pièce complètement à poil pour préparer sa future renaissance. Installez-vous bien, le chantier commence maintenant.
#webtube : Traverser les États-Unis d’un océan à l’autre en évitant le bitume et les villes, c’est le défi fou de la Trans-America Trail. Du Pacifique à Port Orford jusqu’à l’Atlantique en Caroline du Nord, j’ai suivi cette piste mythique sur près de 8 000 kilomètres à bord de mon 4×4. Entre paysages à couper le souffle, bivouacs en totale autonomie et imprévus de la route, je vous emmène avec moi pour vivre ce voyage unique de l’intérieur. C’est parti.
#webtube : Il y a des collaborations qui marquent l’histoire de la musique, et puis il y a ce moment de grâce absolue. En 1991, le public du stade de Wembley assiste à un instant magique. George Michael est sur scène, entame les premières notes de ce classique d’Elton John (sorti initialement en 1974), puis lance cette phrase entrée dans la légende : « Ladies and gentlemen, Mr. Elton John! » La suite ? Une explosion de ferveur dans le public, une alchimie vocale parfaite, et une complicie évidente entre deux icônes de la pop britannique.
#webtube : Les cinéphiles apprécieront la présence au casting des trop rares Jean Reno et Dustin Hoffman. Taiseux et discret, Niki White travaille en tant qu’accordeur de piano pour Harry Horowitz, son ami et mentor. Souffrant depuis l’adolescence d’hyperacousie sévère, une extrême sensibilité aux sons, Niki se balade en ville avec des bouchons dans les oreilles et un casque antibruit ; un mode de vie des plus contraignants au quotidien. Le jeune homme est d’autant plus frustré par son handicap qu’il aurait aimé jadis faire carrière dans la musique. Il possède, en effet, l’oreille absolue, un don qui concerne seulement une personne sur dix mille à travers le monde.
Bien évidemment, cette faculté à identifier chaque note est un avantage dans le cadre de son travail, Niki perçoit automatiquement ce qui ne va pas dans l’accordage d’un piano.
Un soir, alors qu’il termine une commande dans une riche demeure, il entend un bruit à l’étage qui l’empêche de se concentrer. En allant voir de plus près, il se retrouve nez à nez avec des malfrats qui tentent de forcer un coffre à la perceuse. Pour que ceux-ci déguerpissent au plus vite et le laissent travailler sur le piano, Niki consent à les aider en déchiffrant la combinaison avec la molette, son hyperacousie lui permettant de percevoir le moindre cliquetis mécanique. Avec succès, l’accordeur parvient à ouvrir le coffre ; son don va alors l’amener les semaines suivantes à réitérer l’exploit de nombreuses fois auprès de ses nouveaux « amis ». Une pente dangereuse qui ne sera pas sans conséquences et mettra en péril sa relation sentimentale avec Ruthie, une jeune pianiste de talent qu’il vient de rencontrer…
Un drame aux accents policiers
Réalisé par Daniel Roher, Le Virtuose est à appréhender non pas comme un film policier stricto sensu mais, plus exactement, comme un drame aux accents policiers. Le cinéaste, qui avait déjà montré son intérêt pour la musique avec le documentaire Once Were Brothers : Robbie Robertson and The Band, soigne son ambiance jazzy et prend le temps d’installer la mécanique d’un scénario malin, à la fois conceptuel, concis et implacable. Légèrement téléphonée, disons-le, la progression dramatique se suit sans déplaisir et sait faire preuve de créativité dans les moments-clés.
Dans le rôle de Niki, le Britannique Leo Woodall, qui s’est fait connaître récemment avec les feuilletons The White Lotus et Le Délicieux Professeur V, ainsi qu’avec le film Nuremberg, se montre peu expressif, énigmatique ; de quoi servir, précisément, cet antihéros instinctif et animal aux sens surdéveloppés. Notons, à ce propos, un impressionnant travail de mixage afin de transmettre au spectateur les singulières perceptions sonores de Niki White.
Pleinement investi dans son rôle, qui pourrait bien lui ouvrir des portes pour la suite de sa carrière, Leo Woodall a suivi pour les besoins du film un entraînement intensif au piano en amont du tournage, tout comme sa partenaire de jeu Havana Rose Liu.
Les amateurs de cinéma apprécieront, en outre, la présence au casting des trop rares Jean Reno, dans un petit rôle à l’importance déterminante, et Dustin Hoffman qui, avant de devenir comédien, avait songé dans sa jeunesse à devenir pianiste…
#webtube : Avec Bally Bagayoko, Yaël Braun-Pivet, Jean-Luc Mélenchon, LFI et la presse de gauche, et BFM TV. Cette semaine dans Mieux vaut en rire, Yaël Braun-Pivet la tiktokeuse cringe, Jean-Luc Mélenchon s’en prend à Jeanne d’Arc, et un supporter de l’OM militant d’extrême gauche présenté comme un supporter du PSG apolitique par BFM.
#webtube : Aujourd’hui, VA Plus reçoit Tommy Robinson. Figure majeure et controversée du nationalisme britannique, il livre un regard sans concession sur l’état de la France, traçant un parallèle glaçant avec ce qu’il a vu se produire dans sa propre ville natale en Angleterre. Entre immigration de masse, impuissance politique et risque de fracture sociale majeure, découvrez un entretien choc où les vérités assénées risquent de piquer.
#webtube : Quatre fusillades mortelles en moins de six semaines dans le nord-est de Nantes. Quatre jeunes hommes tués sur des points de deal, par des commandos à motos, en pleine journée, à proximité d’écoles et de lignes de tramway. Nantes rejoint Marseille dans le club des métropoles françaises gangrenées par le narcotrafic. Et la question que personne ne veut poser commence à s’imposer : pourquoi l’État ne veut-il pas gagner cette guerre ?
Le quatrième mort en cinq semaines
Ce jeudi 4 juin, peu après midi, un commando de six individus encagoulés, vêtus de noir, circulant sur trois motos, surgit dans le square de la Basinerie, quartier de la Bottière, dans l’est de Nantes. Leur cible : un jeune homme de 18 ans et demi, sur un point de deal. Cinq balles. Les tireurs repartent. Puis reviennent. Et tirent à nouveau, à bout portant, pour s’assurer du résultat. La victime meurt sur place.
À cent cinquante mètres d’une station de tramway. À l’heure de la sortie des écoles.
Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, ne laisse aucun doute sur la nature des faits : « Ces événements s’inscrivent, sans qu’il soit possible d’en douter, dans le cadre d’un règlement de compte sur fond de narcotrafic et de guerres de territoires. »
C’est le quatrième mort depuis fin avril dans les mêmes secteurs nord-est de la ville. Le 28 avril, Serge N’Joh Lea, 22 ans, abattu d’une balle en pleine tête à la Bottière. Le 14 mai, Elidjah, 15 ans, emporté par des tirs à l’aveugle dans un hall d’immeuble à Port-Boyer. Le 26 mai, Tairone Saint-Cy, 20 ans, abattu à la Halvêque. Et maintenant ce jeune homme de 18 ans, dans le même quartier que la première victime.
Nantes, nouvelle Marseille
Pendant des années, Marseille a été présentée comme un cas à part — ville portuaire, carrefour méditerranéen, histoire particulière avec les réseaux corses et maghrébins. Les autres grandes villes françaises se rassuraient en se disant que c’était « marseillais ».
Nantes vient de démontrer que cette distinction ne tient plus.
La « cité des ducs » n’est pas un port de transit historique. C’est une métropole de l’ouest français, réputée pour sa qualité de vie, régulièrement classée en tête des palmarès des villes où il fait bon vivre. Et pourtant : des commandos à motos armés de pistolets-mitrailleurs de calibre 9 mm sillonnent ses quartiers populaires en plein jour, exécutent des cibles désignées, et repartent sans être interceptés.
La Division de la criminalité organisée et spécialisée de Nantes a bien interpellé un suspect le 3 juin — un homme d’une vingtaine d’années, arrêté après une course-poursuite dans le quartier de la Bottière, en possession d’un pistolet-mitrailleur dont les munitions correspondent aux douilles retrouvées sur les scènes de crime précédentes. C’est un début. Mais une arrestation dans une guerre de territoire où les exécutants sont remplaçables ne constitue pas une réponse.
La méthode Bukele existe. Elle fonctionne. On ne l’applique pas.
En 2022, le Salvador était le pays le plus meurtrier du monde par habitant. Les gangs — MS-13, Barrio 18 — contrôlaient des quartiers entiers, percevaient des « impôts » sur les commerçants, assassinaient en toute impunité. Le président Nayib Bukele a déclaré l’état d’urgence, a déployé l’armée, a construit des prisons de haute sécurité et a procédé à des arrestations de masse. En moins de deux ans, le taux d’homicides a chuté de plus de 80 %. Le Salvador est aujourd’hui l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine.
On peut discuter des méthodes, des libertés civiles, des risques d’abus. Ce débat est légitime. Mais il ne peut pas masquer le résultat : quand un État décide vraiment de gagner contre le narcotrafic, il peut le faire.
En France, cet État-là n’existe pas. Ou plutôt : il existe mais il ne veut pas s’en donner les moyens.
Les trafiquants qui opèrent à la Bottière ne sont pas des fantômes. Ils sont connus. Leurs points de deal sont connus. Leurs réseaux de distribution sont connus. Les services de renseignement criminels ont des fichiers, des écoutes, des informateurs. Les juges ont des dossiers. Et pourtant, les exécutions continuent, à midi, à cent mètres d’une école.
Prisonniers de l’idéologie, ou complices passifs ?
La question commence à se poser sérieusement, et il serait malhonnête de l’esquiver.
Première hypothèse : nos gouvernants sont paralysés par une idéologie. Toute opération de grande envergure contre les réseaux de narcotrafic dans les quartiers populaires serait immédiatement présentée par une partie de la classe politique et médiatique comme du « racisme systémique », de la « criminalisation de la pauvreté », de la répression sociale. La peur du procès en opinion l’emporte sur la volonté d’agir. Et pendant ce temps, les jeunes des quartiers eux-mêmes — qui sont les premières victimes de ce trafic — continuent de mourir.
Seconde hypothèse, plus inconfortable : la drogue qui circule dans les quartiers génère des flux financiers colossaux qui remontent dans des circuits économiques légaux — immobilier, commerce, restauration. Certains de ces flux irriguent des zones grises où prospèrent des intérêts bien établis. L’État n’est peut-être pas ignorant. Il est peut-être indifférent. Voire accommodant.
Aucune de ces deux hypothèses n’est complotiste. Ce sont des questions que les élus locaux devraient être obligés de répondre publiquement, à chaque nouveau cadavre.
« Traiter les dealers comme Daesh »
Un combattant de l’État islamique pris les armes à la main ne bénéficie pas des mêmes égards procéduraux qu’un dealer interpellé avec un gramme de cannabis. Pourtant, les exécuteurs qui ont abattu quatre personnes en cinq semaines à Nantes — avec des armes de guerre, en commando organisé, en territoire contrôlé — opèrent selon une logique militaire, pas délinquante. Et ceux qui vendent de la drogue tuent, comme les islamistes.
Si la France avait traité les filières jihadistes avec la même mansuétude qu’elle traite les filières narco, les procureurs généraux et les ministres de l’Intérieur auraient été convoqués devant des commissions parlementaires. Les médias auraient fait la une pendant des semaines. Des lois d’exception auraient été votées.
Quatre morts à Nantes en cinq semaines. La maire Johanna Rolland publie un tweet. Le président du département réclame « une réponse de l’État qui s’intensifie de manière urgente ». Et demain, les mêmes commandos à motos reprendront leur patrouille.
#webtube : Pour marquer leur retour en Coupe du monde après vingt-huit ans d’absence, les joueurs norvégiens ont posé en guerriers vikings au bord d’un fjord, en costume d’époque, avec des drakkars en arrière-plan, avec un fond qui rappellera quelque chose à des amateurs de cinéma et de séries. Une image saisissante qui tranche radicalement avec la communication aseptisée des autres sélections — et qui dit quelque chose de fort sur le rapport d’un peuple à ses racines.
La photo qui fait le tour du monde
Erling Haaland, cheveux longs dénoués, brandissant une épée. Ses coéquipiers en armures et fourrures, rassemblés sur une jetée en bois historiquement reconstituée, avec des drakkars amarrés en toile de fond. La scène a été photographiée sur une plage privée d’Oslo par David Yarrow, photographe écossais de renommée mondiale — le même qui avait immortalisé Diego Maradona soulevant la Coupe du monde au Stade Aztèque en 1986.
La Fédération norvégienne de football avait une idée simple et audacieuse : pour la première participation de la Norvège à une Coupe du monde depuis 1998, faire quelque chose de mémorable. Quelque chose d’eux. Yarrow avait déjà photographié Haaland en guerrier viking dans un projet antérieur — l’attaquant l’avait recommandé à la fédération avec le golfeur Viktor Hovland. La demande était claire : pas de studio, pas d’escalier d’avion, pas de maillots en rang devant un fond blanc.
« Ma réponse a été que je voulais les habiller en Vikings, » dit Yarrow. « J’aime sortir les gens de la façon dont ils sont habituellement photographiés. Je savais que ça pourrait provoquer des critiques, mais je voulais jouer sur ce sentiment de voyage qui remonte aux Vikings — comme s’ils prenaient la mer pour l’Amérique. »
Le seul absent était Martin Odegaard, le capitaine, retenu à Londres pour la finale de Ligue des champions avec Arsenal. Un espace lui a été réservé dans la composition. Il a rejoint Oslo le mardi suivant, a été photographié séparément et intégré numériquement à l’image finale.
À rebours de l’époque
Ce qui frappe dans cette image, au-delà de sa qualité photographique, c’est ce qu’elle dit — par contraste — de la communication habituelle des équipes nationales.
Depuis plusieurs années, la tendance dominante dans le football international est à la dilution. Les clips de présentation des sélections ressemblent à des publicités mondiales pour une marque de vêtements : musiques urbaines internationales, montages rapides sans ancrage géographique identifiable, joueurs dont les origines multiples sont mises en avant comme argument de « richesse » — mais dont le pays représenté semble n’être qu’un prétexte, un maillot parmi d’autres.
La Norvège fait exactement l’inverse. Elle dit : nous venons de quelque part. Ce quelque part a une histoire, une mythologie, une manière d’être au monde. Et nous en sommes fiers.
La présidente de la Fédération norvégienne, Lise Klaveness, l’assume pleinement : « Nous avons reconnu tôt que le récit viking nous suivrait de toute façon. C’est pourquoi nous avons choisi de nous l’approprier et de lui donner un contenu qui définit vraiment ce que nous sommes. Ce n’est pas une question d’esthétique, mais de valeurs : solidarité, esprit d’équipe, unité. »
L’identité comme force, pas comme honte
Les Vikings ont traversé l’Atlantique plus de mille ans avant Christophe Colomb. Ils ont exploré, bâti, laissé des traces dans l’histoire de l’Europe du Nord et au-delà. En s’en réclamant, la Norvège ne fait pas de la nostalgie passéiste — elle ancre son présent dans une continuité.
L’image rassemble autour d’une identité commune plutôt que de la dissoudre.
C’est peut-être là la leçon la plus intéressante de cette photo : l’identité nationale assumée. Elle peut être un point d’ancrage commun, une fierté partagée, un récit dans lequel chacun peut trouver sa place — à condition que ce récit existe vraiment, qu’il soit revendiqué, transmis, habité.
Pendant que d’autres sélections filment des escaliers d’avions et des gymnases interchangeables, ou revendiquent de se faire remplacer, comme les Pays-Bas, la Norvège pose devant un drakkar.
Elle va à la Coupe du monde comme ses ancêtres traversaient les mers : en sachant d’où elle vient. Et tout un peuple va suivre
VIKINGS IN THE STANDS
Norway’s fans put on a show against Sweden, turning the away end into a Viking longship with a synchronized rowing display. ⚔️
#webtube :Le fondateur de SpaceX semble avoir une bonne longueur d’avance sur le reste de l’humanité concernant les défis actuels de notre civilisation. Son imaginaire, bien nourri par l’univers de son écrivain préféré, y est pour quelque chose.
La scène a fait le tour de la planète. Lors du banquet organisé par le président chinois Xi Jinping en l’honneur de son homologue américain Donald Trump, en marge de leur rencontre à Pékin les 14 et 15 mai derniers, Elon Musk, qui faisait partie de la délégation américaine, ne cachait pas son exaspération face aux demandeurs de selfies qui se pressaient à sa table. Des soupirs, des yeux levés au ciel, l’absence de tout signe de sympathie à l’encontre de ses admirateurs, pourtant tous dirigeants de grandes entreprises chinoises : le PDG de Tesla montrait ouvertement au monde entier que ce genre d’événements mondains, ô combien prestigieux, lui faisait perdre son temps.
Il est vrai que la période actuelle est particulièrement chargée pour l’homme d’affaires sud-africain. Le 12 juin prochain, il devrait introduire en Bourse sa société SpaceX, valorisée à 1 750 milliards de dollars et dont le marché potentiel est estimé à 28 500 milliards de dollars. Ce qui correspond au montant du produit intérieur brut de toute l’économie des États-Unis. L’entrepreneur, dont la fortune cumulée a déjà dépassé le seuil de tout ce que l’idée de la richesse d’un être humain pourrait laisser imaginer (839 milliards de dollars selon le dernier classement de Forbes), serait alors à la tête d’un empire technologique qui rivaliserait avec les plus puissants pays du monde.
La conquête de la galaxie ? Un jeu d’enfant
Pourtant, le rapport de Musk à l’argent tranche avec celui d’autres milliardaires, et notamment de ses compères des GAFAM tels que Jeff Bezos (Amazon), Mark Zuckerberg (Facebook) ou encore Bill Gates (Microsoft). Ceux-ci ont fait leur fortune dans le domaine de l’Internet et de l’informatique, saisissant habilement la vague du progrès technologique de notre époque et, surtout, jouant de toute leur influence pour verrouiller l’hégémonie de leurs entreprises sur le marché mondial.
Musk, lui, utilise sa puissance financière comme un moyen pour aller constamment de l’avant et accomplir ses rêves d’enfant. Lors du dernier Forum économique de Davos, en mars 2026, il a exposé son ambition professionnelle en ces mots : « L’objectif final de mes entreprises est de maximiser l’avenir de notre civilisation… et d’étendre la conscience au-delà de la Terre. SpaceX, par exemple, vise à faire progresser la technologie des fusées au point de pouvoir étendre la vie et la conscience au-delà de la Terre, vers la Lune, vers Mars, et finalement vers d’autres systèmes stellaires. »
Depuis que Musk est devenu un personnage public, il ne cache pas son amour pour les étoiles et sa volonté de découvrir la vie sur d’autres planètes. Et si le jeune Elon a été habité par ce rêve, c’est qu’il y a eu quelqu’un pour le lui offrir. En effet, il est impossible de comprendre la réussite d’Elon Musk, et par là même l’ambition de l’homme potentiellement le plus puissant de la planète, sans évoquer le nom d’Isaac Asimov.
Musk l’exprime lui-même dans ses tweets : « Les livres (du cycle) “Fondation” d’Asimov ont eu une influence fondamentale sur moi » (6 juin 2023). Ou encore : « Mars pour la Terre est ce que Terminus fut pour Trantor. Lisez Fondation d’Asimov » (2 octobre 2020).
Pour plusieurs générations de lecteurs, l’écrivain Isaac Asimov, fils d’immigrés juifs russes arrivés à New York dans les années 1920, fut un repère indispensable de la littérature de science-fiction. Ses livres permettaient à des millions de lecteurs, dont le jeune Elon, de s’évader de la réalité terrienne qui leur paraissait sombre, terne et ennuyeuse. Les cycles de « Fondation » et des « Robots », composés de plusieurs volumes, racontent la vie des humains d’ici plusieurs milliers d’années, quand ils habiteront sur d’autres planètes de la Galaxie, se transformeront en Spaciens et seront assistés par des robots humanoïdes dans leurs vies professionnelle, sociale et politique.
Mais voilà : plus de 30 ans après la mort d’Isaac Asimov en 1992, ses livres deviennent les récits de nos préoccupations ô combien réelles et frappent par le génie prémonitoire de leur auteur. Les robots-assistants, indispensables alliés des Spaciens colonisateurs d’autres planètes, sont bien là. Et ils ont trouvé un capitaine de vaisseau hyperspatial (imaginé par Asimov en 1950 !) prénommé Elon, prêt à lancer la conquête de Mars !
Se soumettre aux robots ou se méfier d’eux ?
« L’imagination est plus importante que la connaissance. La connaissance est limitée, alors que l’imagination embrasse le monde entier, stimulant le progrès, donnant naissance à l’évolution », disait le génial Einstein. L’imagination d’Asimov a inspiré celle du petit garçon de Pretoria ; l’évolution technologique des temps modernes a fait le reste.
L’utopie envoûtante, captivante et effrayante de l’univers d’Asimov a paru tout à fait réaliste aux yeux de Musk. Plus que cela, les livres de l’écrivain américain servent d’une certaine façon de feuille de route pour l’inarrêtable entrepreneur, qui s’apprête à devenir le premier trillionnaire de l’histoire de l’humanité.
Dans sa nouvelle « Le Robot qui rêvait » (issue du Cycle des Robots), un véritable chef-d’œuvre d’Asimov, il raconte l’histoire d’une jeune roboticienne, Linda Rash, qui a créé secrètement un robot dont les capacités cérébrales ont atteint un niveau jusqu’alors inconnu. Un jour, le « robot-génie » fait un aveu à sa créatrice: il lui arrive de rêver la nuit. En d’autres termes, le spécimen s’est doté non seulement d’une conscience algorithmique, mais aussi d’un subconscient qui échappe au contrôle de l’humain. Effrayée par ces révélations, Linda consulte la célèbre robopsychologue Susan Calvin, personnage principal du cycle. Cette dernière, après une longue réflexion et face au danger potentiel de perdre le pouvoir sur la nouvelle machine, prend la décision de détruire Elvex, ce robot à « l’âme humaine ».
« Tant que les gens ne verront pas des robots descendre dans les rues en tuant d’autres personnes, ils ne sauront pas comment réagir, parce que ça paraît si irréel », a prévenu Musk lors de son discours à la National Governors Association le 16 juillet 2017. Il alertait alors sur l’urgence de réguler l’intelligence artificielle, bien avant, donc, le récent appel du Pape Léon XIV à « désarmer l’IA ».
Alors que notre société ne sait parfois pas comment réagir face à des supporters déchaînés de football, l’homme qui chuchote à l’oreille des robots semble avoir pris une vraie longueur d’avance sur toute la classe politique internationale, mais aussi sur les savants et les intellectuels de notre planète.
« Mais qu’est-ce qu’ils veulent de moi, tous ces pauvres dirigeants ignorants ? », devait se demander Musk lors du fameux dîner à Pékin le mois dernier. Son esprit a bien d’autres priorités à gérer. Son mentor Isaac Asimov lui a laissé un sacré trésor à explorer. Isaac Asimov… initiales : I.A.