#webtube :Quand le rythme s’accélère et que l’énergie prend le dessus, il n’y a plus qu’une seule option : ne jamais s’arrêter. Avec ses sonorités percutantes et son entraînant refrain, « Keep Running » de Xcellence est le morceau parfait à ajouter à votre playlist motivation. Que ce soit pour une séance de sport intense, un road trip ou simplement pour faire le plein de bonnes ondes au quotidien, ce titre vous donne le boost nécessaire pour aller au bout de vos objectifs.
#webtube : When the pace picks up and the energy takes over, there’s only one option: never stop. With its hard-hitting sound and infectious chorus, « Keep Running » by Xcellence is the perfect track to add to your motivational playlist. Whether it’s for an intense workout, a road trip, or simply to soak up some good vibes in your daily life, this song gives you the boost you need to reach your goals.
#webtube : Essayons d’y voir clair dans ce conflit devenu inextricable. La stratégie irrésolue de Trump a eu pour conséquence un blocage de la situation. L’abandon du nucléaire et du programme balistique iraniens, les deux principaux buts de guerre, sont passés à la trappe. La nouvelle urgence stratégique est dorénavant la réouverture du détroit d’Ormuz à la libre circulation, après son blocage par Téhéran, qui exerce ainsi un chantage permanent sur l’Occident.
Mais en faisant du détroit d’Ormuz un « théâtre de guerre » sur lequel il est hors de question de négocier, les Iraniens ont récolté un blocus naval américain qui va les asphyxier.
Les fanfaronnades des Gardiens de la Révolution sont la conséquence des incessants revirements de Donald Trump dans sa conduite de la guerre. Les durs du régime de Téhéran, le Conseil des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), parient sur le fait que Trump est un impulsif, un impatient qui panique à l’approche des élections de mi-mandat en novembre.
Mais le blocus naval a été la meilleure décision de Donald Trump après le blocage du détroit. Si le monde souffre de la perte de 20 % des ressources énergétiques nécessaires à l’économie, il peut encaisser la hausse du baril à 90 ou 100 dollars, qui reste cinq fois moindre que le choc pétrolier de 1973.
Par conséquent dans les faits, le temps joue contre la théocratie chiite. Chaque jour qui passe asphyxie un peu plus l’économie iranienne et divise le régime. Au sommet de l’Etat, deux camps s’opposent : le CGRI persuadé que la ligne dure va l’emporter et le camp présidentiel, partisan de concessions majeures aux Américains.
Exigences des Gardiens de la Révolution pour ouvrir le détroit :
Fin du blocus américain sur les ports iraniens
Arrêt définitif de la guerre
Versement de dommages de guerre
Levée des sanctions économiques occidentales
Restitution des avoirs financiers iraniens gelés
Pas de solution américaine pour débloquer le détroit par la force :
Mines, drones, missiles anti-navires, vedettes rapides interdisent tout passage
Protection des tankers par des navires de guerre beaucoup trop risquée
Opération amphibie américaine sur les îles du détroit jugée kamikaze
Redoutable efficacité du blocus naval
20 navires de guerre dont un porte-avions, bloquent le trafic vers l’Iran
Frappes US sur les voies terrestres vers le Pakistan ou l’Irak
Les pertes économiques de l’Iran sont de 270 milliards de dollars
Chaque jour de blocus, le pays perd 500 millions de dollars
Exportations de pétrole stoppées
Inflation de 70 à 100 % suivant les produits
Effondrement du rial comme dans l’Allemagne des années 1930
Un billet de 10 millions de rials a été créé et imprimé !
20 000 usines ou complexes industriels mis hors d’usage
Le peuple pris en étau entre la dictature et la guerre
56 pendaisons en 2026 selon l’ONU
Malgré les souffrances de la guerre, il reste très hostile au régime
Une économie de survie se met en place
Le blocus est partiellement contourné par voie terrestre
Endurci par les sanctions depuis des lustres, le peuple résiste
Voici les concessions proposées par le président Pezeshkian
Arrêt partiel de l’enrichissement d’uranium avec inspections de l’AIEA
Retrait progressif des financements aux proxys
Réouverture partielle immédiate du détroit avant ouverture totale
Report des réparations de guerre américaines
L’opposition des Gardiens de la Révolution
Ces concessions sont assimilées à une trahison et une capitulation
Pas question de brader la seule arme dissuasive : le détroit
Le CGRI garde la main et sabote les discussions en coulisses
Position de Washington : la fermeté
Trump et son administration refusent le plan Pezeshkian
Ils exigent que toutes les demandes initiales soient acceptées.
Démantèlement du programme nucléaire. Zéro enrichissement
Inspections illimitées et sans restrictions de l’AIEA
Fin des missiles à longue portée
Désarmement des proxys
Retrait des milices chiites en Irak et Syrie
Fin du blocus de la mer Rouge par les Houthis
Sécurité d’Israël : reconnaissance et fin des menaces de destruction
Libre circulation absolue dans le détroit d’Ormuz pour tous les navires
Démilitarisation du détroit : retrait des mines, missiles côtiers, etc.
Libération des otages occidentaux
Jugement des dirigeants du CGRI pour leurs crimes
Nous en sommes là. Mais au-delà des déclarations officielles, des rodomontades et menaces en tous genres, les négociations en coulisses continuent par des canaux parallèles.
Rien ne permet de dire que l’Iran va finir par craquer, car les Gardiens de la Révolution sont des fanatiques jusqu’au-boutistes et les mollahs savent très bien que c’est la survie de la théocratie chiite qui se joue dans cette guerre.
Si l’Occident subit une grave crise économique majeure, il s’en relèvera. Si l’Iran cède, le régime perd tout et sera jugé pour ses crimes.
Trump joue le pourrissement du conflit. Qui va céder ? Quand on interroge l’IA, elle ne sait pas, jouant la prudence malgré sa parfaite connaissance du dossier. Personnellement, je pense que c’est l’Iran qui va plier sous la pression du peuple, qui finira par se révolter, malgré la terreur des représailles. Face aux pénuries en tous genres et à l’hyperinflation, les soutiens de Pékin et Moscou ne sont d’aucun secours.
La meilleure arme, c’est le peuple qui la détient. En 1979, il a porté au pouvoir ses bourreaux d’aujourd’hui. Il finira bien par trouver la force d’effacer 47 ans d’oppression.
#webtube : Attentat à Toulouse ? – Benjamin, 21 ans – Après de fermes protestations des autorités suisses, le Maroc a accéléré les procédures permettant d’expulser des ressortissants marocains. – Longueau (80) : Déjà sous OQTF, Ali Ammar, Algérien de 42 ans, condamné à un an ferme après des vols – Yvelines : Enlevée à la sortie d’une discothèque – Un nombre record de 230 migrants a traversé la Manche – « Ces gens venus d’ailleurs refusent toute intégration contrairement à leurs prédécesseurs issus d’autres nationalités » – Lourdes (65) : Awalkhan K., migrant afghan ayant obtenu l’asile, mis en examen pour terrorisme – Île-de-France : le trafic très perturbé sur le RER A – Montpellier : un adolescent de 16 ans poignardé à mort lors d’une rixe.
Attentat à Toulouse ? Des policiers attaqués au couteau par un homme qui aurait hurlé « Allah Akbar ». L’un a failli avoir la gorge tranchée (MàJ : vidéo)
Benjamin, 21 ans, le sacristain et gardien des clés de la cathédrale de Reims. « C’est extraordinaire, surtout en tant que catholique, je sais ce qu’elle représente »
Après de fermes protestations des autorités suisses, le Maroc a accéléré les procédures permettant d’expulser des ressortissants marocains. « Si le Maroc le veut, il effectue les vérifications »
Longueau (80) : Déjà sous OQTF, Ali Ammar, Algérien de 42 ans, condamné à un an ferme après des vols et une tentative d’égorgement
Yvelines : Enlevée à la sortie d’une discothèque, une jeune femme de 20 ans violée dans un hôtel ; Abdessatar A., Algérien de 32 ans sous OQTF, mis en examen et écroué. Yassine T., Français de 27 ans, placé sous contrôle judiciaire
Un nombre record de 230 migrants a traversé la Manche depuis les côtes françaises à bord d’une seule et même embarcation selon l’association française de sauvetage en mer (SNSM)
« Ces gens venus d’ailleurs refusent toute intégration contrairement à leurs prédécesseurs issus d’autres nationalités » : Jean-Michel Baylet, maire de Valence-d’Agen (82), victime d’une agression après avoir demandé à un individu de baisser le son d’une musique
Lourdes (65) : Awalkhan K., migrant afghan ayant obtenu l’asile, mis en examen pour terrorisme ; il est soupçonné d’avoir voyagé en Afghanistan pour se former militairement et d’être rentré en France animé d’intentions djihadistes
Île-de-France : le trafic très perturbé sur le RER A après un vol de câbles électriques
Montpellier : un adolescent de 16 ans poignardé à mort lors d’une rixe. Un suspect de 17 ans interpellé
#webtube:Pour certains médias, quelques militants sur une plage suffisent à représenter toute la jeunesse française. À gauche, la violence politique ne prend jamais de vacances. Vendredi 7 août, alors qu’elle quittait un restaurant de l’île d’Hoëdic, dans le Morbihan, Marine Le Pen a été suivie jusqu’à son embarcation par un petit groupe d’opposants politiques. Sifflets, invectives et reprise du fameux refrain des Bérurier Noir : « La jeunesse emmerde le Front national. » Une vidéaste amateur s’est même félicitée d’avoir débusqué la candidate du RN : « Marine Le Pen qui pense qu’elle peut se cacher tranquillement à Hoëdic ! »
Se « cacher », vraiment ? Marine Le Pen déjeunait dans un restaurant et regagnait un bateau. Elle ne tenait ni réunion publique ni conférence de presse. Elle effectuait un déplacement strictement privé, comme l’a confirmé le maire de l’île. La députée s’est contentée d’adresser un salut ironique à ses poursuivants avant de reprendre la mer.
Un relais médiatique immédiat
Quelques secondes de vociférations, trois téléphones portables et une poignée de militants : il n’en fallait pas davantage pour fabriquer un événement national. Le Parisien a ainsi jugé l’affaire suffisamment capitale pour lui consacrer un article au titre triomphal : « “La jeunesse emmerde le Front national” : Marine Le Pen conspuée pendant ses vacances en Bretagne ». Dans le corps du texte, pourtant, le quotidien reconnaît qu’il ne s’agissait que de « quelques personnes réunies sur la plage ». La jeunesse française tout entière tenait donc sur quelques mètres carrés de sable morbihannais.
Ce titre et cet article sont tellement mensongers, manipulatoires et honteux que tout électeur de bonne foi pourra voir que la campagne d’une certaine presse contre le RN a commencé.
À comparer avec la courtisanerie médiatique ahurissante autour des agitations de Gabriel Attal. https://t.co/go1KbcfL37
Élu RN de la 4e circonscription de la Somme, Jean-Philippe Tanguy a dénoncé un titre « mensonger, manipulatoire et honteux », signe, selon lui, que « la campagne d’une certaine presse contre le RN a commencé ». Son collègue Sébastien Chenu a, lui aussi, raillé la disproportion du traitement : « Trois débiles insultent la femme politique française la plus populaire et Le Parisien en fait un article ! » Avant d’inviter les journalistes à examiner les résultats électoraux bretons plutôt que les décibels produits par quelques vacanciers. Contacté par BV, Matthias Renault, député de la 3ᵉ circonscription de la Somme, s’est lui aussi amusé de cette tempête dans un verre d’eau : « Le Parisien parle de « conspuée », il y avait seulement trois gugusses… », a-t-il commenté.
Le harcèlement à géométrie variable
Mais le plus instructif ne réside pas dans l’existence de quelques opposants. Une personnalité politique peut être sifflée, rien de nouveau sous le crachin breton. Ce qui frappe, c’est la gourmandise avec laquelle une partie de la presse raconte la scène, sans jamais mettre en cause le comportement de ceux qui poursuivent une femme lors d’un déplacement privé. Imaginons quelques secondes la scène inverse : Rima Hassan, Marine Tondelier ou Sandrine Rousseau, poursuivies, sifflées et conspuées jusqu’à leur embarcation par des militants nationalistes. Combien de minutes avant que ne surgissent les mots « intimidation », « harcèlement », « climat nauséabond » et « menace fasciste » ? Les articles indignés auraient probablement atteint le continent avant le bateau. On se souvient qu’en 2021, on avait parlé d’« agression » lorsqu’un jeune homme avait osé offrir un bouquet de fleurs à l’écologiste Alice Coffin…
Alice Coffin AGRESSEE par l'extrême-droite 💐 Soutien à la militante qui a reçu des fleurs, c'est d'une violence inouïe. #AliceCoffinpic.twitter.com/39A14FJ48W
À Hoëdic, rien de tel. C’est presque l’inverse qui s’est produit. Gala a ainsi choisi une curieuse formule pour évoquer la mésaventure de Marine Le Pen : « Son escale sur l’île d’Hoëdic dans le Morbihan n’est pas passée inaperçue. » Comme si la députée du RN avait commis une imprudence en se montrant en public. Aurait-elle dû débarquer de nuit, porter une perruque et réserver le restaurant sous une fausse identité ? Dans notre petit monde médiatique, un responsable politique de droite est forcément coupable et s’il se trouve être harcelé par des militants de gauche, on pourra toujours lui reprocher de ne pas s’être suffisamment caché.
Toute la jeunesse, vraiment ?
Reste le slogan, rengaine ringarde en diable : « La jeunesse emmerde le Front national. » Depuis quarante ans, ce refrain permet à certains de se persuader que toute personne âgée de moins de 30 ans partage spontanément les opinions de Télérama. Quelques militants la chantent sur une plage et les voilà aussitôt promus porte-parole d’une génération entière. Les urnes racontent pourtant une histoire bien différente. Aux élections européennes de 2024, la liste de Jordan Bardella a recueilli 26 % des suffrages exprimés par les moins de 25 ans, contre 15 % cinq ans auparavant, selon Ipsos. Quelques semaines plus tard, au premier tour des élections législatives, le RN et ses alliés ont obtenu 32 % chez les moins de 35 ans, soit quatorze points de plus qu’en 2022, toujours d’après Ipsos. La gauche reste forte chez les plus jeunes, particulièrement dans les grandes métropoles multiculturelles, mais elle n’en possède nullement le monopole.
🇫🇷🇪🇺📊sondage @IpsosFrance pour @LaTribune sur les élections européennes de l'an prochain : l'écart se creuse entre la liste RN (29%, +5 vs juin) qui s’installe désormais nettement en tête et la liste Renaissance, qu'elle soit conduite à B. Le Maire (22%) ou S. Séjourné (20%, -1) pic.twitter.com/x4hUUV5iIN
Jordan Bardella l’a bien compris. Sa maîtrise des réseaux sociaux lui permet de s’adresser directement à une génération qui ne consulte plus nécessairement les médias traditionnels et qui se montre de moins en moins sensible aux vieilles injonctions morales. Le président du RN affiche ainsi 2,4 millions d’abonnés sur TikTok, contre 680.000 pour Gabriel Attal, 450.000 pour Rima Hassan ou 85.000 pour Marine Tondelier.
Tandis que quelques vacanciers recyclent un slogan des années 1980, une part grandissante de la jeunesse adhère donc aux propositions du RN. Quelques-uns chantent, beaucoup votent.
#webtube :Dans la nuit du 25 au 26 juillet, alors que la Gironde brûle, l’association FUTUR déclenche sa cellule de crise à la demande de la Brigade de Secours Faune Sauvage. Créée il y a 4 ans par Amadeus, militant de la cause animale depuis une vingtaine d’années et proche de l’antispécisme, la structure s’est fait connaître par son programme « Sanctuaire du Futur », qui cherche des familles d’accueil pour cochons, chèvres, moutons et poules abandonnés ou maltraités — sur le modèle de ce que la SPA fait depuis toujours pour les chiens et les chats. Elle mène par ailleurs des actions de sensibilisation à la condition animale et à l’écologie, et intervient jusqu’en Bretagne.
En quelques heures, l’appel à mobilisation dépasse le million de vues et 3 000 volontaires rejoignent les groupes de coordination. Une semaine plus tard, le bilan provisoire fait état de plus de 1 000 interventions et de plus de 600 animaux pris en charge — chiens, chats, chevaux, ânes, chèvres, moutons, volailles, mais aussi une faune sauvage qui ressort blessée et brûlée des zones sinistrées.
Carole Léger, attachée de presse de l’association, détaille pour Breizh-Info la mécanique de cette mobilisation, ses limites matérielles, et pose une question qui nous concerne directement : après les Monts d’Arrée en 2022, la Bretagne serait-elle prête ?
Breizh-info.com : Vous avez déclenché votre cellule de crise dans la nuit du 25 au 26 juillet, après un appel de la Brigade de Secours Faune Sauvage. Concrètement, que se passe-t-il dans les six premières heures ? Qui appelle qui, et comment décide-t-on où aller ?
Carole Léger (FUTUR) : Tout commence par un constat : lors d’un incendie majeur, les animaux sont souvent les victimes les moins visibles de la catastrophe.
Dès les premiers feux en Gironde, notre association a reçu de très nombreux messages de particuliers, d’associations et d’acteurs engagés pour la protection animale qui souhaitaient savoir comment venir en aide aux animaux touchés. Lorsque la Brigade de Secours Faune Sauvage nous a sollicités pour renforcer son dispositif, il était naturel que FUTUR réponde présent.
Nous avons immédiatement activé notre cellule de crise et lancé un appel à mobilisation auprès de notre réseau de militants et sur nos réseaux sociaux. En quelques heures, notre publication a dépassé le million de vues et plus de 3 000 bénévoles ont rejoint nos groupes de coordination.
Mais comme le rappelle Amadeus, notre président-fondateur, la véritable mobilisation ne consiste pas à envoyer tout le monde sur le terrain. Elle consiste à organiser efficacement les compétences.
Chaque volontaire est orienté selon son profil : vétérinaires, auxiliaires spécialisés vétérinaires, soigneurs animaliers, transporteurs, familles d’accueil, logisticiens ou partenaires capables d’accueillir des animaux.
Parallèlement, une première équipe a été déployée afin d’être opérationnelle dès le lendemain matin. Les interventions sont ensuite planifiées à partir des signalements reçus, des besoins identifiés sur le terrain et des autorisations d’accès obtenues.
« Il ne s’agit pas de faire intervenir le plus grand nombre possible »
Sur les 3 000 personnes qui se sont signalées, combien sont réellement intervenues sur le terrain ? Et qu’est-ce qui explique l’écart ?
Carole Léger (FUTUR) : Le nombre de bénévoles mobilisés constitue avant tout une force de réserve, qui nous permet de répondre rapidement à des besoins très différents.
Dans une catastrophe, il ne s’agit pas de faire intervenir le plus grand nombre possible, mais les personnes disposant des compétences adaptées, au moment où elles sont réellement nécessaires.
Notre réseau compte aujourd’hui 450 vétérinaires, auxiliaires spécialisés vétérinaires ou personnes expérimentées dans les soins aux animaux, 600 bénévoles capables d’assurer des transports, 490 familles d’accueil, ainsi qu’une centaine de personnes en lien avec des centres de soins.
Cette diversité nous permet d’intervenir rapidement sans saturer les zones sinistrées ni compliquer le travail des secours. À ce jour, cette organisation a permis de réaliser plus de 1 000 interventions et de prendre en charge plus de 600 animaux. Ce qui compte, c’est que chaque intervention soit utile, sécurisée, et permette de sauver un maximum d’animaux.
Breizh-info.com : Vous insistez beaucoup sur le fait que personne ne doit se rendre spontanément dans les zones sinistrées. Avez-vous eu des cas de bénévoles partis seuls malgré la consigne, et avec quelles conséquences ?
Carole Léger (FUTUR) : Non. À notre connaissance, aucun bénévole de FUTUR n’est intervenu de sa propre initiative en dehors du cadre fixé par notre cellule de crise. C’était une règle absolue dès le premier jour.
Nous comprenons parfaitement l’envie d’aider. Face à de telles images, beaucoup de personnes souhaitent agir immédiatement. Mais une intervention improvisée peut mettre en danger les bénévoles eux-mêmes, gêner les opérations de secours ou provoquer un stress supplémentaire chez des animaux déjà extrêmement fragilisés.
Notre rôle est précisément de transformer cet élan de solidarité en une aide efficace et coordonnée. Chaque bénévole reçoit des consignes précises et n’intervient que lorsqu’un besoin est identifié, que les conditions de sécurité sont réunies et que les autorisations nécessaires ont été obtenues.
L’expérience acquise lors des précédentes catastrophes nous l’a confirmé : il est parfois préférable d’attendre quelques heures plutôt que d’intervenir trop tôt et de compliquer le travail des secours. Nos bénévoles respectent systématiquement les arrêtés préfectoraux et n’accèdent jamais aux zones interdites.
Le rapport avec les pompiers et les autorités
Breizh-info.com : Comment travaillez-vous avec les pompiers, la gendarmerie et la préfecture ? Est-ce qu’on vous laisse entrer, est-ce qu’on vous encadre, est-ce qu’on vous ignore ?
Carole Léger (FUTUR) : Notre principe est très clair : nous intervenons toujours dans le respect des autorités et des dispositifs de secours déjà en place.
Les sapeurs-pompiers, les forces de l’ordre et les services de l’État ont la responsabilité de gérer la crise. Notre rôle est différent : nous apportons une expertise complémentaire lorsqu’il s’agit de secourir les animaux.
Lorsque les conditions le permettent et que cela répond à un besoin identifié, nos équipes peuvent être amenées à intervenir avec les autorisations nécessaires. En revanche, nous n’accédons jamais aux zones interdites et nous veillons en permanence à ne pas perturber les opérations de secours.
Lors d’une catastrophe, chacun a son rôle. Les secours protègent les personnes et sécurisent les zones d’intervention ; notre mission est de veiller à ce que les animaux ne soient pas oubliés.
Breizh-info.com : Quelle est la mission qui vous a le plus marquée depuis une semaine ?
Carole Léger (FUTUR) : Il est difficile de n’en retenir qu’une seule, tant les situations rencontrées sont éprouvantes. Depuis plusieurs jours, nos équipes sont mobilisées quasiment en continu. Elles viennent en aide à des chiens, des chats, des animaux de ferme, mais aussi à une faune sauvage qui commence seulement à réapparaître après le passage des flammes, souvent blessée, brûlée ou totalement épuisée.
Les pompiers nous l’ont confié après l’avoir découvert gravement brûlé aux pattes. Il a été immédiatement pris en charge par une équipe vétérinaire, puis transféré vers un centre spécialisé. Malgré tous les soins prodigués, il n’a malheureusement pas survécu. Ces moments rappellent la violence des incendies et leurs conséquences sur les animaux.
D’autres histoires connaissent heureusement une issue plus favorable. Chaque animal retrouvé, soigné, évacué ou rendu à sa famille est une victoire collective. Derrière chacun des 600 animaux pris en charge, il y a une intervention, une équipe et une chaîne de solidarité qui se met en place pour lui offrir une chance supplémentaire.
Chevaux, ânes, bovins : le maillon faible
Breizh-info.com : Le cas des animaux de ferme – chevaux, ânes, bovins – semble le plus lourd à traiter. Quels sont les moyens qui vous manquent le plus aujourd’hui, et pour quel type d’animal ?
Carole Léger (FUTUR) : Le principal défi n’est pas le manque de bonne volonté. La solidarité est exceptionnelle. Ce qui manque parfois, ce sont les moyens techniques adaptés pour intervenir rapidement.
Déplacer un chien ou un chat est une chose. Évacuer un cheval, un âne, un bovin ou un troupeau de chèvres nécessite des remorques adaptées, des véhicules spécifiques, des lieux d’accueil sécurisés et des personnes habituées à manipuler ces animaux dans un contexte d’urgence.
Depuis le début des incendies, nos équipes sont intervenues auprès de nombreuses espèces : chiens, chats, chevaux, poneys, ânes, chèvres, boucs, moutons, lapins, volailles, mais aussi des animaux sauvages qui commencent progressivement à sortir des zones sinistrées. Nos missions sont tout aussi variées : évacuations, nourrissage, captures, transports, soins vétérinaires ou hébergement temporaire.
Même si plusieurs centaines d’animaux ont déjà pu être pris en charge, les demandes continuent d’affluer. Nous recherchons toujours des vétérinaires, des auxiliaires spécialisés vétérinaires, des soigneurs animaliers, des transporteurs disposant de véhicules adaptés, des familles d’accueil et des structures capables d’accueillir temporairement des animaux.
Les dons, enfin, restent indispensables : ils financent les transports, les soins vétérinaires, le matériel de secours et l’ensemble de la logistique.
Breizh-info.com : Sur les 600 animaux pris en charge, combien ont pu être rendus à leurs propriétaires ? Et que deviennent les autres ?
(réponse du 30 juillet 2026)
Carole Léger (FUTUR) : Nous sommes encore en phase d’urgence, il est donc trop tôt pour établir un bilan définitif. Aujourd’hui, il s’agit avant tout de mettre les animaux en sécurité, de leur apporter les soins nécessaires et d’organiser leur prise en charge dans les meilleures conditions.
Lorsqu’un animal est identifié et que son propriétaire peut être retrouvé rapidement, nous faisons tout notre possible pour permettre des retrouvailles dans les meilleurs délais. D’autres nécessitent une hospitalisation, une période d’observation ou un accueil temporaire avant de pouvoir regagner leur foyer.
Pour les animaux d’élevage, des solutions provisoires sont parfois mises en place lorsque les pâtures ou les exploitations sont devenues inaccessibles ou ne permettent plus de les accueillir en sécurité.
Lorsque la situation sera stabilisée, nous réaliserons un bilan complet des animaux restitués, hébergés ou orientés vers des structures spécialisées. Le temps du bilan viendra ensuite.
Qui finance ?
Breizh-info.com : Vous êtes une structure associative qui monte en quelques heures une logistique de transport, d’hébergement et de soins vétérinaires. Qui paie ?
Carole Léger (FUTUR) : FUTUR est une association à taille humaine, mais elle peut s’appuyer sur un réseau de bénévoles, de militants, de professionnels et de partenaires qui répondent présents dès qu’une urgence survient.
Depuis les incendies de Fontainebleau, puis ceux de Gironde, nos équipes sont mobilisées sept jours sur sept, avec une permanence de jour comme de nuit afin de répondre aux signalements à toute heure.
Autour de cette cellule de crise, des centaines de personnes mettent spontanément leurs compétences et leurs moyens au service des animaux : des vétérinaires réalisent des soins, des transporteurs parcourent parfois plusieurs centaines de kilomètres, des familles ouvrent leur domicile pour accueillir des animaux évacués, tandis que d’autres prêtent des cages, des remorques, du matériel ou mettent des pâtures à disposition.
Cette mobilisation collective nous permet d’agir rapidement malgré des moyens financiers limités. Ces opérations représentent naturellement un coût important : carburant, matériel, soins vétérinaires, hébergements d’urgence, logistique. Ces dépenses sont rendues possibles grâce à la générosité des donateurs.
Amadeus, Vuk : la question de l’anonymat
Breizh-info.com : Le président de FUTUR communique sous le seul prénom d’Amadeus, et votre lanceuse d’alerte témoigne toujours sous couvert d’anonymat. Pourquoi avoir fait le choix de protéger l’identité de certaines personnes au sein de l’association, alors même que vous sollicitez des bénévoles et des dons ?
Carole Léger (FUTUR) : La transparence sur nos actions est essentielle. Mais elle ne signifie pas que toutes les personnes qui y contribuent doivent nécessairement être exposées publiquement. Dans certains cas, protéger une identité est une mesure de responsabilité et de sécurité.
C’est notamment le cas de notre lanceuse d’alerte, Vuk, qui intervient régulièrement dans des enquêtes sensibles. Son anonymat lui permet de poursuivre son travail sans être exposée à des pressions ou à d’éventuelles représailles.
Pour Amadeus, la démarche est différente. Il a toujours souhaité que l’attention soit portée avant tout sur la cause et sur les actions de l’association, plutôt que sur sa personne. Nous ne cherchons pas à construire une association autour d’une personnalité. Ce qui compte, ce sont les résultats obtenus sur le terrain et les équipes qui les rendent possibles.
Notre transparence se traduit donc par une chose très concrète : nous rendons compte de nos actions, de nos mobilisations et de l’utilisation des moyens qui nous permettent de les mener. Les dons servent à financer nos missions de secours, d’enquête, de sensibilisation et de protection animale.
Et la Bretagne ?
Breizh-info.com : Après les Monts d’Arrée en 2022, la Bretagne s’est découverte exposée aux feux de forêt. Existe-t-il chez nous un dispositif comparable au vôtre, ou faudrait-il tout monter en urgence le jour où ça recommence ?
Carole Léger (FUTUR) : Les incendies de forêt ne concernent malheureusement plus seulement les régions traditionnellement les plus exposées. Avec le changement climatique, ils touchent désormais des territoires jusqu’ici relativement épargnés, y compris la Bretagne. Cette évolution nous oblige collectivement à mieux anticiper les conséquences de ces catastrophes, y compris pour les animaux.
Il existe en France de nombreuses associations de protection animale très engagées, capables de se mobiliser rapidement en cas d’urgence. En revanche, notre expérience montre qu’un dispositif efficace ne s’improvise pas.
Constituer un réseau de bénévoles, identifier des vétérinaires, des transporteurs, des familles d’accueil, établir des procédures d’intervention et créer des liens avec les acteurs locaux demande un véritable travail de préparation. Les incendies de Fontainebleau, puis ceux de Gironde, ont confirmé l’importance de cette anticipation.
Au-delà des secours, nous pensons qu’il est essentiel d’intégrer pleinement la question animale dans les dispositifs de gestion des catastrophes. Les animaux, qu’ils soient domestiques, d’élevage ou sauvages, sont eux aussi victimes de ces événements et doivent être pris en compte dans les plans de réponse.
Nous continuerons à développer ce réseau de solidarité partout où cela sera nécessaire. Si demain une autre région devait être confrontée à une catastrophe de cette ampleur, notre association répondrait présente, aux côtés des acteurs locaux.
Propos recueillis par YV. Site de l’association : futur-asso.com
#webtube : Le maire LFI de Saint-Denis aurait, selon une enquête du Canard enchainé, cumulé un emploi de cadre à plein temps à la RATP et des mandats d’élu local. L’association AC !! Anti-corruption va déposer une plainte contre Bally Bagayoko pour emploi fictif. Il semblerait que le combat pour les plus démunis de la société n’empêche pas de s’enrichir.
Comme souvent, Le Canard enchaîné de la semaine nous en apprend de belles.
Dans un article titré « Le ticket gagnant de Bagayoko » nous avons la joie et l’avantage d’apprendre que le nouveau maire de Saint-Denis, la plus grosse ville du 93, serait en réalité un heureux cumulard. En effet, il aurait eu, en 2020, la chance formidable d’être embauché comme cadre supérieur à la RATP, cela sans passer le concours imposé habituellement aux candidats, ni même un quelconque entretien préalable. Rien que sur sa bonne mine et le piston très efficace du maire coco de l’époque. Un boulot à quelque chose comme six mille euros par mois, révèle l’hebdomadaire. Rémunération que l’intéressé (j’emploie ce mot sans céder en aucune façon à la tentation de donner dans l’ironie facile et de laisser entendre que le désintéressement ne serait donc pas la première des vertus du personnage. Ce n’est pas mon genre, vous le savez bien) ajouta sans vergogne à d’autres revenus, eux aussi assez sympathiques.
L’attribution de cet emploi de cadre supérieur s’inscrirait dans une sorte de partenariat plutôt souterrain entre les communistes, dont ceux de la mairie de Saint-Denis, et l’entreprise d’État. Autrement dit, une forme d’entrisme communiste au sein de ces boîtes, ce qui, – allez savoir ! – pouvait éventuellement permettre au parti à la faucille et au marteau d’avoir une espèce de contrôle sur les syndicats de l’entreprise en question, de téléguider quelques mouvements de grève par-ci par-là- ou d’en désamorcer d’autres.
Donc, le sieur Bagayoko aurait eu ce poste en vertu de ce petit arrangement entre soi. Je dis ce poste et non ce travail, car le mot travail suppose qu’on fasse effectivement quelque chose, ne serait que des concours de cocottes en papier, le derrière bien calé dans un fauteuil à l’ergonomie de pointe. Or, il ne semble pas que l’hebdomadaire ait débusqué les traces d’un boulot totalement effectif, mais peut-être s’agit-il d’un regrettable oubli.
Toujours est-il que le mélenchonien Bagayoko, le défenseur des damnés de la terre et des forçats de la faim, empochait chaque mois, tout ce temps-là, ses indemnités d’élus, d’abord adjoint au maire, et un temps vice-président du conseil départemental, puis maire, ainsi, donc, que son joli salaire de cadre supérieur. Le tout pouvant avoisiner les douze mille euros, voire au-delà.
On est impressionné – plus que cela même, admiratif, dirais-je – devant l’immense, l’incomparable puissance de travail, l’énorme disponibilité physique, la vertigineuse habileté mentale que doit nécessiter une telle double vie professionnelle ! Ce que M. Bagayoko lui-même suggère lorsqu’il répond au Canard enchaîné : « Être élu local demande une disponibilité de tous les instants. Mais continuer de travailler m’a permis de garder les pieds sur terre. Je crois qu’aucun élu ne doit vivre dans un entre soi politique ».
Vous avez bien lu : « Une disponibilité de tous les instants ». Que reste-t-il donc à M. Bagayoko en matière d’instants à consacrer à la RATP ? Il faudra que le nouveau maire de Saint-Denis veuille bien prendre la peine – et quelques instants de son précieux temps – pour nous éclairer sur ce point. Nous avons hâte de savoir.
Quant à garder les pieds sur terre, peut-être bien n’exprime-t-il là qu’une simple vérité d’évidence. Rien de mieux, certainement, que d’avoir les poches bourrées de pognon pour rester les deux pieds bien plantés au sol.
#webtube : Dans la série d’été « Ma Bédéthèque idéale », Monsieur Nostalgie nous invite à (re)découvrir la ligne claire de Ted Benoit (1947-2016), en particulier le recueil de dessins intitulé La peau du léopard (texte de Madeleine deMille) paru chez Albin Michel en 1985…
S’il ne fallait retenir qu’une seule signature visuelle en ce début des années 1980, le retour d’une esthétique néo-fifties en plein boom du chômage de masse, ce serait celle de Ted Benoit. Chef de file d’un mouvement libérateur et distant. L’héritier décomplexé d’Hergé et d’Edgar P. Jacobs. Le prolongateur d’une ligne claire pas si claire que ça, faisant cohabiter la rigueur du trait et la dinguerie des aventures sentimentalo-policières de son héros cabossé, le dénommé Ray Banana.
Bien plus tard, Ted Benoit reprendra le flambeau de Blake et Mortimer, se moulant dans un expressionnisme belgo-britannique, un style plus académique. Pour l’heure, il est partout : dans les kiosques, chez les disquaires, dans la publicité ou les revues spécialisées. Les commandes s’enchaînent. On raffole de son trait limpide, qui rompt avec le fouillis ambiant ; les belles courbes de ses voitures américaines, son sens de la couleur architecturée et de la perspective hollywoodienne sont des portes d’évasion pour les ados imbibés de Renaud et de Mitterrand.
Une nostalgie en forme de manifeste
Ted Benoit rompt avec la monotonie ouvrière et une certaine affliction française pour le drame noir et la grisaille salariale. La netteté de son travail, traversé par une puissante onde nostalgique, est finalement une prise de position politique dans ces années dogmatiques. Ses illustrations ont, de prime abord, le goût d’une Amérique léchée, caricaturale, hypertrophiée, issue d’un imaginaire collectif (fille de motel, shaker miroitant, juke-box aux airs de Caravelle, seins pigeonnants, American diner et drive-in), mais l’impression générale qui s’en dégage virerait plutôt vers une sorte de mal-être sociétal, de solitude simenonienne, d’un faux passé replâtré ou d’un futur hybride très flou reprenant les codes des Trente Glorieuses tout en étant imprégné du malaise français.
Ted Benoit, cinéaste de formation, dirige toujours notre œil vers de fausses pistes. On lui doit deux albums majeurs du XXe siècle : Berceuse électrique et Cité lumière. Le trouble est son encrier. Ray Banana, malgré une apparence clinquante, une chemise hawaïenne, des lunettes noires et une mèche graphique, demeure une énigme pour ses lecteurs. Ses quêtes existentielles, psychanalytiques, dans un Paris-Texas déroutant, n’ont rien à voir avec le chemin droit d’un Tintin, sûr de son bon droit.
L’œil des années 1980
En 1985, Albin Michel, en collaboration avec le Groupement Graphique d’Expression Française (GGEF), a la bonne idée de réunir le matériau brut de l’artiste. Tout un bazar organisé, un portfolio qui part dans tous les sens. On comprend alors pourquoi Ted Benoit a irrigué notre mémoire et nous a réconciliés avec « le beau » et « l’étrange ». On retrouve donc, dans cette pochette surprise, des affiches, notamment celle de l’exposition Trois architectes français de l’Institut Français d’Architecture, en 1984, qui feraient défaillir le romancier Jean-Pierre Montal ; une publicité pour le restaurant de la Tour Montparnasse ou pour la compagnie Air France (destinations : Hong Kong, Alicante, Stuttgart et Los Angeles) ; une publicité pour la SACEM ; mais aussi un portrait de son confrère Yves Chaland, autre grand dessinateur inspirateur de la période ; un hommage à Hergé pour la Fondation Miró de Barcelone en 1983 ; une pochette de disque pour le groupe Bill Baxter ; un dessin du générique de l’émission Sex Machine sur Antenne 2 ; ainsi que des œuvres pour la galerie Totem de Bruxelles.
Sans le savoir, nous avons été biberonnés au style Ted Benoit. On fait appel à lui aussi bien pour dessiner une Peugeot 203 pour les éditions Atlas que pour la couverture d’un numéro anniversaire de Jazz Magazine. Car c’est dans la presse écrite, dans les magazines « papier », que le talent de Ted Benoit va prendre une dimension pharaonique. Il est présent dans Actuel, Libération, L’Écho des Savanes, Métal Hurlant, Télérama et la revue À Suivre. Un âge d’or dont il a été le principal animateur.
La peau du léopard, Ted Benoit, texte de M.D de Mille, Albin Michel, 1985, 91 pages.
#webtube : Avais-je déjà lu Le Fil de l’épée, de Charles de Gaulle, paru en 1932 ? Je ne saurais le dire. Mais après avoir vu le film en deux parties, La Bataille de Gaulle, du réalisateur Antonin Baudry, je suis entré dans une petite librairie du Limousin, la clochette de la porte a tinté, et je l’ai commandé. J’ai voulu comprendre pourquoi de Gaulle avait décidé de partir pour Londres en étant persuadé que le combat continuerait, que l’espérance n’était pas morte et que la France était éternelle. Comme le dit Malraux, on ne comprend rien à l’appel du 18 Juin si l’on refuse d’admettre qu’il s’agit d’abord d’un acte irrationnel. On pourrait dire, après la lecture du Fil de l’épée, que de Gaulle a toujours fait confiance à son instinct. À l’instinct, et également à l’intelligence.
En juin 1940, donc, la guerre n’était pas perdue, elle était, au contraire, gagnée. Malgré le doute, le découragement, la solitude, les trahisons, de Gaulle n’a jamais pensé que la défaite française était irréversible. La première partie de La Bataille de Gaulle le démontre avec efficacité et lyrisme, comme elle souligne le courage hors du commun des 3 700 soldats commandés par le général Kœnig lors de la bataille de Bir Hakeim. Face aux 32 000 hommes de Rommel et à quatre-vingts chars, ils ont tenu. On retrouve le même héroïsme chez les combattants de la 2e division blindée du général Leclerc. À Koufra, l’impétueux militaire à la canne en forme de fusil avait prononcé devant ses « clochards épiques » le serment devenu célèbre : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »
Le général avant le Général
Pour comprendre l’itinéraire de de Gaulle, général de brigade à titre temporaire, déchu de la nationalité française, condamné à mort en juin 1940, il est nécessaire de lire Le Fil de l’épée, livre court, magnifiquement écrit, où les grands auteurs sont convoqués par l’écrivain-militaire pour donner de la puissance et du relief au propos. Le style peut paraître aujourd’hui démodé, alors que le relâchement syntaxique est admis par les instances officielles qui devraient, au contraire, fortifier les jeunes esprits, mais il ne rate pas sa cible : endiguer les forces nihilistes invitant au renoncement. Il convient même de parler d’écriture, comme le soulignait Dominique de Roux et comme le rappelle, dans sa synthétique préface, Hervé Gaymard : « L’écriture de Charles de Gaulle, c’est l’écriture du destin. Quel destin ? Une intelligence prophétique de l’histoire, prenant à son compte les armes de la liberté la plus grande. » De Gaulle parle à nos tripes et à notre esprit. Leclerc, Kœnig, Catroux, Moulin et tous ceux de « l’armée des ombres » l’ont bien compris. Il emploie le mot qui surclasse tous les autres : liberté. Citons encore Malraux : « J’appelle un homme libre celui qui accepte de se soumettre à ce qui, en lui, le dépasse. »
À cela, de Gaulle ajoute l’expérience. Il a vu, de l’intérieur, les faiblesses coupables de l’armée française des années trente. Le constat est affligeant : méthodes dépassées, procédés rigides, paperasserie himalayenne, réunions inutiles, élites moisies. Plus généralement, il accuse l’individualisme. « Partout se fait jour, écrit-il avec clairvoyance, le besoin de s’associer. » Il est temps d’ouvrir les fenêtres. Il est temps de voyager « autour de la terre ». Ajoutons qu’il faut réarmer moralement le pays et en finir avec le pacifisme, synonyme de lâcheté. La guerre menace, Hitler tient sa revanche dans sa moustache, son peuple est programmé pour en découdre. À la table familiale, Charles de Gaulle a retenu les phrases du philosophe Bergson à propos de l’intelligence, dont « la nature est de saisir et de considérer le constant, le fixe, le défini, et de fuir le mobile, l’instable, le divers ». Il faudrait également cultiver le mystère qui entoure la personnalité. Tout le contraire de ce que nous faisons actuellement. Nous nous exhibons sur les réseaux sociaux, nous valorisons nos faiblesses, nous prônons l’égalitarisme, nous misons sur l’éphémère, alors que la durée seule apporte la force et la sérénité. « La dictature de la transparence », pour reprendre l’expression de Gaymard, voilà l’ennemi. N’a-t-on pas tendance à mépriser ce que l’on connaît trop bien ? Que pense de Gaulle dans la nuit noire de Goya ? Personne, au fond, ne le sait. Quand les premiers fidèles de la France libre se mettent au garde-à-vous devant la haute silhouette du Général, à Douala, le lieutenant Muracciole comprend que « de Gaulle pleure comme nous ».
Le refus du renoncement
Quand « le temps est hors de ses gonds », de Gaulle est prêt. À trente-sept ans, il avait indiqué la voie à suivre. On l’imagine tendre le bras et dire : « C’est par là. » Il ne tremble pas. Sa volonté est inextinguible. Il croit en son destin, car c’est celui de la France. Il dit non à Pétain, au défaitisme, à la collaboration et à son diabolique engrenage, au déshonneur. Les hommes qui disent oui sont des esclaves.
Je chemine vers la rivière. Le soleil décline lentement derrière la cime des sapins sombres. Il a encore fait très chaud, le soleil dément ressemblait à celui d’Afrique.
Charles de Gaulle, Le fil de l’épée, préface d’Hervé Gaymard, collection tempus des Éditions Perrin, 160 pages.