. Saint-Denis : décidément, LFI ne désarme jamais… et dit n’importe quoi !

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#webtube : Éric Coquerel vient au secours de son « ami Bally Bagayoko » en accusant de racisme le ministre de l’Action publique. On n’est pas au bout de la polémique et, pour tout dire, de nos peines, après les déclarations fracassantes d’entrée en matière de Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis : désarmement de la police municipale mais aussi propos laissant entendre, de façon à peine voilée, que les agents municipaux qui ne seraient pas d’accord avec « le projet politique » de la nouvelle municipalité pourraient être écartés. « Les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à une commande politique », a-t-il déclaré, sur CNews. Ajoutant : « Celles et ceux qui, pour des tas de raisons qui peuvent les regarder d’ailleurs, ne sont pas en phase avec le projet politique, forcément, ils partiront. Mais ce n’est pas le fait qu’on les mettra dehors, c’est parce qu’ils feront une mobilité qui est complètement naturelle et qui n’est pas quelque chose de nouveau. »

Quelques réalités juridiques auraient-elle échappé à Bally Bagayoko ?

Oui, la mobilité dans la fonction territoriale n’est pas quelque chose de nouveau ; c’est même chose courante, aujourd’hui. Parce que, d’abord, les agents d’aujourd’hui, pours la plupart d’entre eux, souhaitent de la mobilité fonctionnelle, progresser dans leur carrière, ce qui implique aussi, souvent, de la mobilité géographique. On est loin de l’image courtelinesque du « rond-de-cuir ».

Oui, il y a de la mobilité lorsqu’une municipalité change. En tout premier lieu, dans la plupart des grandes villes et villes moyennes, le patron de l’administration – celui qu’on appelle le directeur général des services – et qui, pour employer le jargon administratif, occupe un poste fonctionnel et se voit souvent remercier par le nouveau maire. Il se replie alors sur le poste qu’il occupait précédemment dont il avait été détaché ou va se faire embaucher dans une nouvelle mairie. C’est le « mercato » des DGS qui intervient généralement dans les six mois qui suivent les élections municipales. Mais ces mouvements descendent rarement plus bas dans la hiérarchie des services d’une commune.

Aussi, dire, comme l’a fait Bagayoko, que les agents qui ne seront « pas en phase avec le projet politique, forcément, ils partiront », c’est laisser entendre qu’ils partiront « de force ». Et, comment, évidemment, ne pas imaginer les éventuelles pressions qui pourraient s’exercer sur les agents qui ne seraient pas dans la ligne de la « commande politique ». Autre curieuse expression employée par le nouvel édile de Saint-Denis. Les fonctionnaires territoriaux sont subordonnés au maire pour accomplir une mission de service public au profit de la population. Une réalité juridique qui, visiblement, si l’on en croit ses propos, lui ont échappé.

Rappel à l’ordre du ministre

C’est pourquoi le rappel à l’ordre du ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel, ce jeudi 27, a été particulièrement approprié. Ainsi, il a tenu à rappeler que toute décision d’« écarter un agent pour des motifs politiques serait entachée d’illégalité et pourrait être suspendue ou annulée par le juge administratif » et pourrait « relever du harcèlement moral » et, donc, constituer de possibles infractions pénales en matière de discrimination. Bien vu : la discrimination ne concerne pas que les « minorités visibles » !

À ce sujet — Désarmement à Saint-Denis : « Un policier KO ne protège plus personne »

Éric Coquerel dit n’importe quoi

Et c’est là qu’intervient, en rebond, Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis : « Revoilà le temps des colonies. Pitoyable, sinistre, évidemment raciste et négation évidente de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs. Soutien à mon ami Bally Bagayoko. » On savait qu’on ne vivait pas sur la même planète que ces gens-là, mais on découvre ici qu’on ne vit même pas dans la même République. Passons sur l’accusation facile de racisme envers ce pauvre David Amiel qui n’en attendait sans doute pas tant. L’art, ou plutôt l’obsession quasi maladive, de tout ramener à ça.

Mais parler de « négation évidente de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs », il fallait oser ou bien être complètement ignorant de la chose publique dans ce pays qui s’appelle encore la France, y compris à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). D’abord, on pensait que la séparation des pouvoirs concernait le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et l’autorité judiciaire. Ensuite, faut-il rappeler ou apprendre à M. Coquerel qu’un maire est, certes élu par ses concitoyens et, à ce titre, patron d’une collectivité territoriale, mais qu’il est aussi le premier représentant de l’État dans sa commune, circonscription administrative de cet État, que le maire est officier public, officier de l’état civil, officier de police judiciaire ? Qu’à ce titre, il a des comptes à rendre au préfet, qu’il peut même faire l’objet d’une révocation par décret pris en Conseil des ministres. Bref, c’est ce qu’on appelle, c’est ce qu’ils appellent, l’État de droit. Partout en France…

Georges Michel, dans BV

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