. Hausse des taux d’intérêt : nous allons nous endetter plus et plus cher

Spread the love

Articles : Mar. 2026Fev 2026Jan 2026Dec. 2025
Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

#webtube : Nous entrons dans un cycle inflationniste dont nous ignorons l’ampleur. La hausse du prix des carburants va progressivement se répercuter sur les autres sources d’énergie, sur la chimie, sur les transports, puis le bâtiment, avant de diffuser sur l’ensemble des secteurs économiques : c’est ce qu’on appelle les « effets de second tour ». Nous entrons ainsi dans un cycle inflationniste dont nous ignorons l’ampleur.

Mais le plus grave est quasi invisible : c’est la hausse des taux des emprunts à long terme. On les mesure en observant l’emprunt phare, à savoir l’obligation assimilable du Trésor (OAT) à dix ans d’échéance, émise par l’État – c’est-à-dire l’emprunteur le plus solvable. En moins d’un mois, ce taux directeur est passé de 3,2 % à 3,7 % : du jamais-vu depuis 2011 ! Cette tension sur les taux de la dette va se généraliser à l’ensemble des emprunteurs – entreprises, secteur immobilier ou collectivités locales -, ce qui se répercutera sur le volume des investissements.

À ce sujet — [ÉDITO] Dette : on est vraiment au pied du mur… ou au bord du gouffre

Une tectonique irrésistible

Les dirigeants de nos gouvernements ainsi que de nos banques centrales s’agitent et évoquent une intervention étatique sur les taux : de vaines gesticulations qui ne peuvent influencer brièvement que les seuls taux à court terme. En effet, les taux exigés sur la dette à moyen et long terme échappent à tout contrôle étatique, car ils résultent de deux fondamentaux : le risque et l’inflation anticipée.
Concernant le danger de défaillance, le risque pays de la France n’est plus nul : notre notation, un simple A, est passée à trois niveaux au-dessous de celle de l’Allemagne, laquelle a gardé son AAA.
Quant au taux d’inflation, prenons nos tables d’actualisation et voyons à quoi équivalent cent euros avec un taux annuel d’érosion monétaire de 3,75 %. Réponse : 69 euros dans dix ans et 33 euros dans trente ans ! On comprend mieux pourquoi les épargnants prêteurs sont devenus plus gourmands en cette période d’anticipations inflationnistes… Et aucun pouvoir ne peut s’opposer à cette froide rationalité des marchés financiers.

Pour la France : la double peine

Les années 2026 et 2027 s’annonçaient très noires pour nos finances publiques, déjà dégradées par les frasques macroniennes.
Les intérêts de notre dette publique devaient passer de 65 milliards, en 2025, à 74 milliards d’euros, en 2026, et ce, du fait du volume, mais aussi de la structure de notre dette. En effet, sa durée de vie moyenne est de 8 ans : nous remboursons donc aujourd’hui de la dette contractée en 2018 à 0,2 % pour emprunter, désormais, à 3,7 % ! La hausse des taux d’intérêt ne pouvait pas tomber plus mal, d’autant plus que 311 milliards d’euros d’emprunts nouveaux sont prévus, au cours de l’année 2026.
Voilà qui va creuser notre déficit budgétaire. Qu’on en juge : le simple glissement des taux obligataires de 3,2 % à 3,7 % coûtera au budget de l’État 1,5 milliard d’intérêts supplémentaires en 2026 et 4 milliards en 2027. Le retour à l’équilibre de nos finances publiques nécessiterait, désormais, une cure d’austérité sans précédent. Dans l’immédiat, nous allons nous endetter plus et plus cher.

Pr Jean-Richard Sulzer, dans BV

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *