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#webtube : Reléguée au 35e rang, la France de 2026 est loin derrière le Kosovo, le Kazakhstan et la Pologne. Jeudi 19 mars, l’ONU publiait le Rapport annuel sur le bonheur dans le monde. 147 pays classés selon le bonheur déclaré des habitants sondés et conjugué à des données socio-économiques objectives. Depuis neuf ans, la Finlande est en tête du classement et, sans surprise, l’Afghanistan touche le fond. Si les places respectives de ces deux pays qui ouvrent et ferment le bal ne sont pas surprenantes, certains, comme la France, n’en finissent pas de se déclasser, jusqu’à atteindre la 35e place après le Kosovo, le Mexique, le Kazakhstan et plus de dix places derrière la Pologne.
Évaluer le bonheur ?
« Le 28 juin 2012, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution 66/281, proclamant le 20 mars Journée internationale du bonheur, célébrée chaque année. Le Rapport mondial sur le bonheur est publié chaque année aux alentours de cette date », explique le site Internet qui publie, chaque annéen ce rapport. Ainsi, sous l’égide de chercheurs d’Oxford et de l’institut Gallup associés à l’ONU, ce rapport étudie, sur une moyenne de trois ans, le degré de bonheur déclaré, auto-évalué, des habitants interrogés des 147 pays classés. Voici la question posée, fondée sur l’échelle de Cantril, que l’on peut lire sur le site : « Imaginez une échelle dont les barreaux sont numérotés de 0 en bas à 10 en haut. Le haut de l’échelle représente la vie idéale pour vous, et le bas, la pire. Sur quel barreau estimez-vous vous situer, actuellement ? » Depuis le début de ce classement, en 2005, les chercheurs ont ainsi identifié six variables qui permettent d’expliquer la majeure partie des variations de cet indice du bonheur : avoir quelqu’un sur qui compter, le PIB par habitant, l’espérance de vie en bonne santé, la liberté de faire des choix de vie, la générosité et la perception d’une absence de corruption. En conjuguant ces données, l’idée est, pour l’ONU, de « […] discuter de nouveaux moyens de mesurer le bien-être et le bonheur en allant au-delà d’un paradigme purement économique ».
À ce sujet — Le scoutisme, source d’engagement civique et citoyen, selon l’IFOP
La lente descente française …
27e du classement en 2024, 33e en 2025, 35e en 2026 : la France n’est pas une bonne élève et pour la première fois, rapporte France Info, aucun pays anglophone n’est dans le Top 10. Les pays nordiques culminent, eux, et derrière la Finlande, l’Islande, le Danemark, la Suède et la Norvège atteignent le club du Top 5 dans lequel le Costa Rica a fait, cette année, une entrée remarquée en tant que premier pays d’Amérique latine à y accéder. Israël se classe en 8e position, le Kosovo en 16e, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite devancent juste les États-Unis, qui sont 23e, suivis de près par la Pologne, 24e dans le classement. La France, elle, suit le Kazakhstan et la Roumanie mais est mieux classée que l’Italie et l’Espagne.
L’entraide et la solidarité
Si évaluer le degré de satisfaction de populations hétérogènes et à aussi grande échelle peut sembler un peu fallacieux, de ces évaluations ressortent des critères qui ne manquent pas de pertinence comme, notamment, le degré de confiance des citoyens dans leurs institutions. C’est une des raisons invoquées par Juho Saari, professeur de politique sociale et de santé à l’université de Tampere, à l’AFP, que cite Midi libre. Il faut y ajouter la tranquillité de vie, une nature intacte et, souligne-t-il encore, une forte cohésion sociale : non seulement il y a peu d’inégalité, mais en plus, il y a beaucoup d’entraide et ce soutien social fait partie des critères les plus significatifs. C’est ainsi, en tout cas, que Le Parisien expliquait, l’année dernière, le maintien de la Finlande en tête du classement, et cette analyse pourrait être corroborée par le sondage de l’IFOP de septembre 2024 qui expliquait que ceux qui avaient fait du scoutisme, et donc appris à se mettre au service des autres, étaient en général plus heureux.
Heureux, malheureux, un sentiment politique ?
En bref, l’individualisme ne rend pas heureux. Ce n’est pas vraiment un scoop. Ce qui est intéressant, en revanche, c’est la capacité des médias à tordre les résultats de cette étude pour la faire rentrer dans leur grille d’analyse. Ainsi, l’année dernière, Le Parisien vous expliquait, doctement, que « loin de n’être qu’une affaire personnelle, notre rapport au bonheur est aussi politique. […] Les personnes moins heureuses vont avoir tendance à voter aux extrêmes du spectre politique. Et celles n’ayant aucune confiance en l’autre vont, sans surprise, pencher à l’extrême droite », analysait une experte. Cette année, ne vous y trompez pas, Juho Saari explique, lit-on encore dans Le Parisien, que si les Finlandais sont heureux malgré le fait que « la Finlande reste confrontée à des défis, notamment un taux de chômage record et d’importantes coupes dans les prestations sociales », « cela nous montre que la politique n’a pas tant d’importance ». Faudrait savoir … Il faut dire que depuis 2023, la Finlande est gouvernée par une coalition de droite conservatrice et qu’il aurait été sans doute de bon ton que les Finlandais en soient très malheureux !
Victoire Riquetti, dans BV
