. En 2027, toute la gauche se soumettra à Mélenchon

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#webtube : J’ai vu pas mal de situations politiques dans ma vie, mais rarement la politique n’est tombée à un niveau aussi bas que ce à quoi nous assistons à l’occasion de ce scrutin municipal. Franchement, si je mets de côté la légitime colère qui anime tant de gens et votre serviteur, le personnel politique actuel fait vraiment pitié.

L’immense majorité de ceux qui réclament les suffrages des Français n’ont aucune conviction. Ils portent une étiquette et prétendent défendre des valeurs alors qu’ils n’en ont pas et sont totalement interchangeables. C’est d’ailleurs pourquoi on en voit un nombre si élevé commencer leur carrière dans un parti, la poursuivre dans un autre, en changer encore un peu plus tard et finir par rejoindre Pierre, Paul ou Jacques, fut-il à l’exact opposé des convictions de départ de notre voyageur politique. Il en va exactement de même des opinions défendues que cela ne gênent nullement ces caméléons politiques de faire changer en fonction de ce que dit le buzz du moment. C’est d’autant plus vrai qu’on constate maintenant et à chaque élection que le programme est parfaitement secondaire pour celui qui veut être élu. Ce qui compte c’est de conquérir le poste et surtout… de le garder. Ce qui amène à des scènes où vraiment l’odieux le dispute au misérable. Ainsi en est-il des élections municipales que nous vivons actuellement.

J’ai indiqué hier la pitoyable mascarade qui se donnait en spectacle à droite, ce qui au reste lui interdit dans de multiples endroits de gagner. Mais qu’en est-il à gauche ? Les forces qui s’en réclament sont-elles frappées par les mêmes travers que la droite ? Et de fait, aujourd’hui, l’un des principaux sujets de discussion concernant la gauche est de savoir si la gauche « de gouvernement », comprenez le PS, est dans une logique de résistance et même de rupture avec LFI et que cette attitude de prise de distance du PS serait partagée par les autres courants notamment les écologistes et le PCF. Comme toujours en politique, on apprend plus en quelques heures voire en peu de jours qu’en plusieurs années, dans certaines circonstances. Et c’est bien le cas avec le municipales. Reprenons.

Depuis de longs mois, LFI ne cesse de taper sur ceux qui, sur le papier, sont ses alliés. C’est ainsi que lors du défilé du 1er mai, Raphaël Glucksmann (Place Publique) a été pourchassé à St-Étienne par les petites frappes de LFI et a échappé de peu à une bonne raclée. À Paris, il y a 2 ans, c’est Fabien Roussel (PCF) qui a du être exfiltré du cortège pour là aussi éviter une agression physique. Ce qui ne l’empêchera pas de se faire traiter de « Jacques Doriot », c’est à dire de fasciste, par Sophia Chikirou (LFI). L’an dernier Jérome Guedj (PS), qui est par ailleurs juif, est obligé de quitter le cortège parisien frôlant le cassage de gueule là aussi par LFI. En réponse il déclarera « j’accuse LFI de brutaliser la vie publique » et dénoncera « les décérébrés » qui l’ont attaqués. Quant à Mélenchon pour toutes ses prises de positions depuis le 7 octobre 2023, Guedj le qualifiera de « salopard antisémite ». Je pourrais continuer longtemps, les exemples de ce type étant innombrables, mais cela n’apporterait rien de plus à la démonstration. Par contre cela pose à juste titre la question de la rupture politique avec LFI qui est une organisation dans laquelle il n’y a aucune démocratie (pas de congrès, pas de débat interne sur le ligne politique, pas d’élection des responsables, exclusions brutales à la moindre divergence sur ce que dit Mélenchon,… etc) et qui pratique, vis à vis des autres partis de gauche, un relationnel uniquement basé sur le rapport de force, sans oublier le recours à la violence et les agressions verbales ainsi que la calomnie. Et pour ceux qui n’auraient toujours pas compris, Mélenchon a déclaré récemment : « Ce ne sont pas les autres partis de gauche qui dictent leurs conditions à LFI, c’est LFI qui leur dicte ses conditions ». Fermez le ban et circulez.

Tout cela s’explique, d’abord par les caractéristiques de LFI, mais aussi parce que récemment certains ont cru bon d’annoncer des primaires de la gauche en octobre, pour désigner le candidat pour la présidentielle. De même on a entendu des rodomontades du côté socialiste annonçant la rupture avec LFI du fait de ses prises de positions et actions trop sulfureuses. Le plus pitoyable dans ce numéro de claquettes étant François Hollande qui a déclaré qu’il fallait que le PS se maintienne ou se retire au 2e tour mais qu’en aucun cas il ne fallait s’allier à LFI. Ce type est un sinistre pitre. Nous lui rappelons au passage que lorsqu’il s’est présenté aux élections législatives de 2024 à Tulle, il portait la casaque NFP et donc n’avait aucun autre concurrent, notamment LFI face à lui. À l’époque il n’a nullement annoncé qu’il refusait toute cohabitation avec LFI. Sinon il aurait eu un candidat NFP contre lui et aurait été battu. C’est tellement vrai que ce tocard en étant le seul candidat de gauche a certes gagné mais en n’obtenant que 43,10 % au 2e tour. Imaginez à combien il aurait fini s’il avait refusé la casaque NFP pour celle du seul PS et avait eu en face de lui un candidat NFP. Quant à Olivier Faure (chef du PS) il a déclaré dès l’annonce des résultats « il n’y aura aucun accord national avec LFI »… et tout le monde a compris qu’il y aurait des accords locaux. À ce sujet, voyons ce qui s’est passé sur le terrain.

Dans une multitude de villes la question se posait : fusionner les listes de gauche (PS -écolos – PCF) avec LFI ou pas ? Et bien sûr en commençant, la position de la gauche surtout au PS était de garder des listes à part. Sauf que ça n’a pas duré longtemps. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, les élections municipales LFI, c’est à dire Mélenchon, s’en moque. Ils ramasseront quelques villes au passage, mais l’enjeu principal, le cœur du problème, c’est de faire de la pédagogie électorale avec l’existence de ces listes LFI. Et que veut faire passer Mélenchon comme message ? Un message tout simple : « si vous ne faites pas d’union avec LFI pour les élections, nous vous ferons perdre ». Et tout le monde a très bien compris le message. Comme en 2024 pour les législatives, alors que la plupart de ces gens ne peuvent pas se voir en peinture et se détestent cordialement, en moins de 24H, ils sont tombés d’accords. Et dans plein d’endroits la magie a fait son œuvre. Comme par exemple à Toulouse, le fief de Carole Delga (PS) présidente de la région, et surtout l’une des plus acharnés de la ligne pour la rupture avec LFI. Et à Toulouse le miracle s’est accompli. Une liste d’union LFI – PS dirigée par l’insignifiant François Piquemal (LFI) qui dès qu’il ouvre la bouche montre qu’il n’est pas un aigle de la politique. Pour l’instant Carole Delga ne soutient pas la liste, mais cela ne durera pas très longtemps, sinon elle le payera d’une manière ou d’une autre. Mélenchon a la rancune tenace. Il a 74 ans aujourd’hui. Il en aura 75 en 2027. C’est donc sa dernière occasion de pouvoir être élu président. Il ne permettra à personne de lui faire obstacle. Sinon il y aura du sang sur les murs. Idem à Marseille. Payan payera son refus d’alliance et l’obligation de retrait de Delogu (LFI) afin qu’il ne soit pas accusé d’avoir contribué à l’élection du RN. Mélenchon doit d’autant plus en vouloir à Payan qu’il s’était fait élire député à Marseille et qu’il est assez attaché à cette ville. Il en va de même à Strasbourg où Catherine Trautmann peut compter ses abatis en cas d’élection puisqu’elle a refusé de se plier à cette politique d’alliance gauche – LFI. On notera que Trautmann vient d’être suspendue par le PS pour avoir voulue fusionner sa liste avec celle d’Horizons. Donc pour le PS faire alliance avec des antisémites, soutenant la violence et refusant toute démocratie, c’est parfait. Mais faire une fusion avec Horizons c’est inacceptable et mérite d’être suspendu. Tout cela confirme dramatiquement ce que j’écris.

Au final les « accords de la honte » sont devenus la norme un peu partout en France. PS, PCF, et écologistes ont bien compris que sans accord avec LFI leur avenir politique se trouverait derrière eux. N’oublions pas que le PS a eu 60 députés élus en 2024. Résultat inespéré si l’on se réfère au résultat de la présidentielle où Hidalgo (PS) avait réussi le score historique de 1,75 %. Du temps de la SFIO le record était à 5 % ce qui avait précipité la disparition de la SFIO et son remplacement par le PS dont Mitterrand prit la tête en 1971 (congrès d’Épinay). Record pulvérisé par Hidalgo. Et aujourd’hui le PS est gardé en vie sous respirateur artificiel par LFI car cela lui sert pour ratisser plus large. Si le PS ne joue plus le jeu comme il faut, LFI a les moyens d’appuyer sur le bouton et dans ce cas débrancher le PS qui disparaîtra dans le néant. Situation exactement identique pour le PCF qui ne doit sa survie qu’à l’accord de LFI et en conséquence ne réagit guère quand son chef se fait traiter de Doriot. En conclusion, ces élections municipales permettent de dire qu’il n’y aura pas de primaires de la gauche en octobre. Mélenchon sera le candidat de la gauche à la présidentielle et LFI arbitrera les investitures aux législatives de 2027. Et pour mettre les points sur les i et les barres aux t Mélenchon a déclaré à propos des socialistes « C’est des gros combinards, ils ne nous coûteront pas trop cher à acheter pour le second tour ». Quelqu’un n’a pas compris ?

C’est cela la vérité et le reste n’est que du baratin pour des enfants de 5 ans.

Bernard GERMAIN, Riposte Laïque

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