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#webtube : La population de Saint-Denis, profondément modifiée depuis 50 ans, vient d’élire un maire selon son cœur. Les résultats du premier tour des municipales se sont exprimés en pourcentages, ce dimanche soir, mais aussi par des mots. Ceux-ci sont révélateurs d’une victoire autre qu’électorale : des indices d’une nouvelle réalité. Bally Bagayoko, LFI élu maire de Saint-Denis (93), et Lahouaria Addouche, LFI qui sera présente au second tour à Lille, en sont la démonstration.
S’imaginant déjà victorieuse, Lahouaria Addouche l’affirme : « Dans une semaine, la Nouvelle France rentre au beffroi. ». Des mots très applaudis par les militants. La Nouvelle France ! La référence est ouvertement coloniale, le terme désignant nos territoires du Québec entre 1534 et 1763. Transposé à Lille, il désigne un remplacement : celui d’une ancienne France par une nouvelle. Changées, la population, les mœurs, la culture… Quant au beffroi, Lahouaria Addouche l’emploie par métonymie pour désigner la mairie, mais on ne peut s’empêcher de penser au rôle essentiel qu’avaient ces tours en matière de guet. Nos beffrois ne protègent plus des invasions.
Dimanche, je suis prête à être maire de #Lille.
— Lahouaria Addouche (@L_Addouche) March 15, 2026
Dans une semaine, la Nouvelle France rentre au beffroi. pic.twitter.com/HkfNtBg070
Saint-Denis, ville séparatiste
À Saint-Denis, Bally Bagayoko l’a emporté dès le premier tour, avec 50,77 %, face au maire sortant PS Mathieu Hanotin (32,7 %). Exit celui que Jean-Luc Mélenchon qualifiait, il y a quelques jours, de « petit bourgeois visqueux ». Place à un natif de Levallois-Perret qui a grandi à Saint-Denis. Gilbert Collard parle de « séparatisme », tandis que la journaliste Isabelle Saporta, recommandant de « ne pas faire semblant de ne pas voir » le résultat du scrutin, en conclut que « c’est la Nouvelle France contre la France blanche ». La Nouvelle France chère à Lahouaria Addouche.
Bally Bagayoko (maire LFI de Saint-Denis) : « Nous ne serons jamais du côté de ceux qui veulent gentrifier une population et faire en sorte que nos populations historiques quittent le territoire. »pic.twitter.com/zQ8P4rp1Ux
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) March 16, 2026
Faisant l’éloge de sa ville, le nouveau maire Bally Bagayoko en revendique le passé, non pas royal, qu’il abhorre, mais ouvrier, ainsi que l’immigration, avec 150 nationalités revendiquées. Il entend défendre et protéger cet état de fait. « Nous ne serons jamais du côté de ceux qui veulent gentrifier une population et faire en sorte que nos populations historiques quittent le territoire. » La gentrification ? C’est l’appropriation bourgeoise de quartiers populaires. Mais les ouvriers ne sont plus dominants, dans la ville. Saint-Denis est aujourd’hui une ville de cadres (32,4 %) et d’employés (22,7 %), loin devant les ouvriers (15,5 %).
Un changement de population établi par l’INSEE
Sous la vieille antithèse communiste bourgeois/peuple ou patrons/ouvriers, c’est en fait l’opposition entre autochtones et immigrés qui s’exprime, encore. En 2020, l’INSEE comptait dans la ville de Saint-Denis 69.800 non-immigrés et 43.000 immigrés. Ces derniers sont venus d’Europe, pour une toute petite part. D’Afrique, bien davantage. On compte près de 16.000 habitants dyonisiens du Maghreb, 13.600 d’Afrique noire.
Or, ces populations sont tout sauf « historiques ». La réalité de la Seine-Saint-Denis et de la ville de Saint-Denis était fort différente, il y a cinquante ans. Sur la période 1968-2021, le département a connu une hausse migratoire de 20 points, aboutissant à une part de population immigrée d’un tiers (la moyenne nationale est d’un dixième). C’est une recomposition de population récente, avec des ouvriers français et d’origine européenne remplacés par une immigration extra-européenne et très peu ouvrière.
En qualifiant cette population d’historique et en se portant garant de son « indéboulonnabilité », le maire de Saint-Denis lui donne une légitimité où s’agrègent racisme anti-Blanc, racialisation du débat public, remplacement de population… et partition du pays. Ce n’est pas un candidat, qui parle, mais un élu de la République française, ès qualités. On est prévenus.
Samuel Martin, dans BV
