– Saint-Denis : Stéphane Bern mène 1-0 face à Bally Bagayoko

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#webtube : Pour la restauration de la nécropole des rois, la compétence a primé sur le statut politique. L’élection de Stéphane Bern à la présidence de l’association « Suivez la flèche » chargée de piloter la reconstruction de la flèche de la basilique de Saint-Denis ne s’est pas déroulée sans tensions. En effet, le politique s’est rapidement invité dans ce vote à travers le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui n’a manifestement pas apprécié l’issue du scrutin. Le conseil d’administration a, finalement, choisi de confier cette responsabilité à une personnalité dont l’expérience, le réseau et l’engagement en faveur du patrimoine sont unanimement reconnus, privilégiant ainsi, par un vote démocratique, les vraies compétences au statut politique.

Une présidence qui n’appartient à personne

Créée en 2016, l’association « Suivez la flèche » assure le suivi de la reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique de Saint-Denis, disparue après les dégâts provoqués par la foudre en 1837, avant d’être démontée en 1847 sous la direction d’Eugène Viollet-le-Duc. Depuis le lancement du chantier en 2025, elle a alors réuni de nombreux acteurs, des spécialistes du patrimoine et des partenaires privés autour d’un objectif commun : redonner à ce monument chrétien sa flèche disparue, montant vers le ciel telle une prière.

À l’approche de l’élection du nouveau président de l’association, Bally Bagayoko a publiquement estimé que cette fonction devait naturellement revenir au maire de Saint-Denis, comme ce fut le cas de ses prédécesseurs – Patrick Braouezec, puis Mathieu Hanotin. Le conseil d’administration a toutefois rappelé qu’une telle présidence n’était rattachée à aucun mandat municipal et n’en n’était pas la propriété. Il a ainsi préféré porter son choix sur une personnalité dont la capacité à promouvoir le patrimoine, à mobiliser des mécènes et à donner une visibilité nationale au projet est largement reconnue : Stéphane Bern.

À ce sujet — Bagayoko décroche le portrait de Macron : acte sécessionniste en « Nouvelle France » ?

À la suite de cette décision, Bally Bagayoko a retiré sa candidature et n’a pas assisté au vote presque unanime (deux abstentions ayant été notées) qui a porté Stéphane Bern à la présidence de l’association. Mauvais joueurs, plusieurs proches du maire insoumis ont quitté la réunion, dénonçant des « manquements juridiques ». De son côté, Bally Bagayoko, vexé et touché dans son orgueil, a fustigé « une candidature sollicitée par des représentants de l’État sur la base d’une argumentation politique », une déclaration complotiste digne de Jean-Luc Mélenchon face à la défaite.

La compétence au service des Français et du patrimoine

Le choix de Stéphane Bern apparaît avant tout comme la reconnaissance d’un ensemble de compétences éprouvées. Depuis plus de vingt ans, l’animateur, écrivain et défenseur du patrimoine s’est imposé comme l’un de ses plus fervents ambassadeurs de notre culture. Grâce à ses nombreuses émissions, aux missions que lui a confiées l’État sur le patrimoine en péril et au Loto du patrimoine lancé en 2018, il a largement contribué à sensibiliser le grand public et à mobiliser des financements en faveur de centaines de monuments. Son expérience dans la recherche de mécènes, sa connaissance des acteurs du patrimoine et sa notoriété constituent des atouts majeurs pour un chantier dont plusieurs millions d’euros restent encore à réunir.

Stéphane Bern a, d’ailleurs, tenu à désamorcer toute polémique liée à son élection en déclarant au Figaro : « Je me suis présenté non pas contre le maire, mais dans une optique de rassemblement et d’unité, ce chantier nous dépassant tous. […] Je n’ai aucune envie de rentrer dans l’arène politique, surtout dans cette période préélectorale. Mon seul parti, c’est le patrimoine. » Il a également proposé qu’une vice-présidente issue de la municipalité rejoigne la gouvernance de l’association, témoignant ainsi de sa volonté d’associer l’ensemble des acteurs locaux à la réussite de ce projet patrimonial. Cette décision illustre la volonté de Stéphane Bern de privilégier le bien commun aux ambitions personnelles, de servir les autres plutôt que de se servir soi-même. À l’inverse, les réactions de Bally Bagayoko après son éviction traduisent sa difficulté à accepter une décision pourtant prise conformément aux statuts de l’association et à comprendre que tout maire de Saint-Denis qu’il est, il n’est pas le maître.

Eric de Mascureau, dans BV

– Bernard Arnault atomise Le Monde et s’offre une belle tribune

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#webtube : « Je vous soupçonne, très clairement, d’avoir puni la transparence », écrit le patron de LVMH après l’enquête du quotidien. « L’ironie est toujours une bonne garantie d’hygiène mentale », disait Romain Gary. À n’en pas douter, du haut de ses 77 printemps, Bernard Arnault est en pleine forme. Celui qui est la tête de la septième fortune mondiale n’a guère apprécié l’enquête que Le Monde lui a consacrée, en juillet, et a décidé de le faire savoir.

« Il paraît que je suis le chef de « la dernière famille royale de France ». Je l’ai appris en lisant Le Monde, entre deux tasses de thé. » Avec le flegme légendaire de Bertie, personnage romanesque créé par P.G. Wodehouse qui se félicite, dix fois par jour, des excellents états de service de son valet, « ce bon vieux Jeeves », Bernard Arnault raille avec un mépris croustillant les six volets que Raphaëlle Bacqué et Vanessa Scheider ont écrits sur son « empire », sa famille et lui-même. « Je n’ignore pas qu’en répondant, j’offre à ce feuilleton le projecteur qu’il espérait peut-être : un dernier épisode, signé de ma main », écrit le milliardaire, qui ne croyait pas si bien dire : sa réponse sur X a bientôt atteint les 6 millions de vues. Elon Musk, en personne, a tenu à lui apporter un soutien remarqué : « La meilleure façon de communiquer avec le monde est directement avec vos propres mots, et non à travers le miroir cauchemardesque de distorsion de la réalité qu’est la presse grand public traditionnelle. »

Cnews, Bolloré et Villiers

Le Monde décrit Bernard Arnault comme un « « partisan du libre marché » qui souffle à l’oreille de chaque président ». Celui qui vient de faire, ce 27 juillet, une entrée fracassante sur X « plaide coupable » et se confesse : « J’aurais dû rester avenue Montaigne à ne parler qu’à mon chien. » Il est écrit sur lui que son groupe adopte une « stratégie du business first » et que lui-même entretient des relations avec tous les grands de ce monde, Trump, Poutine, dirigeants chinois ; « qu’un groupe exportant l’essentiel de ses produits fabriqués en France place le commerce quelque part dans sa stratégie relèverait donc du scoop », raille le patron de LVMH, qui énumère les prochaines révélations du journal : « L’Oréal vend des produits de beauté, Danone s’intéresse à l’alimentation, Renault fabrique des voitures. »

Bien évidemment, Bernard Arnault « se prépare à la montée en puissance de l’extrême droite », écrivent nos consœurs ; comprendre : s’en rapproche. D’ailleurs, « l’influence de Cnews » et de son ami Vincent Bolloré n’y est pas pour rien. D’autant que les deux hommes d’affaires se sont rendus ensemble au Puy-du-Fou en 2024, chez Philippe de Villiers, « homme politique d’extrême droite ». Avec sa « petite galaxie médiatique », Arnault « tenterait d’imposer sa ligne à ses médias », ce qui semble surprendre ce dernier, puisque ces attaques proviennent d’un quotidien dont l’un des actionnaires n’est autre que son gendre, le patron de Free Xavier Niel. « Il faudra qu’on m’explique un jour, calmement et sans ironie, la géométrie exacte de l’indépendance éditoriale française. Je la trouve fascinante. Je paierais volontiers l’information. »

À ce sujet — Bernard Arnault fait un don de 50 millions d’euros à Polytechnique

Une affaire de succession

Le clou de ce feuilleton est tout de même les questions familiales du dirigeant français et de ses cinq enfants, et notamment celle de sa « succession ». Le Monde s’empresse de creuser les rivalités, les jalousies et les tensions engendrées par une transmission que le média décrit comme « le poison de LVMH », un groupe qui a réalisé 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en 2025.

« J’aurais aimé y trouver une nuance, écrit Bernard Arnault, celle qui permet à cinq personnalités fortes de travailler dans la même maison sans que cela tourne à l’opéra italien. Chez les Arnault, apparemment, on ne discute pas, on complote ; on ne délibère pas, on rivalise. »

Celui dont le denier entretien long format par le média LEGEND a été vu plus de 1,4 million de fois assume : « Dans le monde réel, mes enfants dirigent des maisons, forment des équipes, prennent des décisions et – sacrilège – s’appellent le dimanche. Ce qui, dans une famille ordinaire, s’appelle un dimanche s’appelle, chez nous, une intrigue. C’est une question de vocabulaire. Nous préférons les dimanches. »

Alors que tous les membres de la famille, à commencer par lui-même, se sont rendus disponibles pour répondre aux questions des journalistes, celui qui se constate faire travailler « 220.000 collaborateurs », dont « 40.000 en France », et avoir « contribué à hauteur de plus de 40 milliards d’euros au Trésor Public » s’étonne du traitement qui lui est réservé. « Je vous soupçonne, très clairement, d’avoir puni la transparence », reproche l’influent chef d’entreprise, qui termine sur cette sentence : « Quant à moi, rassurez-vous, je continuerai à pratiquer les mots croisés du Monde qui, eux, sont excellents. ». Fermez le ban !

Yves-Marie Sévillia, dans BV

– Pompiers, paysans : Nuñez remercie ceux qu’il a fait matraquer !

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#webtube : En faisant un point de situation sur les incendies, le ministre de l’Intérieur, excédé par les critiques sur le manque de moyens alloués à nos sapeurs-pompiers, est revenu sur le débat concernant la pénurie de Canadair, le jugeant « ridicule » ! Histoire de dédouaner le vrai coupable, Macron.

Mais, Monsieur le Ministre, si tant de médias et d’intervenants, pompiers en tête, dénoncent le manque de moyens pour affronter les mégafeux, c’est d’abord parce que notre Président, comme toujours depuis 10 ans, a fait des promesses sans jamais les tenir. Vous avez la mémoire courte…

En 2022, après le terrible incendie des Landes, il promettait de renouveler la totalité de la flotte des Canadair et de la porter à 16 appareils neufs en 2027.

« Cette promesse d’atteindre 16 Canadair neufs d’ici 2027 n’a pas été tenue. La flotte actuelle de la Sécurité civile reste limitée à 12 appareils vieillissants. »

En 2028 nous aurons 2 avions neufs supplémentaires et toujours 12 rossignols vieux de 30 ans, dont 7 sont en état de voler, compte tenu d’une maintenance de plus en plus difficile à observer. Et en 2032, si tout va bien, deux autres appareils porteront la flotte à 16. Ce qui signifie que les 3/4 de nos Canadair auront 36 ans de service. En milieu marin, voilà qui fait beaucoup.

Or, au sein de la panoplie de moyens évoqués, le Canadair reste le meilleur outil pour combattre les feux, y compris s’il y a du relief.

Un gouvernement attelé à la tâche

Vous nous dites que le gouvernement a préparé la saison des feux en prévoyant les moyens à positionner sur le territoire. Mais c’est la moindre des choses puisque c’est la mission du ministère de l’Intérieur. Encore heureux que vous ne restiez pas les bras ballants.

Oui, le budget de la Sécurité civile  est passé de 450 millions en 2017 à 800 millions aujourd’hui. Mais de 2022 à ce jour, la France s’est engagée pour 47 milliards en faveur de l’Ukraine, dont 9 milliards de dons bilatéraux.

Si la guerre en Ukraine n’est pas la nôtre, celle que mènent quotidiennement nos valeureux pompiers est bien notre guerre.

Ils ont perdu 3 des leurs sur le terrain et 84 ont été blessés. Par conséquent les moyens qu’ils réclament devraient être prioritaires sur ceux de l’Ukraine. Et chacun sait que l’aide occidentale est en partie détournée vers les paradis fiscaux.

C’est la France qui brûle sur 116 000 hectares, ce sont des citoyens français qui perdent leur biens et parfois la vie. La guerre contre le feu est vitale.

Nous avons 258 000 pompiers. 17 % de professionnels, 5 % de militaires et 78 % de volontaires. C’est insuffisant face aux incendies simultanés (13 566 feux déjà traités cette année). Les féliciter ne suffit pas.

Car ceux que vous félicitez aujourd’hui, pompiers, paysans, soignants, le pouvoir les a odieusement maltraités hier.

Contre les pompiers qui réclament des moyens et de meilleures conditions de travail, vous avez envoyé les CRS et les canons à eau.

Idem contre les paysans, qui sont en train de mourir sous les normes démentielles et la concurrence déloyale.

Idem pour les personnels soignants, qui travaillent sans moyens, en sous-effectifs et en insécurité constante, puisque l’État est incapable de mettre au pas les malfrats.

Mais paysans et soignants, sans la moindre rancune, sont venus spontanément aider nos pompiers, comme de nombreux citoyens.

Alors, quand tous ces soldats du feu, professionnels ou occasionnels, manifesteront pour une juste cause, n’oubliez jamais qui ils sont et comment ils ont fait preuve d’une solidarité sans faille dans cette épreuve.

Nous avons un Président irresponsable qui n’a donné suite à aucune de ses promesses. L’épisode des Canadair n’est qu’un élément du long chapelet des promesses non tenues.

Plus personne n’écoute ce monsieur qui s’écoute parler sans penser un seul mot de ce qu’il dit. En 9 ans, il n’a rien fait.

On attend toujours nos 15 000 places de prison, la baisse du nombre de fonctionnaires, le déficit public limité à 3 %, la dépense publique ramenée à 52 % du PIB, la dose de proportionnelle à 15 %, la baisse de 30 % du nombre de parlementaires, l’exécution de 100 % des OQTF.

Ses deux quinquennats ne nous auront apporté que 1 500 milliards de dettes supplémentaires, 5 millions d’immigrés de plus, une insécurité exponentielle et une menace de guerre avec la Russie qui ne nous a jamais agressés. Beau bilan !

Jacques Guillemain, Riposte Laïque

– Yazid Arifi veut « désoccidentaliser » la France. Marion Maréchal lui répond…

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#webtube : Excellente vidéo de Marion Maréchal qui répond à cette intervention de Yazid Arifi. Elles a su trouver les mots qu’il faut pour mettre en lumière l’objectif premier du groupe LFI. Faites tourner cette vidéo !

– « Loi anti-racaille » : en Italie, le gouvernement Meloni serre la vis contre la délinquance des mineurs

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#webtube : Ces dernières années, l’Italie est rattrapée par un fléau que nos concitoyens ne connaissent que trop bien : la violence de la racaille. Surnommés maranza, ces jeunes ultra-violents s’organisent en bandes pour former ce que nos voisins nomment des baby gangs. Si le terme prête à sourire, la réalité est celle de groupes informels criminels qui font régner la terreur au cœur des centres-villes. Face à ce phénomène qui pourrit le quotidien des honnêtes gens, le gouvernement Meloni a tapé du poing sur la table en faisant adopter un projet de loi « anti-maranza ». Une contre-offensive sécuritaire indispensable, qui subit, comme il fallait s’y attendre, le tir de barrage d’une gauche hors sol.

Le constat

Il Giornale les décrit de la sorte : « Les « maranza » sont principalement des immigrés de deuxième génération : administrativement italiens mais peu intégrés, avides de tout, d’argent, de belles voitures, et prêts à encercler les jeunes de leur âge pour se faire remettre bijoux et portefeuille. » Les mineurs non-accompagnés ne sont pas en reste : en 2025, 57 % des mineurs incarcérés sont étrangers alors qu’ils ne représentent que 8 % de la population.

La recrudescence du phénomène en Italie se traduit par une forte augmentation des signalements de mineurs pour vol avec violence (+100 % en 2024 par rapport à 2014), lésions corporelles (4 653 cas en 2024, presque le double par rapport à dix ans auparavant) et rixe (1 021 cas en 2024 contre 433 en 2014). Pire : au cours des 12 derniers mois, le nombre de meurtres commis par des mineurs a augmenté de plus de 150 %. Une violence principalement localisée dans les grands centres urbains et qui se caractérise par une banalisation de l’usage du couteau, illustrée par des agressions spectaculaires telles que le lynchage au Corso Como en octobre 2025 ayant laissé un étudiant paralysé à vie, ou l’attaque récente de juillet 2026 dans le métro de Milan ayant définitivement défiguré une jeune femme.

Face à cette insécurité grandissante et toujours plus grave, le gouvernement Meloni a répondu par un décret « anti-maranza » durcissant l’imputabilité pénale des mineurs dès 14 ans, une mesure qualifiée de prioritaire pour « remettre l’État du côté des honnêtes gens » malgré les critiques dénonçant une stigmatisation ethnique et sociale de toute une génération en crise d’intégration. 

Une réponse de l’exécutif

Le projet de loi « anti-maranza » (intégré au sein d’une vaste loi sécurité approuvée en Conseil des ministres en juillet 2026) opère le tournant sécuritaire majeur dont l’Italie avait bien besoin. Il cible directement les « baby gangs«  et la délinquance juvénile dans les zones urbaines et les lieux de vie nocturne. Le texte s’articule en quatre grands axes :

1. Renversement de la charge de la preuve pour les 14-18 ans

    • Présomption de responsabilité : le texte modifie radicalement l’article 98 du Code pénal italien. Auparavant, un juge devait prouver qu’un mineur était mature et conscient de ses actes pour le juger. Désormais, la capacité de discernement est présumée d’office dès 14 ans.« La responsabilité se substitue à l’incapacité« .
    • C’est au mineur (et à sa défense) de prouver son éventuelle immaturité ou son incapacité au moment des faits. L’âge de la majorité pénale reste fixé à 18 ans, mais les poursuites judiciaires deviennent automatiques et simplifiées. 

2. L’interpellation préventive étendue aux mineurs

    • Les forces de l’ordre obtiennent le pouvoir de procéder à des interpellations préventives de mineurs, une mesure jusqu’ici réservée à la gestion des manifestations violentes.
    • La police peut retenir un mineur s’il existe des « motifs raisonnables » de croire qu’il va perturber l’ordre public, notamment dans les quartiers touristiques, les transports ou les zones de movida (vie nocturne). 

3. Interdiction de rassemblement des « baby gangs« 

    • La loi introduit une mesure d’interdiction de regroupement. Si un groupe de 5 personnes ou plus adopte un comportement intimidant, harcelant ou violent dans l’espace public, le préfet peut émettre un avertissement et interdire formellement à ces individus de se réunir à nouveau dans des secteurs définis. 
    • Durcissement des peines : Le port d’armes blanches (couteaux, cutters) par les mineurs est lourdement sanctionné, tout comme les dégradations de biens publics commises en bande, qui deviennent une circonstance aggravante. 

4. Suppression du droit à l’indemnisation pour les cambrioleurs

    • Sur le plan civil, le texte introduit une disposition stricte : un délinquant blessé par sa victime alors qu’il commettait un délit (par exemple, un cambriolage ou une agression à domicile) perd tout droit de réclamer des dommages et intérêts à cette victime, dès lors que celle-ci a agi dans le cadre de la légitime défense, comme nous l’avions plus longuement évoqué ici.

Critiques

L’Union des chambres pénales italiennes et l’opposition critiquent une mesure jugée « purement idéologique », alertant sur le fait qu’elle bafoue les principes fondamentaux de la justice des mineurs, qui doit par nature privilégier l’évaluation individualisée et la réhabilitation… une conception de la justice dont on voit les effets tous les jours. 

Le gouvernement Meloni présente quant à lui ce projet de loi comme une riposte indispensable au sentiment d’impunité de certains mineurs. Tout en affichant sa fermeté, l’exécutif reconnaît les limites de la seule réponse pénale : « la fermeté sans alternatives ne suffit pas, mais les alternatives sans fermeté ne résolvent pas le problème. » Parallèlement au volet répressif, Rome rappelle son investissement sur le terrain social : aide aux familles, formation, insertion professionnelle, réhabilitation des quartiers défavorisés, renforcement de la présence de l’État dans les zones les plus difficiles.

Ce vaste programme illustre l’ampleur des défis structurels liés à une immigration de masse sur laquelle les Italiens n’ont pas été consultés et qu’ils rejettent en grande majorité .

Audrey D’Aguanno

breizh-info.com

– Les paysans aident les pompiers : c’est la belle France des solidarités naturelles !

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#webtube : Où sont donc les écolos auto-proclamés quand il s’agit de sauver les bois, la forêt, la faune et la flore ? Les militants d’Extinction Rebellion ne veulent donc pas manier l’extincteur ? Alexandre Jardin, avec son sens de la formule, les appelle « les taxis de la Marne ». Sur les réseaux sociaux, les vidéos montrant les tracteurs, à la queue leu leu, convergeant vers les incendies pour prêter main forte aux pompiers, ont rencontré un vif succès.

Ils viennent de Gironde, des Landes, mais aussi de Dordogne et parfois d’encore plus loin : ils ont répondu à l’appel des syndicats agricoles sans hésiter. « Les volontaires partent avec leur matériel et à leurs frais, laissant leur famille s’occuper de la ferme… avec un tracteur de moins », peut-on lire dans Sud-Ouest : « On se débrouille. Ça nous paraît normal. Si c’était chez nous, on serait content qu’ils viennent nous aider », explique Justin Losson, coprésident de la Coordination rurale de Dordogne. Lors des feux dans la forêt de Fontainebleau, déjà, des agriculteurs de Seine-et-Marne étaient venus donner un coup de main. Un pompier anonyme, sur Réel média, leur avait d’ailleurs rendu un vibrant hommage : « C’est vraiment touchant de voir des agriculteurs nous aider sans rien demander en retour », et concluant par deux fois : « C’est ça la France ! C’est ça la France, en fait ! » :«  La nuit par exemple, à 3 heures du matin, ils nous ont aidé à porter l’eau. Ils dont des citernes avec des tracteurs, ils nous attendent en bas des forêts, en bas des massifs, ça évite qu’on aille au poteau à incendie qui se situe peut-être à 500 ou 800 mètres pour faire le plein de nos camions. Ils nous ont permis de gagner de précieuses secondes  » raconte-t-il. «  On les remercie énormément ! ».

À ce sujet — [REPORTAGE] Dans le Sud-Ouest, au cœur des mobilisations contre les abattages de vaches

Pompiers et paysans malmenés…

À la campagne, d’ailleurs, il n’est pas rare que pompiers et paysans ne soient qu’une seule et même personne : beaucoup de pompiers volontaires chez les jeunes agriculteurs. Ces deux P ont d’ailleurs, en plus d’une initiale, un autre point commun : ils n’ont pas été ménagés par le gouvernement. On se souvient, en octobre 2019 – images désastreuses – de la dure répression d’une manifestation de pompiers, qui avait, du reste, jeté un certain malaise chez les policiers.

Quant aux paysans… entre signature empressée du traité avec les pays du Mercosur, envoi des Centaures à l’occasion de la crise de la dermatose nodulaire et gardes à vue arbitraires, le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont morflé. Les paysans de France répondent pourtant aujourd’hui présent, parce qu’ils sont ataviquement de cette ancienne France magnifique, de cette société de vieille souche pétrie d’entraide naturelle et de solidarités de voisinage, chères aux philosophes Burke et Thibon, que l’État s’est appliqué à détruire mais qu’il n’a jamais su remplacer.

Des artisans, des entrepreneurs locaux prêtent aussi leur outillage, viennent avec leurs tractopelles et leurs engins de chantiers. « Nous sommes des enfants du pays, nous avons grandi dans ces forêts, [les pompiers] viennent à notre secours, nous trouvons normal de les aider nous aussi », témoigne l’un d’entre eux.

Il y a aussi les militaires, envoyés en renfort, puis les forces de l’ordre, qui patrouillent dans les villes évacuées et les rues désertes pour prévenir les pillages.

Quand la France brûle, de quelque façon que ce soit, ce sont toujours les mêmes que l’on retrouve au front. Les paysans, les soldats, les artisans… ceux qui servent avant de se servir.

Où sont les militants écolos ?

Où sont donc, pour sauver les bois, les forêts, la flore et la faune (car c’est aussi un drame pour les animaux) les pasionarias vertes, de Marine Tondelier à Sandrine Rousseau en passant par Dominique Voynet ? Et les maires EELV qui ont inconsidérément prôné sans relâche la prolifération des mauvaises herbes, avec cette idée follement utopique et progressiste – cela vaut aussi en matière de justice – que l’ivraie vaut bien le bon grain ? Où sont les militants d’ONG gavées aux subventions publiques ? Et Extinction Rebellion quand il s’agit de manier justement les extincteurs ?

Qui sont les plus écolos aujourd’hui ? Les  paysan de France, qui ont un lien charnel avec leur terre et seraient prêts à mourir pour elle – car en rejoignant les pompiers, la prise de risque est réel – ou ces agitateurs hors sol de grandes métropoles ?

Gabrielle Cluzel, dans BV

– Ils vont vous FORCER à montrer vos papiers pour parler sur les réseaux…

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#webtube : Le Parlement a définitivement adopté le 21 juillet 2026 une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de quinze ans. À partir du 1er septembre pour les nouveaux comptes et au 1er janvier 2027 pour les existants, les plateformes devront vérifier l’âge de tous leurs utilisateurs par des systèmes dits fiables : pièce d’identité, selfie avec détection de vivant, estimation par intelligence artificielle ou tiers de confiance. L’Arcom pourra sanctionner lourdement et même bloquer les services. Officiellement, il s’agit de protéger la jeunesse contre l’addiction, le harcèlement et les contenus toxiques. En réalité, cette mesure s’inscrit dans une logique de contrôle généralisé de l’identité en ligne qui s’étend bien au-delà des mineurs.

LE PRÉTEXTE HONTEUX ET HYPOCRITE
Présenter cette obligation comme une simple protection des enfants relève de l’hypocrisie la plus crasse. Les mêmes autorités qui laissent prospérer des algorithmes conçus pour capturer l’attention des plus jeunes, qui n’ont jamais imposé aux plateformes de casser leurs modèles économiques addictifs, découvrent soudain la vertu. La santé mentale des collégiens devient le cheval de Troie d’une identification numérique obligatoire pour tous. Alexis Poulin le résume sans détour sur X : « Il est faux de parler d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, en réalité, c’est une loi d’obligation d’identification numérique pour tous. La santé mentale des enfants est un faux prétexte. » Plus récemment, le 22 juillet, il ajoute : « Depuis 2018, Macron n’a qu’un but, réguler, encadrer et limiter la parole publique sur les réseaux sociaux, avec en ligne de mire la fin de l’anonymat. La loi de contrôle d’identité pour l’accès aux plateformes n’est pas une loi pour protéger la jeunesse, c’est une mesure pour éviter l’émergence de gilets jaunes à l’avenir. »

DIDIER MAÏSTO SONNE L’ALARME
Didier Maïsto, sur son compte @DidierMaisto, a longuement analysé le dispositif dès juin 2026 sous le titre « Numérique : en route vers le néofascisme, dans le silence des agneaux ». Il détaille comment la vérification d’âge crée une infrastructure de contrôle d’identité généralisée. Même le double anonymat vanté par l’Arcom et la CNIL ne change rien : une couche d’identification apparaît. Une fois déployée pour les mineurs, elle s’étendra facilement aux adultes sous prétexte de lutte contre la désinformation ou les ingérences. L’Arcom gagne des pouvoirs de police administrative, avec blocages possibles en quarante-huit heures. Les plateformes, face aux amendes colossales, vont renforcer l’autocensure. Les voix dissidentes seront les premières étouffées. Maïsto insiste : la liberté d’expression repose sur la possibilité de parler sans peur de représailles. Rendre l’identification obligatoire pour participer à la place publique numérique fragilise lanceurs d’alerte, dissidents et citoyens ordinaires. Le glissement progressif est déjà écrit : de la pornographie aux réseaux, puis à d’autres services, jusqu’au moment où le pouvoir décidera de ce qui est dicible.

RÉGIS DE CASTELNAU ET L’INCONSTITUTIONNALITÉ
Régis de Castelnau, @R_DeCastelnau, a partagé le 22 juillet une analyse titrée « L’inconstitutionnelle interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans ». Pour lui, le système continue ses tentatives de mise en place de systèmes de censure pour garder la main. Il souligne que le texte a été rédigé du pied gauche par des clowns et rappelle la baffe administrée par le vice-président du Conseil d’État à la secrétaire générale du gouvernement. Derrière la protection affichée se cache une atteinte claire aux libertés publiques et à la liberté d’expression. L’obligation de prouver son âge pour accéder à l’espace public numérique constitue une restriction disproportionnée.

VERS LA FIN DE L’ANONYMAT ET LE CONTRÔLE TOTAL
La Quadrature du Net et de nombreux observateurs indépendants insistent : toute vérification d’âge repose in fine sur l’identité civile. Le double anonymat n’est qu’un leurre. Les fuites de données passées, y compris sur des services d’État, montrent les risques. Les contournements par VPN ou faux documents seront massifs, rendant la mesure inefficace tout en instaurant un filet de surveillance. Cette loi n’est pas isolée. Elle s’ajoute au DSA européen, aux pressions sur les plateformes et à la volonté affichée d’étendre les contrôles. Le prétexte des mineurs sert à normaliser ce que l’on n’oserait pas imposer frontalement aux adultes. C’est un attentat clair et évident contre les libertés publiques.

Source : Idriss J. Aberkane, Ph.D x3

– La chanson du jour, Youssou N’Dour – 7 Seconds ft. Neneh Cherry

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#webtube : Sorti en 1994, ce duo entre le Sénégalais Youssou N’Dour et la Suédoise Neneh Cherry est bien plus qu’un simple tube : c’est un hymne à la tolérance, à l’innocence et à l’espoir. Chantée en anglais, en français et en wolof, la chanson rappelle qu’à la naissance, chaque enfant passe ses sept premières secondes de vie sans connaître ni la haine, ni les préjugés, ni les différences qui divisent les hommes. Portée par une mélodie sobre et intemporelle, la voix chaleureuse de Youssou N’Dour se marie à merveille avec celle de Neneh Cherry. Le résultat est une émotion rare, qui touche encore aujourd’hui des millions d’auditeurs.

#webtube : Released in 1994, this duet between Senegalese artist Youssou N’Dour and Swedish singer Neneh Cherry is far more than just a hit song: it is an anthem of tolerance, innocence, and hope. Sung in English, French, and Wolof, the track reminds us that at birth, every child spends their first seven seconds of life knowing neither hatred nor prejudice, nor the differences that divide humanity. Driven by a simple, timeless melody, Youssou N’Dour’s warm voice blends beautifully with Neneh Cherry’s. The result is a rare emotional resonance that continues to touch millions of listeners today.

Source :
Youssou Ndour

– Le totalitarisme du Bien

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#webtube : Écologie rédemptrice, école sous tutelle idéologique, justice militante, enfants soustraits à leurs familles au nom du Bien : dans « La République de Gaïa », Alexis Legayet pousse jusqu’à leurs limites les tendances liberticides de notre époque. Nourrie de la philosophie de Platon, d’humour noir et d’une ironie mordante, la nouvelle dystopie de ce prolifique romancier est à la fois drôle et inquiétante. Entretien avec un auteur qui a choisi les armes de la satire plutôt que celles de l’essai.

Bien, du climat, de l’inclusion et de la protection des plus faibles, toutes les institutions – école, justice, aide sociale à l’enfance, médias – sont progressivement gagnées par une nouvelle morale officielle. À travers plusieurs personnages, notamment Alice, jeune institutrice convaincue d’incarner le Progrès, Alexis Legayet décrit une société où les certitudes idéologiques l’emportent sur le réel, où le soupçon permanent dicte les rapports sociaux et où l’éducation sert à façonner un « homme nouveau ». Nourri de débats contemporains (notamment sur les dysfonctionnements de l’ASE) et de références philosophiques (en particulier à Platon), cette dystopie politique mêle humour, caricature et réflexions sur les dérives possibles d’une société persuadée d’agir au nom du Bien.

ÉLÉMENTS. Votre œuvre riche d’une quinzaine de romans est un mélange de satire philosophique et d’anticipation sur certaines dérives de notre époque (féminisme castrateur, antispécisme et écologisme radicaux, omniprésence de l’IA). Vous avez choisi de passer par la fiction, l’ironie et le grotesque plutôt que par l’essai. Qu’est-ce que le roman vous permet de dire que l’essai ou la tribune ne permettraient pas ?

ALEXIS LEGAYET : À l’origine de chacun de mes livres, il y a en effet le désir d’explorer une question de notre temps. Sur ce point, et pour ce qui me concerne, la forme roman possède un quadruple privilège sur l’essai sociologisant ou philosophique : celui d’être statutairement une fiction, décollée par principe d’une position de vérité ; celui d’incarner des idées – dans des corps, dans des histoires passionnées que la logique abstraite a naturellement tendance à nous faire oublier ; celui – qui n’est pas rien – de m’amuser (et peut-être, sait-on jamais, un ou deux autres avec) ; celui, enfin, d’être désengagé…

Et tout cela va ensemble : quoi que dans le combat qui oppose les conservateurs et les progressistes, je sois plutôt de cœur du côté des premiers, je dois non seulement admettre mon incapacité à fonder en raison mes positions spontanées, mais, davantage encore, que la force des arguments est souvent du côté des seconds.

Qu’opposer par exemple aux arguments moraux des végétariens, sinon l’habitude et la tradition qui, du point de vue de la raison, ne sont peut-être rien d’autre que des formes mystifiées du droit du plus fort ? Et pourtant quelque chose résiste… quoique déstabilisé, je ne suis pas convaincu. D’où, afin notamment d’y voir un peu plus clair, l’idée d’incarner davantage ces discours ; car si la vérité est (peut-être) ultimement indécidable – de ce point de vue, je tiens une position sceptique -, reste que discours progressistes et conservateurs mobilisent des corps et des passions qui, dans leur confrontation, écrivent des histoires potentielles en lesquelles se jouent ces questions de notre temps.

Comme tout romancier, je me fais alors spectateur de ce combat dont je tente d’épouser la logique idéelle et passionnelle (celle de mes personnages, celle des situations) sans savoir par avance où elles vont m’emmener. D’où un désengagement de principe : dans mes romans du moins, je tente de ne pas prendre parti, je laisse mes personnages jouer leur rôle, où qu’il puisse les mener dans cette comédie. De là le fait qu’à propos du même livre (Dieu-Denis ou le divin poulet), des végans m’aient remercié d’avoir pris fait et cause pour les animaux (j’avais même été sélectionné pour un prix animaliste), quand de vieux conservateurs carnivores s’enchantaient, eux, que je me fiche si allègrement des animalistes…

D’un point de vue littéraire, d’ailleurs, ce désengagement me semble tout à fait essentiel. Si je n’étais désengagé (temporairement, partiellement, littérairement…), je ne pourrais m’amuser de situations parfois objectivement tragiques – car c’est cela que fait le romancier – ce sadique ! – qui jouit et rit parfois non seulement du mal dans lequel il plonge ses propres personnages, mais des maux du monde lui-même, qui sont tous pour lui une excellente occasion pour écrire.

Une tragédie inédite survient – attentat, meurtre, suicide, que sais-je ? Tout le monde crie, pleure, lève le poing ! Le romancier, lui, jubile (pour partie, bien entendu) : « oh, la belle histoire ! »

Un exemple : ce roman (La République de Gaïa) développe l’idée de placements abusifs d’enfants par une ASE (Aide Sociale à l’Enfance) mise au service d’un État écologiste ayant pour but de libérer la jeunesse de l’influence délétère des familles. Je me souviens du moment où l’idée a germé. J’étais en voiture, j’écoutais la matinale de Radio Courtoisie. Une avocate y disait que la moitié des placements d’enfants étaient, selon elle, des placements abusifs. La moitié ! Soit environ 150 000 ! 150 000 enfants, en France, arrachés à leurs parents pour des raisons, selon elle, infondées (et idéologiques) ! Réalité abominable ! J’imaginais, bien sûr, mes propres enfants enlevés… mais… oh la belle histoire ! Je tenais là mon roman. Jubilation… Horreur et jubilation… horreur donc jubilation, plutôt, car jubilation devant mon propre sentiment d’horreur, dont je me faisais ici l’horrible spectateur. Attitude perverse, immorale, mais caractéristique : tout est nourriture pour le romancier. Comme la hyène, il se repaît des cadavres. Ce n’est donc pas un hasard si le vertueux Platon proposait de ramener les poètes (faux, injustes, immoraux) à la porte de la Cité…

ÉLÉMENTS. Platon, justement… La République de Platon irrigue tout le roman. Vous semblez suggérer que l’idée d’une cité parfaitement vertueuse peut facilement glisser vers une société de contrôle. Pourquoi avoir choisi Platon comme fil conducteur ?

ALEXIS LEGAYET : La République de Gaïa est, en effet, la tentative de la part d’écologistes progressistes de réaliser une République parfaite, orientée par le Vrai et le Bien, comme l’était celle imaginée par Platon. Certes, eu égard aux évidences du temps, Platon, vieil archaïque qui, non content de hiérarchiser les êtres (défendant, par exemple, pour les humains, un authentique racisme), figeait le mouvement et essentialisait ce que nous, modernes, savons n’être qu’historique, peut tout autant nous apparaître comme un affreux fasciste… Alain Badiou ne s’y est toutefois pas trompé : on peut tout aussi bien lire la République comme un élan à prolonger vers ce Bien et ce Vrai que serait le communisme.

En ce qui nous concerne, aujourd’hui, la reconnaissance du caractère transitoire de toute identité ne nous invite-t-elle pas, en effet, à nous unir, nous fondre, nous dissoudre dans le Commun ultime (celui de la Cité, pour Platon ; celui de Gaïa, aujourd’hui ; celui du Cosmos, demain) ?

Toute fixation (sur une nation, un genre, une espèce…), toute fermeture (sur l’autre : qui est essentiellement le même, mon frère, mon prochain) – comme refus du Bien et de la Vérité – n’est-elle pas taxée de “fasciste” ?

Nonobstant son archaïsme, chez Platon, l’élan est là : 1) le but d’abord : organiser une république unie non par le hasard de l’histoire, mais par un véritable Bien ; 2) dont les fondements soient accessibles à la seule raison humaine (d’où le caractère ouvertement “scientifique” de la nouvelle République) ; 3) la critique des “imbéciles” (identitaires, climatosceptiques, gilets jaunes, et “nez rouges” dans le livre) enfermés dans la caverne de leurs préjugés archaïques dont les Sachants gouvernants doivent idéalement les libérer (et en tout cas les diriger et guider) ; 4) la nécessité fondamentale de l’éducation, et spécialement celle des enfants, afin de guérir à la source la Cité de l’erreur et du mal historique ; 5) le rôle essentiel de la musique dans la formation des âmes – dont la République de Gaïa fera un usage intensif ; 6) la question du désir – du désir érotique – et de sa nécessaire sublimation au sein du processus éducatif (dans Le Banquet, surtout, cette fois) ; 7) l’interdiction, enfin, des pensées déviantes, et, par exemple, de ces poètes et chansonniers suivant les délires immoraux et antisociaux des passions et des traditions sans fondement.

Tout cela est en Platon, du moins en un certain Platon… puisque, refusant (lui aussi) la forme du traité au profit de l’espace fictionnel du dialogue, le philosophe s’échappe toujours derrière ses personnages – dont on ne peut donc dire d’aucun avec sûreté qu’il est le véritable Platon (pas même Socrate). Le philosophe Alain nous invitait ainsi à ne pas trop prendre au sérieux les thèses jaillissant des dialogues, au profit du jeu libre et jubilatoire de la pensée d’où elles ont problématiquement et parfois seulement ludiquement émergé…

ÉLÉMENTS. Malgré les sujets graves – école, justice, protection de l’enfance, surveillance idéologique – le roman est très drôle. Pourquoi avoir choisi la comédie, plutôt que le roman tragique ?

ALEXIS LEGAYET : Le fond est tragique, bien entendu. On le sait, on le rappelle… je joue ici et là, dans le roman, quelques notes en mineur… mais pas trop, et le moins possible. Par tempérament d’abord, je refuse de m’ensevelir là-dedans. Trop déprimant (car je suis un sensible)… Non, je préfère prendre de la distance et m’amuser de ces situations, ce qui suppose toujours une forme plus ou moins grande d’ “anesthésie de la sensibilité” (Bergson) – donc une part “diabolique” (Baudelaire). Qu’une partie du réel échappe alors, j’en conviens – je la fuis ! – mais que, par la voie comique, quelque chose de ce dernier s’éclaire aussi est évident : on ne peut rire à propos que de ce qui est intrinsèquement risible.

Selon la formule de Bergson, sont risibles les vivants qui se comportent comme des mécaniques – ceux qui se croient libres et lucides, et sont inconscients des logiques qui les meuvent, malgré eux. L’idéologie – dans ce roman : le progressisme militant des citoyens de Gaïa -, qui, parce qu’elle ignore structurellement des pans entiers de la réalité (au nom d’un Bien et d’un Vrai fantasmés), est logiquement destinée à glisser sur des peaux de banane et à se prendre des portes dans le nez, est une excellente matière pour tisser des romans comiques.

Anthony Marinier, Revue Eléments

Alexis Legayet, La République de Gaïa, 294 p., 17€

– Affaire Barbara Butch: du rififi dans la convergence des luttes

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#webtube : Après s’être illustrés en février en participant au lynchage mortel du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon, les militants du parti de Jean-Luc Mélenchon réalisent l’exploit de chasser une DJ de la scène où elle se produisait à Grenoble, parce qu’elle est juive.

Il est Français, il a vingt-six ans, c’est un expert en arts martiaux qui a en horreur les homosexuels et a traité un opposant de « sale tapette ». Il est proche du gendre de Jean-Luc Mélenchon1, député de Villeurbanne, et est chargé chez LFI de la lutte contre le fascisme. Allan Brunon est un pur exemple de la nouvelle vague mélenchoniste et il est proche du centre du dispositif. Il préside le groupe LFI au conseil municipal de Grenoble (38) et à la métropole, ainsi que la commission des finances; il a rompu son alliance avec la maire écologiste de Grenoble, Laurence Ruffin, alliance qu’ils avaient appelée  «Front républicain» comme si leur adversaire, Alain Carignon, LR, était hors du cadre de la République. 

Insultes et jets entrainent la suspension du spectacle

C’est Allan Brunon qui s’est vanté d’avoir tout fait pour obtenir la déprogrammation de Barbara Butch et qui remercie «les Grenoblois», en vérité le groupe de manifestants LFI, d’avoir manifesté leur colère, en réalité plus que de la colère, des sifflets, des insultes, des graviers, des liquides, des bouteilles de verre, qui ont entrainé le 18 juillet la suspension du spectacle de la DJ.


Barbara Butch est un pied de nez aux convenances du bon goût bourgeois; son surnom lui-même tourne en dérision celui d’une épouse et mère de deux présidents américains conservateurs. Elle avait donc tout pour que le mouvement LGBT+ prenne sa défense quand elle reçut des tombereaux d’injures après sa prestation au cours du spectacle lors des Jeux Olympiques de Paris. Et elle a, à juste titre, obtenu alors ce soutien.

Mais son nom n’est qu’un surnom. Barbara Butch est née de parents juifs et elle a commis l’irréparable, elle a signé un communiqué de soutien à la proposition de loi de Caroline Yadan sur l’antisémitisme. 

En raison de sa signature elle a été harcelée sans relâche sur les réseaux sociaux et cette fois-ci elle n’a pas reçu d’aide des organisations LGBT+ les plus actives, telles SOS homophobie. Un militant l’explique : en signant une tribune en faveur de Caroline Yadan, Barbara Butch a détruit « la convergence des luttes ». 

A lire aussi, Dominique Labarrière: The Perfect Woman (ou presque)…

La notion de convergence des luttes résulte du concept d’intersectionnalité concocté par l’universitaire californienne Kimberlé Crenshaw sur la base d’une constatation simpliste mais qui se prête à la généralisation: comme les femmes sont discriminées par rapport aux hommes et les Noirs par rapport aux Blancs, si les femmes et les Noirs unissaient leurs revendications, celles-ci auraient plus de puissance… Donc toute lutte doit être globale. C’est ainsi que lors d’une manifestation en faveur de Gaza, à un journaliste qui lui signalait que sous le Hamas il aurait couru le risque d’être jeté du toit d’un immeuble, un militant LGBT a répondu: « C’est qu’on n’a pas bien expliqué aux Gazaouis que nous partagions leur combat…»

Pour que cette convergence des luttes soit efficace, elle exige une hiérarchisation et un symbole. Ainsi la lutte contre l’homophobie est moins porteuse que celle contre l’impérialisme. Comme symbole, le «capitaliste», en dehors des néo-staliniens archaïques, ne peut plus servir de repoussoir ultime alors que les usines disparaissent et que beaucoup de jeunes ne rêvent que de gagner de l’argent. Le palestinisme est ainsi devenu le nouveau fétiche identificatoire. 

La cancel culture peut donc être physique

Barbara Butch a failli à la lutte originelle, elle doit être effacée et peu importe qu’un homophobe assumé soit son exécuteur. Les militants féministes et LGBT devraient être interpellés mais la majorité d’entre eux restent muets tant ils aspirent à être acceptés par ceux qui sont «du bon côté de l’histoire».

En Californie, le candidat démocrate le mieux placé pour succéder à Nancy Pelosi s’appelle Scott Wiener, Juif et homosexuel, il a donné tous les gages de la bien-pensance en déclarant notamment qu’Israël est un Etat génocidaire, mais cela n’a pas suffi et il a été chassé de la manifestation homosexuelle de San Francisco[1] dont il avait été l’un des piliers pendant des années parce que comme Juif il était désormais étranger aux causes communes. Le cinéaste Nadav Lapid, qui a quitté Israël pour la France en raison de son hostilité au gouvernement israélien, a dû démissionner d’un jury de cinéma[2] car son nom rappelle qu’il provient de l’Etat maudit. Et que dire de Joann Sfar et de tant d’autres, peu suspects d’être des annexionnistes messianiques et exterminationistes, voire d’Anne Frank et Primo Levi dont les portraits viennent d’être souillés à Milan[3] ?

Il s’agit désormais de faire disparaitre des Juifs de la scène non pas pour ce qu’ils font mais pour ce qu’ils sont. Le procédé entre dans la cancel culture, mais il est  connu de longue date. Il a fleuri en URSS et dans les démocraties dites populaires, telle la Pologne des années 70. La responsabilité de Mélenchon est accablante mais les sondages suggèrent que ses électeurs, les jeunes surtout, n’ont pas été rebutés par ses récentes dérives. Ses adjoints, tels Manuel Bompard vont au déminage et prétendent que c’est au nom de la liberté d’expression que LFI, qui en est évidemment le plus grand défenseur, favorise l’expression des protestations contre un gouvernement « génocidaire » et que cela n’a rien, absolument rien, à voir avec l’antisémitisme. 

Il faut vouloir être aveugle pour le croire. Mélenchon ne veut pas renier les fondamentaux qui lui assurent l’enthousiasme de son socle électoral et il trouvera des échappatoires aux plus inexcusables de ses disciples. Mais il pense aussi et surtout à ce deuxième tour où il prendrait la posture de défenseur de la République et de ses libertés contre le danger fasciste. C’est peine perdue…

Richard Prasquier, Causeur


[1] https://edition.cnn.com/2026/06/29/us/scott-wiener-gaza-israel-california

[2] https://www.causeur.fr/le-proces-de-nadav-lapid-328778

[3] https://israj.media-j.com/article/65668/milan-une-fresque-en-hommage-a-anne-frank-et-primo-levi-vandalisee-par-des-graffitis-antisemites


  1. Gabriel Amard, époux de Maryline Mélenchon NDLR. ↩︎
Le quotidien de gauche Libération, hier.