. L’annulation du Festival d’Angoulême, symbole de la crise de la bande dessinée

Articles : Fev 2026Jan 2026Dec. 2025Nov. 2025
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#webtube : Du 29 janvier au 1er février 2026 devait se tenir le 53e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Boycottée, la société organisatrice a annulé le projet, dont dépendent pourtant les autres acteurs économiques du milieu. La crise de la BD occidentale est économique, technique et idéologique. L’annulation du festival d’Angoulême n’en est pas la cause, mais elle empire la crise. Pendant ce temps, les productions des concurrents asiatiques prospèrent et remplacent un marché saturé, en privilégiant l’accessibilité.

La société 9+ Art, qui organisait le festival depuis 2017 était l’objet de vives critiques  d’une grande partie des éditeurs et des auteurs de bande dessinée. Gouvernance opaque, déséquilibre dans l’exposition et problèmes de gestion, autant de facteurs qui ont fait perdre à la société la confiance de l’ensemble des acteurs. Courrier International rapporte également des accusations de « management toxique », qui s’ajoutent à des affaires judiciaires.

Auteurs et éditeurs ont appelé au boycott du festival et les grands éditeurs ont décidé de ne pas s’y présenter. Delcourt, Dupuis, Casterman, des noms sans qui le festival ne serait plus le même. Les collectivités ont pour leur part décidé de baisser les subventions en réaction à la protestation, ou supprimé purement et simplement leur soutien financier.

L’accélération d’un déséquilibre

Si l’annulation du festival n’a pas été causée par les difficultés structurelles de la BD, elle agit comme un révélateur. Car le festival était le principal lieu de consécration symbolique, d’exposition pour les créateurs, et un moment clé du calendrier éditorial. Tout se jouait là-bas.

De fait, le festival accentuait des déséquilibres déjà existants : les grands éditeurs avaient les moyens d’occuper l’espace, pour communiquer et faire des ventes en direct. Les petits éditeurs et auteurs dépendaient du festival pour exister et être remarqués médiatiquement. Un moment crucial de visibilité, et évidemment le principal point de rencontre entre les auteurs et leur lectorat.

La crise de la BD

Depuis 20 ans, le volume de bandes dessinées éditées a explosé. Les éditeurs publient plus que jamais, alors même que les ventes baissent. Peu de titres fonctionnent bien, et la plupart des auteurs ne peuvent vivre de leur activité.

Le risque de l’édition est transféré aux auteurs. Les éditeurs demandent « ce qui marche », laissant peu de place à la réinvention du format, tandis que les auteurs doivent longtemps attendre leurs droits, et le cas échéant, absorber l’échec.

Les librairies sont saturées (jusqu’à rencontrer des problèmes de stockage), et les sorties trop importantes sont devenues illisibles par le public. Un public qui s’est généralement reporté sur le manga, surtout pour les plus jeunes générations. Plus de pages, moins cher, rapidement lisible, le format a conquis la jeunesse qui  se détourne de la bande dessinée franco-belge.

BD : un format figé et une idéologie poussive

Une large part de la BD d’auteur et de la BD officielle (disposant d’une légitimité institutionnelle) est marquée par des thèmes progressistes. Entre récits féministes, antiracistes, dénonciation des dominations sociales, le public est naturellement blasé de ces récits idéologiques prescriptifs, convenus et conformistes, qui se multiplient sans fin

La BD a tendance à se considérer comme un auto-référentiel, et donne l’impression de s’écouter écrire. Marvel et DC, les comics américains, ont eux aussi succombé aux sirènes du wokisme, désintéressant parfois jusqu’à leur public traditionnel. Ils partagent avec la BD le même problème de message sur-moralisé et convenentionnel, de licences sempiternelles et de continuité illisible pour un non-initié.

Manga, un marché adapté à la consommation contemporaine

Le succès du manga, et plus récemment du manhwa, ne tient pas seulement à son prix ou à son format, mais à une vision du monde foncièrement différente. Le manga privilégie l’immersion et la fidélisation du lecteur plutôt que la démonstration idéologique. C’est le volume narratif et la continuité du récit qui séduisent : progression claire, enjeux durables, sérialisation assumée.

 Le contraste est frappant. Un tome moyen de manga propose entre 180 et 220 pages pour un prix de 7 à 8 euros, contre 48 à 56 pages pour environ 15 euros dans la BD franco-belge classique.

Le Manhwa, manga coréen, est aussi en voie de concurrencer la production occidentale. Si le manhwa suit le format du manga, il est en couleur, suit un rythme de parution effréné et est d’abord pensé pour la publication numérique. Par ailleurs, il y a une continuité entre ces formats et les séries animées qui en sont issues, un avantage d’adaptation du format qui fait encore défaut à la bande dessinée.

César Cavallère, Revue Eléments

. Sans la France, l’Allemagne et l’Italie bâtissent l’Europe atlantiste

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#webtube : Tandis que Berlin et Paris enchaînent les mésententes, l’Italie se présente comme le nouveau partenaire favori de l’Allemagne. En Europe, malgré le désengagement progressif (et partiel) annoncé par l’administration de Donald Trump, l’atlantisme semble avoir de beaux jours devant lui…

Par ses déclarations sur le réarmement et l’accroissement de son poids au sein de l’Union européenne (UE), Berlin ne cache plus sa volonté de défendre ses intérêts propres et d’assumer une politique de puissance. Quant à la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, celle qui fut longtemps présentée comme une contemptrice de l’Union européenne, elle a su s’imposer comme une interlocutrice sérieuse à Bruxelles, tout en maintenant des liens privilégiés avec la Maison Blanche. Au milieu des bouleversements mondiaux, la France semble reléguée au rang de commentateur. Avec le retrait – partiel ? – des États-Unis, l’Europe est à la croisée des chemins. La question est simple : quel ordre va-t-il succéder à la pax americana ? Une pax franco-germanica comme on la souvent cru et espéré à Paris ? Ou alors une pax italo-germanica ne coupant pas le cordon ombilical avec le maître étasunien ? Tout semble indiquer que c’est vers cette deuxième hypothèse que nous nous dirigeons.

Le monde qui vient

À la fin du XIXe siècle, le déclin de la pax britannica – fin des guerres de la Révolution et de l’Empire mettant un terme à la rivalité franco-britannique – est l’une des raisons du déclenchement de la Première Guerre mondiale. À l’époque, les grandes nations se lancent dans une quête de puissance pour dominer leurs rivales.

Rompant avec la volonté de limiter l’Allemagne à sa vocation continentale, Guillaume II met en place la Weltpolitik pour faire de son pays un « grand » du monde, notamment par l’expansion coloniale. Pour accomplir son souhait, l’empereur s’appuie sur l’amiral Tirpitz et se constitue une imposante Kriegsmarine. Auteur du Monde confisqué : essai sur le capitalisme de la finitude (XVIe-XXIe siècle)[1], l’économiste et historien Arnaud Orain affirme que cette montée en puissance continue « jusqu’à cet « apogée » dans les années 1930 d’une Allemagne nazie pressée d’accaparer des terres à l’Est et de détruire des populations, mais aussi avec les replis des autres pays européens sur leurs silos impériaux[2] ».

Aujourd’hui, nous retrouvons une situation semblable avec d’anciens (États-Unis, Russie) et de nouveaux acteurs comme la Turquie, la Chine ou encore l’Inde. Dans un monde où la baisse de rendement des capitaux se conjugue à une course pour s’emparer des ressources – hydrocarbures, terres agricoles, terres rares et minerais stratégiques – et de nouveaux débouchés, les plus forts tentent de s’emparer des plus faibles pour les dominer, les piller, puis les ranger sous leur coupe.

L’ère des promesses libérales, d’ouverture et d’enrichissement généralisé par le « doux commerce » (que ce soit pour les États, pour les entreprises privées ou pour les individus) se termine. Nous avons sous nos yeux un monde fermé et fini avec une concurrence féroce pour avoir la main sur des ressources naturelles en quantité limitée. Les objectifs sont clairs : consolider la résilience des États et faire advenir des modèles autarciques dans des secteurs stratégiques comme l’industrie, l’énergie ou la souveraineté alimentaire. Tous les acteurs nationaux doivent préempter la possibilité de monopoliser des ressources, des routes maritimes, des portions d’océan, l’espace, le cyberespace, etc.

C’est donc dans cette nouvelle configuration du monde que les pays européens sont appelés à évoluer. Pourtant, à la suite des déclarations du président Trump sur le Groenland, les différentes réactions des Européens nous ont renseignés sur la force du lien transatlantique. « Bien sûr, l’Europe doit faire plus pour sa défense. Et nous le faisons », assure Margus Tsahkna, ministre des affaires étrangères de l’Estonie. Mais « on doit travailler avec les États-Unis. C’est un lien existentiel [pour mon pays] », ajoute-t-il. Citons aussi Mark Rutt, le Secrétaire général de l’OTAN : « Si quelqu’un pense encore ici que l’Union européenne ou l’Europe dans son ensemble peut se défendre sans les États-Unis, continuez de rêver. Nous ne le pouvons pas, nous avons besoin les uns des autres ! »

Concernant les « grands » d’Europe, si Macron joua la carte de la résistance, l’Allemagne et l’Italie réagirent de manière beaucoup plus timorée. Si la diplomatie romaine n’a pas failli dans son soutien au Danemark, elle l’a fait de manière discrète, cherchant avant tout à éviter de froisser Washington. Même chose pour les Allemands qui ont choisi de préserver leur relation avec leur premier partenaire commercial. « Il est important que l’Union européenne maintienne les canaux de dialogue ouverts et fasse pression pour une désescalade », a averti Peter Leibinger, le président de la Fédération de l’industrie allemande. Alors pourquoi de telles réactions ?

La dépendance de l’Allemagne vis-à-vis des États-Unis

Dès 1945, sur les décombres d’une Europe exsangue, les États-Unis nouent des liens capitalistiques avec l’Allemagne. Au nom de la lutte contre le communisme, ils placent ensuite le pays sous la protection de son parapluie nucléaire. De fait, l’Allemagne devient le principal cheval de Troie de la domination américaine sur le continent.

Après les tentatives infructueuses du général de Gaulle pour former un duo franco-allemand indépendant des États-Unis, l’Allemagne conçoit au fur et à mesure des années une stratégie pour asseoir sa position de première puissance économique continentale. Comme souvent avec elle, la conquête se fait à l’Est. « Alors que l’OTAN s’étendait à l’Est, écrit Marc de Sovakhine, l’Allemagne parvint à imposer, dans la foulée de l’embryonnaire Ostpolitik lancée par le chancelier Willy Brandt dans les années 1970, l’élargissement de l’Union européenne (UE) aux pays d’Europe centrale et orientale (PECO) afin d’y externaliser ses chaînes de valeur industrielles et d’y puiser une force de travail abondante laissée en jachère par l’effondrement du bloc communiste[3]. »

Plus tard, George Bush accepte la réunification à l’unique condition du maintien de l’Allemagne entière dans l’OTAN, ce qui est fait en 1990. Cet évènement fait à nouveau de l’Allemagne la puissance centrale en Europe. Avec l’élargissement de l’UE, elle reconstitue la Mitteleuropa qui faisait déjà sa force avant 1914. Tant vanté par les élites françaises des années 1990-2000, le « miracle » allemand s’appuie sur plusieurs éléments : une exploitation méthodique des pays d’Europe centrale et de l’est ; une subordination envers les États-Unis pour sa protection et les débouchés[4] ; une Union européenne alignée sur ses intérêts (zone monétaire adossée à la valeur du Deutschemark) ; une énergie russe peu chère.

Mais le déclenchement de la guerre en Ukraine et la mise hors service des gazoducs Nord Stream sont des révélateurs que le colosse allemand avait des pieds d’argile. « La production de l’industrie manufacturière a ainsi poursuivi sa chute, note Marc de Sovakhine, en particulier dans les secteurs-clés les plus exportateurs (automobile, machines-outils et chimie), tandis que les surcapacités productives étaient estimées en 2025 à 8-12 % et jusqu’à 20-30 % dans les secteurs les plus en crise (chimie, certaines branches auto et mécanique). » Redoutant la fermeture du marché américain, l’Allemagne plie le genou à de multiples reprises devant son suzerain américain. Entre protéger ses propres intérêts ou ceux de l’Europe, l’Allemagne a vite choisi. Elle accepte alors l’« accord sur le transfert des données des Européens (privacy shield) et l’achat de gaz naturel liquéfié plus coûteux que le gaz russe sous le mandat de Joe Biden, puis hausse asymétrique de 15 % des droits de douane (Turneberry deal) et hausse des budgets militaires des pays de l’OTAN, corrélée à des achats d’armements américains, sous le mandat de Donald Trump ».

Depuis 2022, l’ambition de l’Allemagne a changé concernant la défense. C’est dans cet esprit que s’inscrit le Zeitenwende (« changement d’époque »), du nom donné le 27 février 2022 par l’ancien chancelier allemand Olaf Scholz à la révision de la posture géostratégique allemande. On annonce alors la levée d’un « fonds spécial » de 100 milliards d’euros pour moderniser l’armée allemande (die Bundeswehr). Depuis l’arrivée du nouveau chancelier, Friedrich Merz, les ambitions ont encore gonflé et les annonces concernant une augmentation massive du budget militaire s’enchaînent.

Bruno Alomar, haut fonctionnaire à la Commission européenne, parle de l’UE comme du « levier d’Archimède » de l’Allemagne. « Avec les personnes, explique Alomar, puisque tant le Parlement européen (Manfred Weber) que la Commission (Ursula von der Leyen), et plus généralement l’UE dans son intégralité, n’ont jamais été aussi allemands. […] L’ordo libéralisme, d’essence germanique, reste l’ADN de l’UE. L’Allemagne sait l’utiliser. Contre la France notamment. En combattant bec et ongles l’idée de préférence communautaire en matière d’armement soutenue en vain par la France. […] En militant pour un contrôle par la Commission – entendez par Berlin – des exportations d’armement. En un mot, en cassant l’équilibre bâti par la France entre des besoins opérationnels, une vision politique, des capacités industrielles.[5] »

Le renforcement du poids de l’Allemagne au sein de l’Otan est l’autre symbole du maintien de l’Europe dans le giron atlantique. Bruno Alomar relève que « l’Allemagne comprend qu’il est industriellement et commercialement vital pour la mue qu’elle veut effectuer de contrôler la définition des besoins capacitaires de l’Alliance ». En plus d’y placer ses hommes, Berlin donne toute confiance à l’organisation : « Elle [l’Allemagne] se montre prête – comme la presse anglo-saxonne et une partie des dirigeants français qui demandent depuis des décennies que l’Allemagne endosse un rôle politique à la hauteur de sa puissance économique l’y poussent – à prendre le relais d’une Amérique obnubilée par la lutte avec la Chine pour l’hégémon. L’ambassadeur américain à l’Otan, Whittaker ne déclarait-il pas il y a quelques semaines qu’un allemand pourrait remplacer le traditionnel américain à la tête du commandement européen de l’Alliance (SACEUR) ? »

Encore faut-il avoir les moyens de ses prétentions. Le mouvement de transformation partiel de l’industrie allemande en industrie de défense est en marche. Pour cela, l’Allemagne peut compter sur son champion national : Rheinemetall. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’action du groupe a bondi de près de 2 000 %. Quant à son objectif, le groupe ne s’en cache pas et souhaite devenir le leader de la défense en Europe. Pour cela, il multiplie les accords avec des partenaires européens (l’italien Leonardo) ou extra-européens (les Américains Lockheed Martin pour le F-35 ou encore Anduril, navire amiral de la convergence entre la tech et l’industrie de défense américaine).

Giorgia Meloni, princesse de l’euro-atlantiste

Bientôt quatre ans après son arrivée à la présidence du Conseil italien, Giorgia Meloni, celle que l’on disait « populiste », « illibérale » et « postfasciste », a réussi son pari : rassurer l’Europe et les marchés. Cette stratégie de double langage, mêlant orthodoxie économique et défense de la civilisation occidentale, lui a depuis permis de s’imposer comme l’idole des droites libérales et conservatrices du continent.

Pour cela, il a fallu montrer patte blanche. En 2019, elle prend la parole à la convention du parti républicain américain (CPAC), aux côtés de Marion Maréchal et Nigel Farage. Puis devient, un an plus tard, la présidente du parti des Conservateurs et Réformistes européens (ECR). Elle justifie alors ce changement en prenant ses distances avec son ancien euroscepticisme affirmé et en adhérant à l’idée qu’elle pouvait mieux défendre les intérêts italiens au sein des institutions européennes[6]. Le recentrage européiste et atlantiste est en marche. En 2021, elle rejoint le think tank américain Aspen Institute, dont la section romaine est fréquentée par des figures comme Biden – alors vice-président de Barack Obama. Fait marquant, en octobre 2022, immédiatement après sa victoire électorale, elle déclare sa solidarité avec l’Ukraine et s’inscrit dans la ligne du précédent gouvernement à Rome, dirigé par Mario Draghi, ancien directeur de la Banque centrale européenne (BCE).

Rappelons qu’en octobre 2016, elle avait déclaré : « La décision de déployer des troupes de l’OTAN, y compris italiennes, en Lettonie à partir de 2018 est une idiotie digne de la politique étrangère ratée de Barack Obama. L’Europe et l’Italie n’ont aucun intérêt à créer un climat de guerre froide avec la Russie, et de plus cette provocation est stratégiquement inefficace pour contrer une hypothétique situation de conflit. » Dans son autobiographie, Je suis Giorgia, dont l’édition anglaise est préfacée par Donald Trump Jr, elle écrivait encore : « La Russie fait partie du système de valeurs européennes, elle défend l’identité chrétienne et combat le fondamentalisme islamique. »

Mais après tout, comme dit l’adage : « L’Italie commence les guerres dans un camp et les finit dans l’autre ». Meloni accomplit désormais tranquillement sa mue atlantiste en coupant définitivement les ponts avec la Russie (l’un des plus grands fournisseurs d’énergie du monde), puis en liquidant les relations commerciales privilégiées la Chine. Luigi Di Gregorio, politologue et directeur scientifique de la fondation Fare Futuro, décrit ainsi ce changement : « Elle n’a jamais tenu des propos excessifs sur Poutine, comme Salvini, mais il pouvait y avoir des doutes sur son atlantisme. Elle sait que le risque de marginalisation politique est là, et ses positions l’aident à construire une stature plus consensuelle. La transition du souverainisme au conservatisme, en cours depuis des années, est la base qui rend crédible son discours. » Meloni est emblématique d’un mouvement de fond sur le continent : l’européanisation des nationalismes. Ce « néo-nationalisme » se présente comme une convergence, au niveau européen, sur la question migratoire, de l’insécurité et autour de la bataille culturelle sur les « valeurs » sociétales.

Mais pour être crédible à Bruxelles, il fallait donc gagner son brevet européen de respectabilité. L’examen consiste à prouver que l’on respecte deux choses : l’austérité et l’atlantisme. « Sitôt installée au palais Chigi, écrit Benoît Bréville, elle a concocté un budget de rigueur, taillé dans les dépenses sociales et mis en sourdine ses critiques contre le carcan de Bruxelles — autant d’impératifs pour obtenir la manne du plan de relance (191 milliards d’euros d’ici 2 026). Elle a affirmé son attachement à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), réclamé des sanctions plus drastiques contre Moscou, des armes plus sophistiquées pour Kiev[7]. » Examen réussi[8] ! « Il n’y a pas plus militante pour l’Europe et pour l’euro que Giorgia Meloni », se réjouit Alain Minc (FigaroVox, 8 juin 2023). « Aujourd’hui, elle défend Kiev avec passion dans tous ses discours. On ne l’entend plus critiquer ni l’Union européenne ni l’OTAN. En quelques mois, elle s’est débarrassée de son image extrémiste », assure Dominique Reynié (Le Figaro, 11 juin 2023).

« Funambule de la relation transatlantique[9] », Meloni est devenue la partenaire privilégiée en Europe des Américains – elle a été la seule parmi les chefs de gouvernement européens à recevoir une invitation de la Maison Blanche pour la prise de fonctions de Trump. La « vice-régente de l’empire[10] » obéit le doigt sur la couture du pantalon à ses patrons. Ainsi lorsque Trump malmène Zelinsky dans le Bureau ovale, Meloni appelle à œuvrer pour ne pas diviser l’Occident et propose une « réunion entre les dirigeants américains et européens ». Lors de son discours de remerciement du CPAC 2025, celle qui doit chercher constamment le point d’équilibre entre les deux rives déclare : « Si l’Occident ne peut exister sans l’Amérique, l’Occident ne peut exister sans l’Europe ».

L’Axe occidental Rome-Berlin

Lors du sommet de Davos, les principaux médias français ont présenté le président français comme le nouveau général de Gaulle, celui qui a « mis Trump en difficulté ». Or, ici, nous sommes totalement dans le récit et non dans l’analyse, car, dans le même temps, Meloni et Merz tempéraient ses rodomontades par des déclarations contraires. Du côté de la cheffe du Conseil italien, on évoquait ce risque que des « initiatives de certains pays européens aient été interprétées comme anti-américaines, ce qui n’était manifestement pas l’intention[11] ».

Plus préoccupant pour la France, ces déclarations annoncent l’éloignement de l’Allemagne et de la France, tandis que l’alliance italo-allemande se renforce. Bild, le tabloïd le plus vendu d’Allemagne, a salué cette nouvelle alliance, écrivant : « Merz sait que, pour que l’Europe ait voix au chapitre sur la scène internationale, elle a besoin de partenaires solides à ses côtés. Contrairement à la France, l’Italie est aujourd’hui un pays doté d’un gouvernement stable et d’une économie florissante. Que de changements ! » Accompagné de son gouvernement, le 23 janvier 2026, l’ancien cadre de BlackRock s’est rendu à la Villa Doria Pamphilj, à Rome, pour signer un « plan d’action » commun. Cette rencontre bilatérale fait suite à de nombreux désaccords entre la France et l’Allemagne (projet avion de combat SCAF, blocage des actifs russes gelés pour financer l’aide à l’Ukraine, Mercosur, etc.). Dans le Daily Telegraph, un diplomate européen déclare : « Berlin a besoin de partenaires avec lesquels elle peut collaborer. Peut-elle collaborer avec Macron actuellement ? Pas vraiment. Il quitte bientôt ses fonctions et la France est instable. Les Allemands détestent l’instabilité.[12] » En privé, des responsables italiens témoignent d’un « nouveau centre de gravité au sein de l’UE ».

« Le président français, affaibli à domicile, est désormais vu comme dépourvu de marge de manœuvre politique, écrit Elsa Conesa pour Le Monde. En face, qu’il s’agisse des relations avec les États-Unis ou de l’avenir de l’UE, Giorgia Meloni et Friedrich Merz partagent, malgré des différences d’approche, des intérêts communs. » Cette rencontre de Davos a permis aussi de rappeler l’atlantisme des deux pays : « Les deux dirigeants, qui l’un comme l’autre revendiquent des « relations historiquement privilégiées » avec les États-Unis […]. Giorgia Meloni a même souhaité que le président américain reçoive le prix Nobel s’il parvenait à instaurer la paix en Ukraine.[13] » Michele Valensise, ancien ambassadeur italien à Berlin explique alors que « l’Italie et l’Allemagne veulent ramener la crise dans le cadre où elle pourrait être résolue : celui de l’Alliance atlantique, avec un logiciel où les États-Unis demeurent des alliés tant que l’OTAN existe ».

Fortement dépendantes des exportations, les « deux principales nations industrielles d’Europe » ne peuvent pas se permettre de braquer le pays de Trump, ou de s’opposer aux traités de libre-échange en cours à l’UE – cas récents du Mercosur et de l’Inde. « Je ne comprends absolument pas qu’il existe encore des forces politiques en Europe qui veulent empêcher [l’application de l’accord] », se permit de dire Merz, comme une attaque déguisée envers la France. Par le passé, l’Allemagne se serait traditionnellement tournée vers la France aux moments décisifs pour définir les orientations de l’UE. Il est donc significatif que Merz s’allie désormais à Meloni dans sa volonté de faire progresser les priorités européennes fondamentales en matière de commerce, d’industrie, de défense[14] et de relations avec les États-Unis.

Ce rapprochement n’a rien de surprenant. Berlin et Rome veulent peser davantage ensemble pour réorienter la politique européenne, notamment en privilégiant désormais des axes bilatéraux efficaces. Un récent document consulté par Reuters nous renseigne sur la volonté italienne de contrer l’influence croissante de la Chine sur les prix mondiaux. Rédigée, dans le cadre de ce sommet intergouvernemental italo-allemand, la question de mainmise des Chinois sur terres rares fut abordée. « Nous ne pouvons pas accepter que la Chine soit la seule à décider du prix des matières premières », a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani. Principales puissances manufacturières de l’Europe, l’Allemagne et l’Italie se doivent de s’emparer de cette question si essentielle pour les technologies de défense, du spatial, et autres (Semi-conducteurs, énergies renouvelables, batteries, etc.).

Une France sous domination

Concernant le Groenland et la pseudo-résistance du Président Macron, voir des journalistes ou des intellectuels encore penser que Paris pourrait devenir la capitale de l’Europe – comme au temps de Napoléon – provoque au minimum un rire moqueur, si ce n’est du mépris pour cette incapacité à voir le réel tel qu’il est. Le seul point positif concerne la prise de conscience massive du comportement américain vis à vis de ses vassaux – chose dénoncée depuis des décennies par des courants comme la Nouvelle Droite ou le camp souverainiste français.

S’en prendre à Macron est une chose ; comprendre ce dont il est le produit en est une autre. Au XIIIe, les Américains ont conquis l’Ouest ; au XIXe, ils ont conquis l’Amérique du Sud ; au XXe, ils ont conquis l’Europe. Lors de cette dernière conquête, ils sont tombés sur deux os : la France gaulliste et la Russie communiste puis poutiniste. En pleine Seconde Guerre mondiale, on sait l’inimitié que porta Franklin Delano Roosevelt à Charles De Gaulle. En 1944, une véritable course de vitesse s’engage entre les commissaires de la République nommés par Londres et les administrateurs militaires américains (AMGOT, projet d’un État de « Wallonie », billet drapeau) pour remplacer les préfets de Vichy. La France échappe à cette nouvelle occupation, que vont connaître l’Italie et l’Allemagne. Cela va marquer ces pays au fer rouge.

Après le retour du général en 1958, la politique étrangère de la France dérange pour plusieurs raisons : le retrait de l’Otan et la bombe atomique. Dans les années 1960, ses adversaires affirment que le général veut quitter l’Otan (et donc l’« Occident » et le « Monde Libre ») pour rejoindre le Pacte de Varsovie[15] – cette qualification de « pro-russe » aura de l’avenir. Si on fait un saut jusqu’à Valéry Giscard d’Estaing, on voit le début de la fin de cette politique d’indépendance impulsée par le général. Premier secrétaire général de l’UDF, Michel Pinton expliquait que l’ancien président, peu après sa première élection de 1974, lui avait dit qu’il fallait apprendre aux Français que « la France n’est pas exceptionnelle ».

Depuis la IVe République, la manipulation américaine de la classe politique française est un fait indiscutable. On peut bien sûr citer la création la French-American Foundation, inaugurée en 1976 par Giscard et Gérald Ford – la liste des « young leaders » ne laisse pas l’ombre d’un doute sur l’importance de ce lien transatlantique. On peut aussi se référer aux documents déclassifiés américains, où l’on découvre le témoignage du diplomate Wells Stabler affirmant qu’il distribuait aux politiciens français, de droite et de gauche, des enveloppes pleines de billets. Henry Kissinger disait bien  : « Les États-Unis sont les plus puissants parce qu’ils cherchent les traîtres à leur propre nation pour les punir et cherchent les traîtres des autres nations pour les exploiter. »

Depuis, la « dérive atlantiste » a bien été documentée par de nombreux livres : L’ami américain d’Eric Branca, La France atlantiste d’Hadrien Desuin, La face cachée du Quai d’Orsay de Vincent Jauvert. Cet atlantisme s’est notamment ripoliné en un européisme forcené, sur fond de croyance religieuse au couple « franco-allemand ». Les années 2010-2020 sont emblématiques de la germanophilie de la classe dirigeante politique et économique français. L’un des défenseurs les plus en vue du « modèle allemand » est Alain Minc. La quatrième de couverture de son livre Vive l’Allemagne ![16] est éclairante : « L’Allemagne est désormais, à mes yeux, le pays le plus démocratique et le plus sain d’Europe. (…) Mais prisonniers de leur pessimisme et de leur anti-germanisme primaire, les Français croient le succès allemand irréversible et menaçant. Rien n’est plus faux. »

Paris ne sera pas la capitale de l’Europe

L’idéal visant à faire de l’Europe une France en plus grand, avec comme capitale Paris, s’éloigne de plus en plus. Plus grave, notre influence ne cesse de baisser. Économiquement, la France a dû céder devant le Mercosur ; géopolitiquement, l’Allemagne et l’Italie se sont rapprochées ; militairement, les pays européens ont choisi la protection américaine ; culturellement, l’Europe est devenue anglo-saxonne avec l’anglais comme lingua franca.

Une question nous vient : le temps du divorce est-il venu ? 63 ans après la signature Traité de l’Élysée, entre le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, la relation entre les deux « moteurs » de l’Union achoppe toujours sur la même question : la relation entre l’Union et les États-Unis. Mais le pari du général est perdu. Le souhait d’indépendance pour la France est rejeté au profit d’un lien transatlantique pour l’Allemagne et l’Italie. Seuls les Français rêvent d’une alliance exclusivement européenne dominée par Paris. En face, les autres européens – notamment les Baltes ou Pologne – veulent absolument rester dans l’OTAN pour garder le lien avec les USA et refusent toute hégémonie française.

Il ne reste à la France que sa puissance militaire et sa dissuasion nucléaire. Mais pour combien de temps ? Des pourparlers ont déjà commencé et l’Allemagne n’espère qu’une seule chose : un « partage européen », ce qui réduirait nécessairement la position de la France. Bien que je sois Européen, je suis avant tout Français. On ne peut tolérer un tel déclassement et une mise sous tutelle. L’Allemagne fait ce qu’elle a à faire. Dont acte. Mais la France doit changer drastiquement son regard pour son voisin d’outre-Rhin. Le « couple franco-allemand » est mort. A nous d’intégrer ce constat et cette nouvelle concurrence dans notre analyse politique, sans animosité mais sans irrénisme.

Rodolphe Cart, Revue Eléments

[1] Arnaud Orain, Le monde confisqué : essai sur le capitalisme de la finitude (XVIe-XXIe siècle), Flammarion, 2025.

[2] Propos recueillis par Frédéric Manzini, « Nous entrons dans le capitalisme de la finitude », site internet Philonomist, 5 février 2025.

[3] Voir l’article Marc de Sovakhine sur le site de Quartier Général et intitulé « De la pax americana à la pax germanica : l’Union européenne sera allemande ou ne sera plus », du 5 février 2026.

[4] Les Etats-Unis constituaient encore en 2025 son premier débouché commercial (10% de ses exportations).

[5] Bruno Alomar, « Comment l’Allemagne est en train de prendre le pouvoir sur les questions de défense en Europe », Le Figaro, 14 février 2026.

[6] Son slogan de campagne pour les élections européennes des 8 et 9 juin 2024 était « L’Italie change l’Europe. »

[7] Benoît Bréville, « Le modèle Meloni », Le Monde diplomatique, numéro de juillet 2023.

[8] Le 23 mai 2024, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lui a délivré son certificat de bonne conduite, en assurant que Giorgia Meloni « est clairement proeuropéenne ».

[9] Olivier Tosseri, « Giorgia Meloni, la funambule de la relation transatlantique », Les Echos, 4 mars 2025.

[10]  Expression d’Andrea Colombo dans « Trump day, Meloni si inchina all’imperatore », Il Manifesto, 19 janvier 2025.

[11] Marius Bocquet, « Groenland : Merz, Meloni, Macron, le duel des stratégies face à Trump », La Tribune, 19 janvier 2026.

[12] The Daily Telegraph, « Meloni exclut Macron du moteur de l’Europe », The Daily Telegraph, 2 février 2026.

[13] Elsa Conesa, « L’Allemagne se rapproche de l’Italie alors que des désaccords l’éloignent de la France », Le Monde, 24 janvier 2026.

[14] Les détails de cet accord restent à préciser, mais Rheinmetall (Allemagne) et Leonardo (Italie) ont déjà une coentreprise pour la construction de chars et autres véhicules militaires.

[15] On se souvient du film L’Étau d’Alfred Hitchcock.

[16] Alain Minc, Vive l’Allemagne !, Grasset, 2013.

. Jean-Yves Le Gallou : « Croire que Mélenchon est ‘cuit’ pour 2027 est faux !

Articles : Fev 2026Jan 2026Dec. 2025Nov. 2025
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#webtube : Découvrez un entretien avec Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, à propos du meurtre de Quentin et de ses suites politiques. La stratégie de l’extrême centre est limpide : diaboliser Mélenchon pour le premier tour et se retourner ensuite contre Bardella ou le candidat de droite au second tour.

Polémia : Comment interprétez-vous le traitement médiatique du meurtre de Quentin ?

Jean-Yves Le Gallou : Il faut distinguer selon les médias et les journalistes :

  • d’un côté, le déni par la négation ou la rectification des faits et le choix d’un vocabulaire malveillant par les médias et les journalistes d’extrême gauche ;
  • de l’autre, la reconnaissance des faits qui accablent LFI sur les autres médias.

Et cela pour deux raisons :

  • D’abord, le rôle des réseaux sociaux, des médias alternatifs et de la Bollosphère dans le dévoilement de la réalité, qui rend désormais impossible l’occultation du crime.
  • Mais aussi la stratégie d’accablement de Mélenchon par l’extrême centre dans le but de le sortir du jeu pour le premier tour de la présidentielle.

La stratégie de l’extrême centre est limpide : diaboliser Mélenchon pour le premier tour et se retourner ensuite contre Bardella ou le candidat de droite au second tour.

Polémia : Et vous pensez que la diabolisation de Mélenchon va marcher ?

Jean-Yves Le Gallou : Pas sûr.
Croire que Mélenchon est « cuit » pour 2027 est triplement faux.
Son électorat est composé de masses issues de l’immigration (principalement musulmane) et de prolétaires intellectuels blancs (étudiants, enseignants, « chercheurs » au CNRS, agents des services administratifs). Beaucoup sont totalement indifférents à la mort de Quentin (un « gwer », un « catho », un « facho », un « nazillon »).
L’émotion va retomber au fur et à mesure du temps qui passe. La diabolisation de LFI va s’affaisser. Souvenez-vous : après l’attaque du Hamas contre Israël le 9 octobre 2023, LFI a été diabolisé, mais en juin 2024, lors des législatives, il a bénéficié du « barrage républicain ». D’ores et déjà, le socialiste Jérôme Guedj — qui qualifie pourtant LFI de parti antisémite — a expliqué que, face à un risque RN aux municipales, il voterait pour LFI.
C’est pour cela que la gauche est au pouvoir depuis 45 ans : parce qu’elle est unie (c’est le succès de Mitterrand : « la gauche unie »). C’est pour cela que la droite ne pèse rien : parce qu’elle est à la fois divisée (Chirac) et sous emprise de la gauche (RN compris).

Polémia : De son côté, le RN peut-il échapper à la diabolisation ?

Jean-Yves Le Gallou : C’est le diabolisateur, non le diabolisé, qui est le maître de la diabolisation. Et la diabolisation du RN et de toutes les forces nationales et identitaires continuera de plus belle, car c’est l’assurance-vie du système. Et la recherche de la dédiabolisation nourrit la diabolisation, car elle la légitime.
Mélenchon soutient les assassins de Quentin parce qu’ils sont de son camp. Bardella se défile de l’hommage au jeune patriote tué pour avoir défendu la liberté de manifestation parce qu’il a peur de son camp et que ses directeurs de conscience sont à Mediapart et à Libération.

Plus le RN donne des gages, plus il est pointé du doigt par les journalistes. Car, quand il donne des gages, il renforce le magistère moral de la gauche qui l’empêche d’arriver au pouvoir…

Cela montre la vanité de la stratégie de « dédiabolisation » du RN, qui ne va jamais assez loin selon ses censeurs. Chaque concession en appelle une autre. Les médias subventionnés se comportent avec le RN comme une entreprise de racket avec un patron de bar de nuit victime de chantage : ils en demandent toujours plus.

Polémia : Pensez-vous qu’il faut, comme le propose M. Bardella, dissoudre les groupes « d’ultra droite » et d’« ultra gauche » ?

Jean-Yves Le Gallou : Dans une démocratie, on peut dissoudre des mouvements à cause de leurs actes de violence, mais non à raison de leur orientation idéologique (de droite ou de gauche, d’ailleurs). Sinon, on n’est plus en démocratie. La notion « d’ordre public immatériel », chère à Darmanin qui l’a théorisée, est profondément contraire à la liberté d’expression. Il y a d’excellents livres d’histoire des idées politiques qui l’expliquent fort bien.

Polémia : Et que pensez-vous du projet législatif de MM. Macron et Darmanin visant à rendre inéligibles les hommes et les femmes condamnés pour « actes de violence » ou « appels à la haine » ?

Jean-Yves Le Gallou : Cela revient à confier aux juges le soin de dire qui a le droit d’être candidat à une élection, ou non.
C’est un projet liberticide qui confond la violence, qui est un fait OBJECTIF, et « l’appel à la haine », qui est une notion parfaitement SUBJECTIVE. L’Extrême Centre instrumentalise la mort de Quentin pour faire avancer son agenda totalitaire. J’ose espérer que le RN, l’UDR et les LR auront l’intelligence et le courage de s’opposer à une telle mesure. Mais cela ne serait jamais que le 150e dispositif liberticide adopté en un demi-siècle… Mais il est vrai que la suppression des libertés est la condition de l’effacement de la souveraineté française et de la disparition du substrat français.

Jean-Yves Le Gallou, Polémia

. Lyon : La marche blanche pour Quentin en direct

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#webtube : Marche blanche pour Quentin : « Antifas assassins, LFI complices » scande la foule

. « Allez vers l’Est » : la vraie croissance des Trente Glorieuses arrive en Asie, Charles Gave

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#webtube : « Allez vers l’Est » pour la vraie croissance. Pourquoi l’économie change et leçons de mon père, fin de la domination du dollar et rôle de la Chine. Opportunités en Inde : aéroports, software, croissance rapide. Pourquoi l’Europe stagne (manque d’infrastructures ricardiennes)…

00:00 Intro – Pourquoi l’économie change et leçons de mon père 01:50 La croissance schumpétérienne : innovation, disruption et inégalités 06:30 Exemple internet et conséquences sociales 09:40 La croissance ricardienne : allocation des ressources et infrastructures 13:20 Exemples historiques (Empire romain, routes du 19e siècle) 17:10 L’essor ricardien en Asie aujourd’hui (cercle de Valérie Pier, swaps de devises) 22:50 Fin de la domination du dollar et rôle de la Chine 27:30 Opportunités en Inde : aéroports, software, croissance rapide 31:10 Pourquoi l’Europe stagne (manque d’infrastructures ricardiennes) 35:40 Conseils d’investissement 2026 : Asie, ETFs chinois, obligations indiennes 39:20 Attention à l’IA (trop capitalistique, peu de retours pour l’instant) 42:10 Les erreurs des médias et de l’Occident 44:50 Conclusion – « Allez vers l’Est » pour la vraie croissance 46:10 Fin

Source : Youtube – IDL Charles Gave

. Le Louvre, exemple chimiquement pur de la chienlit française

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#webtube : Pour la commission d’enquête parlementaire, est « un État dans l’État ». À mi-parcours, la commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des musées livre ses premières conclusions : le Louvre, qui dysfonctionne en vase clos, est « un État dans l’État ».

Il aura fallu le vol rocambolesque des bijoux de la Couronne et la litanie des mésaventures du « musée le plus visité au monde » pour qu’on se décide à aller voir ce qui se bricole sous la pyramide. La commission d’enquête créée dans la foulée, censée se pencher sur la sécurité des musées en général parce qu’il aurait été malvenu de s’en prendre à notre fleuron national si durement éprouvé, vient de rendre son rapport d’étape. Le président Alexandre Portier (LR) et son acolyte Alexis Corbière (Parti de gauche) n’ont pas mâché leurs mots : c’est la chienlit à tous les étages, cela, dans le mépris total de la gestion de l’argent public.

Chez ces gens-là, Monsieur, on ne démissionne pas !

Depuis l’ouverture de cette commission, début janvier, 70 personnes ont été auditionnées, et si le but est bien de faire le bilan de la sécurité des musées français, manifestement défaillante, c’est bien sûr le Louvre qui occupe avant tout les esprits. Nous avons ici relaté par le menu toutes les catastrophes qui s’y sont succédé depuis octobre, et l’analyse livrée jeudi par les deux rapporteurs, lors de leur conférence de presse, est sans appel : le vol perpétré en octobre « n’est pas un accident, il est le révélateur d’une défaillance systémique ». Étonné, Alexandre Portier fait remarquer que les « dérives » et les « défaillances », déjà listées dans les rapports qui ont suivi les auditions au Sénat, auraient dû conduire immédiatement à la démission de la présidente Laurence des Cars. Le vol du 19 octobre « aurait déjà conduit dans pas mal de pays et d’établissements à un départ depuis longtemps », a-t-il relevé. Oui, mais voilà, pour plagier Brel, chez ces gens-là, monsieur, on ne démissionne pas. On reste accroché à son siège comme un Jack Lang à l’IMA, avec le soutien inconditionnel d’Emmanuel Macron pour qui le mot « démission » est une obscénité.

Sans surprise, les rapporteurs dénoncent « les défaillances systémiques du musée, qui étaient latentes depuis des années » et auxquelles on n’a pas jugé bon de remédier. Et de pointer un système de vidéosurveillance « archaïque », des services qui s’ignorent, des carences dans les formations à la sécurité, l’absence de protection élémentaire comme une grille sur la porte-fenêtre par laquelle sont entrés les cambrioleurs, etc. Toutes choses qui démontrent que la sécurité était tout sauf une « priorité des équipes de direction ». Et là encore, dit le président de la commission, c’est une maladie bien enkystée, car «  ce qui est en cause, c’est le pilotage du Louvre ».

« Le syndrome de l’hyperprésidence » au cœur du désastre

« Le Louvre est devenu un État dans l’État avec, depuis plusieurs années, une forme d’asymétrie qui s’est construite entre le Louvre et le ministère qui est censé le contrôler », a assené Alexandre Portier. Propos développé par Alexis Corbière, qui dénonce une « forme d’hyperprésidence » qui se perpétue à chaque changement de direction, entraînant un mode de fonctionnement « d’une manière un peu autonome, avec une tutelle de la présidence de la République ». On fait ses petites affaires entre soi, sans rendre de comptes, ou si peu, à l’administration de tutelle, à savoir le ministère de la Culture. Or, tout se passe « comme si le Louvre, au fond, n’avait pas à rendre compte de la gestion de l’argent des Français », a conclu le président Portier. Un peu comme l’audiovisuel public, en somme…

Semblable, dans l’esprit, à ce qui règne aujourd’hui au sommet de l’État, on privilégie, au Louvre, « l’événementiel et l’éphémère » au détriment du reste, y compris les travaux indispensables à la sauvegarde du bâtiment et de ses collections ou, encore, la sécurité. Rappelons que, pendant ce temps, 497.000 euros ont été dépensés pour aménager cuisine et salle à manger dans les espaces privatisés, cela, à la demande de Mme des Cars. Il fallait « adapter le Louvre à notre époque », comme elle l’a dit, lors de son audition au Sénat.

Le Louvre-Nouvelle Renaissance : grand chantier ou grand fiasco ?

C’est la même folie des grandeurs qui agite Emmanuel Macron. Privé de ses « grands travaux », il a décidé d’avoir son grand chantier, annoncé en janvier 2025 et baptisé Louvre-Nouvelle Renaissance. Le nom de l’architecte lauréat devait être révélé en grande pompe le 11 février dernier. La réunion du jury a été reportée sine die. Peut-être serait-il judicieux que ce projet à 1,15 milliard d’euros le soit également ?

En effet, comme l’a confié Alexandre Portier lors de sa conférence de presse, il n’est « pas convaincu de la nécessité de ce geste présidentiel, qui vise à faire entrer 12 à 15 millions de visiteurs par an, alors qu’aujourd’hui, toutes les salles ne sont pas ouvertes ». En effet, ce projet consiste non seulement à repenser l’entrée du musée « pour faciliter l’expérience client (sic) et l’accès à la Joconde », mais à ouvrir 22.000 mètres carrés de nouvelles salles. Or, comme le rappelle Connaissance des arts, la Cour des comptes a jugé le plan de financement « pour le moins fragile ». Un projet qui rencontre d’ailleurs une farouche hostilité en interne, les syndicats s’interrogeant sur l’opportunité de « placer la Joconde dans une zone inondable, de supprimer son dialogue avec le reste des collections ou de proposer une tarification différenciée pour la voir ». Autrement dit d’en faire un strict objet de consommation…


Marie Delarue
, dans BV

. [MIEUX VAUT EN RIRE] Alma Dufour doit regretter sa promesse

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#webtube : Avec Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Clément Beaune, l’enseigne Carrefour, Alma Dufour et Sophia Chikirou. Cette semaine dans Mieux vaut en rire, Emmanuel Macron qui se prend un vent, Édouard Philippe et Clément Beaune qui essaient de faire du sport, et Sophia Chikirou qui découvre son programme.

Boulevard Voltaire

. L’implication sordide des assistants parlementaires de Raphaël Arnault

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#webtube : Dans la tourmente, Raphaël Arnault a disparu des radars. L’implication de trois membres de l’équipe des assistants parlementaires du député insoumis Raphaël Arnault, dans le lynchage et la mort de Quentin Deranque est un fait politique majeur.

Deux collaborateurs actuels de l’élu mélenchoniste et un ancien, ont d’après les premiers éléments de l’enquête, une responsabilité dans le drame de Lyon. La  justice en déterminera les détails. Jacques-Élie Favrot, 25 ans a été placé en détention provisoire, il est mis en examen pour « complicité par instigation » d’homicide volontaire. Membre actif de La Jeune Garde, ce dernier est déjà connu des services de police, notamment pour détention d’armes. L’AFP cite un jeune homme « violent, connu de nos services et fiché S pour son appartenance à l’ultra gauche radicalisée ». Robin Chalendar, 24 ans, est l’autre assistant parlementaire actuel concerné. Il a été placé en garde à vue, puis remis en liberté ; il sera convoqué ultérieurement au tribunal pour répondre de « recel de malfaiteur ». Adrian Besseyre, 25 ans, longtemps décrit comme stagiaire, était un membre à part entière de l’équipe de Raphaël Arnault puisqu’il était en CDD jusqu’au 30 janvier dernier. Il a été écroué et mis en examen pour homicide volontaire. L’appartenance active de ces hommes au mouvement antifa La Jeune Garde n’est plus un mystère.

Les fonctions de l’assistant parlementaire

D’après les premiers éléments étudiés, Robin Chalendar a été embauché à l’Assemblée nationale sous le pseudonyme « Robin Michel »Le Figaro révèle que ce Robin Chalendar était surveillé par les autorités et qu’il avait fait l’objet d’une fiche de renseignement. La pratique du pseudonyme est selon toute vraisemblance possible puisque le député Raphaël Arnault lui-même a pour vrai nom Raphaël Archenault. « Des vérifications de sécurité ont été faites préalablement à l’embauche de ce collaborateur sur la base de son nom réel et de son nom d’usage a indiqué la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun Pivet Compte tenu des événements récents, j’ai demandé à ce que les contrats de l’ensemble des collaborateurs soient examinés par les services de l’Assemblée et à ce que soit mis fin immédiatement à de telles pratiques. »

Jacques-Elie Favrot a-t-il prévenu son employeur qu’il partait à Lyon ?  L’a-t-il fait avec la bénédiction de Raphaël Arnault ? Le degré de complicité entre ce dernier et son assistant peut le laisser penser. L’enquête le déterminera. Boulevard Voltaire a posé la question à plusieurs députés, le parlementaire qui est le seul employeur-responsable de son assistant, ne sait pas « tous les jours de l’année » quel est l’emploi du temps de leurs collaborateurs. Le mot « souplesse » est utilisé par les élus. La fonction d’assistant parlementaire nécessite une certaine « autonomie » d’autant  que les assistants sont souvent consacrés ou au travail législatif, ou au travail en circonscription de l’élu avec lequel il collabore. Un assistant peut aussi partager son temps entre Paris et la circonscription. Un assistant peut aussi se consacrer à la seule communication de son député. « J’ai trois assistant nous explique un parlementaire un se consacre à l’activité législative, un est en circonscription, et un autre qui gère ma communication ». Une organisation assez classique et répandue de manière générale au Parlement. L’emploi du temps et le contrôle de l’activité d’un assistant est à la seule responsabilité de l’élu. Alors que pouvait bien faire  Jacques-Elie Favrot, rémunéré par l’argent du contribuable à Lyon, en marge de la conférence de Rima Hassan le jeudi 12 février ?

« L’ employeur est responsable des actes de ses salariés quand il les oriente (pour ne pas dire les encourage) » note le député de Vaucluse RN Hervé de Lépinau sur X.

Parallélisme avec l’affaire des assistants parlementaires RN

« Aller en dehors de sa circonscription quand on est député, c’est possible en tant que représentant de la Nation parce que nous ne sommes pas que représentant d’une circonscription » explique à Boulevard Voltaire Matthias Renault, député RN de la Somme, qui s’interroge sur la légitimité d’une telle situation :  « envoyer des assistants en dehors de la circonscription alors que ce n’est pas pour l’activité du député et sans la présence du député ». D’après les informations de Boulevard Voltaire, le député Raphaël Arnault était à la salle de sport de l’Assemblée nationale, le jeudi 12 février, entre 18h et 19h à l’heure du drame de l’agression de Quentin Deranque.

En l’occurrence, le collaborateur parlementaire peut-il exercer une fonction autre que celle directement liée à son employeur ? Bruno Gollnisch, ancien député européen, mis en cause dans l’affaire des assistants parlementaires du RN, plaide auprès de BV pour une « utilisation discrétionnaire » d’un assistant « dès lors que sa mission est politique ». Néanmoins, en désaccord complet avec les accusations dont le RN et lui font l’objet, il souligne que le cas de Jacques-Elie Favrot révèle les mêmes difficultés. « Si on prétend poursuivre les gens du RN  au motif que leurs assistants ne travaillaient pas de façon strictement personnelle à l’exercice exclusif de leur mandat parlementaire, il est évident qu’il faut poursuivre Raphaël Arnault et ses assistants ». Une similitude d’autant plus claire, que les reproches qui sont fait au RN, le sont alors que « la circonscription des députés européens c’est tout la France car les eurodéputés sont élus sur une liste nationale. »

Dans la tourmente, Raphaël Arnault a disparu des radars. Absent de la minute de silence en hommage à Quentin Deranque, mercredi à l’Assemblée nationale, il n’est plus apparu en public et ne s’est pas exprimé (seulement deux tweets laconiques sur X) depuis l’agression mortelle du militant conservateur de 23 ans.


Yves-Marie Sévillia
, dans BV

. Municipales : la chanteuse Koxie avec S. Knafo dans le XIVème arrondissement de Paris

Articles : Fev 2026Jan 2026Dec. 2025Nov. 2025
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#webtube : La première à avoir dénoncé le harcèlement de rue dans sa chanson « Garçon » est candidate aux cotés de S.Knafo. Il n’y a pas si longtemps BV se demandait quelles personnalités s’engageraient publiquement pour soutenir les candidats de droite aux Municipales. Nous auraient-ils entendus ? En tout cas, à Nice pour Éric Ciotti et à Paris derrière Sarah Knafo des noms bien connus des Français sont même têtes de liste : ainsi Koxie, connue pour sa chanson « Garçon » dans les années 2000 se présente dans le XIVème arrondissement parisien aux côtés de Sarah Knafo.

La lanceuse d’alerte du harcèlement de rue
Koxie, dont le véritable nom est Laure Cohen, chantait déjà il y a vingt ans contre le harcèlement de rue, et la drague lourde dans sa chanson « Garçon ». C’est avec cet air, d’ailleurs, que Sarah Knafo et Laure Cohen ont annoncé la candidature de cette dernière sur les réseaux sociaux : « Elle est la première à avoir chanté contre le harcèlement de rue ce phénomène qui depuis s’est répandu partout dans Paris. » explique la candidate à la mairie de Paris.À I24, l’ancienne chanteuse explique que depuis vingt ans, ce harcèlement des femmes dans la rue, loin de s’être arrangé, n’a fait qu’empirer : « Je pense que c’est de pire en pire, évidemment » abonde Koxie qui ajoute que « quand [elle l’a] dénoncé à l’époque on [lui] a tapé sur la tête comme une gentille fille mignonne […] », en ne lui parlant que du buzz mais sans s’intéresser vraiment à ce que sa chanson dénonçait, sans se demander pourquoi elle buzzait tant. « Je pense que c’était déjà à l’époque un énorme problème puisque des milliers de femmes m’ont écrit « merci de dire tout haut ce qu’on pense tout bas et ce qu’on vit et de le dénoncer » et aujourd’hui c’est encore d’actualité malheureusement » explique l’ancienne chanteuse à I24 tout en remarquant que cette chanson qui n’a pas vieilli est même encore connue des plus jeunes.

À ce sujet — Y aura-t-il des célébrités pour soutenir les partis de droite aux municipales ?

Sa chanson ne vieillit pas …
Si elle a rejoint Sarah Knafo c’est parce qu’elle la croit capable de « mettre les Parisiens en sécurité » avec des solutions concrètes et précises, celles-là même que la candidate développait le 30 janvier dernier à l’évènement organisé par BV. Il faut avouer que le tube de Koxie était précurseur, elle était déjà une lanceuse d’alerte. D’ailleurs, peu importe le bord politique, aujourd’hui tout le monde est bien forcé de reconnaître que le message de sa chanson ne s’est pas démodé. Ainsi, Les Collages Féministes Lyon avait repris son refrain en 2020 : « Gare aux cons ma fille », en 2022, Marlène Schiappa l’avait accueillie au ministère de l’Intérieur considérant qu’« Elle [avait] alerté sur le harcèlement de rue et ce que vivent les femmes dans les transports »:  « Il y a déjà 15 ans, beaucoup de femmes se sont reconnues dans son récit en chanson ! ». C’est tout de même Sarah Knafo qu’elle considère la plus capable de régler les problèmes des Parisiens et des Parisiennes.

Et ses préoccupations comme celles des Parisiens évoluent
Alors, si selon Paris Match qui a révélé l’information le 18 février, « elles ont en commun le scooter et les quais de Paris […] » et une « déclaration de guerre aux incivilité », ce n’est pas la seule raison de ce ralliement. Déjà, Laure Cohen explique bien s’engager sans étiquette derrière Sarah Knafo, elle est simplement une « Parisienne à bout de nerfs » : « Je suis apolitique. Mon engagement est sans étiquette. Ce sont des élections municipales, Sarah se présente sur une liste ouverte à tous les parisiens, pas une liste partisane. » Parce que non seulement l’ancienne chanteuse est une femme devant faire face au harcèlement de rue mais elle est aussi la mère de deux enfants : « Elle met notamment en avant les propositions sur la circulation, le stationnement et la petite enfance », explique 20 Minutes. Comme elle l’explique elle-même, « aujourd’hui, [elle est] aux côtés de Sarah parce qu’[elle] trouve qu’elle a le meilleur programme, le plus clair, le plus concret, le plus pragmatique et puis stop les blabla elle répond enfin vraies problématiques des Parisiens ».

« La stratégie de la candidate consiste à multiplier les coups d’éclat et à créer le buzz pour qu’on parle d’elle, à la manière d’un certain président américain. Et après tout, Donald Trump lui, a bien Nicki Minaj dans ses rangs » ironise The Huffington Post, dont le ton sarcastique ne peut faire oublier que la stratégie fut payante pour Donald Trump.

. Grand Remplacement, du fantasme à la réalité.

Articles : Fev 2026Jan 2026Dec. 2025Nov. 2025
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#webtube : Quand dans nombre de villes françaises 50 % à 70 % (voire jusqu’à 90 % parfois) d’enfants qui naissent sont d’origine afro-arabo-musulmane, l’avenir de la ville ne laisse plus aucun doute possible : elle sera de culture afro-arabo-musulmane ! Avec des us et coutumes qui ne seront plus français… mais africains et coraniques… Elle aura irrémédiablement tourné le dos à la France et ne sera plus une ville française, mais une ville africaine, pour ne pas dire une enclave étrangère sur notre sol pour qui les lois de la République islamique passeront avant les lois de la République française. Stéphane Fatrov

Quand dans les sondages la majorité des jeunes musulmans français mettent la charia AVANT les lois de la République, la messe est dite. Il n’y a plus rien à rajouter. Ni à contester.

Dans ces villes bientôt totalement submergées, le temps faisant son œuvre, la culture française en aura été expurgée. Définitivement. Sans ménagement. Voire même méchamment. Tout comme les Français blancs de souche qui se retrouvant de plus en plus entourés par… les autres venus d’ailleurs… sentiront la pression grandir au fil des années là aussi. D’ailleurs, ils connaissent déjà ça. Mais ils connaîtront cela encore plus fort et encore plus vite ! Quoi donc exactement ? Vous savez, ces sordides dérives habituelles, mille fois documentées et racontées déjà : les regards hostiles pour commencer puis les agressions violentes et racistes antiblancs pour finir ; afin de les obliger à partir et à fuir… Chassés parce que blancs. Aussi ils partiront. Tous. Comme ils partent depuis des années déjà. Ils n’auront plus le choix ; pour leur sécurité et celle de leurs enfants.

Pour illustrer de manière factuelle ces multiples Grands Remplacements dans toutes ces villes partout en France, rien de tel qu’une petite démonstration irréfutable, et aussi effroyable qu’incontestable. Pour cela, amusons-nous à prendre comme exemple la ville de Nanterre. Rappelez-vous, c’est la ville de Nahel Merzouk, adolescent algérien de 17 ans tué par la police alors qu’il roulait sans permis comme un fou au volant d’une voiture. Le pauvre petit ange parti trop tôt… Nanterre est donc la ville où ont démarré les émeutes effet domino qui ont ravagé la France entière en 2023. Un milliard d’euros de dégâts !!!

Nous allons observer les naissances à Nanterre. Et pour compléter ce magnifique tableau, nous allons également regarder les listes de naissances de deux villes voisines : Bezons et Argenteuil. J’habite dans le coin, je sais de quoi je parle… Dans de ces trois villes, c’est plusieurs millions d’euros de destruction lors des émeutes. Une paille là aussi…

Ces listes officielles des naissances sont glaçantes pour les Français patriotes ne voulant surtout pas le Grand remplacement et exaltantes pour des gauchistes voulant à tout prix la créolisation. Deux termes pour signifier la même chose : l’effacement de la France, de son peuple et de sa culture.

Pour les trois listes de ces trois villes qui nous informent des naissances, nous allons porter un regard délibérément strict en comptabilisant uniquement les prénoms + les noms de famille français, c’est-à-dire qu’on ne compte pas les trop rares prénoms français avec un nom de famille africain ou les prénoms ou noms de famille étrangers européens, comme d’origine portugaise, italienne, polonaise, etc.

Pour commencer, voir ci-dessous, entouré en bleu, le tableau des naissances à Nanterre paru dans le magazine officiel de la ville. Ville d’à peu près 100 000 habitants, 1315 naissances domiciliées en 2024, chiffres INSEE. Au niveau des naissances on obtient seulement dans les 10 % d’enfants blancs français de souche. Rappel : prénoms + les noms de famille français.

Poursuivons avec le tableau de la ville de Bezons, ville de 35 000 habitants et 689 naissances domiciliées en 2024, ci-dessous : on obtient là encore dans les 10 % de naissances d’enfants blancs français de souche.

Naissance sur la commune d’Argenteuil en 2025

Liste des 23 naissances survenues sur la commune d’Argenteuil

  • – Adama KONATE (Adama Tonkoro KONATE) né le 10 octobre 2025
  • – Augustin PERROTTON né le 7 octobre 2025
  • – Ridwan DIENG né le 7 octobre 2025
  • – Louise-Marie BOULINGUI-DUCKAGAS née le 27 septembre 2025
  • – Jayden SUZANNE GLISSANT né le 25 août 2025
  • – Tyler SUZANNE GLISSANT né le 25 août 2025
  • – Soane COULIBALY né le 18 août 2025
  • – Himda MZAOUIANI née le 29 juillet 2025
  • – Kameron CHINOT (Kameron Joseph CHINOT) né le 24 juillet 2025
  • – Yamine XAVIER né le 27 juin 2025
  • – Moussa TANDJIGORA né le 18 juin 2025
  • – Imany MBUYAMBA née le 15 juin 2025
  • – Mylan GROUARD LABORDE (Mylan Eden GROUARD LABORDE) né le 12 juin 2025
  • – Adama DEMBELE (Adama Nabil DEMBELE) né le 19 mai 2025
  • – Rokaya RABHI née le 12 mai 2025
  • – Abdoallah RABHI né le 12 mai 2025
  • – Mohammed RABHI né le 10 mai 2025
  • – Sami EL-MASSMOUDI né le 31 mars 2025
  • – Mattea CHENOT PINHAL (Mattea Maria Marguerite CHENOT PINHAL) née le 30 mars 2025
  • – Sami AIT KACI ALI né le 18 mars 2025
  • – Soraaya SAKO (Soraaya Aina Khadidia SAKO) née le 17 mars 2025
  • – Cassiopee LADOUET GUEZOCK A BABANN (Cassiopee Solange Yvette LADOUET GUEZOCK A BABANN) née le 9 janvier 2025
  • – Fatima-Ezzahra ABBASSI née le 6 janvier 2025

Le taux de natalité France en 2024 pour 1000 habitants est de 9,5. À Bezons ce taux de natalité monte à 18,9 en 2022. À Nanterre il est des 17,3. Et 18,9 à Argenteuil également. Dans ces trois villes à forte population d’origine étrangère, il est donc le double de la moyenne nationale. Chiffres officiels INSEE toujours.

Sur à peu près 30 naissances dans ces trois villes, 3 nouveau-nés seulement sont des petits Français blancs de souche AOP, pour faire la blague sur l’origine. Ce n’est donc pas un Grand remplacement lent et paisible, mais rapide et brutal pour la population blanche, pour ne pas dire que c’est un TSUNAMI.

Quand une toute petite minorité d’enfants blancs Français de souche se retrouvent dans une classe à l’école, leur sort est joué… Et je vous parle de ce que je connais ; dans ma banlieue pauvre, j’ai vécu tout ça… Quand il n’y a que 3 enfants blancs de souche dans une classe de 30 élèves, ce n’est pas la culture française qui s’impose, qui prédomine, qui imprègne les esprits et forge les mentalités pour la nouvelle France de demain !

Et ici je ne parle même pas du nombre de familles afro-arabo-musulmanes qui chaque jour biberonnent leurs enfants à la haine de la France et des Blancs.

Dans les magazines officiels de ces trois villes, on voit toujours une mixité exaltée, des photos de femmes, d’hommes et enfants de toutes les couleurs souriant et affichant un bonheur incroyable d’habiter ces villes. Montrant le vivre-ensemble comme une chance formidable. Dans la réalité la délinquance est élevée, le trafic de drogue important, le niveau scolaire est bas, les Joyeux Noël ont définitivement disparu pour laisser place aux Joyeuses fêtes de fin d’année et… de plus en plus de Blancs foutent le camp pour protéger les leurs… Autour de chez moi, beaucoup de Blancs sont déjà partis !

Alors, je sais… les gauchistes habituels m’accuseront de pointer du doigt des listes, voire m’accuseront injustement de vouloir lister des noms à consonances étrangères. Je me contente juste de décrire le réel tel qu’il est, et qui va inéluctablement péter à la gueule de tout le monde. Y compris des gauchistes.

Je m’empresse cependant de les rassurer, tous ces gauchos débilos : quand la guerre civile éclatera, si l’invasion migratoire monumentale continue ainsi, les Français de souche s’en prendront non pas aux nouveaux-nés d’origine étrangère, mais aux élites blanches qui auront imposé cela de manière antidémocratique et despotique, sans jamais demander l’avis du peuple.

Comme à l’avenir vous verrez partout dans les banlieues (c’est déjà le cas actuellement dans de nombreuses villes)  que 99 % des décès sont des personnes âgées blanches et que 90 % des naissances sont des enfants afro-arabo-musulmans, que se passera-t-il dans quelques années quand toutes les banlieues qui entourent Paris seront des enclaves répondant exclusivement aux lois du coran qui justement incite à tuer tous les kouffars ? Statistiquement quel est le pourcentage de chance que Paris (justement peuplée de sales kouffars blancs) soit razziée à votre avis ? Avec les femmes blanches violées et les hommes blancs lynchés, tués et égorgés lors d’attaques émeutes de plusieurs dizaines de milliers d’agresseurs fonçant sur la capitale pour la piller et la brûler ?

Comme dirait Darmanin : « Ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer ». Ou pas !

Aussi bien pour Paris que pour toutes les grandes métropoles en France qui elles aussi, avec la démographie, vont obligatoirement se retrouver entourées de banlieues hostiles où ne subsistera plus aucun Blanc de souche pour les protéger, comment vont-elles s’en sortir ? J’ai bien peur que la seule voie de sortie pour elles… soit leur mort… suivie par la destruction totale par le pillage, le saccage et l’incendie.

Après tout, tous leurs habitants bobos gauchistes votant pour des partis politiques voulant supprimer les frontières… et clamant haut et fort que l’immigration de masse est une chance extraordinaire pour la France qu’il faut à tout prix continuer… ne l’auront-ils pas un peu, beaucoup, passionnément, voire cherché jusqu’à la folie ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Oh, je sais encore, vous allez dire que je fais du racisme en prétendant qu’avec des villes composées à 90 % d’afro-arabo-musulmans le sort est scellé avec d’inévitables émeutes, pillages, destructions, incendies, etc. Mais… n’oubliez pas qu’étrangement dans les villes peuplées à quasiment 100 % de Blancs, il n’y a eu… aucune émeute ni aucune destruction en 2023… Plutôt bizarre, non ?

Stéphane Fatrov, article issu de Riposte Laïque du 21/02/26