#webtube : Cette semaine dans « Mieux vaut en rire », Pierre-Yves Bournazel essaie de fayoter (sans succès), une journaliste désespère de ne pas dégenrer sa fille, et l’indécence des humoristes de France Inter.
#webtube : Bienvenue dans l’ère de l’ultra-violence… 🔷Laurent Obertone Journaliste repenti, écrivain, co-fondateur de la Furia, auteur dernièrement de “De boue et de sang” (éditions Magnus)
#webtube : Taxe sur les gains non réalisés, Vouchers pour l’éducation et les médias, Investissements antifragiles, un aperçu des thèmes abordés dans cette vidéo. Toujours aussi intéressant et agréable à suivre grace à Charles et Emmanuelle Gave.
00:00 Introduction et accueil des questions 00:39 Taxe sur les gains non réalisés : l’exemple des Pays-Bas et ses dangers 03:38 Vouchers pour l’éducation et les médias : financer le choix citoyen 11:48 Subsidiarité : solutions locales vs État central 15:36 Taux d’intérêt et manipulation des banques centrales 25:01 Chine en Amérique du Sud : infrastructures vs hégémonie dollar 33:08 Investissements antifragiles : or, actions, obligations 38:52 L’eau comme ressource stratégique et géopolitique 45:24 Purges en Chine : impact sur l’économie 48:15 IA et destruction créatrice : ce que les machines ne remplaceront pas 1:02:46 Conclusion et conseils finaux
#webtube : En 1976, le cinéaste marxiste italien écrivait dans ses Lettres luthériennes : « Le fascisme peut revenir sur la scène à condition qu’il s’appelle anti-fascisme. » Un essai récent permet de mieux comprendre les origines de cette pensée visionnaire.
On croyait connaître Pier Paolo Pasolini. Son assassinat à Ostie en 1975, à l’âge de 53 ans, a comme figé la statue d’un homme au visage sombre, aux lunettes noires, au cinéma d’avant-garde, à l’homosexualité d’après-guerre et au marxisme de contre-culture. Un ouvrage récent, Pasolini et la tradition, signé par Francesco Zambon, professeur honoraire à l’université de Trente, dépoussière l’icône.
L’auteur part d’une citation étonnante du réalisateur de Théorème, qu’il choisit de prendre au sérieux : « Je suis une force du passé. C’est dans la tradition que tient tout mon amour. » Non pas que Zambon cherche à travestir Pasolini en quelque poète folklorique qui aurait rêvé d’un Puy-du-Fou à la romaine ou d’un poujadisme rital. La « tradition » dont parlait le cinéaste n’était pas un totem mais plutôt un concept. Il s’agissait moins pour lui de célébrer le passé – ou de chercher à le restaurer- que de prendre conscience de ce qui sous nos yeux disparaît.
Pasolini était un être inquiet. « Les promenades dans ces lieux lui suggèrent toute une série de considérations, très sombres, sur le paysage des Apennins, sur les ruines des époques passées, sur la décadence culturelle et esthétique de l’Italie actuelle », écrit Zambon. Schématiquement, la « tradition » prenait à ses yeux la forme d’une sainte trinité à l’italienne, composée de la haute culture, de la culture populaire et de la tradition religieuse. Pas étonnant que Dante, Gramsci et Saint Matthieu aient inspiré son œuvre.
Il y a d’abord la tradition lettrée : la Renaissance bien sûr mais aussi la poésie dialectale, la rhétorique latine, la longue mémoire littéraire italienne, dont le professeur Zambon est d’ailleurs spécialiste. On redécouvre, en lisant cet essai qu’il existait autrefois en Italie une bourgeoisie intellectuelle cultivée ; sociologie dépaysante vue de France, où la classe aisée des beaux quartiers ouest-parisiens confond souvent l’héritage et le patrimoine immobilier.
Vient ensuite la tradition populaire, celle des campagnes frioulanes de l’enfance de Pasolini, avec ses dialectes, ses gestes agricoles, ses rites saisonniers, sa convivialité villageoise. Le cinéaste y cherchait des mythes. On pense à Virgile, aux mondine des plaines du Pô, à la pastorale. Il y a certes la pauvreté, l’injustice aussi dans un pays où les paysans ne deviendront propriétaires de la terre que quand elle ne rapportera plus rien… mais il y a aussi cette densité humaine touffue qui disparaît sous les yeux du cinéaste.
De la droite catholique à la droite cathodique
Enfin, il y a la tradition religieuse. L’Evangile selon Saint Matthieu (1964) reçut les honneurs du Vatican et Théorème (1968)filme une crise mystique : l’étrange beauté d’un jeune homme retourne toutes les culottes d’une famille bourgeoise et accule le patriarche à l’abandon et la fuite dans le désert. Le christianisme chimiquement pur… Pasolini cherche et trouve le mystère de l’Evangile non pas dans les internats de jeunes gens, ni davantage dans l’Eglise institutionnelle ou dans le mouvement démocrate-chrétien qui ramassait tout le personnel politique corrompu de l’après-guerre.
Cette triple tradition, Pasolini la voit disparaitre dans l’Italie des années soixante et soixante-dix. La télévision en est l’instrument décisif : elle diffuse un italien standardisé jusque dans les foyers de familles patoisantes, standardise l’imaginaire, les modèles culturels. La dictature de Mussolini avait échoué à créer « l’homme nouveau » sur le modèle du légionnaire fasciste ; la culture marchande arrive à en façonner tout doucement un autre, hédoniste, doux, indifférent, relativiste, amusé. Retour au pain et aux jeux. Et aussi la réalisation inattendue de l’unité nationale italienne, dont même Mussolini n’aurait pas rêvé, à la faveur de la diffusion télévisuelle d’une langue standardisée qui fait disparaître tout parler local.
Néofascisme, antifascisme, post fascisme
Le voilà, le « nouveau fascisme » selon Pasolini : non le néofascisme résiduel, folklorique et parfois violent du MSI, héritier d’un Duce lui-même écrasé militairement, rangé aux horreurs de l’histoire et dont pourtant l’Italie des années 1960 – 1970, parle beaucoup et sans doute un peu trop. Durant les fameuses années de plomb, la gauche redoute un putsch militaire, la droite une révolution communiste : noirs et rouges rendent coup pour coup. Qu’importe que les néo fascistes soient une sinistre bande de pieds nickelés auxquels le film de Mario Monicelli Nous voulons les colonels a rendu justice, ils obsèdent déjà les élégants de la culture de contestation italienne.
C’est pourquoi Pasolini, l’insurgé ontologique, se montre si sévère avec certaines formes de contestation en 1968. Les étudiants veulent détruire l’autorité, le fascisme, la tradition ? En réalité, constate le cinéaste, ils accompagnent parfois ce qu’ils prétendent combattre. Ils refusent tout dialogue même critique avec les Anciens, vident les têtes en s’opposant à la culture bourgeoise et préparent leur remplissage par la pacotille marchande. « Ils ont obéi en désobéissant » : la formule est cruelle. Elle en annonce une autre : « le fascisme des antifascistes ». Pasolini avait déjà ses antifas… Et nous les retrouvons aujourd’hui. Son propos nous rattrape en écho de la sombre actualité.
Le romantisme militant, l’inculture historique, les slogans réflexes n’éveillent pas des consciences ou d’esprit critique. Ils finissent par reproduire des mécanismes qu’ils prétendent dénoncer. Déjà au XIXème siècle, Hippolyte Taine résumait le problème quand il parlait du jacobinisme : « Rien de plus dangereux qu’une idée générale dans des cerveaux étroits et vides : comme ils sont vides, elle n’y rencontre aucun savoir qui lui fasse obstacle ; comme ils sont étroits, elle ne tarde pas à les occuper tout entiers. »
Eu fond, ce qui aurait pu prévenir ces affrontements de têtes brûlées ou de têtes vides, hier dans l’Italie des années de plomb, il y a quinze jours à Lyon, c’est précisément ce que Pasolini appelait la « tradition » : que les mots balancés dans des amphis ou meeting trouvent en arrivant dans les têtes pour s’y opposer quelques paroles apprises par cœur en chantant au chœur de l’Eglise, en récitant un dicton de grand-mère ou un sonnet de Pétrarque à l’Université. Certes la tradition ne sauvera jamais un régime ni n’en instituera un autre, mais elle peut encore sauver les consciences.
#webtube :Lors des César, certains spectateurs n’ont pas pu s’empêcher de huer et de qualifier de « raciste » la star Brigitte Bardot, disparue en décembre, pendant l’hommage qui lui était rendu. Honteux.
L’Académie des César eut la noble idée de rendre hommage à Brigitte Bardot, l’une des grandes icônes féminines du cinéma français avec Fanny Ardant, Annie Girardot, Catherine Deneuve et quelques autres. Ce n’eut pas l’heur de plaire aux médiocres, tapis dans l’obscurité, enfoncés dans leurs sièges, gavés de subventions, infatués d’eux-mêmes à force de lire les éloges de Télérama pour leurs films qui vident les salles. Mais comment s’étonner de ce manque d’élégance de la profession alors que le monde du cinéma avait renoué avec l’art du muet au moment où il avait fallu célébrer l’actrice lors de son décès en décembre dernier ?
Le mépris
Dieu créa la femme ; cette femme consacra sa vie au cinéma puis aux animaux et les odieux créèrent l’infâme en la sifflant. Officiellement, ils lui reprochent sans doute ses convictions politiques, trop à droite pour un landerneau qui penche trop à gauche ; ils n’oseront jamais avouer qu’ils jalousent aussi sa liberté et son indépendance, sa féminité et son authentique féminisme, son respect de la patrie et l’amour que celle-ci lui rendait, sa beauté et le regard que les hommes portaient sur elle. Le mépris, c’est aujourd’hui autant le titre d’un des principaux films dans lesquels apparaît Brigitte Bardot que le sentiment que nous inspirent les réflexes moutonniers du milieu du 7ème art.
Pour les César, grand-messe pour petits curés de la bien-pensance, la vulgarité est devenue une marque de fabrique. En 2020, tandis que J’accuse de Roman Polanski est maintes fois nominé, Florence Foresti, à la présentation tout en mauvais goût, et Jean-Pierre Darroussin, qui fit semblant de ne pas savoir prononcer le nom du cinéaste, furent supplantés par Adèle Haenel qui quitta aussi précipitamment qu’inélégamment les lieux. Heureusement, avec sa voix particulière couvrant la mitraille d’une meute qui, comme toutes les meutes, fut veule, s’éleva, seule contre tous, la géniale Fanny Ardant. L’actrice qui interpréta la Callas et, plus humblement, la femme d’à côté expliqua que lorsqu’elle aimait, elle le faisait passionnément, jusqu’au bout, et qu’elle était prête à suivre quelqu’un jusqu’à la guillotine.
L’année suivante, Corinne Masiero entra sur scène vêtue d’une peau d’âne, avant de s’exhiber nue, à peine recouverte de peinture évoquant le sang et de quelques slogans puérils : « No culture no future » et « Rend nous l’art Jean », faute d’orthographe comprise, afin de protester contre la politique menée par le gouvernement de Jean Castex. A ce moment-là, pour conjurer la gêne, certains repensèrent peut-être au mambo enflammé de Brigitte Bardot dans Et Dieu créa… la femme, avant de conclure, un brin nostalgiques, que le cinéma français avait décidément bien décliné.
Gauchisme culturel et entre-soi étouffant
Car les Césars ne sont finalement que le miroir d’une profession, désormais bouffie d’entre-soi, de gauchisme culturel (ou, pardonnez-moi le néologisme, de jacklangisme) et de moraline. Dès lors, j’ai besoin aussi de me replonger dans le bain du grand cinéma et donc l’époque où les cérémonies couronnaient des grandes carrières. Michel Serrault remettait alors un César d’honneur à un Bernard Blier très affaibli par la maladie ; les statuettes récompensèrent de grandes prestations : Philippe Noiret dans Le vieux fusil, Daniel Auteuil dans Jean de Florette et Manon des sources ou Romy Schneider dans L’important, c’est d’aimer. Ce jeudi, le cinéma aurait ajouté une ligne de gloire à l’histoire des César en se levant comme un seul homme pour applaudir de longues minutes la femme que Dieu créa.
#webtube : Franchement, ce pays est tellement à la dérive à ce niveau-là que je crois qu’il va falloir se résoudre, comme on dit, à fermer la boutique !
#webtube : Interview exceptionnelle d’Eric Larchevêque qui vient présenter son nouveau livre La Stratégie Bitcoin, l’occasion de nous partager sa vision sur Bitcoin et pourquoi il a une forte conviction à long terme.
#webtube :Vif, intéressant, accroché, et même drôle par moments. Un vrai moment de débat sans filtre, en direct avec les Parisiens. C’est à tout le peuple de Paris que je veux parler. Merci à Jean-Jacques Bourdin ! Sarah Knafo, candidate pour être la prochaine Maire de Paris, était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin le mercredi 25 février 2026.
#webtube : Quand Quentin est mort, malgré un casier vierge, il a été criminalisé, et nazifié par des médias qui choisissent leurs mots et leurs experts… 75 % des spécialistes de l’extrême droite » invités dans les médias ont des liens avec LFI ou la Jeune Garde. Ugo Palheta (proche LFI, préfacier du livre de Raphaël Arnault), Isabelle Sommier (financée par l’Agence Nationale de la Recherche, présente aux universités d’été LFI), Nicolas Lebourg (ancien militant antifa), Thierry Vincent (journaliste Blast filmé en train de sniffer de la cocaïne en direct sur twitch)… Une belle brochette de vainqueurs, partout sur vos écrans !
Les pastilles de l’info :
L’Arcom ouvre la chasse aux influenceurs et aux podcasts : le cas du « Raptor » 28:58 – 31:28
LFI contre la liberté de la presse mais pour les “nouveaux médias” aux ordres 31:28 – 33:25
Jean-Noël Barrot, l’ennemi de la liberté : il veut mettre les réseaux sociaux au pas 33:25 – 34:16
Merz un « Pinocchio » : un retraité poursuivi pour avoir traité le chancelier 34:16 – 35:30
Municipales en roue libre ethniques : opération poulet et Vespa volée 35:30 – 37:11
🔴 Conclusion 37:11 – 37:47 Portrait piquant : Charline Vanhoenacker – l’humoriste de France Inter 37:47 – 40:46
#webtube : Emmanuel Macron a prononcé ce lundi un discours à la Sorbonne sur la contribution de la dissuasion nucléaire française à la sécurité de l’Europe. Il a réaffirmé sa volonté d’« ouvrir le débat » sur la mutualisation des armes nucléaires françaises avec les autres États de l’Union européenne, sans pour autant préciser de modalités concrètes. Selon lui, l’offre française d’étendre sa dissuasion nucléaire au reste de l’Europe ne concurrencerait pas le parapluie américain, mais viendrait en complément.
Macron a également confirmé avoir entamé un « dialogue stratégique » avec le chancelier allemand Friedrich Merz et d’autres dirigeants européens sur la manière d’articuler la doctrine nucléaire française avec une approche européenne. Il a souligné que la France reste attachée à son indépendance stratégique, mais que le contexte actuel (prolifération nucléaire, développement de nouveaux missiles russes et chinois) rend nécessaire une réflexion sur le rôle de la dissuasion à l’échelle européenne.
Ses déclarations ont suscité un rejet unanime au sein de la classe politique française, sauf, sans surprise, du bloc central et des écologistes qui y voient une opportunité pour une défense européenne commune. La gauche rejette fermement le projet, soit par attachement à la souveraineté française (PS), soit par opposition de principe à l’arme nucléaire (LFI).
Le Rassemblement National s’est fermement opposé à toute remise en cause de l’indépendance de la dissuasion nucléaire française, qu’il considère comme un héritage gaullien et un pilier de la souveraineté nationale. Le parti a lancé une pétition intitulée « Pour que la dissuasion nucléaire reste française », appelant l’Assemblée nationale à veiller à ce que Macron ne franchisse aucune ligne rouge sur ce sujet
Depuis 1964, la dissuasion nucléaire française incarne la volonté intransigeante de la France de ne dépendre que d’elle-même pour sa sécurité. Le général de Gaulle, visionnaire et stratège, avait compris une vérité intangible : « Puisqu’un homme et un pays ne peuvent mourir qu’une fois, la dissuasion existe dès lors qu’on a de quoi blesser à mort son éventuel agresseur, qu’on y est très résolu et que lui-même en est bien convaincu. » Cette doctrine, forgée dans l’humiliation de 1940, de Dien Bien Phu et de Suez, reposait sur trois piliers :
L’autonomie absolue : La France maîtrise l’intégralité de la chaîne nucléaire, de la conception à la réalisation, sans dépendre d’aucun allié.
La liberté d’action : La dissuasion protège les intérêts vitaux de la France, délibérément non définis pour maintenir l’adversaire dans l’incertitude.
L’égalité par l’atome : Peu importe la taille de l’arsenal, l’arme nucléaire est un égalisateur absolu.
Cette doctrine a permis à la France de se hisser au rang de puissance indépendante, capable de tenir tête aux États-Unis, à l’URSS, puis à la Russie. Elle a aussi évité à l’Europe de devenir un protectorat américain ou un satellite soviétique. Pourtant, aujourd’hui, Emmanuel Macron s’apprête à sacrifier cet héritage sur l’autel d’une Europe dominée par l’Allemagne.
La mutualisation : un abandon déguisé de la souveraineté
Emmanuel Macron, dans son discours sur la « contribution de la dissuasion française à la sécurité de l’Europe », prépare le terrain pour une mutualisation de l’arme nucléaire. Sous couvert de « solidarité européenne », il s’agit en réalité d’une abdication : la France accepterait de partager sa force de frappe avec des partenaires qui n’ont ni contribué à son financement, ni supporté les sacrifices scientifiques et budgétaires nécessaires à son développement.
Un effort historique ignoré : Entre 1961 et 1967, la France a multiplié par cinq son effort financier pour la dissuasion, passant de 0,2 % à 1 % du PIB. En 2025, 7 milliards d’euros y étaient encore consacrés. Aucun autre pays européen n’a consenti un tel sacrifice.
Une technologie maîtrisée : Contrairement au Royaume-Uni, dépendant des États-Unis, la France contrôle toute sa chaîne nucléaire. La mutualisation signifierait ouvrir les portes de nos secrets stratégiques à des États qui n’ont ni la volonté ni les moyens de les développer eux-mêmes.
L’Allemagne, future hyperpuissance européenne
L’Allemagne, déjà maîtresse économique de l’Europe, cherche à devenir une puissance militaire. Avec une armée en pleine expansion et une influence croissante sur les décisions européennes, elle n’a qu’un obstacle : l’absence d’arme nucléaire. En mutualisant la bombe française, Macron lui offre la clé de la domination continentale.
Berlin, qui dicte déjà les politiques économiques et migratoires, pourrait bientôt imposer sa volonté stratégique. La France deviendrait un simple fournisseur de services nucléaires, perdant toute autonomie.
L’Allemagne, sans avoir à supporter le coût ou les risques de la dissuasion, en récolterait les bénéfices. Elle pourrait ainsi neutraliser la France comme rival stratégique, tout en consolidant son hégémonie.
La fin de l’avertissement nucléaire français
La doctrine française prévoit un « avertissement » nucléaire en cas de menace sur ses intérêts vitaux. Mais si la dissuasion devient européenne, qui décidera du déclenchement ? Berlin ? Bruxelles ? Une commission technocratique ?
Une décision diluée : La rapidité et la crédibilité de la riposte nucléaire, essentielles à la dissuasion, seraient remises en cause par des débats interminables entre 27 États.
En 1956, la France a déjà payé le prix de l’indécision collective lors de la crise de Suez. Une Europe nucléaire serait condamnée à la même impuissance.
Les conséquences géopolitiques : une France affaiblie, une Europe vassalisée
La dissuasion gaullienne garantissait à la France une marge de manœuvre indépendante des États-Unis et de l’OTAN. En mutualisant, Macron aligne la France sur une Europe atlantiste, où Washington et Berlin dicteront les règles.
Un alignement sur l’OTAN : Les États-Unis, qui ont toujours vu d’un mauvais œil la force de frappe française, y gagneraient une Europe nucléaire sous leur contrôle indirect.
Sans autonomie nucléaire, Paris perdrait son statut de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, où sa voix ne pèserait plus que celle de l’Italie ou de l’Espagne.
Un signal de faiblesse envoyé aux adversaires de l’Europe
Le monde entier ne manquerait pas de voir dans cette mutualisation un signe de décadence française
Moscou craint avant tout une Allemagne revancharde en train de forger un outil militaire de grande ampleur. Que cette Allemagne dispose à son tour de la dissuasion nucléaire est un très mauvais signal que nous lui envoyons. La France, qui malgré la politique belliciste de Macron, jouit d’un capital de sympathie en Russie, serait considérer au Kremlin comme un ennemi stratégique sur le même plan que l’Allemagne.
Pékin, qui mise sur la fragmentation de l’Occident, y verrait quant à lui une confirmation de l’affaiblissement européen.
Un précédent dangereux pour la prolifération
En partageant son arsenal, la France légitimerait la prolifération nucléaire en Europe. Pourquoi l’Allemagne, l’Italie ou la Pologne ne développeraient-elles pas leurs propres armes, si la mutualisation devient la norme ?
Une Europe multi-nucléaire serait bien plus instable qu’une Europe où la France, puissance responsable, assure seule la dissuasion.
La mutualisation pourrait être interprétée comme une violation de l’esprit du traité de non-prolifération, ouvrant la voie à de nouvelles puissances nucléaires.
Macron, fossoyeur de la grandeur française
Emmanuel Macron, en proposant la mutualisation de la bombe atomique, trahit l’héritage gaullien et livre la France à une Europe dominée par l’Allemagne. La dissuasion nucléaire n’est pas un service public européen, mais l’outil ultime de la souveraineté française.