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#webtube : Les riverains vivent toujours l’enfer. La procureur de Paris lance « une cellule de coordination judiciaire ». Des décennies que ça dure et que ça empire… Le T1, première ligne de tramway exploitée par la RATP, a été mis en service en 1992. Il desservait alors les stations du « 9-3 », entre Bobigny et Saint-Denis. On y payait encore son transport par tronçons et, pour faire toute la ligne, il fallait plusieurs tickets. Montant dans ce tram à Bondy, une dame âgée demanda au chauffeur combien de tickets elle devait valider pour aller au terminus. Celui-ci lui répondit, dans un grand éclat de rire : « Madame, vous seriez bien la seule à payer votre trajet ! »
Trente-quatre ans de laxisme
Trente-quatre ans ont passé. Les lignes de tram se sont étendues et multipliées : la région parisienne en compte 15, aujourd’hui, dont le fameux T3b hanté par les crackeux. Pour avoir longtemps fréquenté la ligne T2, le tram Val-de-Seine inauguré en 1997 qui partait alors de La Défense vers Issy-les-Moulineaux, nous pouvons témoigner qu’à l’inverse du T3b, on y était constamment contrôlé. Il était surnommé « le tram des cols blancs ». Des gens dangereux, assurément.
Dans le nouveau Paris vert du socialisme triomphant, les quartiers nord sont les quartiers de pouilleux. Ceux où les édiles évitent de se montrer : le XIXe et le XVIIIe arrondissement, entre la porte de la Villette et la porte de Saint-Ouen. Autrement dit, le coupe-gorge qui commence à la Philharmonie et s’enfonce, par les tunnels des Maréchaux et le périphérique, vers ces zones de non-droit que sont les bidonvilles des Roms, les camps de migrants et la colline du crack. Sans cesse « évacués », sans cesse reconstitués, entre cités délabrées et immeubles de bureaux neufs et vides – à la station Rosa-Bonheur, si bien nommée – que les entreprises ont préféré déserter pour la sécurité de leurs salariés.
Nous n’avons cessé, depuis qu’existe BV, de vous raconter ces histoires, chaque fois que la mairie de Paris et le gouvernement nous convoquaient pour le grand nettoyage. Devant les caméras rassemblées, on jetait les tentes et les matelas à la benne et l’on annonçait la transformation de la colline maudite en jardin d’agrément. La dernière opération d’ampleur, c’était juste avant les Jeux olympiques : allez, ouste ! 4.000 migrants dans les bus, direction la campagne, le râteau et la pelouse artificielle sur les bords du périph’.
À ce sujet — Paris, enfer du crack
Le XIXe, laboratoire de la »nouvelle France »
Et puis, tout a recommencé. Europe 1 est allée en reportage sur la zone de guerre, dans le tram T3b où sévit « une faune de zombies » comme on en voit dans les films gore. « Le trajet n’a plus rien d’une simple formalité urbaine, nous dit-on. C’est une plongée dans une « zone de non-droit » mobile. » Dans l’atmosphère saturée par l’odeur des pipes à crack « allumées au milieu des familles et des travailleurs », les passagers « croisent des silhouettes hagardes, aux joues creusées et au regard vide ».
Les commerces ont fermé, ne restent que ceux qui ne peuvent partir ailleurs. Tous les habitants de ces quartiers se plaignent d’avoir « été abandonnés ». Leurs appels, leurs pétitions, leurs actions sont restés lettre morte. On a regardé leurs quartiers s’enfoncer dans l’horreur pendant qu’on dépensait des fortunes en pistes cyclables. Mais ces gens-là ne roulent pas à vélo. D’ailleurs, il n’ont plus de vélos depuis longtemps. Ils ont tous été volés et désossés pour acheter des cailloux.
Une dame qui habite là depuis 50 ans confie : « On entend crier toute la nuit, ils se battent au tournevis ou au couteau. Les enfants sont traumatisés. Le soir, certaines femmes appellent leurs maris pour venir les chercher alors qu’avant, on rentrait tranquillement chez soi. » Avant, oui. Avant le vivre ensemble chanté par la gauche. Car rappelons-nous : la mairie du XIXe arrondissement est dans les mains du Parti socialiste depuis 1995, avec les maires Roger Madec puis François Dagnaud ; y a régné jusqu’en 2017 un député nommé Cambadélis, éléphant du PS s’il en est. Tous ces gens ont prospéré sous les mandats Delanoë et Hidalgo, préférant s’inquiéter du sort des migrants et des camés plutôt que de celui des Parisiens.
Aujourd’hui, la fille de Gérard Filoche, Léa, élue du XIXe arrondissement, est « adjoint à la maire de Paris chargé des solidarités, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés, de la lutte contre les inégalités et contre l’exclusion ». Va-t-elle s’attaquer au dossier ou, comme ses prédécesseurs, reprendre le « « jeu de billard » consistant à déplacer les toxicomanes d’un square à une porte sans jamais régler le fond du problème » ?
Il reste un frêle espoir : la procureur de Paris lance, ce lundi, une cellule de coordination judiciaire dont l’objectif est de « briser les silos en faisant travailler ensemble magistrats, police nationale, police municipale et services de la RATP/SNCF ». On peut faire semblant d’y croire…
Marie Delarue, dans BV
