. L’humoriste Benlazar refuse de « mettre un facho au micro »

Articles : Jan 2026Dec. 2025Nov. 2025Oct. 2025
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#webtube : Pour l’« humoriste », « on a été trop gentils avec l’extrême droite ». Les auditions de Radio France se poursuivent à l’Assemblée nationale. Le président de la commission d’enquête, Jérémie Patrier-Leitus, peu suspect de fascisme, a levé ce lundi un sacré lièvre : en l’occurrence, la chronique de Merwane Benlazar, le 7 janvier, sur France Inter.

Ni « gentleman » ni ouvert d’esprit

Merwane Benlazar, vous vous souvenez ? Allons, un petit effort. C’est ce fameux « humoriste » pas drôle qui, il y a un an, le 31 janvier 2025, avait été invité sur France 5 pour y délivrer, dans l’émission C à vous, la première chronique de ce que l’on imaginait être une longue série. Vêtu d’un pull ample et d’un petit bonnet, qui ressemblaient furieusement à une tenue d’islamiste (sans compter sa longue barbe, presque sans moustache), il avait raconté des trucs sans intérêt, d’autant plus que les gens n’avaient retenu – tu m’étonnes ! – que sa tenue. On avait alors retrouvé des tweets de lui, particulièrement misogynes et évoquant un islam radical. Rachida Dati l’avait viré : il en avait profité pour renvoyer à sa condition d’« Arabe » le maire du VIIe habillé par Chanel. On n’est pas plus gentleman, pas plus ouvert d’esprit non plus.

Évidemment, parce que la culture subventionnée est bonne fille, Merwane Benlazar n’a pas perdu sa chronique sur France Inter. Plus précisément, il officie dans l’émission Zoom Zoom Zen – un titre qui, pour les plus anciens de nos lecteurs, fait allusion au refrain d’un (excellent) titre de NTM déjà un peu vintage, Ma Benz. Ce 7 janvier, donc, il répondait à Philippe Geluck, dessinateur belge du Chat, au sujet du prétendu « cordon sanitaire » que les médias d’outre-Quiévrain ont dressé contre les gens d’« extrême droite », sans bien sûr préciser ce que cela recouvre. « On a été trop gentils avec l’extrême droite. Mettre un facho au micro, c’est légitimer ses idées », a commencé l’hilarant humoriste. Et d’enchaîner avec un petit tacle envers le podcast YouTube Legend, puisque son animateur, Guillaume Pley, a eu le front de recevoir… Nicolas Sarkozy. Un facho, lui aussi, probablement : « On vit dans une époque où si le diable sort un livre, Guillaume Pley le reçoit. »

À ce sujet — [POINT DE VUE] Benlazar : look bobo ou de salafiste ?

« Un appel à la censure politique grave et inacceptable »

Merwane Benlazar n’en était pourtant pas, on l’a dit, à son coup d’essai. « À quel moment c’est devenu un bon argument, une bonne chose, de « recevoir tout le monde » ? », a-t-il demandé, en forme de question rhétorique. On peut peut-être lui répondre : à tout moment, c’est un bon argument. En tout cas, ça devrait l’être dans ce que l’on appelle une démocratie. Il reste à savoir si nous le sommes encore, puisque la parole est systématiquement donnée à la gauche sur les antennes du service public, et beaucoup moins à la droite, sans même parler de l’« extrême droite ».

Par un étonnant paradoxe qui a déjà été plusieurs fois dénoncé, dans ces colonnes et ailleurs, le Rassemblement national est le premier parti de France, ses dirigeants sont les seuls responsables politiques à figurer parmi les personnalités préférées des Français. Et pourtant, ses braves contribuables, perclus d’impôts, sont priés de raquer sans rien dire pour se faire cracher dessus par des « humoristes » qui, si la manne publique n’existait pas, mendieraient leur pain sur les routes ou feraient voltiger des diabolos, en sarouel, sur les ronds-points. Un peu de gratitude envers leurs involontaires mécènes, à défaut de talent, ne serait pas trop demander.

Arnaud Florac, dans BV

. « C’est la grande victoire » : Alexandre Jardin savoure le coup d’arrêt porté aux ZFE

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#webtube : La commission mixte paritaire a confirmé l’abrogation des ZFE. Les ZFE sont sur le point d’être un ancien souvenir après un accord trouvé en commission mixte paritaire, réunissant députés et sénateurs, dans le cadre du projet de loi de simplification. Une étape décisive après le vote à l’Assemblée, qui ouvre la voie à un dernier passage en séance publique.

Contacté par Boulevard Voltaire après cette décision, Alexandre Jardin, fondateur des « Gueux », revendique une victoire politique et populaire. « C’est la grande victoire pour les gueux, pour notre combat et pour tous les Français qui n’ont pas les moyens de changer leur véhicule pour complaire aux écologistes », lance-t-il. Pour l’écrivain, le combat dépasse les étiquettes : « Et ça n’a rien à voir avec quelque chose de partisan. Ça a à voir avec des convictions de gens qui, à un moment, se disent : ça ne peut pas être ça, la France. »

Alexandre Jardin estime désormais le scénario quasi verrouillé : « Cela crée une situation qui fait qu’en plénière, l’Assemblée nationale ne pourra plus reculer. Il y a un accord avec le Sénat. » Et il prévient ceux qui voudraient relancer la bataille : « Si les partis décidaient de déclarer la guerre à la France, je leur souhaite bien le bonjour maintenant. »


Boulevard Voltaire

. Humour ou militantisme politique ? Le comité d’éthique de Radio France bégaie

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#webtube : Les travaux de la commission reprennent. « Les Français peuvent compter sur moi », affiche, déterminé, Charles Alloncle. Après un long mois d’interruption, la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public reprend ses travaux. Au menu de ce 20 janvier, le comité d’éthique de Radio France. Sa présidente, Françoise Benhamou, était auditionnée avec Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes de Radio France.

Parce que la question est au centre des débats : un humoriste peut-il tout dire à l’antenne, tout exprimer sur ses réseaux sociaux avec le logo officiel de la radio à laquelle il appartient ? Ils sont encore légion, les exemples que nous donne l’actualité, sans compter le talent du rapporteur Charles Alloncle pour dénicher les propos les plus scandaleux tenus à l’antenne de France Inter notamment, sous couvert d’humour.

Le député de l’Hérault est revenu sur la chronique de Merwane Benlazar qui affirmait, sur France Inter, le 7 janvier : « Mettre un facho au micro, c’est légitimer ses idées » (lire l’article d’Arnaud Florac à ce sujet). Ne doutons pas qu’avec ce même raisonnement, l’humoriste en herbe a dû s’indigner de ce que la radio publique accorde un long entretien à l’ambassadeur du régime islamique iranien qui affirmait tranquillement à l’antenne, il y a deux jours, que « le régime iranien n’a pas de sang sur les mains ».

« Est-ce que les Français doivent payer pour ce genre d’humour ? »

Le rapporteur de la désormais très suivie commission prend au mot la médiatrice : « Vous nous expliquez que l’humour fait partie de la politique éditoriale de France Inter », et revient sur une chronique de l’humoriste Aymeric Lompret qui, le 15 octobre 2021, se tapait sur les cuisses ainsi : « Merci, les gens d’extrême droite, d’avoir payé pour qu’on dise que vous êtes des gros cons. Si j’étais à votre place, comment je serais dégoûté de me faire insulter toute la journée et, en plus, de devoir payer pour ça. » Puis le même Lompret ajoutait : « Est-ce que ça t’excite, Jordan Bardella, de faire un gros chèque à Guillaume Meurice ? ». Ou encore cette chronique, sur France Inter toujours, de Charline Vanhoenacker dont les propos du lundi 19 janvier, taxés d’antisémitisme, créent la polémique : « Ça n’a jamais encore été fait, une version à colorier de Mein Kampf ? », s’interroge la journaliste.

Pour Charles Alloncle, les questions sont simples. « Est-ce acceptable sur une antenne payée par l’impôt des contribuables ? » « Est-ce que les Français doivent payer pour ce genre d’humour ? » Est-ce cela, l’audiovisuel public français ?

À ce sujet — [POINT DE VUE] L’humoriste Benlazar refuse de « mettre un facho au micro »

Tout au long de l’audition, la présidente et la médiatrice de Radio France n’apporteront aucune réponse. Elle se retranchent derrière les saisies qui ne sont faites que par les Français eux-mêmes. Un comité d’éthique non rémunéré, qui se réunis deux fois l’an et ne dispose d’aucun moyen réel selon sa présidente, Françoise Benhamou.

« Un médiateur ne peut pas s’autosaisir », explique quant à elle Emmanuelle Daviet, « je n’ai pas à réécrire mon statut à radio France ». Avec toujours la même rengaine de l’humour, encadré par la loi, au nom de quoi on pourrait tout dire. La députée RN Caroline Parmentier pointe du doigt le militantisme politique de ces humoristes qui s’expriment à la radio ou sur les réseaux avec le logo de leur radio publique. Comme cette même Charline Vanhoenacker, rapporte la parlementaire, en citant l’humoriste qui s’exprime ainsi dans Le Monde : « France Inter, parce qu’elle est la première radio de France, est aujourd’hui un lieu de pouvoir. J’ai décidé de résister de l’intérieur au moment où l’Assemblée nationale compte plus de 140 députés RN. »

À ces questions, nous n’aurons pas de réponse, ou toujours les mêmes hésitations sur une incapacité à condamner des propos – « je ne suis pas dans mon rôle » – ou en faisant référence à des « chartes » ou des comités qui surveillent le comité.

« Je ne cèderai à aucun pression »

« Les français peuvent compter sur moi, j’irai jusqu’au bout de ma mission. » Avant le début de cette audition, le député Charles Alloncle a tenu une conférence de presse pour réaffirmer sa « détermination ». Remis en cause par la présidente de l’Assemblée nationale et le président de la commission qui a instauré de nouvelles règles de travaux, le député ciottiste déplore le mois d’interruption qui a fait perdre un temps précieux à une commission dont les travaux sont limités dans le temps. Il charge aussi France Télévisions qui a fait « deux mois de rétention d’information » avant d’accepter de transmettre les documents réclamés. Le député ciottiste qui « ne s’attendai[t] pas à une telle levée de boucliers » « constate que [s]es questions dérangent » et dénonce une « tentative de discréditer les travaux de la commission ».

« Je ne cèderai à aucun pression ou tentative d’intimidation, ça ne me fera pas plier. » Tête haute, Charles Alloncle repart de plus belle pour la seconde partie des auditions qui s’annonce très chargée. Dernière victoire en date, l’audition de l’animateur Patrick Sébastien qui, finalement, sera auditionné, a indiqué le président de la commission qui, jusqu’ici, y était formellement hostile.

Yves-Marie Sévillia, dans BV

. Raphaël Glucksmann face à Zemmour et à son passé

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#webtube : Ce texte revient sur la trajectoire médiatique de Raphaël Glucksmann : des sondages flatteurs à la déconvenue face à Éric Zemmour, puis l’opération de rattrapage autour d’un documentaire sur ses origines. Il interroge surtout une « découverte » familiale tardive et ce qu’elle révèle de son discours public et de ses postures politiques.

Sondages et confrontation au réel

À l’automne dernier, de flatteurs sondages créditaient Raphaël Glucksmann, ouvertement candidat à la présidentielle de 2027, de 14 à 16 % des suffrages au premier tour. Ce qui lui donnait toutes ses chances pour accéder au second tour et peut-être l’emporter contre Marine Le Pen ou Jordan Bardella. En effet, la gauche unanime se ralliant alors à lui, bon gré mal gré, pourrait possiblement faire échec la maudite « extrême droite ». Mais cela, c’était avant le 20 novembre, date de sa calamiteuse « Grande confrontation » sur LCI avec Éric Zemmour, lequel l’étrilla et même le ridiculisa de si belle façon que, depuis, les sondages n’accordent plus au mieux que 12 % des votes au fondateur du fantomatique parti Place publique qui devait ensuite avouer, penaud : « J’aurais pu faire mieux, mais cette émission est difficile. »

Est-ce pour redorer son blason que la chaîne Public Sénat a programmé pour le 31 janvier un documentaire intitulé « Les Glucksmann, une histoire de famille » ? Une histoire qui, selon ses dires, a frappé de stupéfaction l’époux de Léa Salamé car il aurait ignoré que son grand-père Ruben, né austro-hongrois dans l’actuelle Ukraine puis exilé en Israël, qu’on appelait alors la Palestine, avait été un agent soviétique.

Grand-père agent soviétique : une information de notoriété publique

Particularité bien connue de nos lecteurs puisque, consacrant le 15 octobre un long portrait à l’avantageux Raphaël, nous y notions, en nous référant au n° 408 de Faits & Documents, lettre d’information créé par le regretté Emmanuel Ratier, mort en 2015 et dont les révélations n’avaient jamais été contredites : « Son grand-père paternel Rubin Glücksmann, agent de renseignement du GRU (renseignement militaire soviétique), gagna la France en 1935, mais continua ses activités pour le Komintern au sein de la Wostwag, qui livrait du matériel aux Républicains espagnols. C’est d’ailleurs en l’honneur du Petit Père des peuples que ce stalinien d’élite donna Joseph comme premier prénom à son fils André », le futur néo-philosophe (1).

Ajoutons que l’activisme stalinien du défunt camarade Rubin est de notoriété publique puisque mentionné par Wikipédia. Dès lors, marié à une journaliste et homme de médias lui-même, comment Raphaël Glucksmann peut-il feindre n’avoir rien su jusqu’à ces derniers jours de l’engagement de son aïeul ? Engagement qui fait tache dans son curriculum vitae de parfait européo-atlantiste et d’ennemi numéro un de Vladimir Poutine. Ainsi, ne riez pas, que de meilleur défenseur des Français. « S’il y a un patriote à cette table, c’est moi », avait-il eu le front de lancer à Zemmour, alors qu’il venait de préconiser à Bruxelles de nouvelles « voix d’immigration légales vers l’Europe afin de répondre à la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs ».

Tout homme n’étant responsable que de ses propres actions, nous ne reprocherons pas au petit-fils les crimes de son grand-père. Mais on peut reprocher à Raphaël Glucksmann, ce preux chevalier de tous les bons combats (Géorgie, Ukraine, antiracisme militant) sa lâcheté, devant la vérité. Une honteuse dérobade qui en dit long sur ce personnage

Claude Lorne, Polémia

Raphaël Glucksmann face aux Français et à Eric Zemmour sur LCI (à 2h25 minutes de la vidéo)

. L’euphorie des dernières heures du Macroncircus

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#webtube :  Dans 16 mois on démonte les décors macronistes en carton et on reconstruit une vraie France en pierre. Alors qu’elle avait commencé avec l’évocation de la création d’un Haut-commissariat à la diversité, quand la semaine se termine, il n’en est plus question. Macron aurait-il entendu notre lecteur Michon qui lui faisait justement remarquer qu’ « il serait plutôt nécessaire de mettre en place urgemment un Haut-Commissariat à la préservation de la culture française qui elle existe bien quoiqu’il en dise » ?

les chèques magiques 

Rien n’est moins sûr et pourtant l’idée n’est pas mauvaise, loin s’en faut, pour sauver les agriculteurs français qu’Amélie de Montchalin a pris en otage par exemple avec le budget. Il faut bien reconnaitre comme Alfred Germain que « les propos et attitudes du gouvernement dépassent l’entendement. S’ils veulent déclencher une véritable explosion sociale ils ne peuvent pas mieux s’y prendre. C’est la démonstration d’un amateurisme inégalé d’une clique d’incapables qui croyant s’adresser au peuple par des menaces sont en train de tendre le bâton pour se faire battre ». Pour notre commentateur, c’est « l’euphorie des dernières heures du Macroncircus ». Il est évident pour Mijuna que « la signature du Mercosur n’est pas un camouflet pour macron : il a juste pris une posture sachant que ça ne servirait à rien. Pure comédie comme d’habitude, histoire de se dédouaner. » D’autant que « ce que veulent les agriculteurs français ce n’est pas l’aumône, s’indigne Hadrien Lemur, c’est qu’on les laisse exercer leur métier et produire à égalité de chances, sans les entraver avec des règles stupides dont ils sont les seuls à être astreints. » Peut-être que notre commentateur a raison et que « Monchalin, comme beaucoup de ministre macronistes, croit que les problèmes se règlent à coup de chèques magiques (chèques qui devront bien être honorés un jour par nous-même, nos enfants ou petit-enfants). »

À ce sujet — [POINT DE VUE] Sobriété budgétaire ? Macron veut un haut-commissariat à la diversité…

C’est vrai que Mme de Montchalin n’est pas la seule à avoir évoqué un nouveau chèque subventionné : le Haut-commissariat à la stratégie et au plan a lancé l’idée d’un écochèque pour sauver le textile français, mais Placidus ne s’y laisse pas prendre, c’est « vraiment, encore une idée de gauche, qui ferait bien mieux de s’attacher à réduire le coût de l’État Providence pour permettre d’augmenter les salaires, plutôt que penser à créer une nouvelle et stupide mesure infantilisante. » Joel Bernard préfère ironiser : « Heureusement nous avons eu la bonne idée de créer un haut-commissariat à la stratégie et au plan. Sans cette merveilleuse institution du type Théodule, la France serait encore dépassée par une concurrence débridée. » Pourtant, il y a un secteur qui ne souffre d’aucune crise, c’est celui de la sécurité ! Joël se dit que « ça doit être la vision de la réindustrialisation de la France par Macron ». Quant à Alfred Germain, il considère que si « le laxisme de l’État en matière de sécurité oblige les citoyens qui le peuvent ou le veulent à s’équiper d’un système d’alarme, cette dépense supplémentaire devrait être déduite des impôts puisque l’état est responsable de ce désastre sécuritaire. En France, les citoyens payent l’incompétence de leurs élus. »

Pendant que tout s’effondre 

Et pendant que tout s’effondre, à gauche on crée un manuel pour s’outiller face aux idées d’extrême droite. « Faut-il que les idées de gauche soient nocives pour ne pas être plébiscitées alors qu’elle détient tous les centres de propagande (tv fac show biz…) ? » s’interroge Arminius qui remarque que « malgré tout cela, cela prend de moins en moins. » Peut-être est-ce à cause de têtes d’affiche comme Manon Aubry qui, comme le dit Furioso use d’une « rhétorique alambiquée pour ne pas appeler un shah un shah… », mais c’est vrai qu’« on a l’habitude ! »  remarque notre commentateur sarcastique. Notre président, lui, est tout tourné vers le Groenland, et cela amuse beaucoup Candide qui voit « Macron [comme] le détonateur de l’hilarité internationale, mais lui qui a peut-être joué aux soldats de plomb se prend très au sérieux comme « chef désarmé ». » C’est vrai qu’on pourrait en rire à défaut d’en pleurer de voir, comme Gilles Vinet, « Macron [qui] veut faire la guerre aux USA et à la Russie, [alors qu’] il est incapable de mettre de l’ordre dans nos quartiers. »

Heureusement que, comme le dit Théorie de la nation devant ce projet d’armée européenne qui est revenue sur la table cette semaine, « dans seize mois on démonte les décors macronistes en carton et on reconstruit une vraie France en pierre ».

Boulevard Voltaire

. Dette 3 420 Milliards € : Pourquoi le Keynésianisme est Mort en 2026 – Charles & Emmanuelle Gaves

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#webtube : Les déficits chroniques français depuis 1974 : la dette accumulée à 3 420 milliards. Dette publique 120 % du PIB : le service de la dette devient insoutenable avec la hausse des taux. Le multiplicateur keynésien expliqué simplement – Pourquoi il était positif… et maintenant négatif

0:00 Introduction – Pourquoi le keynésianisme échoue en 2026 ? 2:10 Les déficits chroniques français depuis 1974 : la dette accumulée à 3 420 milliards 5:40 Dette publique 120 % du PIB : le service de la dette devient insoutenable avec la hausse des taux 9:15 Le multiplicateur keynésien expliqué simplement – Pourquoi il était positif… et maintenant négatif 12:50 Depuis la crise de 2008 : chaque euro de dette supplémentaire détruit de la croissance 16:30 Preuves empiriques : multiplicateur keynésien négatif en France, Europe et même aux USA ? 20:10 Comparaison historique – Keynes vs réalité post-2008 23:45 Walter Bagehot revisité : illiquidité vs insolvabilité 28:20 La France en 2026 : dette explosive + multiplicateur négatif = risque d’explosion budgétaire ? 32:50 Déclin du niveau de vie, déindustrialisation, crise agricole : les conséquences visibles 37:10 Prévisions catastrophe 2026 : austérité forcée, inflation ou défaut ? 41:30 Ce que le multiplicateur négatif change pour votre épargne et vos investissements 46:00 Conseils pratiques : or, actions, obligations – Stratégies face à la fin du keynésianisme 50:40 Conclusion – La France va-t-elle vraiment exploser ? Leçons à retenir d’urgence 53:20 Soutien à l’Institut des Libertés + ressources (UDE, livres Charles Gave)


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. Incendie de Notre-Dame : ce que le gouvernement ne veut pas avouer… Contre-enquêtes – TVL

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#webtube : L’incendie de Notre-Dame de Paris a suscité émotion et solidarité dans le monde entier. Au-delà des polémiques sur la sécurité du bâtiment et sa reconstruction, comment expliquer que l’enquête avance si lentement, que ses conclusions soient autant dissimulées ? C’est que leur mise au jour lèverait le voile sur des vérités quelque peu dérangeantes…

Source : Youtube – TVL

. Trump : OVNI géopolitique ou stratégie assumée ? | Gérald Olivier dans Le Samedi Politique

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#webtube : Trump anti-guerre ? Enlèvement d’un chef d’État, sanctions, frappes : le mythe tient-il encore ? Un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump est-il en train de renier ce qui a fait son succès électoral ?

Le président américain, élu sur la promesse de mettre fin aux guerres sans fin et à l’interventionnisme américain, multiplie les frappes à l’international. Enlèvement spectaculaire de Nicolas Maduro au Venezuela, opérations contre l’Iran, guerre économique avec la Chine, ambitions affichées sur le Groenland, négociations controversées avec Vladimir Poutine sur l’Ukraine… La doctrine Trump est-elle encore lisible ou assiste-t-on à un basculement stratégique majeur de la politique étrangère américaine ? Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, Élise Blaise reçoit Gérald Olivier, journaliste et spécialiste reconnu de la politique américaine, chercheur à l’IPSE (Institut de Prospective et de Sécurité en Europe). Auteur de plusieurs ouvrages de référence, dont Sur la route de la Maison Blanche (disponible ici https://boutiquetvl.fr/accueil/gerald… ) et Cover Up – Le clan Biden, l’Amérique et l’État profond (disponible ici https://boutiquetvl.fr/accueil/gerald…) , il livre son analyse sans détour. Au programme de cette émission : – L’opération contre Nicolas Maduro : rupture assumée ou retour classique au « regime change » à l’américaine ? – Les véritables intérêts stratégiques de Washington au Venezuela et en Iran – Sanctions, frappes, guerre économique : quel est le plan de Trump ? – Le Groenland, nouvelle pièce du puzzle géostratégique américain – L’Ukraine, Poutine et la marginalisation de l’Europe dans les négociations – Une Amérique toujours plus fracturée : immigration, économie, tensions sociales – Quid de la situation économique américaine un an après le retour de Trump ? – Que dit la base électorale trumpienne (MAGA) à l’approche des élections de mi-mandat ? 👉 Une émission essentielle pour comprendre les contradictions, les ruptures et les continuités de l’Amérique de Donald Trump, à moins d’un an des élections de mi-mandat (Midterms). Si vous souhaitez soutenir le Samedi Politique, pensez à cliquer sur le pouce en l’air, à relayer largement et à réagir dans les commentaires. Votre soutien est indispensable pour le succès et l’indépendance de cette émission.

Source : Youtube _ TVL

. Coupe d’Afrique : les flics soulagés, les Marocains ont perdu…

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#webtube : C’était la grande finale de la Coupe d’Afrique, ce soir à Rabat. Elle opposait le Maroc au Sénégal, et bien sûr, tout un peuple était derrière l’équipe locale, appelée les Lions de l’Atlas. Depuis un mois que dure cette épreuve – qui n’aura plus lieu que tous les quatre ans, contre tous les deux ans auparavant – nos forces de l’ordre, déjà mobilisées contre la révolte paysanne, devaient, à chaque match du Maroc et surtout de l’Algérie, faire face à ce que nous appelons un djihad footballistique. Occupation des centres-villes avec voitures bruyantes et coups de klaxon, provocations anti-françaises comme les drapeaux arrachés, agression au mortier de nos policiers, et bien sûr quelques poubelles brûlées.

Précisons qu’au Maroc et en Algérie, les supporters de ces deux pays se tiennent bien, et que tous les ressortissants de ces deux pays ne se comportent pas ainsi. Ce soir, donc, la préfecture de Paris avait décidé d’interdire tout rassemblement sur les Champs-Élysées ou ailleurs, pour éviter ce que les médias appellent pudiquement des débordements en cas de victoire, jugée probable, des Marocains, grands favoris parce qu’ils jouaient chez eux. Bien sûr, les élus écologistes de Paris y ont vu une décision raciste, hostile au principe du droit à la fête.

Finalement, après une finale interminable, et des rebondissements multiples et confus, le verdict est tombé, ce sont les Sénégalais qui sont champions d’Afrique, au grand soulagement des forces de l’ordre, qui auront sans doute moins de situations compliquées à gérer – ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas, car en principe, que ces pays gagnent ou perdent, il y a des problèmes – car on peut penser que la frustration de nombre de supporters marocains sera telle que la plupart d’entre eux resteront chez eux.

Outre la tranquillité des forces de l’ordre, les Français éviteront une fois de plus de voir leur pays humilié par des démonstrations de force d’un pays étranger dont les ressortissants se conduisent en envahisseurs, sachant que la police a des ordres pour ne pas intervenir, et que nos forces de l’ordre sont muselées par le pouvoir, lui même victime complice du droit-de-l’hommisme et de la pression anti-flics des Insoumis et de toute la gauche.

Reste que certains mauvais esprits, dont nous sommes, ne manqueront pas de signaler que si la Coupe d’Afrique est terminée, le championnat de France, totalement africanisé, continue, lui, avec des équipes où les Blancs français deviennent si rares qu’on les remarque.

Mais c’est autre débat, et même si les Français s’en foutent de la victoire du Sénégal, ils verront dans la défaite de l’Algérie, puis du Maroc, une source de plaisir dont ils auraient tort de se priver…

Cyrano, Riposte Laïque

. L’intervention des USA au Vénézuela : la fin de la souveraineté des États

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#webtube : Les récents événements au Venezuela ont été commentés de façon purement partisane. Ceux qui détestent Nicolás Maduro ont applaudi à son kidnapping, ceux qui l’apprécient ont crié au scandale. Deux façons également détestables de passer à côté de l’essentiel. L’essentiel en effet n’est pas de savoir si Maduro est un « good guy » ou un affreux dictateur, mais de comprendre qu’avec cet enlèvement on est entré définitivement dans une ère nouvelle : celle où la souveraineté des États n’est plus reconnue par la puissance dominante.

L’enlèvement de Maduro a eu lieu le 3 janvier, trente-six ans jour pour jour après celle du président panaméen (et ancien informateur de la CIA) Manuel Noriega. Mais aussi un mois après la grâce accordée par le même Donald Trump à l’ancien président du Honduras Juan Orlando Hernández, condamné en 2024 à quarante-cinq ans de prison pour trafic de drogue par un tribunal new yorkais. Donald Trump a décidé de cette intervention militaire, baptisée « Absolute Revolve », sans tenir compte du droit international (il est vrai très maltraité depuis plusieurs décennies) et même sans consulter le Congrès, comme la Constitution l’y obligeait en principe. Elle lui a permis de réaliser l’enlèvement du président en exercice d’un État souverain. La vraie leçon de ce kidnapping, c’est que Washington revendique désormais le droit d’agir unilatéralement partout où il le veut, y compris contre des Etats souverains ou des pays alliés. Dès leur fondation les Nations Unies s’étaient définies comme une « ligue d’États souverains ». S’il n’y a plus d’Etats souverains, elles n’ont plus de raisons d’être.

     C’est aussi un coup de force contre la démocratie, puisque celle-ci repose sur la souveraineté populaire : le Venezuela n’appartient en toute rigueur ni à Trump ni à Maduro, mais d’abord au peuple vénézuélien. Trump n’a pas appelé à de nouvelles élections au Venezuela, il a préféré annoncer aux Vénézuéliens que c’est désormais lui qui dirigerait leur pays.

     Les trumpistes européens sont généralement souverainistes. Ils devront désormais s’accommoder d’un président qui, en matière de souveraineté, ne reconnaît que la sienne. Alors que les partis populistes italiens ou espagnols se sont ouvertement réjouis de l’enlèvement de Maduro, seule Marine Le Pen a eu le courage de déclarer : « Il existe une raison fondamentale pour s’opposer au changement de régime que les États-Unis viennent de provoquer au Venezuela. La souveraineté des États n’est jamais négociable, quelle que soit leur taille, quelle que soit leur puissance, quel que soit leur continent. Elle est inviolable et sacrée. Renoncer à ce principe aujourd’hui pour le Venezuela, pour n’importe quel État, reviendrait à accepter demain notre propre servitude ».

L’alibi du « narcoterrorisme »

     L’accusation lancée contre Maduro d’être l’un des chefs du « narcoterrorisme » n’a convaincu personne : le Venezuela n’est pas un producteur de cocaïne et aucun pays d’Amérique latine ne fabrique de Fentanyl. L’accusation d’être le chef d’un prétendu « cartel des Soleils » a d’ailleurs été discrètement abandonnée au moment de son inculpation. Pour expliquer l’enlèvement de Maduro, l’ambassadeur américain auprès de l’ONU a invoqué une autre raison : les Etats-unis, a-t-il tout bonnement déclaré, « ne peuvent pas avoir des adversaires qui contrôlent les plus grandes réserves de pétrole au monde » !

     Le Venezuela possède les plus grandes réserves mondiales prouvées de pétrole (303 milliards de barils, soit 17 % du total mondial). Leur exploitation est certes dans un état lamentable, car les prix mondiaux actuels ne rendent rentables ni son extraction ni son raffinage. Mais une infrastructure pétrolière peut être reconstruite quand on en possède les clefs. Même si les Etats-Unis sont autosuffisants dans ce domaine, le contrôle stratégique du pétrole vénézuélien est de première importance. D’autant que la Chine était jusqu’ici le principal acheteur du pétrole vénézuélien (entre 55 et 90 % selon les mois).

     L’enlèvement de Maduro est surtout de nature à montrer que la politique de Donald Trump n’a rien d’une politique isolationniste. L’isolationnisme aux États-Unis trouve son origine dans le célèbre discours prononcé en 1796 par George Washington au moment de quitter son mandat, pour adjoindre les Américains de « ne s’engager en aucune façon dans des alliances permanentes (no entangling alliances) avec aucun pays étranger ». « Notre grande règle de conduite, vis-à-vis des nations étrangères, est d’avoir avec elles le moins possible de relations politiques, tout en développant nos rapports commerciaux […] L’Europe a une série d’intérêt primordiaux qui ne signifient pas grand-chose pour nous [..] Il serait donc insensé de notre part de nous engager par des liens artificiels à prendre part aux vicissitudes de sa politique ou aux multiples combinaisons qu’engendrent ses alliances et ses inimitiés ». Trump n’adhère pas du tout cette position. Ce qu’il retient du discours de Washington, c’est que les Etats-Unis ne doivent pas s’engager dans des alliances qui ne leur seraient pas profitables.

     Ce n’est bien sûr pas nouveau. Les États-Unis sont depuis longtemps habitués à intervenir dans les affaires du monde. Depuis 1947, ils même ont participé à plus de 70 changements de régime, en violation flagrante du droit international ! Pascal disait que la force sans le droit est injuste – mais le droit sans la force nécessaire pour l’instituer et le garantir n’est qu’un mirage ou un vœu pieux.

     Trump est interventionniste comme l’ont été presque tous ses prédécesseurs, mais il l’est d’une façon nouvelle. D’une part, il souhaite se borner à des interventions rapides (quelques semaines pour l’Iran, quelques heures pour Maduro), sachant que sa base électorale n’acceptera pas un enlisement du type Vietnam ou Afghanistan. D’autre part, et surtout, il abandonne sans état d’âme le vernis idéologique ou moral dont les Américains étaient jusqu’ici coutumiers. Abandonnant toute hypocrisie, il ne prétend pas se battre pour imposer « la démocratie libérale et la liberté » (freedom and democracy). Et c’est sans aucun souci de justification idéologique ou morale qu’il s’arroge un droit quasi souverain sur le destin politique de tous les États qui ne lui déplaisent.

     Trump a annoncé que les États-Unis vont désormais « diriger » le Venezuela. Il n’a pas dit comment (Marco Rubio comme gouverneur ?). Dans l’immédiat, l’enlèvement de Maduro est un précédent dont la Chine pourra se prévaloir lorsqu’elle envahira Taiwan, et dont Poutine pourra se servir pour ridiculiser les prétentions des Occidentaux à lui donner des leçons en matière de respect des frontières. A Kiev, Zelensky a déjà suggéré à Donald Trump de faire enlever le président tchétchène !

     Cette tactique est en revanche en parfaite consonance avec les orientations de la nouvelle « stratégie de sécurité nationale » (National Security Strategy) rendue publique le 5 décembre dernier par la Maison-Blanche. Les États-Unis y font savoir sans états d’âme que l’hémisphère occidental est désormais leur zone d’influence exclusive – leur chasse gardée. Les « réseaux d’alliance et alliés » des Etats-Unis y sont mentionnés à la rubrique « moyens à la disposition de l’Amérique pour obtenir ce que nous voulons », ce qui a le mérite de la clarté. Révélateurs sont les mots utilisés par Stephen Miller, conseiller politique de Trump, pour justifie l’intervention américaine à Caracas : « Nous vivons dans le monde réel, un monde régi par la force, la puissance et le pouvoir ». Ce qui signifie clairement que les droits de l’homme, les considérations morales et l’Etat de droit n’appartiennent pas au « monde réel ».

Business first !

     Trump en raisonne en hommes d’affaires, en termes de deals et de profits. Abandonnant aussi la doctrine du libre-échange, il utilise les tarifs douaniers pour en faire des outils de politique et de géostratégie. Dans tous les domaines, les Etats-Unis assument désormais un réalisme brutal : seuls comptent les rapports de force. On peut parler de « loi du plus fort » ou de « loi de la jungle », ou encore de retour à l’« état de nature » tel que le concevait Thomas Hobbes. Mais on peut aussi se demander si ce tournant radical ne marque pas plus simplement un retour à une conception réaliste de ce qu’est véritablement la politique, dont le moteur et la marque caractéristique ont de tout temps été l’inimitié.

     Le tournant majeur est donc celui-ci : Washington veut toujours pouvoir intervenir partout dans le monde où il le veut, mais ne prétend plus agir en garant d’un ordre normatif universel. Il n’agit plus en défenseur de l’ordre libéral international mis en place après 1945, mais en fonction de ses seuls intérêts nationaux et régionaux. Qu’importent les frontières et les Etats amis ou alliés, seuls comptent les intérêts de l’Amérique. Comme l’a écrit l’ancien secrétaire d’État Pierre Lellouche, « cette Amérique a volontairement abdiqué son rôle de leader du “monde libre”, et plus encore de garant d’un ordre international reposant sur des règles. Ce qui compte, ce sont ses intérêts ». Dans ce contexte, la légalité internationale n’est qu’un instrument comme les autres, au même titre que le dollar ou l’extraterritorialité du droit américain.

     A qui le tour maintenant ? La prochaine intervention américaine visera-t-elle l’Iran, Cuba, le Groenland, la Colombie ou le Mexique ? Le Groenland est un territoire constitutif du royaume du Danemark (il l’était déjà avant que ne soit proclamée l’Indépendances des Etats-Unis !) Il recèle 1,5 million de tonnes de « terres rares » (contre 2 millions aux Etats-Unis). Outre son intérêt géostratégique évident, son annexion par Washington permettrait aux Etats-Unis de devenir le pays le plus peuplé de la Terre (22 millions de km2, contre 17 millions à la Russie et 9,5 millions à la Chine). Pourquoi le Groenland ? Réponse de Trump : « Parce que les Etats-Unis en ont besoin ». C’est aussi simple que cela. Le Danemark est aussi membre de l’OTAN. Et alors ?

     Trump parle déjà de « mon hémisphère », comme il dirait « ma femme » ou « ma voiture ». Pour revendiquer tous les droits dans les pays d’Amérique latine, qu’il considère comme son arrière-cour, il allègue la célèbre « doctrine Monroe ». Mais l’interprétation qu’il en donne ne correspond pas à la réalité historique.

Une « doctrine Monroe » dévoyée

     Dans son discours du 2 décembre 1823, le président James Monroe n’avait nullement voulu conférer aux États-Unis le droit d’intervenir à leur gré dans l’hémisphère occidental ou de s’immiscer outre-mesure dans les affaires des pays du continent latino-américain. Sa « doctrine » consistait uniquement à refuser toute intervention européenne sur le continent américain. C’est aux Européens qu’il s’intéressait lorsqu’il affirmait, « comme principe touchant les droits et les intérêts des États-Unis, que les continents américains […] ne sauraient être considérés comme des sujets de colonisation future par quelque puissance européenne que ce soit ». C’est bien pourquoi Carl Schmitt s’était prononcé en son temps en faveur d’une « doctrine Monroe européenne », interdisant aux pays anglo-saxons toute présence ou intervention militaire sur le territoire européen, mers comprises.

     On ne peut certes pas reprocher à Trump de vouloir défendre en priorité les intérêts de son pays. On devrait plutôt se demander pourquoi les Européens ne se préoccupent pas d’abord de défendre les leurs. La réponse est simple. La construction européenne ayant été liée depuis ses débuts au lien transatlantique, ils ne parviennent pas à comprendre que l’Europe pourrait aussi se construire sans eux.

La démission de l’Europe

     Les Européens répètent qu’ils ont besoin des États-Unis et qu’ils veulent rester à tout prix leurs alliés au moment où ceux-ci leur font savoir qu’ils n’ont nullement besoin d’eux. Habitués à se tenir en vassaux soumis, ils sont tétanisés de peur à l’idée de s’opposer frontalement à la Maison-Blanche. Alors que l’on assiste en direct à un « découplage » historique au sein de l’Alliance atlantique, ils se refusent à en tirer la leçon. Ils s’accrochent à Washington comme un chien qui prétendrait négocier la longueur de sa laisse. Au lieu de rechercher les moyens de devenir une puissance autonome, ils sont prêts à accepter d’être humiliés comme l’a été Ursula von der Leyen, lorsqu’elle s’est rendue le 27 juillet dernier sur le golf privé de Trump en Écosse et a cédé sans protester à ses exigences en matière de droits de douane imposés à l’Europe.

     S’en remettre aux Américains du soin de garantir leur défense, ce que les Européens font depuis des décennies, impliquait déjà de leur part un abandon de souveraineté. Au moment où la garantie américaine disparaît, loin de vouloir récupérer leur souveraineté, ils multiplient les démarches pour se proclamer plus que jamais des vassaux. Qu’il s’agisse des données, d’intelligence artificielle, de mise à jour de logiciels, de moyens de défense, l’Europe reste à la merci du bon vouloir américain, au moment même où les Etats-Unis déclarent froidement qu’il ne faut plus compter sur une protection qui leur coûte trop cher. Ils invoquent le droit international, qui a quasiment disparu, ils parlent de solidarité occidentale alors que l’« Occident » a également disparu, ils persistent à vouloir rester au sein de l’OTAN alors que celui-ci est en passe d’éclater. N’ayant toujours pas compris que l’on est en train de changer de monde (de Nomos de la Terre), ils se raccrochent désespérément au monde ancien qui disparaît sous leurs yeux.

     En cas d’annexion du Groenland, ils protesteront, mais se garderont bien d’engager des représailles. Or, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, pourrait très bien, par exemple, revenir sur sa récente décision d’acquérir des avions de chasse F-35 américains, au lieu de s’équiper d’avions européens (quand la France s’en était étonnée, elle avait répondu que son pays se sentirait toujours plus proche de Washington que de Paris !). Les Européens donneront de la salive et de la voix, et rien d’autre. Une fois encore, ils seront inexistants, faute de moyens, et surtout de volonté.

     On en revient au constat fait il y a plus de 2000 ans par Thucydide : « Les forts font ce qu’ils peuvent et les faibles subissent ce qu’ils ont à subir ». Les faibles, aujourd’hui, ce sont les Européens.

Alain de Benoist, Revue Eléments