. Iran : Trump va-t-il lâcher la rampe ?

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Articles : Avril 2026Mar. 2026Fev 2026Jan 2026
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#webtube : Trump n’est pas un chef de guerre et ce n’est pas chez cet homme pressé et agité qu’on peut attendre le calme des vieilles troupes, comme chez Poutine ou Netanyahu, qui communiquent peu mais gardent le cap. Sa communication depuis le premier jour de la guerre est un désastre.

Mêlant les communiqués victorieux à grand renfort de superlatifs et les menaces de destruction massive contre l’Iran, affirmant que le job est quasi terminé tout en acheminant des renforts terrestres et maritimes, déclarant que les négociations avancent alors que les Iraniens prétendent le contraire, lançant un ultimatum à Téhéran tout en le repoussant sans cesse par peur de l’assumer, tout cela fait que chacun se demande si Trump ne va pas lâcher Israël pour la deuxième fois alors qu’aucun objectif de guerre n’a été totalement atteint :

– le régime a été décapité mais la relève a aussitôt été assurée

– le programme nucléaire, bien que partiellement détruit, reste menaçant

– 450 kg d’uranium enrichi sont toujours aux mains des mollahs

– le programme balistique est loin d’être anéanti

– les drones et les missiles frappent encore Israël et les pays du Golfe

– le peuple iranien subit toujours une répression féroce

– le détroit d’Ormuz est bloqué

C’est pourquoi les communiqués de victoire de Trump sont malvenus. S’il est vrai que les Iraniens n’ont plus d’aviation ni de marine, leurs armée reste intacte, ce qui exclut toute tentative d’opération terrestre d’envergure contre un pays dont l’étendue très montagneuse représente presque trois fois la surface de la France.

À mon avis une opération terrestre ou un débarquement serait suicidaire. Ni les Marines, ni les Navy Seals, ni la Delta force, ni la 82e Airborne ne sont la solution.

Restent les bombardements et les éliminations ciblées, ce que les dirigeants iraniens redoutent le plus et ce que les Israéliens font le mieux.

Certains voient dans la valse hésitation de Trump une tactique pour déstabiliser l’ennemi, une ruse pour mieux le frapper. J’y vois plutôt un certain désarroi face à une situation qui risque de durer plus longtemps que prévu. Or, Trump est toujours pressé.

Il aimerait se retirer et refiler le bébé aux Européens, notamment pour la libération du détroit d’Ormuz. Voici ses derniers messages :

« A tous ces pays qui ne peuvent pas s’approvisionner en kérosène à cause du détroit d’Ormuz, comme le Royaume-Uni, qui a refusé de participer à la décapitation de l’Iran, j’ai une suggestion à vous faire : premièrement, achetez-en aux Etats-Unis, nous en avons en abondance, deuxièmement, trouvez le courage qui vous manque, prenez le détroit tout simplement. »

« Vous devrez commencer à apprendre à vous défendre vous-mêmes, les Etats-Unis ne seront plus là pour vous aider, tout comme vous n’étiez pas là pour nous. L’Iran a été, pour l’essentiel, décimé. Le plus dur est fait. Allez chercher votre propre pétrole. »

« La France n’a pas autorisé les avions à destination d’Israël, chargés de matériel militaire, à survoler son territoire. La France s’est montrée très peu coopérative face au boucher de l’Iran qui a été éliminé avec succès ! Les Etats-Unis s’en souviendront !!! » 

À ce sujet, Trump n’a pas tort. Otages de leurs minorités musulmanes, les Européens font le choix de mener une politique pro-arabe ou pro-perse au détriment d’Israël.

Interdire le survol des avions américains transportant du matériel militaire pour assurer la défense d’Israël est une véritable trahison de la France envers l’État hébreu. 

40 années d’immigration aveugle ont bouleversé la politique étrangère de l’Europe et surtout de la France.

Conséquences d’un retrait américain anticipé :

– ce serait la victoire du faible contre le fort

– ce serait une nouvelle débâcle américaine

– ce serait abandonner le détroit d’Ormuz aux Iraniens

– ce serait consacrer la domination des mollahs chiites sur le monde sunnite du Moyen-Orient

– ce serait abandonner Israël en rase campagne et revenir à la case départ

Cette guerre était inévitable, sauf à faire le dos rond en attendant que les mollahs aient la bombe et continuent d’armer leurs supplétifs, Hezbollah libanais, Hamas palestinien, milices chiites irakiennes, Houthis yéménites, qui veulent tous éradiquer Israël de la carte.

Bien malin celui qui sait ce que veut réellement Trump ni ce qu’il va décider.

Impulsif, indécis, versatile, il s’agite comme une bouche enfermée dans un bocal.

Mais qu’il n’oublie jamais l’essentiel : c’est une guerre existentielle que mène Israël, pas une promenade de santé comme l’a cru Trump au lendemain des premières frappes réussies du début de cette guerre.

Abandonné par l’Europe, Israël a besoin de l’Amérique.

Et ce n’est pas en lâchant la rampe que Trump ramènera la paix au Moyen-Orient, son objectif annoncé en se lançant dans la guerre aux côtés d’Israël le 28 février.

La patience et la ténacité sont des vertus essentielles. L’opposition en Iran est bien là et les fissures au sein du pouvoir se manifestent. L’armée régulière est issue du peuple, lequel attend toujours sa liberté. Elle peut basculer. Par conséquent, que Trump ne lâche pas la rampe avant la fin des hostilités. Ce serait la défaite la plus retentissante des États-Unis depuis la débâcle du Vietnam il y a un demi-siècle. Pour Trump, ce serait endosser l’habit du loser comme Joe Biden en Afghanistan.

Jacques Guillemain, Riposte Laïque

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