. La flambée des prix à la pompe, carburant d’une colère qui gronde

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#webtube : Matignon donne quelques millions aux transporteurs, alors que la question se pose d’une baisse des taxes. Environ 70 camions et 110 cars étaient attendus sur le boulevard périphérique parisien ce lundi 30 mars au matin, pour une opération escargot à l’appel de la branche francilienne de l’Organisation des Transporteurs Européens (OTRE). Prévenus, les Franciliens ont été nombreux à anticiper en délaissant leur véhicule personnel, limitant ainsi ce qui n’aurait pas manqué de provoquer un bouchon monstre à Paris et sur les grands axes.

Mais l’opération a fait parler des revendications des professionnels, lesquels devaient être reçus dans la journée par leur ministre de tutelle, Philippe Tabarot.

Quelques millions qui ne satisfont personne

Ce mouvement fait suite à des annonces gouvernementales jugées très insuffisantes.

Depuis un peu plus d’un mois maintenant, en réaction aux frappes israélo-américaines, l’Iran a mis en place un barrage filtrant du détroit d’Ormuz qui, bloquant les approvisionnements occidentaux, a déclenché une flambée du prix du brut et une augmentation de plus de 30% des tarifs de carburant à la pompe.

Vendredi 27 mars, le gouvernement avait annoncé une enveloppe d’urgence de 50 millions d’euros destinée aux entreprises de transport les plus durement touchées : TPE et PME pouvant justifier « de difficultés de trésorerie majeures liées à la crise ». Pour ces dernières, l’aide prévue consiste en un forfait correspondant à une baisse de 20 centimes par litre, calculé sur la base de leur kilométrage mensuel. Le coup de pouce gouvernemental inclut aussi un report de cotisations sociales et un étalement des échéances fiscales.

Cette aide, limitée au seul mois d’avril et à un petit nombre d’entreprises, n’a pas été bien reçue par l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens. Avant même le début de l’opération escargot parisienne, Philippe Tabarot est donc intervenu ce 30 mars pour faire baisser la tension, indiquant que les mesures annoncées seraient « peut-être reconductibles si la situation perdure, en mai, en juin ».

Les « Français fragiles » frappés de plein fouet

Pour Alexandre Jardin, Interrogé par BV, ce que propose le gouvernement « s’appelle une farce », et «les entreprises éligibles aux aides sont loin d’être les seules gravement touchées par la hausse des carburants ». L’écrivain et porte-parole des Gueux constate que « personne ne veut le voir dans Paris, mais les gens qui habitent à côté de chez moi et qui doivent aller travailler à Narbonne, en horaire décalé, quand il n’y a pas de train, ils n’ont pas le choix, et c’est invivable ». Il ajoute que cela l’est tout autant « pour toutes les petites retraites, c’est-à-dire pour toute la France populaire qui est fragile ».

Et Alexandre Jardin de s’interroger : « Que représentent ces quelques dizaines de millions d’aides alors que, dans le même temps, c’est à coups de milliards que l’on subventionne des opérateurs d’éoliennes qui ne servent à rien ? » Pour lui, « il faut arrêter de « subventionner » et « d’aider ». Il faut juste cesser de surtaxer ». Mais pour le porte-parole des Gueux, les calculs politiciens ne sont jamais loin : « Est-ce que, pour un petit accord avec le PS et les Verts, on va étrangler un peuple ? » demande-t-il…  « C’est cher payé ».

Cette baisse des taxes, que le gouvernement rejette d’emblée en invoquant des raisons budgétaires, est réclamée par le RN. Mais cela reste aussi la seule solution viable à court et long terme, selon les organisations représentatives directement concernées et notamment 40 millions d’automobilistes qui a lancé dès le début de la hausse des carburants l’opération « Balance ton plein ». Elle invite les automobilistes à prendre en photo et publier l’affichage du tarif de leurs pleins à la pompe. « Bloquer les prix, par exemple à deux euros, comme le proposent certains, n’est pas possible », répond son délégué général Philippe Chasseray à BV, puisque « les petites stations-service, avec qui nous avons lancé l’opération « Transparence », achètent le carburant 2,25 euros le litre ». Pour lui, il faut en finir avec « notre toxicomanie de la taxe. Quand on surtaxe, plus personne ne peut se déplacer, plus personne ne peut aller au boulot. C’est alors l’économie qui s’arrête et l’État a tout à y perdre ». Vieux principe du « trop d’impôt tue l’impôt ».

Le poisson d’avril de S. Lecornu

Pour lui, c’est donc bien sur les taxes qu’il faut agir, « mais à un niveau qui soit audible, disons celui des directives européennes », précise Philippe Chasseray. Concrètement, cela signifie que l’UE préconise de « baisser le taux de TVA à 15% alors qu’il est de 20% en France aujourd’hui. Elle recommande aussi de limiter à 30 centimes d’euro l’assise sur chaque litre d’essence, alors que nous sommes à 60. Et elle ne prévoit pas de certificat d’énergie ». Pour Philippe Chasseray, le simple alignement sur ces mesures permettrait de générer « 50 à 60 centimes de baisse du prix à la pompe ».

Mais là encore, le gouvernement semble bien décidé à communiquer à outrance pour mieux gagner du temps et s’accrocher à son dogme du « pas de baisse de taxes ». « Dans un contexte d’augmentation des prix des carburants, » a osé Sébastien Lecornu ce lundi 30 mars sur son compte X« 3,8 millions de foyers – soit plus de 6 millions de Français – recevront automatiquement, dès cette semaine, le chèque énergie ».

Il fallait oser, en effet, faire passer une mesure annuelle pour un antidote à une crise des carburants avec laquelle elle n’est liée en rien, sourit Philippe Chasseray. Pour lui, « le chèque énergie ne permet même pas de faire un plein d’essence ». Pas sûr que ce poisson d’avril fasse longtemps rire les Français.

Etienne Lombard, dans BV

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