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#webtube : L’humoriste Paul Mirabel est un cas. Déjà, il est drôle. L’humoriste Paul Mirabel est un cas. Déjà, il est drôle, au contraire de tant de membres de sa confrérie. Mieux : il se moque de lui ; l’autodérision est toujours bon signe. Et pour que la fête soit complète, il ne verse pas dans ces blagues identitaires sous haute surveillance judiciaire voulant que seuls les Noirs puissent railler leurs congénères ; idem pour les Maghrébins, les Juifs, les femmes ou les homosexuels. L’humour doit être libre ou ne pas être du tout.
Paul Mirabel est une grande tringle avoisinant près de deux mètres sous la toise. Il est gaulé comme une sardine en boîte. Sa voix est fluette et hésitante. Il a donc tout plus du « Babtou fragile », comme on dit dans ces « quartiers » donnés pour être « difficiles », que du « mâle dominant ». Et de ce « handicap », il joue à merveille. Éternel racketté des transports en commun (sa première vidéo sur le sujet ayant triomphé sur les réseaux sociaux), accumulant vents et râteaux avec le sexe faible, c’est l’éternel adulescent ; celui dont la vie ressemble à une punition. Soit le portrait-robot de tant de jeunes Français d’aujourd’hui.
Au premier chef, la peur de s’engager et de fonder quelque chose de durable : un couple, une famille ; bref, une sorte d’avenir commun propre à faire passer tout un chacun de l’insouciance à l’âge adulte. Pour autant, soyons justes, tant les perspectives ne sont pas roses pour les générations nouvelles, taraudées qu’elles sont par la grande trouille médiatique leur annonçant fin du monde, populisme triomphant et autres apocalypses à venir, cachet de La Poste faisant foi.
Un itinéraire marqué au sceau de l’humilité…
À l’origine, Paul Mirabel se dirige vers un métier sérieux : le monde des affaires. Il étudie à la Paris School of Business, dont il sort avec un master en commerce. Dans le même temps, il se risque au délicat exercice du stand-up. Pour les humoristes de naguère, il fallait en passer par le comique troupier et le music-hall, jouer devant des salles clairsemées et souvent peuplées de spectateurs indifférents. Une rude école, à l’instar de celle du stand-up, où les bides sont fréquents, où les blagues tombent à plat, où l’on ne s’attire que des sourires à peine polis et où on rentre souvent chez soi, tard le soir, avec une furieuse envie de se jeter dans la Seine. Ses débuts sont donc difficiles. Du coup, Paul Mirabel s’inscrit au fameux Cours Florent, histoire de se perfectionner et de transformer ses handicaps en atouts ; bref, de jouer de son physique qui n’est pas exactement celui d’un jeune premier. Mais à force de persévérance (près de cent scènes par mois, ce n’est pas rien), le succès finit par survenir, couronné en 2025 par un Molière de l’humour pour son spectacle, Par amour.
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Attaché à son club de foot montpelliérain
Si Paul Mirabel navigue assez vite dans les hautes sphères du show-biz, les émissions de Nagui, jamais on ne le voit se laisser porter par l’air du temps, cette ambition de feuille morte. Ce qu’il pense, pour qui il vote, il ne le dit jamais. Bien au contraire, tout chez lui sent une gentillesse non feinte. Interrogé par Le Parisien du 6 avril, il affirme, à propos de son Molière : « C’est mon Ballon d’or à moi. » Il est vrai que ce Montpelliérain est grand fan de foot en général et du Montpellier Hérault Sport Club, son club natal, en particulier. D’où ce maillot arborant en même temps l’intitulé de son équipe favorite et celui de Par amour, intitulé de son dernier spectacle, tel que plus haut écrit. Ce 4 avril, il explique au Midi libre : « Aujourd’hui, ce maillot baptisé Par Amour célèbre un partage des mêmes valeurs. La passion, le travail, l’humilité. Vibrer ensemble, tomber ensemble, se relever ensemble. Cette collaboration, c’est celle d’un club et d’un enfant de la région, amoureux du Sud et du football. » Rafraîchissant, en ces temps de cynisme ambiant, même si Paul Mirabel n’a pas tout à fait la carrure d’un footballeur. Mieux : alors que tant d’autres de ses consœurs se vautrent dans une vulgarité crasse – Blanche Gardin, par exemple, dont on voit bien qu’elle n’est pas près d’ouvrir une école de maintien pour les jeunes filles -, Paul Mirabel évite toute forme de vulgarité. Et le principal intéressé de confirmer au Parisien : « Ce que je fais n’est pas vulgaire, pas agressif. »
Alors, si notre homme n’a rien du « mâle alpha », au moins se comporte-t-il avec intelligence et délicatesse. Par les temps qui courent, la chose n’est pas si fréquente. Elle mérite donc, à sa juste valeur, d’être saluée.
Et puis, quand les histoires d’amour ne finissent pas toutes mal, en général, voilà qu’on prête à Paul Mirabel une liaison avec Laury Thilleman, Miss France cru 2011. Voilà qui rappelle le joli aphorisme d’un autre humoriste, Sim, qui affirmait dans ses mémoires : « Dans ce métier, il y en a qui couchent pour réussir. Moi, j’ai attendu de réussir pour pouvoir enfin coucher. »
Nicolas Gauthier, dans BV
