. Boualem Sansal : finalement, ils l’aimaient mieux dans les geôles algériennes !

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#webtube : Pour les médias de gauche, relayés par la presse algérienne, Boualem Sansal est « la mascotte de l’extrême droite ». C’est une enquête de Libération parue le 1er avril qui a lancé l’offensive. Un chapô, accrocheur s’il en est, dénonce « un million d’euro d’à-valoir, un appartement parisien tous frais payés, proximité avec Sarkozy et Bardella… » Le départ de l’écrivain, passé de Gallimard chez Hachette, est une bombe lâchée dans le monde de la bien-pensance. Pire : « une rupture affective et idéologique, qui éclaire la droitisation assumée d’un romancier, désormais dans une écurie Bolloré », écrit Libération, repris par la presse de gauche et, bien sûr, les médias algériens.

Jusqu’ici, on lui pardonnait parce qu’il était rigolo

Certes, ils y mettent un peu les formes, mais le propos est simple à résumer : Boualem Sansal est un traître, un homme vénal, par-dessus tout un ingrat. La preuve, il est passé chez Bolloré, allant jusqu’à se commettre dans des rencontres littéraires où trônaient Knafo et Bardella. Quant à sa détention, elle n’a pas été si dure qu’on le prétend : les Algériens ont fort bien soigné son cancer et s’il n’a pas été libéré plus tôt, c’est à cause de l’affreux Retailleau, si méchant avec le président Tebboune. En gros.

Libération avait titré sur Le Monde voit, quant à lui, « un malaise grandissant » autour de l’auteur quand Le Nouvel Obs estime que les troupes de Bolloré lui ont carrément « retourné le cerveau », jusqu’à en faire « la mascotte de l’extrême droite ». Ce qui fait le bonheur de la presse algérienne

« La liesse aura été de courte durée », écrit Le Monde. On pourrait ajouter que le soutien à Boualem Sansal l’a été également, la presse de gauche, très « algérophile » et très « retailleauphobe », s’étant longtemps contentée du strict minimum. C’était encore trop, sans doute, car « de martyr de la liberté d’expression […], Boualem Sansal s’est progressivement révélé sous un autre jour : une figure ambivalente, pour ne pas dire ambiguë, dont les postures fluctuantes et les déclarations dans plusieurs médias proches de l’extrême droite désorientent jusqu’à ses proches ».

À ce sujet — Sansal critiqué pour son départ de Gallimard : « J’ai besoin de me sentir épaulé »

Jusqu’ici, on le trouvait drôle, nous dit-on, et malgré « sa dénonciation sans concessions de l’islamisme, l’homme avait toujours charmé par son sourire malicieux, sa liberté de parole et son talent littéraire ». En somme, on lui pardonnait ses égarements. Mais voilà, « aujourd’hui, face à ce qui ressemble de plus en plus à un glissement vers la droite radicale, les mêmes voient remonter un flot de phrases anciennes et troublantes, notamment ses prédictions apocalyptiques sur les menaces d’islamisation pesant sur la France et sa critique acerbe du pays dont il a acquis la nationalité en 2024 ».

Obsédé par « les ravages de l’islamisme »

C’est le départ de la maison Gallimard pour Grasset qui aurait fait tomber les masques… et justifié a posteriori le peu de soutien de la gauche pour l’écrivain pris en otage. Le Monde en est sûr, « ce revirement n’est pas seulement une décision individuelle mais l’aboutissement d’une sourde dissension, à la fois tactique et politique, qui a divisé ses soutiens dès le début de sa captivité ». Boualem Sansal était en fait « devenu l’acteur et l’enjeu d’un combat dépassant, de loin, la littérature et la liberté de l’écrivain ».

Dans Le Nouvel Obs, on le dit étourdi par sa soudaine célébrité : « Boualem a changé du tout au tout, depuis son séjour en prison […]. L’homme doux et rêveur, le « vieux Sachem », se serait endurci, enclin à des accès de brusquerie. Surtout, voilà cet écrivain, qui s’est toujours revendiqué « au-dessus des partis politiques », devenu « la mascotte de l’extrême droite ». » Et tous de détailler les tractations financières autour d’un homme que sa détention aurait rendu à la fois totalement désargenté et totalement déboussolé.

Mais on l’a compris, le fond du problème, c’est le positionnement de Boualem Sansal face à l’islam et l’islamisme : « Depuis une quinzaine d’années, ses déclarations et prises de position flirtent avec les obsessions conservatrices et réactionnaires », écrit L’Obs, pointant les entretiens accordés à Frontières où « il théorisait une fumeuse (sic) « grande conversion » du monde occidental à l’islam ». Ils ont oublié celui avec BV ! L’homme aurait vrillé, cédé au délire « comme son compatriote Kamel Daoud » après avoir vécu la décennie noire, quand l’islamisme a ravagé l’Algérie à la fin du siècle dernier.

Il est évidemment plus simple de faire de Boualem Sansal un malade, victime du syndrome post-traumatique dû à sa détention, voire de le transformer en pauvre vieillard âpre au gain et manipulé par l’extrême droite, que de s’interroger sur le bien-fondé de ses analyses. Le voilà donc renvoyé, comme Michel Houellebecq – l’ami cité à charge –, dans les basses fosses de la (facho)sphère Bolloré.

Marie Delarue, dans BV

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