. Après sa garde à vue, Rima Hassan joue la carte de la victimisation

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#webtube : Ce vendredi 3 avril, Rima Hassan, après sa garde à vue, a donné une conférence de presse avec son avocat. On le sait, Rima Hassan a été mise en garde à vue, le jeudi 2 avril, sur la base d’une apologie du terrorisme. Tout cela méritait bien de convoquer la presse. Ainsi a donc été fait, ce vendredi 3 avril. Durant cette conférence de presse, son avocat a été en première ligne. Bel effort, d’ailleurs, de la part de ce dernier. On apprend plusieurs choses, au sujet de cette garde à vue : d’abord, Rima Hassan a refusé de donner ses empreintes et son ADN, puisque ce n’était pas réclamé par la procédure ; ensuite, des informations ont fuité pendant cette garde à vue. Et puis, la drogue de synthèse n’était pas à Rima Hassan, le CBD, c’est légal… et les tests urinaires (puisque l’avocat de Mme Hassan entre dans un certain luxe de détails) n’ont révélé aucune trace de drogue. Sur le fond de l’affaire, la députée européenne est accusée d’avoir reposté les propos, déjà anciens, d’un activiste japonais, et son avocat affirme qu’elle a effacé ce tweet dans un souci d’apaisement.

La Palestine : en fait, son seul sujet de préoccupation

Ce fut ensuite au tour de Rima Hassan de prendre la parole, au bout d’une demi-heure (à 29’50″, pour les curieux), avec un peu moins d’objectivité. Évidemment, elle n’aura pas le temps de prendre beaucoup de questions. On est chez LFI, on ne va pas s’emmerder à répondre aux journalistes. Ensuite, elle dit avoir été harcelée dès avant son élection au Parlement européen. Et surtout, c’est bien normal que la Palestine soit son sujet de préoccupation majeure (à vrai dire, le seul), puisque c’est pour cela qu’elle a été élue, et que la Palestine, de toute façon, est un sujet européen. En d’autres termes, là où son avocat, dans le premier des huit points qu’il a résumés à la presse, insistait sur l’acharnement de la Justice et le fait que les plaintes contre Rima Hassan avaient quasiment toujours été classées sans suite, la députée européenne préfère faire du sentiment : persécutée pour des idées politiques qu’elle « doit pouvoir exprimer avec la radicalité [qu’elle] choisit », elle considère que la Justice est politique.

Une petite louche de victimisation

Tout cela, selon elle, n’est pas dicté par son comportement, mais par le calendrier politique : « Personne n’est dupe du caractère politique de cette affaire », affirme-t-elle. La présidentielle qui vient. Bref, Rima Hassan fait de la politique en y ajoutant cette petite touche propre à LFI, celle de la victimisation. Tous les mots clés y sont : « dynamique de harcèlement », « dynamique de persécution », « invisibilisation […] de [s]a voix » (ce qui ne manque pas de sel, de sa part) et, brochant sur le tout, « acharnement politique, judiciaire et aussi médiatique ». Question : cet « acharnement médiatique » qu’elle dénonce n’est-il pas juste proportionnel à son propre acharnement à multiplier les déclarations polémiques sur les réseaux sociaux ? Ce qu’on appelait, jadis, la rançon de la gloire ?

À ce sujet — [ÉDITO] Terrorisme, drogue et extrême gauche : trouple historique pour liaisons dangereuses

Une petite louche de victimisation supplémentaire ? Ce sera à l’encontre des journalistes, cette fois, à qui elle n’hésite pas à montrer la sortie si son intervention ne leur plaît pas. Les médias, indique-t-elle, ont été partiaux sur « l’affaire Deranque », c’est-à-dire, en clair, le meurtre sauvage de Quentin Deranque, ils le sont également sur l’affaire Hassan. En fait, tout ça, ce n’est pas de la faute des propos de Rima Hassan, ni de la violence des militants de la Jeune Garde, mais des méchants journalistes.

Il n’empêche : seize procédures (ce qui est en effet beaucoup) classées sans suite, cela en fait tout de même encore trois de plus. Et, là où l’avocat de Rima Hassan réussissait (presque) à nous montrer un objectif emballement juridique et médiatique, la députée européenne ne sait pas faire autre chose qu’inverser l’accusation. Indécrottables insoumis, que la remise en question n’étouffe jamais.

Arnaud Florac, dans BV

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