#webtube : Ce soir, on choisit la magie : le sapin qui brille, la bougie qui sent la cannelle, et cette petite voix intérieure qui chante quand même, même quand les réponses n’arrivent pas. Santa, merci pour les leçons, et merci pour les chansons qui nous accompagnent depuis 10 ans dans nos plus beaux espoirs (et nos plus jolis doutes). Joyeux Noël à ton cœur, prends soin de lui
#webtube : Tonight, we choose magic: the twinkling Christmas tree, the cinnamon-scented candle, and that little inner voice that still sings, even when the answers don’t come. Santa, thank you for the lessons, and thank you for the songs that have accompanied us for the past 10 years through our most beautiful hopes (and our most beautiful doubts). Merry Christmas to your heart, take care of it.
#webtube : Ni gloire ni médailles pour ces oubliées de la grande muette, et souvent peu de reconnaissance et de gratitude. Alors que nombre de familles françaises se retrouvent pour Noël, certaines sentent encore un peu plus le poids de l’absence : ce sont les familles des militaires en mission. Des parents, des épouses, des enfants de militaires qui ont le cœur à la fête et un peu serré. Ce sont en majorité des femmes qui attendent et servent de base arrière (82,7 % des militaires sont des hommes, selon le ministère de la Défense), des femmes qui, comme leur mari, leur fils ou leur père, connaissent la valeur du devoir et du sacrifice et méritent, elles aussi, de la reconnaissance.
#webtube : Un pavé dans la mare qui va éclabousser les bellicistes de l’Eurocrature. La colonelle Tulsi Gabbard, 43 ans, patronne du renseignement américain, dément les mensonges de l’agence britannique Reuters, une crèmerie aux ordres de Nick Starmer.
Cette officine de désinformation a publié dans la nuit de samedi à dimanche une dépêche selon laquelle « les services de renseignement américains indiquent que les objectifs de Poutine en Ukraine et en Europe restent inchangés ». Or ça, c’est de la bouillie bruxelloise pour minets castrés.
Pour ces bellicistes forcenés, Vlad ne veut pas la paix, alors que c’est le nabot mendigot de Kiev qui bloque tout avec ses caprices de starlette, soutenus par les entrechats de Macronescu.
Quant à l’accusation d’invasion prochaine de l’Europe, c’est signé Pustula la Hyène. Laquelle sachant combien les Boches sont un peu trop experts dans le domaine de la blitzkrieg a fait passer le mot au Rosbif. Sanglant et saignant. Or tout cela est faux et archi-faux et Tulsi est bien placée pour le savoir. C’est son boulot. Elle accuse carrément Reuters et l’Eurocrature d’encourager l’escalade de la guerre par une propagande insensée.
Tulsi Gabbard c’est une poigne de fer sous un sourire avenant
Donald Trump sait particulièrement bien choisir son entourage. Il l’a remarquée alors qu’elle était plus ou moins Démocrate. Mais s’éloignait de Barack Hussein Obama en raison de sa complaisance envers les mahométans et de son refus de s’opposer au radicalisme islamique. Estimant ne plus rien devoir à l’Amérique après avoir fait liquider Oussama Ben Laden.
Les opinions de Tulsi sont carrées. « Les islamistes et l’islamisme représentent la plus grande menace pour la liberté, la sécurité et la prospérité des États-Unis et du monde entier. Leur objectif est l’islamisation de toute la terre. Il est peut-être déjà trop tard pour l’Europe et aussi pour l’Australie. Mais il n’est pas trop tard pour les États Unis si nous réagissons vite ». L’élection du maire de New York après celle de la somalienne binationale Ilhan Omar au Congrès confirme ses vaticinations.
Indigène des îles du Pacifique, Samoa et Hawaï, Tulsi nourrit une méfiance instinctive contre ces fanatiques qui voudraient séquestrer nos vahinés et les empêcher de vivre à leur guise. Convaincu de son patriotisme, elle a été volontaire pour l’Irak, Trump l’a engagée à rejoindre son équipe. Bien qu’elle entretienne des contacts cordiaux avec Poutine depuis des années, le boss lui fait entièrement confiance. Elle est une interface utile tout en servant l’Amérique.
Elle occupe un poste clé à la Maison-Blanche
En tant que directrice du renseignement national, elle fait partie d’un groupe restreint de très hauts responsables avec rang de ministre comme John Ratcliffe, le directeur de la CIA, Mike Waltz, le conseiller à la sécurité nationale, Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, James David Vance, le vice-président et Susie Wiles, la cheffe de cabinet.
À peine nommée à son poste, elle fonde une task force chargée d’améliorer la transparence et l’efficacité du renseignement américain, de restaurer la confiance dans les services spéciaux sapée par les menées antipatriotiques des progressistes depuis Obama, et de mettre fin à l’oppression du gouvernement Biden & Co contre les Américains de souche.
Appelée Director’s Initiatives Group, cette force est composée d’officiers de haut rang loyaux envers le POTUS et bénéficiant de prérogatives importantes. Dont celle de lancer ses propres enquêtes sur le prétendu assaut du Capitole le 6 janvier 2021, les origines de la pandémie de Covid-19 et la façon criminelle dont les vaccinations ont été imposées, ainsi que sur la réduction irresponsable du budget du renseignement.
Les colliers de fleurs c’est sympa pour le look mais il ne faut pas s’y tromper. Ceux qui l’ont vue à l’entraînement en Irak affirment qu’elle est capable de neutraliser des malabars éberlués avec des prises de jiu jitsu adéquates.
Les déclarations de Tulsi Gabbard sont empreintes de probité et de bon sens
« Les va-en-guerre de l’État profond et leurs médias de propagande tentent une nouvelle fois de miner les efforts du président pour apporter la paix en Ukraine et en Europe en affirmant à tort que la communauté du renseignement américain soutient le point de vue de l’UE et de l’OTAN selon lequel la Russie chercherait à envahir et conquérir l’Europe (…) La vérité est que le renseignement américain estime que la Russie qui n’a même pas la capacité de conquérir et d’occuper entièrement l’Ukraine serait bien en peine d’envahir et d’occuper toute l’Europe. »
Cette déclaration a jeté un froid malgré le réchauffement climatique quand elle a été rendue publique au lendemain d’une nouvelle série de négociations réunissant Américains, Russes, Ukrainiens et Européens, ce week-end en Floride. Trump pestait ouvertement contre ses « alliés » européens qu’il estime à juste titre peu fiables, couards, menteurs et tricheurs.
Tulsi Gabbard a ensuite précisé la teneur des analyses produites par ses services. Les renseignements américains ont informé les décideurs politiques européens qui ont refusé de les entendre que « la Russie cherche à éviter un conflit majeur avec l’Otan » et qu’elle souhaite en finir rapidement avec cette guerre, sous réserve de récupérer les territoires russes de l’Est et du Sud de l’Ukraine, annexés par les néonazis à la chute de l’URSS.
Les médias de propagande russophobe des deux côtés de l’Atlantique ont soigneusement escamoté une déclaration du président russe qui affirmait lors d’une récente conférence de presse qu’il n’y aurait pas d’autres opérations si la Russie était traitée avec respect. Assurant qu’il n’avait nullement l’intention d’attaquer l’Europe, qualifiant cette accusation de ridicule.
En filigrane, l’action de Tulsi Gabbard s’inscrit dans un contexte de déclin et de dépérissement de l’Europe que l’Amérique préférerait contrer.
Que les Américains pensent d’abord à leurs intérêts, c’est évident. Mais l’effondrement de l’Europe, partenaire stratégique autant qu’économique leur poserait de gros problèmes de logistique ne serait-ce que pour tenir des avant-postes et écouler leurs produits. Tulsi ne peut prendre parti officiellement, État par État, ce serait une ingérence du gouvernement US dans les affaires intérieures d’autres pays. Mais elle ne désapprouve pas Elon Musk qui, libéré de ses fonctions au DOGE, peut dire ce qu’il pense.
Il n’y va pas par quatre chemins. « Sans une remigration massive, l’Europe ne sera plus l’Europe (…) Faute de quoi, la guerre civile n’est plus qu’une question de temps. » Sur Twitter où il a le droit de s’exprimer librement, n’en déplaise à Pustula et à sa clique germanique, il précise que le terme remigration renvoie à l’expulsion de populations étrangères ou d’origine étrangère. Et il ajoute que la pression de trop d’étrangers d’origines et de cultures très différentes accentue le poids sur les démocraties déjà mises à mal par le totalitarisme de l’UE qu’il invite à faire disparaître.
La conclusion de Tulsi est modérément optimiste car elle sait que les digues contre les grandes marées doivent être sans cesse renforcées et reconstruites. « Heureusement que le président Trump a donné la priorité à la sécurisation de nos frontières, à l’expulsion des terroristes connus et présumés, et à l’arrêt de l’immigration massive et non contrôlée qui met les Américains en danger. »
#webtube : Nous avons assisté par médias interposés à une passe d’armes entre Marine Le Pen, interrogée sur CNews, et Sarah Knafo, interrogée sur LCI. La première, manifestement irritée par la popularité et la progression de la deuxième, a fait savoir que Sarah devait tout aux Le Pen puisqu’elle a été élue sur une liste dirigée par Marion, une Le Pen ! Certes, cela fait partie des joutes oratoires mais, en l’occurrence, la fille de Jean-Marie est particulièrement gonflée car Marion fait tout, justement, pour faire oublier le patronyme Le Pen, et elle dirigeait la liste Reconquête avec l’argent et les militants du parti fondé par Éric Zemmour !
Contre-attaquant, Sarah a fait savoir que le RN était un parti qui votait des taxes communistes avec des socialistes, ce qui ne va pas arranger ses relations déjà difficiles avec Jean-Philippe Tanguy qui s’impose de plus en plus comme le nouveau Philippot du RN, avec toutes les qualités et les défauts de celui qui est devenu le fondateur et président des Patriotes. Elle a ajouté que Marine Le Pen était une potentielle alliée, mais qu’elle refusait ce rôle et préférait se comporter comme une adversaire.
Au-delà de ces passes d’armes, il est très sain que les Français constatent que le RN, qui a longtemps bénéficié d’un monopole contre l’immigration – même s’il ne prononce jamais le mot remigration – soit confronté à une concurrence, et que les Français tranchent.
Il est évident qu’entre Reconquête qui propose, par Sarah Knafo, un plan d’urgence de 80 milliards d’économies, gagnées sur les dépenses inutiles, voire nuisibles, et le RN qui ne veut supprimer aucun poste de fonctionnaires, il y a de grosses différences.
Il est évident que même sur l’immigration, entre Marine qui annonce que tous ceux qui sont devenus français à cause du droit du sol le resteront, et qui n’envisage aucune remigration, le discours d’un Éric Zemmour qui veut faire de la remigration l’axe de la campagne 2027, ce n’est pas la même chose.
Il est évident que sur l’islam, entre Éric Zemmour – bien plus que Sarah Knafo – qui affirme que l’islam est incompatible avec la France, et Marine qui dit tout le contraire, il y a une très grosse différence.
On sait que d’autre part le RN ne s’affirme pas de droite, tandis que Reconquête le revendique.
Mais par ailleurs, il y a plein de sujets où les deux parties sont d’accord, et heureusement.
Au lieu de souhaiter l’éradication de Reconquête, les dirigeants du RN devraient faire preuve du même pragmatisme que les socialistes, qui acceptaient la concurrence des communistes et se voyaient parfois obligés de muscler un peu leur discours social.
Les Français ont tout à gagner à ce qu’une offre nouvelle, comme en 2022, leur donne la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de continuer à voter Marine dès le premier tour pour assurer encore mieux la victoire, mais puissent aussi, pour d’autres, voter Reconquête au premier tour pour faire passer un message que seul ce parti véhicule, pour voter ensuite pour le RN au deuxième tour, pour battre la gauche.
Espérons que les prochains enjeux électoraux soient tels que les réflexes sectaires disparaissent et que l’union pour battre la gauche s’impose, quelles que soient les circonstances. C’est ce que souhaitent les Français qui veulent sauver le pays.
Quant à Riposte Laïque, nous publierons commentaires et articles de toutes les familles patriotes, dans notre meilleure tradition, même si nous avons quelques préférences…
#webtube : Brandt est mise en fallite. Le seul plan de reprise est celui d’une coopérative soutenue par l’Etat, qui aurait quand même pour effet de liquider la moitié des postes. En cause: une gestion défaillante depuis des années, et un pays qui rend très difficile le maintien d’une activité industrielle chez lui.
#webtube : Révolte agricole, crise industrielle, finances publiques sous tension : la séquence actuelle soulève des interrogations majeures sur l’avenir économique de la France et de l’Union européenne. Dans cette émission de Politique & Éco, nous recevons Charles-Henri Gallois, président du parti Reprenons le contrôle, conseiller économique de Jordan Bardella au Parlement européen, et auteur de « Les illusions économiques de l’Union européenne » et « Énergie et immigration : reprenons le contrôle ! ».
👉 Agriculture : abattage préventif des troupeaux, dermatose nodulaire, principe de précaution, mobilisations d’éleveurs, avenir des aides européennes et conséquences potentielles de l’accord Mercosur. 👉 Industrie et énergie : prix de l’électricité, stratégie allemande, compétitivité française, avenir du moteur thermique et choix industriels européens. 👉 Finances publiques : budgets français et européens, déficit de la Sécurité sociale, équilibres politiques à l’Assemblée, marges de manœuvre économiques et crédibilité budgétaire. 👉 Perspectives 2026 : risques financiers, tensions obligataires, capacité des ménages et des entreprises à affronter les prochaines années. Une analyse approfondie des choix économiques en cours, de leurs conséquences concrètes, et des scénarios possibles pour les Français à l’horizon 2026. A la suite de « Politique & Eco », retrouvez la chronique financière de Philippe Béchade intitulée : »Conjoncture au plus mal, marchés en apesanteur ». Philippe Béchade est rédacteur en chef de La Chronique Agora et La Lettre des Affranchis aux @Publications Agora.
#webtube : Ancien gardien du premier tombeau de Napoléon, cette statue veille désormais sur son héritage. Cet hiver 2025 marque un moment fort dans la mise en valeur du patrimoine napoléonien. En effet, la statue monumentale d’une aigle impériale, longtemps égarée puis retrouvée par hasard en Normandie, vient d’être installée, début décembre, dans l’une des galeries du musée de l’Armée de l’hôtel des Invalides, au-dessus d’une vitrine abritant les souvenirs de l’Empereur, comme l’épée d’Austerlitz ou encore le bicorne d’Eylau. Cette œuvre, qui avait autrefois surplombé le premier tombeau de l’Empereur lors du retour de ses cendres en 1840, revient ainsi symboliquement près de l’homme sur lequel elle avait veillé pendant près de vingt ans, de 1840 à 1861.
#webtube : L’article récemment publié par Libération sur la présence persistante de livres jugés « haineux » dans les catalogues d’Amazon, de la Fnac ou de Cultura n’a pas provoqué d’émoi notable dans l’opinion. Il est, en revanche, le symptôme manifeste de l’émoi des journalistes eux-mêmes. Ce sont eux qui s’inquiètent, eux qui s’alarment, eux qui découvrent, avec une inquiétude presque existentielle, que des décennies de lois mémorielles, de pressions militantes, de signalements systématiques et de judiciarisation du discours n’ont pas suffi à éradiquer totalement les marges dissidentes.
Ce texte est révélateur moins par ce qu’il prétend dénoncer que par ce qu’il trahit. Il révèle la fragilité psychologique d’un milieu convaincu d’avoir conquis définitivement l’hégémonie morale et symbolique, et qui constate avec stupeur que le réel continue de produire des livres, des lecteurs et des idées échappant à son contrôle. Antonio Gramsci avait parfaitement décrit ce moment où l’hégémonie cesse d’aller de soi et doit être défendue par des moyens de plus en plus coercitifs. L’alarme morale est souvent le premier signe d’un affaiblissement culturel.
La censure des livres, en réalité, demeure marginale. Elle reste visible, coûteuse, politiquement risquée dans un pays qui continue de se réclamer de Voltaire, parfois sans en avoir retenu l’enseignement essentiel, celui selon lequel la liberté d’expression n’est pas faite pour protéger les idées agréables. La transformation décisive se situe ailleurs. Elle concerne la parole vivante, immédiate, profane, celle des individus ordinaires. Non plus la parole médiatique, paradoxalement plus libre qu’autrefois dans certains formats, mais la parole périphérique, locale, non médiée, celle des réseaux sociaux, des réunions publiques, des vidéos amateurs. C’est cette parole-là que l’on traque désormais avec la plus grande vigueur.
Ce déplacement s’explique par l’émergence d’une catégorie centrale du discours contemporain, celle de la « haine ». Ce terme n’appartient ni au droit romain, ni à la tradition juridique européenne classique. Il est une importation récente du monde anglophone, forgée à partir des années 1980 dans les universités américaines, au croisement du militantisme identitaire, de la psychologie victimaire et du droit antidiscrimination. Herbert Marcuse avait théorisé, dès les années 1960, cette logique sous le nom de « tolérance répressive », tolérance pour les discours dominants, intolérance pour ceux jugés subversifs.
Le hate speech ne désignait pas, à l’origine, l’appel explicite à la violence, déjà sanctionné par le droit pénal classique, mais toute parole perçue comme hostile à des groupes définis non plus politiquement, mais anthropologiquement. Cette mutation est décisive. Elle substitue à la responsabilité de l’acte la culpabilité de l’opinion, et à la preuve juridique le ressenti subjectif. Comme l’a montré Alain de Benoist, nous sommes passés d’un droit fondé sur les faits à un droit fondé sur les affects.
Michel Foucault avait décrit ce basculement comme un passage du régime de la loi à celui de la norme. On ne punit plus ce qui trouble objectivement l’ordre public, on corrige ce qui s’écarte d’une normalité morale définie par les élites. Hannah Arendt, de son côté, avertissait que lorsque l’opinion devient un crime potentiel, le politique cesse d’être un espace de confrontation pour devenir un dispositif de gestion des comportements. La haine n’est plus un sentiment à établir, ni une intention à démontrer, elle devient une étiquette performative qui dispense de toute discussion.
La France a importé cette catégorie sans débat doctrinal sérieux. Le mot « haine » fonctionne désormais comme un opérateur magique. Il permet d’agréger sous une même incrimination des réalités pourtant hétérogènes, critique de l’immigration, analyse démographique, constat statistique, inquiétude civilisationnelle. Ce qui dérange la doxa n’est plus réfuté, mais disqualifié. Jürgen Habermas parlait d’un espace public fondé sur la discussion rationnelle. Nous en sommes aujourd’hui à l’administration morale de cet espace.
Bien avant l’irruption d’Éric Zemmour dans le paysage médiatique national, évoquer le Grand Remplacement ou citer certaines statistiques suffisait déjà à exposer un individu à des poursuites pénales. La nouveauté n’est pas l’existence de la répression, mais son déplacement stratégique. Il existe aujourd’hui, paradoxalement, une plus grande liberté de ton dans certains médias nationaux que dans la vie ordinaire. Le débat est toléré tant qu’il demeure abstrait, théorique, médiatisé, neutralisé par le commentaire. Dès qu’il est incarné par un individu concret, identifiable, local, la machine judiciaire s’abat avec une rapidité implacable.
L’affaire Jean-Eudes Gannat illustre parfaitement ce nouveau régime de contrôle. Début novembre 2025, ce jeune père de famille angevin publie une courte vidéo décrivant une situation observable liée à la présence de migrants afghans devant un supermarché. Aucun appel à la violence, aucune organisation militante, aucun projet d’action. Pourtant, le procureur n’hésite pas une seconde. Garde à vue prolongée, interrogatoires, poursuites pour « provocation à la haine raciale », contrôle judiciaire, interdiction de réseaux sociaux. La réponse est immédiate, automatique, dénuée de toute hésitation. Le délit n’est pas d’avoir frappé, ni même d’avoir appelé à frapper, mais d’avoir nommé le réel.
Ce paradoxe est central. Tandis que certaines idées circulent désormais dans les médias sous une forme édulcorée, les procureurs et les associations militantes redoublent de zèle contre les individus ordinaires. Le contrôle s’est déplacé du sommet vers la base. Comme l’avait pressenti Tocqueville, la démocratie moderne n’écrase pas par la force brute, mais par une pression diffuse qui rend l’écart moral coûteux.
Un seuil supplémentaire a été franchi en mai 2023 lorsque le ministre de l’Intérieur a interdit préventivement un colloque de l’Institut Iliade en hommage à Dominique Venner, non pour des violences anticipées, non pour des appels prévisibles à l’insurrection, mais par crainte de propos jugés « dangereux ». Ce seuil est celui du passage d’un régime répressif à un régime préventif. L’État ne sanctionne plus des paroles prononcées, il empêche des paroles possibles. Carl Schmitt définissait le souverain comme celui qui décide de l’exception. Nous y sommes. L’exception ne concerne plus l’ordre public matériel, mais l’ordre symbolique.
Ce zèle contraste violemment avec la prudence, voire l’embarras, dont font preuve les autorités face à une violence bien réelle, répétée, revendiquée, d’origine religieuse. Attentats, agressions antisémites, assassinats commis au nom de l’islam politique radical jalonnent désormais la vie européenne. Les slogans sont connus, les motivations explicites, les victimes identifiables. Pourtant, là où la parole inquiète, l’acte est relativisé. Là où le livre est traqué, le couteau devient un fait divers.
Guillaume Faye parlait d’inversion axiologique pour décrire ces sociétés qui redoutent davantage la transgression verbale que la violence physique. Cette inversion est aujourd’hui pleinement assumée. À force de vouloir purifier le langage, on s’interdit de nommer l’ennemi réel. À force de criminaliser les mots, on abdique devant les actes. Le politique se replie sur le symbolique parce qu’il n’ose plus affronter le réel.
L’article de Libération ne révèle donc pas un scandale éditorial. Il révèle une angoisse de classe, celle de journalistes conscients que leur monopole symbolique se fissure, tandis que le pouvoir, lui, s’emploie à discipliner non plus les idées abstraites, mais les individus concrets. Aucune civilisation ne s’est jamais sauvée en traquant les mots pendant que le réel avançait, armé, déterminé, et parfaitement indifférent aux indignations morales.