. Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump acte un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran

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Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le 6 avril 2026. (Brendan Smialowski/AFP)

#webtube : Les deux belligérants ont annoncé qu’ils acceptaient quinze jours de suspension des hostilités et l’ouverture de négociations au Pakistan.

Après l’escalade, la désescalade. Moins de deux heures avant l’expiration de son ultimatum à l’Iran, Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu de quinze jours, conditionné à la réouverture du détroit d’Ormuz. Peu après, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a déclaré avoir accepté cette suspension des hostilités et indiqué que les négociations avec les États-Unis débuteraient vendredi à Islamabad. Les Iraniens ont ajouté que la période de trêve de deux semaines pourrait être prolongée si les deux parties en convenaient.

Le président américain a laissé planer jusqu’au bout la perspective de frappes massives contre les infrastructures iraniennes. Il avait notamment menacé de détruire les centrales électriques et les ponts, ce qui aurait entraîné une escalade dramatique d’un conflit commencé le 28 février dernier. Trump, qui avait repoussé plusieurs fois l’échéance de son ultimatum, avait ces derniers jours pratiqué une surenchère verbale. Il avait poussé ses menaces à leur paroxysme en promettant, mardi matin, qu’une «civilisation entière disparaîtra» le soir même si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert à la navigation.

Ces déclarations avaient plongé les capitales étrangères et les marchés financiers dans l’incertitude. Mais dans l’après-midi, le Pakistan, qui sert de médiateur entre les États-Unis et l’Iran, avait annoncé que les efforts diplomatiques «progressaient de manière constante, solide et vigoureuse». Le premier ministre pakistanais avait appelé les belligérants à deux semaines de cessez-le-feu afin de trouver une issue «définitive» à la guerre, et demandé à l’Iran d’«ouvrir» le détroit d’Ormuz en signe de bonne volonté.

Une annonce sur Truth Social

Quelques heures plus tard, une heure et demie avant l’échéance de son ultimatum, Trump annonçait non seulement la prolongation du délai, mais aussi qu’il acceptait le cessez-le-feu. «À la suite de mes entretiens avec le premier ministre Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir, du Pakistan, au cours desquels ils m’ont demandé de suspendre l’attaque prévue ce soir contre l’Iran, et sous réserve que la République islamique d’Iran accepte l’OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE et SÉCURISÉE du détroit d’Ormuz, j’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pour une période de deux semaines. Il s’agira d’un CESSEZ-LE-FEU réciproque !», a écrit Trump sur son réseau Truth Social.

«La raison de cette décision est que nous avons déjà atteint et dépassé tous nos objectifs militaires, et que nous sommes très avancés dans la conclusion d’un accord définitif concernant la PAIX à long terme avec l’Iran et la PAIX au Moyen-Orient», a-t-il continué dans son message. «Nous avons reçu une proposition en 10 points de la part de l’Iran et estimons qu’il s’agit d’une base de négociation viable. Presque tous les points de contentieux précédents ont fait l’objet d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, mais un délai de deux semaines permettra de finaliser et de conclure l’accord.»

Téhéran joue la carte de la défense

Peu après l’annonce de Trump, le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, signalait dans un communiqué que l’Iran mettrait de son côté fin à ses opérations défensives «si les attaques contre l’Iran cessaient»«En réponse à la demande fraternelle du premier ministre Sharif, et compte tenu de la demande des États-Unis de négociations sur la base de leur proposition en 15 points ainsi que de l’annonce par le président américain de l’acceptation du cadre général de la proposition en 10 points de l’Iran comme base de négociations, je déclare par la présente, au nom du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran : si les attaques contre l’Iran cessent, nos puissantes forces armées cesseront leurs opérations défensives. Pendant une période de deux semaines, le passage en toute sécurité par le détroit d’Ormuz sera possible grâce à une coordination avec les forces armées iraniennes et en tenant dûment compte des contraintes techniques.»

Cet accord de la dernière heure avant une escalade annoncée du conflit a fait immédiatement baisser les cours du pétrole. Il offre aux deux belligérants une porte de sortie dans un conflit qui menaçait de devenir encore plus coûteux. Donald Trump, qui multipliait ces dernières semaines les déclarations contradictoires, tantôt annonçant la victoire totale, tantôt menaçant de semer la dévastation en Iran, cherchait une issue à une guerre qu’il avait espérée beaucoup plus courte et plus décisive. Le blocus du détroit d’Ormuz par l’Iran avait constitué une mauvaise surprise, faisant planer le risque de conséquences économiques beaucoup plus graves à mesure qu’il se prolongeait.

Le régime iranien, sa hiérarchie décimée et ses moyens militaires considérablement affaiblis par des semaines de bombardements intenses, espérait aussi une solution lui permettant de sauver la face. Aucun des adversaires n’avait vraiment intérêt à prolonger une guerre coûteuse et aux risques croissants. Même si le conflit ressemble plutôt à ce stade à un coûteux match nul, les deux belligérants peuvent ainsi revendiquer une forme de victoire. «C’est une victoire pour les États-Unis que le président Trump et notre incroyable armée ont rendue possible», a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, dans un communiqué. «Dès le début de l’opération Epic Fury, le président Trump avait estimé que celle-ci durerait entre quatre et six semaines», a-t-elle ajouté. «Grâce aux capacités incroyables de nos soldats, nous avons atteint et dépassé nos principaux objectifs militaires en 38 jours.»

Un match nul coûteux

Le cessez-le-feu a permis d’éviter une escalade et devrait contribuer à faire baisser les tensions. Mais il ne règle pas tout. Les négociations qui devraient commencer vendredi s’annoncent difficiles. Les quinze propositions américaines et les dix points demandés par l’Iran ne sont en l’état guère compatibles. Selon les médias américains, citant des responsables iraniens, Téhéran demanderait des garanties que l’Iran ne serait plus attaqué, la fin des frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban et la levée de toutes les sanctions. En contrepartie, l’Iran lèverait son blocus du détroit d’Ormuz, mais en imposant un droit de transit d’environ 2 millions de dollars par navire, qu’il partagerait avec Oman, situé de l’autre côté du détroit.

Selon ce plan, l’Iran utiliserait sa part des recettes pour reconstruire les infrastructures détruites par les attaques américaines et israéliennes, plutôt que d’exiger une indemnisation directe. Les quinze points américains exigent que l’Iran renonce à son programme nucléaire et au développement de missiles balistiques, ainsi qu’à son réseau de mandataires à travers le Moyen-Orient. La réouverture du détroit d’Ormuz est venue s’ajouter à ces demandes.

Malgré l’annonce du cessez-le-feu, Israël et l’Iran ont aussi continué d’échanger des frappes. L’aviation israélienne a mené des bombardements en Iran, alors que Téhéran a tiré plusieurs salves de missiles balistiques sur Israël. Alors que le premier ministre pakistanais a déclaré que le cessez-le-feu s’étendrait également au Liban, Israël a indiqué poursuivre ses opérations contre le Hezbollah.

 Adrien Jaulmes, Le Figaro

. Ce que la France peut faire de la plus grande réserve mondiale d’hydrogène, récemment découverte

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#webtube : La découverte d’hydrogène naturel, une énergie propre et renouvelable, dérange les écologistes. Ce qui est bon signe. En 2023, pour la première fois, des chercheurs décelaient des traces d’hydrogène dans des nappes souterraines situées sous la commune lorraine de Folschviller (Moselle). La nouvelle avait alors suscité l’espoir chez les habitants de cette ancienne région minière aujourd’hui sinistrée. Mais elle avait aussi déclenché les ricanements des activistes écologistes de Reporterre, incrédules quant à la présence d’une importante réserve.

Une découverte qui énerve les écolo-activistes

Depuis, plusieurs autres découvertes dans la zone ont convaincu la société Française de l’énergie (FDE), détentrice d’un permis exclusif de recherche sur 300 communes (plus de 2200 km2), d’effectuer un forage en profondeur. Il a été effectué en mars 2026 à quelques kilomètres de là, sur le territoire de la commune de Pontpierre, à l’est de Metz.

À ce sujet — Flambée du prix des carburants : et si on suspendait les certificats d’économie d’énergie ?

A 3655 mètres de profondeur, l’intuition est devenue réalité, le test permettant de découvrir un réservoir naturel d’hydrogène estimé à 34 millions de tonnes. Si ce chiffrage s’avérait exact, il pourrait alors s’agir de la plus grosse réserve d’hydrogène naturel au monde. La nouvelle n’a pas manqué de susciter l’intérêt des voisins belges. Ils ont vite compris que leur proximité frontalière avec le forage de FDE pouvait signifier : d’autres gisements pourraient exister sous leur propre sol. Ils ont donc lancé leur propre programme de recherches. Le gouvernement belge a estimé que le gisement mosellan pourrait à lui seul suffire à produire l’équivalent de près d’une quinzaine d’années de consommation d’électricité de toute la Belgique.

Aussi abondant que léger

Mais s’agit-il là d’une si bonne nouvelle ? Les expériences d’exploitation de l’hydrogène à des fins de production électrique ont été jusqu’ici décevantes. Et de quoi parlons-nous exactement s’agissant d’hydrogène ? Comme le rappelle pour BV le spécialiste de l’énergie Philippe Charlez, « l’hydrogène est de loin l’élément le plus abondant et le plus léger dans l’univers ». Mais sur terre, on le trouve rarement sous forme libre. « Il est généralement associé à l’oxygène dans l’eau, ou à du carbone dans les hydrocarbures. On le trouve aussi dans la roche, et particulièrement dans l’argile ».

Sous forme de gaz, l’hydrogène est très volatile et donc difficile à « capturer ». « Son extrême légèreté est à la fois un avantage et un inconvénient », précise Philippe Charlez. « Tout le monde se souvient du dirigeable allemand Hindenburg. L’hydrogène en avait fait un mode de transport transatlantique, mais le 6 mai 1937, il s’est embrasé d’un coup à l’atterrissage ».

« L’hydrogène est aujourd’hui utilisé pour fabriquer les engrais azotés, c’est-à-dire à partir d’ammoniaque (association d’azote et d’hydrogène) », rappelle Philippe Charlez. « Cela explique pourquoi, fabriqués en très grandes quantités dans la péninsule arabique, ces engrais sont aujourd’hui, comme les carburants, touchés par une pénurie qui pénalise l’activité de nombreux agriculteurs en Europe ». Il est par ailleurs utilisé aussi en sidérurgie, pour extraire le fer du minerai.

Une énergie renouvelable

D’une composition chimique instable, l’hydrogène est par ailleurs particulièrement inflammable, mais aussi explosif. D’où son utilisation dans le nucléaire et dans le carburant des fusées. C’est donc une énergie, qui permet de produire de l’électricité. « Avec une pile à combustible, on peut fabriquer de l’électricité à partir d’hydrogène et d’oxygène », explique Philippe Charlez. « D’où l’idée de l’utiliser dans les véhicules, en utilisant l’hydrogène contenu dans l’eau (hydrogène vert). Mais ce procédé donne un carburant coûtant de l’ordre de cinq à six euros le litre », donc trois fois plus cher que les carburants dérivés du pétrole, sans compter que les voitures à hydrogène actuelles avec pile à combustible coûtent plus de 70 000 euros pour les moins chères…

L’hydrogène découvert en Moselle pourra-t-il donc être exploité ? « Il faudra mettre au point un séparateur spécial, capable de résister aux hautes pressions (350 bar) et à des températures d’une centaine de degrés. Il faudra donc quelques mois d’attente avant de rendre son extraction opérationnelle », précise Philippe Charlez.

35 millions de tonnes, c’est la moitié de la consommation annuelle mondiale d’hydrogène. « En France, notre consommation est d’environ 5 millions de tonnes. Ce gisement nous permettrait donc de disposer d’une petite dizaine d’années de réserve d’hydrogène. L’avantage de l’hydrogène, c’est que, contrairement aux hydrocarbures, il se renouvelle naturellement relativement rapidement. C’est donc une énergie renouvelable », conclut Philippe Charlez. De quoi renforcer l’autonomie énergétique du pays. Et déplaire aux tenants de l’écologie punitive.

Etienne Lombard, dans BV

. Élie Semoun, l’humoriste affranchi de l’ancienne gauche

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#webtube : Il regrette cette « époque d’injonctions » où on ne peut plus rire de tout. Invité sur Europe 1 par Pascal Praud, le 18 mars dernier, pour parler du film d’animation David dans lequel il double le roi Akhish dont Goliath est le soldat, l’humoriste Élie Semoun n’a pas mâché ses mots : « Nous ne pouvons plus rire de tout », « le second degré n’existe plus », déplore ainsi l’humoriste de 62 ans, qui se dit déçu par une gauche qui n’est plus celle de son enfance.

« Une époque d’injonctions »

Installé dans le paysage médiatique depuis plus de trente ans, Élie Semoun ne manque pas de cordes à son arc : acteur, réalisateur mais surtout humoriste, il fait partie de ces célébrités qui refusent la doxa, qui refusent de suivre le sens du vent. D’ailleurs, c’est bien la longévité de son succès, le fait que le public le connaisse et reconnaisse son humour, qui lui garantissent une certaine liberté de ton, comme il l’explique sur Europe1. Et pourtant, même lui déplore le politiquement correct qui censure aussi l’humour : « Je me plains un petit peu, comme un gros boomer que je suis, de cette époque où on ne peut plus rire de tout », explique-t-il à Pascal Praud, en ajoutant que « maintenant, on a une époque d’injonction. On est obligé de s’expliquer sur tout ce qu’on fait, de se justifier. On a des gens qui nous font la morale, des gens qui ne connaissent rien à l’humour, qui viennent nous dire « Faut pas rire de ci, faut pas rire de ça ». » C’est d’ailleurs ce que l’humoriste déplorait déjà, en janvier dernier, auprès du Parisien : « On n’arrête pas de nous poser la question : « Peut-on rire de tout ? » Je disais toujours oui. Mais depuis quelques années, c’est non. Et ce n’est pas un discours à la Michel Sardou, du mec qui regrette son époque. Une chose sortie de son contexte peut créer un scandale. Il y a même des carrières qui sont en jeu pour un mot. C’est flippant. » Alors, un boomer peut-être, mais pas un passéiste et, d’ailleurs, la scène reste pour lui « le dernier endroit » où l’« on peut dire les choses ».

« Ce n’est pas la même gauche »

Il évoquait aussi, auprès du Parisien, son amitié avec Dieudonné, expliquant qu’« [il lui] di[t] tout le temps : « Qu’est-ce que tu es allé faire à mettre ton nez dans la politique ? » Aucun artiste ne devrait faire ça. Aucun. » Un avis plus tranché, sans doute, depuis 2022 quand lui-même a pris le risque de dévoiler son choix de voter Macron. Comment lui en vouloir ? Il le dit lui-même au micro d’Europe 1 : familialement, il est de la gauche sociale de Mitterrand, il était proche de Lionel Jospin et de Bertrand Delanoë. Et pourtant, il le dit lui-même : « Maintenant, je ne peux plus dire que je suis de gauche, clairement, parce que je ne me sens pas du tout représenté dans cette gauche-là. Ce n’est pas la gauche que mes parents adoraient. » Il faut bien le dire, pour un artiste, s’avouer déçu par la gauche peut être perçu comme une trahison à son milieu et représente une vraie prise de risque. Peut-être d’autant plus, d’ailleurs, quand c’est au micro d’Europe 1, cette station honnie de la bien-pensance et qu’il reconnaît, sans aucune honte, écouter lui-même.

Quête de sens et de spirituel

C’est qu’Élie Semoun fait partie de ces artistes auxquels il faut reconnaître une honnêteté intellectuelle et une vraie franchise. Cela fait des années, déjà, qu’il assume et revendique cette quête de sens et de vérité : en 2016, il expliquait à La Provence à quel point sa retraite de plusieurs jours à l’abbaye de Sénanque lui avait été bénéfique, « un bain intellectuel, spirituel, au milieu des moines cisterciens » qu’il recommandait à tous parce que « de temps en temps, on a besoin de profondeur, d’intelligence. Tout le monde devrait passer un moment dans ces endroits de recueillement, à Sénanque ou ailleurs. Plus que jamais, dans notre monde, on a besoin de trouver du sens, je crois. » D’ailleurs, en 2018, l’humoriste n’avait pas hésité à mettre sa notoriété au service de ce « joyau du Luberon » dont il fallait sauver le dôme, rapportait Le Figaro.

Est-ce une épidémie chez les humoristes, cette quête de sens et ce besoin de faire des retraites dans des monastères ? En tout cas, Élie Semoun n’est pas le seul puisque Gad Elmaleh expliquait, au micro de France Inter, le 29 mars, qu’après avoir lu le recueil collectif Trois jours et trois nuits, dirigé par Nicolas Diat, paru chez Fayard en 2022 et regroupant les expériences d’une quinzaine d’écrivains à l’abbaye de Lagrasse, lui-même s’y était rendu pour tenter l’expérience. Des planches à la clôture, du rire à la prière, il n’y aurait donc qu’un pas ?


Victoire Riquetti
, dans BV