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#webtube : La caractéristique des guerres asymétriques est que les armes les moins sophistiquées et les moins coûteuses permettent au plus faible de tenir longtemps face au plus fort. En effet, ces armes accessibles utilisées en attaques massives provoquent la saturation des coûteuses défenses protégeant les cibles ennemies.
On le constate en Ukraine, où les drones ont permis un certain rééquilibrage des forces en présence. Au 1476e jour de guerre, les Russes ne sont toujours pas maîtres du Donbass en totalité, malgré leur écrasante supériorité technologique et numérique, une puissance que Poutine se refuse toujours à exploiter, au grand dam des faucons du Kremlin qui réclament de décapiter le serpent ukrainien pour en finir.
On le voit également au Moyen-Orient, où les Iraniens, avec les drones navals ou aériens et les mines, mettent les défenses adverses à rude épreuve. Bien que l’Iran ait perdu 80% de ses capacités offensives, la menace qui pèse sur le détroit d’Ormuz reste intacte, les mollahs ayant fait le choix de la stratégie de la terre brûlée.
Bloquer et miner le détroit d’Ormuz, c’est l’assurance d’une crise économique mondiale, faute de ressources énergétiques vitales pour la croissance. C’est donc là que se joue l’avenir du conflit. Un défi majeur à relever par les marines occidentales.
3 000 navires sont actuellement bloqués dans le golfe Persique, empêchés de gagner la mer d’Arabie. Seuls quelques tankers chinois, fidèles clients du pétrole iranien, ont pu franchir le détroit sans dommage. Pour les autres, armateurs et assureurs préfèrent ne pas jouer avec le feu.
« Depuis le début des frappes sur l’Iran, les plus grands armateurs mondiaux, l’italo-suisse MSC, le danois Maersk, le français CMA CGM, le chinois Cosco et l’allemand Hapag Lloyd ont donné l’ordre à leurs bateaux de ne plus bouger et de se mettre à l’abri. Le directeur-général d’Armateurs de France Laurent Martens estimait à « entre 50 et 55 » le nombre de navires sous pavillon français ou qui appartiennent à des entreprises françaises bloqués dans le Golfe la semaine dernière. »
Les Américains ont évidemment éliminé au maximum les batteries côtières iraniennes, les stocks de missiles antinavires et les vedettes rapides qui se sont aventurées dans le Golfe, mais le minage du détroit semble se poursuivre selon le renseignement US. Et si les navires poseurs de mines sont vite repérés et aussitôt détruits, les petites embarcations peuvent également miner la zone beaucoup plus discrètement. Installés aux premières loges, les Iraniens peuvent encore lancer des drones navals tout au long de la côte.
Trump menace Téhéran de représailles terribles si l’Iran bloque durablement le détroit. Car si l’escorte des navires marchands par les marines de guerre occidentales peut être envisagé au cas par cas, le minage massif du détroit rendrait le passage impossible pour des mois.
Côté mer Rouge, ce sont les Houthis yéménites qui menacent le détroit le Bab-el-Mandeb qui débouche sur le golfe d’Aden, en face de Djibouti.
Face à cette situation, les Européens ne peuvent qu’afficher leur impuissance et la faiblesse de leurs marines. Aucun pays n’a les moyens de protéger durablement le trafic marchand. Même la marine anglaise, qui a si longtemps régné sur tous les océans de la planète, n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Les Iraniens possèderaient plusieurs milliers de mines. S’ils parviennent à en poser en très grand nombre, le déminage demandera des mois de travail. Selon l’amiral de la marine américaine à la retraite James Stavridis :
« Si les États-Unis ne détruisent pas les mines dans les ports dès maintenant et que les Iraniens en posent un grand nombre dans le détroit, le navire le plus précieux du Golfe se transformera en dragueur de mines. »
« Même dans les meilleures conditions, le déminage est une opération très lente, ajoute celui qui a aussi été commandant suprême des forces de l’OTAN (2009-2013). J’ai vu des navires américains, les plus performants du secteur, mettre des semaines à déminer un champ de mines d’exercice contenant quelques centaines de mines. » Selon lui, le déminage complet du détroit pourrait prendre « plusieurs mois ».
C’est pourquoi Trump, économiste avant tout et accessoirement chef de guerre, menace :
« Si pour une raison quelconque des mines ont été posées et qu’elles ne sont pas retirées immédiatement, les conséquences militaires pour l’Iran seront sans précédent. Si, en revanche, ils retirent ce qui a pu être posé, ce sera un pas de géant dans la bonne direction ! »
Les mollahs vont-ils oser défier le monde entier en le privant de l’or noir ? Tous leurs avoirs sont placés en Occident. Sont-ils prêts à tout perdre ? J’en doute, mais nul n’est devin.
Jacques Guillemain, Riposte Laïque
