. Immigration : la Suisse impose la transparence sur la nationalité des délinquants

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#webtube : Alors que les Suisses voteront sur la limitation de l’immigration, Berne impose une nouvelle règle aux policiers. La Suisse s’apprête à franchir une étape dans le débat européen sur l’immigration et la sécurité. Le Parlement fédéral a approuvé, ce début mars, une initiative visant à obliger la police à mentionner la nationalité des suspects dans ses communications. La décision a été adoptée au Conseil des États par 23 voix contre 16, après un premier vote du Conseil national.

Le texte est porté par le conseiller national UDC (Union du centre) Benjamin Fischer, qui défend une logique de transparence. « Il n’y a aucune raison de cacher la nationalité de l’auteur d’un délit », explique-t-il à SwissInfo, estimant que le public doit disposer d’informations complètes sur les faits criminels.

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Dans la Confédération helvétique, les pratiques varient encore selon les cantons. Certains communiquent déjà la nationalité des suspects, tandis que d’autres préfèrent s’en abstenir. La réforme vise donc à harmoniser les pratiques policières au niveau national.

Une criminalité largement étrangère

Le débat s’appuie sur des chiffres de l’Office fédéral de la statistique. Les étrangers représentent environ 25 % de la population suisse, l’un des taux les plus élevés d’Europe. Pourtant, ils sont impliqués dans 58 % des crimes et délits enregistrés dans le pays. La surreprésentation apparaît également dans les statistiques pénitentiaires. Dans certaines prisons suisses, la proportion d’étrangers dépasse largement 70 % des détenus.

Ancien ministre de la Sécurité du canton du Valais et ancien conseiller d’État, Oscar Freysinger, interrogé par BV, estime que ces données doivent être connues du public. « Les gens doivent savoir qu’on importe de la criminalité », explique-t-il. Selon lui, sans cette criminalité importée, « la criminalité en Suisse n’est pas un grand problème : vous avez environ les trois quarts de la criminalité, voire les deux tiers, qui disparaissent ».

Certaines données détaillées montrent également des écarts importants selon les origines. Le taux de condamnation pour 1.000 habitants atteint ainsi 34,4 ‰ pour les ressortissants d’Afrique du Sud-Ouest et 30,9 ‰ pour ceux d’Afrique de l’Ouest, des niveaux bien supérieurs à ceux observés pour la population suisse, de l’ordre de 2,7 ‰.

Freysinger insiste toutefois sur un point : l’immigration n’est pas en soi le problème. « Vous pouvez faire entrer tous les gens que vous voulez ; s’ils se comportent correctement, moi je n’ai aucun problème », explique-t-il. Mais une immigration incontrôlée entraîne, selon lui, « des effets secondaires très néfastes », dont l’augmentation de la criminalité.

La votation sur la « Suisse à 10 millions »

Dans le prolongement de la décision sur la communication des nationalités, les Suisses se prononceront sur l’initiative populaire « Non à une Suisse à 10 millions », le 14 juin 2026, visant à plafonner la population du pays à 10 millions d’habitants d’ici 2050. Avec plus de 9 millions d’habitants aujourd’hui, la croissance démographique liée à l’immigration alimente déjà le débat sur la capacité d’accueil du pays.

L’ancien conseiller d’État du Valais estime que les infrastructures ne suivent plus : « Nous avons une infrastructure dimensionnée pour environ sept ou huit millions d’habitants et nous sommes maintenant au-delà de neuf millions », explique-t-il, rappelant qu’une grande partie du territoire suisse, occupée par les Alpes, reste difficilement habitable.

Un débat qui touche aussi la France

L’initiative suisse pourrait aussi résonner en France, où la question des statistiques sur l’immigration et la délinquance reste particulièrement sensible. Pour Oscar Freysinger, la transparence permet justement d’éviter que les statistiques ne soient disqualifiées pour des raisons idéologiques et « que les faits soient considérés comme fascistes ». Selon lui, lorsque les chiffres contredisent le discours dominant, ils sont trop souvent rejetés, non pour leur inexactitude, mais parce qu’ils dérangent.

L’ancien ministre valaisan, auprès de BV, cite un exemple français : « Éric Zemmour a été condamné pour avoir révélé les chiffres de l’État français lui-même sur la criminalité. Mais révéler ces chiffres, ce n’est pas inciter à la haine : c’est simplement la transparence. »

À l’heure où la Suisse débat de sa démographie, la question dépasse donc la communication policière. Elle touche à un débat européen central : faut-il taire certaines statistiques au nom du risque de stigmatisation ou, au contraire, les publier pour éclairer le débat démocratique ?

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