. Groenland : une éternelle histoire de conquêtes et de convoitises

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#webtube : Bien avant Donald Trump, cette terre glacée a attisé bien des désirs. Le Groenland, ce vaste territoire du Grand Nord, évoque d’abord un paysage presque lunaire, une immensité de glace scintillante, des fjords creusés par les glaciations et des montagnes abruptes battues par les vents polaires. Cependant, derrière cette description spectaculaire se cache une histoire complexe, reliant les premiers explorateurs européens aux grands enjeux géopolitiques du XXIe siècle. 

L’épopée du Groenland est celle d’une terre peuplée depuis des millénaires par les peuples inuit, redécouverte par des Scandinaves à la fin du premier millénaire, intégrée progressivement à la monarchie danoise avant de devenir un territoire largement autonome. Aujourd’hui, alors que ses ressources naturelles et sa position stratégique dans l’Arctique attisent les convoitises, les déclarations de Donald Trump relancent le débat sur sa souveraineté et son devenir.

Les origines et la découverte européenne

Les premiers habitants du Groenland sont les Inuit, descendants de populations venues d’Asie il y a plusieurs millénaires, après avoir franchi le détroit de Béring alors immergé durant les périodes glaciaires. Ces peuples développèrent une culture parfaitement adaptée aux conditions extrêmes de l’Arctique, fondée sur la chasse, la pêche et une connaissance fine de l’environnement polaire.

Vinrent ensuite les Vikings, ces marins et explorateurs scandinaves, qui furent les premiers Européens à atteindre le Groenland. En effet, vers l’an 985, Erik le Rouge, banni d’Islande, navigua vers l’ouest et explora les côtes sud de l’île. Afin d’inviter des colons à le suivre, il baptisa ce territoire la « terre verte », « greenland », et ceci, malgré le climat rude qui y régnait. Des colonies norroises s’établirent ainsi peu à peu sur e territoire. Toutefois, ces communautés disparurent au début du XVe siècle, pour des raisons encore débattues par les historiens.

L’intérêt des Européens pour le Groenland se raviva à l’époque des grandes explorations. À partir de 1721, le missionnaire luthérien Hans Egede entreprit la recolonisation danoise de l’île. Le Groenland devint alors une colonie du royaume uni du Danemark et de la Norvège. Après la séparation des deux royaumes en 1814, le Danemark conserva la souveraineté sur le territoire. Toutefois, au cours du XIXe et du début du XXe siècle, des tensions persistèrent entre la Norvège et le Danemark au sujet de la possession de l’île. Ce différend fut tranché en 1933 par la Cour permanente de justice internationale, qui reconnut officiellement la souveraineté danoise sur l’ensemble du Groenland. Le territoire conserva néanmoins son statut colonial.

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De colonie danoise à l’autonomie

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Groenland devint un enjeu stratégique majeur et marqua le début de l’ingérence américaine sur l’île. En effet, avec l’occupation du Danemark par l’Allemagne nazie en 1940, le Groenland se retrouva isolé de sa métropole. Les autorités danoises locales refusèrent toute allégeance au régime nazi et autorisèrent les États-Unis à installer des bases militaires sur l’île. Ces installations jouèrent ensuite un rôle clef durant la guerre froide, notamment la base de Thulé, toujours utilisée par les États-Unis.

En 1953, le Groenland perdit officiellement son statut de colonie et fut intégré comme territoire à part entière du royaume du Danemark, ses habitants devenant citoyens danois. Dans les décennies suivantes, les Groenlandais réclamèrent davantage de contrôle sur leurs affaires internes. En 1979, le Danemark accorda au territoire une autonomie territoriale, instaurant un Parlement local. Puis, en 2009, une loi d’autonomie renforcée reconnut le droit aux Groenlandais de réclamer, s’ils le veulent, leur indépendance par référendum. Le Danemark conserve néanmoins la responsabilité de la défense, de la politique étrangère et de la monnaie.

Les États-Unis et le Groenland : une convoitise ancienne

En parallèle de cette histoire singulière, marquée par la volonté du Groenland d’acquérir progressivement une forme d’indépendance sans pour autant rompre avec ses racines danoises, le territoire dut également composer avec les ambitions des États-Unis. En effet, l’intérêt américain pour l’île ne date pas de Donald Trump. Dès 1867, dans la foulée de l’achat de l’Alaska à la Russie, le secrétaire d’État William Seward envisagea déjà l’acquisition du Groenland et de l’Islande – sans succès. Plus tard, en 1946, en plein contexte de guerre froide, le président Harry Truman proposa officiellement au Danemark d’acheter le Groenland pour la somme de 100 millions de dollars en or. Copenhague refusa catégoriquement, réaffirmant avec fermeté que l’île n’était pas à vendre.

Cette volonté persistante de Washington de contrôler le Groenland s’explique par sa position géostratégique exceptionnelle, située à la croisée de l’Amérique du Nord et de l’Europe, indispensable pour la surveillance militaire et les systèmes de défense antimissile. À cela s’ajoutent les immenses ressources minières et énergétiques que recèle son sous-sol. Ainsi, le Groenland continue encore aujourd’hui son histoire de territoire convoité par les grandes puissances du monde.

Eric de Mascureau, dans BV

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