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#webtube : Savez-vous ce qu’est un « coordinateur d’intimité » ? Ce nouveau métier de cinéma créé dans le sillage de #MeToo n’est pas banal. Le Dauphiné libéré a interrogé une certaine Sara Kamidian, « coordinateur(rice) d’intimité » non-binaire, qui présente sa mission.
Trêve de grimaces. Oubliez notre vie politique indigente, la guerre au Moyen-Orient et les dessous cracras de l’affaire Epstein. En direct du pays réel, la presse régionale nous apporte une bonne nouvelle : des emplois se créent pour la bonne cause.
Fin février, Le Dauphiné libéré interrogeait une petite main de l’industrie cinématographique : le « coordinateur(rice) d’intimité » Sara Kamidian. Créé après les scandales #MeTooet #BalanceTonPorc (merci Weinstein !), ce nouveau métier consiste à encadrer le tournage de scènes olé-olé en laissant la morale sauve. L’occasion fait le larron : la première édition du festival ardéchois queers et féministes « Les Chatte.eignes » met à l’honneur ce nouveau métier en pleine extension.
Avec un sérieux papal, Kamidian présente sa mission : devenir le Rémy Julienne de l’alcôve. « Je suis comme une personne qui fait de la coordination de cascade. Moi je fais la coordination des cascades d’intimité ». La syntaxe est hésitante mais le propos assuré. Avis aux béotiens : en dehors des films naturalistes aux rapports sexuels non-simulés, il paraît que la majeure partie des productions utilisent des prothèses pour simuler une étreinte sans risque d’attouchements. « La chorégraphie des scènes d’intimité », dixit Sara, doit donc être réglée au cordeau. Quand Bourdieu rencontre l’intermittence du spectacle, cela donne ce galimatias : « Mon but tout au long du processus de production, c’est de m’assurer du consentement de tout le monde, mais surtout que les interprètes sont le plus libres possibles. Et pour faire ça, on prend en compte les dynamiques de pouvoir, qui se jouent dans le processus. » Minute. Comme s’en inquiétait Blanche Gardin, une actrice moyenne pourra-t-elle coucher avec le producteur pour décrocher un rôle ? Voire, se rapprocher d’un camarade de jeu pour accélérer sa carrière ? Mêmes questions pour nos amis les z’hommes… Dans les années 2000, on a vu plus d’une dessalée au bras de Harvey Weinstein, le magnat de Hollywood à l’air porcin.
Le coordinateur d’intimité n’en dit goutte. Elle (ou il, suspense…) préfère se raconter. Après une « école de montage » (sic), Sara Kamidian a écumé les plateaux de tournage, ayant très vite eu vent des « violences sexistes, sexuelles, racistes, validistes, etc. ». Un p’tit truc en plus, Joséphine, ange gardien, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? : inclusion, que de navets on commet en ton nom ! Tiraillée par des questionnements « éthiques », Kamidian s’est lancée.
Un travail à « 80% en préparation avant le tournage » dont l’objectif « est qu’il n’y ait pas d’improvisation » et que « tout soit déjà établi en amont ». Pour la faire courte, chacun connaît les limites de l’autre (« j’embrasse pas… ») et doit répéter un ballet établi d’avance. Pas d’impro mais « la priorité est donnée au jeu et c’est beaucoup plus fun pour tout le monde ». Si Kamidian le dit…
Dans toute cette panade, Le Dauphiné libéré glisse un zeste d’humour british : « Quelle est la scène la plus challengeante de votre carrière ? ». Réponse : une scène de « cruising », autrement dit d’ébats homosexuels entre comédiens qui n’étaient pas au courant des détails du scénario. Comment se fait-ce ? Au milieu des années 70, sous la plume de Francis Veber, Georges Lautner avait imaginé l’adaptation d’un roman en film porno dans On aura tout vu ! Apparemment, certains directeurs d’acteurs réservent ce genre de surprise à leur distribution. Heureusement que Sara Kamidian veille désormais. Au fait, notre coordinateur(rice) d’intimité « se définit comme non-binaire, d’où l’utilisation d’adjectifs non-genrés » par Le Dauphiné libéré. Décidément, iel rejette le sexe. Même au pluriel.
Hélène Hecate, Revue Eléments





