#webtube : Il y a quelque chose dans la voix de Matt Berninger qui transforme chaque regret en une sorte de monument. « I Should Live in Salt », c’est cette sensation d’avoir manqué un rendez-vous important avec quelqu’un qu’on aime, et de réaliser que le temps a filé. Est-ce qu’on peut parler de la section rythmique sur ce titre ? La batterie de Bryan Devendorf, en 9/8, crée ce sentiment d’instabilité, comme si la chanson cherchait son équilibre, tout comme la relation qu’elle décrit. C’est brillant, brut et ça reste en tête bien après la dernière note.
#webtube : There’s something about Matt Berninger’s voice that transforms every regret into something monumental. « I Should Live in Salt » captures that feeling of having missed an important opportunity with someone you love, and realizing how quickly time has slipped away. And what about the rhythm section on this track? Bryan Devendorf’s 9/8 drumming creates this sense of instability, as if the song is searching for its balance, much like the relationship it describes. It’s brilliant, raw, and stays with you long after the last note fades.
#webtube : Carlos de Antonio Alcázar est un colonel à la retraite de l’armée espagnole. Au cours de sa carrière militaire, il a participé à de nombreuses opérations hors d’Espagne, notamment au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Notre confrère Álvaro Peñas l’a interviewé au sujet de la guerre en Iran.
Comment évaluez-vous les premiers jours de l’opération militaire contre l’Iran ?
Carlos de Antonio Alcázar : La mise en œuvre de cette opération contre l’Iran marque un nouveau tournant dont les conséquences structurelles s’étendent bien au-delà du domaine strictement militaire. Les Forces de défense israéliennes (FDI) opèrent à nouveau en parfaite synchronisation opérationnelle avec les États-Unis dans le cadre de l’opération « Lion rugissant » (aux États-Unis « Rage épique »). Dès le début, les efforts ont visé à affaiblir les capacités politiques et militaires du régime en déstabilisant son centre de décision.
Nous entrons dans le domaine de la guerre cognitive, dans la guerre hybride, qui intègre des éléments cinétiques conventionnels visant à détruire des cibles stratégiques de grande valeur liées au commandement du régime. Le premier jour, le guide suprême Ali Khamenei et au moins dix hauts responsables iraniens auraient été tués. Parallèlement, les efforts se concentrent sur la destruction des infrastructures militaires critiques afin de contraindre l’Iran non seulement à accepter un accord, mais aussi à capituler et à changer de régime.
Le déploiement militaire a été et reste exceptionnel : deux groupes aéronavals (un troisième est en route) et leur escorte, des avions de supériorité aérienne, des systèmes de défense aérienne, des ravitailleurs et des avions de transport, des sous-marins et d’autres moyens. L’Iran a exacerbé la situation en menant des attaques contre des bases américaines, des villes, des installations pétrolières et des aéroports en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, au Qatar, au Koweït et en Jordanie.
Cette opération devrait se poursuivre pendant plusieurs semaines et inclure des frappes de précision contre les autorités militaires, politiques et religieuses, les installations de sécurité iraniennes et l’infrastructure nucléaire.
Au cours de ces premiers jours, les capacités offensives iraniennes ont été considérablement réduites dans trois domaines militaires clés : la puissance de feu des missiles et des drones, le système de commandement et de contrôle, ainsi que l’infrastructure militaire, y compris la défense aérienne intégrée.
La supériorité aérienne est déjà acquise sur la quasi-totalité du territoire iranien. Tout cela témoigne du déroulement d’une campagne visant à neutraliser les capacités offensives iraniennes. Israël a lancé une attaque initiale avec environ 200 avions contre plus de 500 cibles en deux vagues successives. Ce premier jour, l’Iran a mené une attaque massive à l’aide de missiles et de drones, destinée à surcharger les systèmes de défense aérienne. Le deuxième jour, l’utilisation des drones a atteint son apogée, bien que les États-Unis et Israël aient commencé à cibler les lanceurs mobiles, les bases et les dépôts logistiques. À partir du troisième jour, une phase évidente d’épuisement s’est amorcée, marquée par une diminution des tirs iraniens.
Le quatrième jour a été marqué par un changement dans le contrôle de l’espace aérien, les États-Unis et Israël ayant atteint une supériorité aérienne localisée et étendu leurs opérations sur le territoire iranien. Le cinquième jour, le rythme des attaques iraniennes a ralenti, avec des salves moins coordonnées et un plus grand nombre de tirs isolés, ce qui indique généralement une perte de missiles opérationnels et une détérioration du commandement et du contrôle. Le sixième jour, cette détérioration s’est accentuée, avec des attaques de moindre envergure et plus de deux mille cibles militaires touchées par la campagne aérienne. À partir du septième jour, la capacité offensive iranienne a encore diminué, même si elle reste capable de causer des dégâts considérables.
Avant le conflit, l’Iran disposait de plus de deux mille missiles balistiques et de plusieurs centaines de lanceurs mobiles, ainsi que d’importantes réserves de drones d’attaque. Après plus d’une semaine d’opérations, plusieurs indicateurs confirment le déclin de la capacité offensive iranienne : une baisse de la cadence de tir, une dégradation du système de commandement et un glissement progressif vers des tactiques plus asymétriques. À l’avenir, le scénario le plus probable est celui d’un conflit d’intensité moyenne à faible, fondé sur des attaques sporadiques et des opérations d’usure. Il n’en reste pas moins que le conflit pourrait s’étendre avec la mobilisation des intermédiaires iraniens dans divers pays du Moyen-Orient ou, dans un scénario d’escalade plus importante, par des attaques contre les infrastructures énergétiques du golfe Persique, la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz ou les bases militaires occidentales de la région.
Marco Rubio a déclaré que l’opération avait été précipitée, car Israël avait l’intention d’attaquer les dirigeants iraniens, et certains analystes affirment que cela a conduit à une certaine improvisation du côté américain. Pensez-vous que ce soit le cas ?
Carlos de Antonio Alcázar : Non. La planification d’une opération conjointe est difficile, et sa mise en œuvre est encore plus complexe. Cette campagne militaire n’a pas été improvisée. Elle a nécessité une planification extrêmement complexe, menée en détail sur de longues périodes.
La préparation implique la collecte de renseignements sur plusieurs semaines ou mois, l’identification et la sélection précise d’objectifs militaires stratégiques, l’étude des couloirs aériens et des couloirs de sécurité, la planification des opérations de ravitaillement en vol et l’intégration des systèmes de défense antimissile dans toute la région. Elle exige également une coordination politique et militaire extrêmement étroite.
La planification opérationnelle comporte également une dimension logistique essentielle. Les moyens navals et aériens doivent être déployés à l’avance, les bases avancées préparées, les munitions précises stockées et les réseaux de communication et de renseignement activés pour le commandement et le contrôle. Tout cela nécessite du temps, de la préparation et une coordination entre les différentes structures militaires.
Ce qui peut arriver – et arrive souvent en période de tensions internationales – c’est que la décision politique de mettre en œuvre un plan existant soit reportée ou différée par rapport au calendrier initial. D’un point de vue militaro-analytique, il est important de faire la distinction entre l’improvisation et la mise en œuvre anticipée. La mise en œuvre anticipée signifie simplement que la planification était déjà achevée et que des considérations politiques ou stratégiques ont conduit à la décision de mettre en œuvre le plan plus tôt ou plus tard que prévu initialement.
Il ne s’agissait donc pas d’une opération improvisée. Il est beaucoup plus probable qu’un plan militaire ait déjà été élaboré et que l’évolution de la situation stratégique, conjuguée à une opportunité perçue, ait conduit à la décision d’accélérer sa mise en œuvre afin d’assurer une réponse coordonnée et de garder le contrôle sur l’évolution du conflit.
La riposte iranienne a surpris les observateurs par son ampleur et ses cibles, notamment les attaques contre la Turquie et l’Azerbaïdjan. N’est-ce pas une erreur d’attaquer autant de pays ? Que cherche le régime avec cette stratégie ?
Carlos de Antonio Alcázar : L’extension des attaques iraniennes à plusieurs pays – voire à la Turquie, à Chypre et à l’Azerbaïdjan – peut sembler surprenante. Elle semble aller à l’encontre de la logique militaire classique de concentration des forces et des efforts. D’un point de vue stratégique, cependant, un tel comportement représente une combinaison de dissuasion, de signalisation politique et de compensation d’une faiblesse militaire conventionnelle.
L’Iran poursuit trois objectifs principaux : l’extension du conflit afin d’accroître le coût politique et militaire d’une offensive contre lui, la création d’une incertitude stratégique pour les États-Unis, Israël et leurs alliés, ainsi que le renforcement du discours interne du régime.
L’un des épisodes les plus sensibles a été le tir d’un missile balistique dirigé vers l’espace aérien turc et intercepté en Méditerranée par le système de défense antimissile de l’OTAN. Cet incident est extrêmement délicat, car la Turquie est membre de l’OTAN. L’Alliance a condamné cette attaque et réaffirmé son engagement en faveur de la défense collective, bien que l’article 5 n’ait pas été invoqué. La stratégie iranienne repose sur ce que de nombreux analystes décrivent comme une « guerre régionale saturée », dont l’objectif est de vaincre la défense de l’adversaire et de multiplier les fronts simultanés. Cette stratégie comporte toutefois de sérieux risques. Attaquer un trop grand nombre de pays pourrait avoir l’effet inverse : le renforcement d’une coalition élargie contre l’Iran. Sur le plan militaire, plus le conflit est étendu, plus il sera difficile pour l’Iran de le soutenir face à des forces disposant d’une immense supériorité technologique et aérienne. En fin de compte, la stratégie iranienne repose sur une guerre régionale asymétrique intégrée. Son objectif n’est pas de vaincre militairement les États-Unis ou Israël dans une guerre conventionnelle, mais de les empêcher de remporter une victoire rapide et d’augmenter les coûts politiques, militaires et économiques du conflit.
Les attaques iraniennes diminuent en intensité, bien que la République islamique parle d’armes que nous n’avons pas encore vues. Existe-t-il des preuves de l’existence de telles « armes miracles » ? De quelles options l’Iran dispose-t-il si ses missiles sont épuisés ?
Carlos de Antonio Alcázar : En effet, les attaques iraniennes ont montré une tendance à la baisse en termes d’intensité. Il est peu probable que l’Iran dispose de systèmes miracles ou de technologies entièrement nouvelles qui n’auraient pas encore été documentées par les services de renseignement militaires occidentaux et les images satellites.
On sait que l’Iran dispose de vastes arsenaux qui ont été améliorés sur le plan technologique par rapport aux générations précédentes. Il s’agit notamment de missiles balistiques à moyenne et longue portée dotés de systèmes de guidage améliorés, d’ogives renforcées et de charges à fragmentation. Ces systèmes font l’objet d’études depuis des années par les agences de renseignement, les instituts d’analyse stratégique et la presse spécialisée dans les questions de défense. Du point de vue de l’analyse militaire occidentale, ils ne constituent pas une surprise. La rhétorique officielle du régime iranien, qui fait allusion à l’existence d’« armes secrètes », s’inscrit généralement dans un discours stratégique visant à créer de l’incertitude et à renforcer la cohésion interne.
Si l’Iran venait à manquer de missiles plus sophistiqués et de drones avancés, il pourrait intensifier le recours à des groupes intermédiaires. Ces forces peuvent mener des attaques indirectes, des sabotages ou des actions d’usure, étendant ainsi leur zone d’opérations au-delà du territoire iranien. L’Iran pourrait également réorienter ses efforts vers des cibles non strictement militaires, telles que les infrastructures énergétiques, les voies de communication maritimes, les systèmes de communication, les aéroports et les zones industrielles, afin d’exercer une pression politique et économique.
Dans ce contexte, les références à des armes invisibles ou «miraculeuses» doivent être interprétées davantage comme une tentative d’influencer la perception stratégique et psychologique du conflit que comme la preuve d’un arsenal caché susceptible de modifier de manière décisive le cours de la guerre. Néanmoins, l’Iran pourrait théoriquement utiliser environ 400 kilogrammes d’uranium enrichi pour fabriquer des « bombes sales » radiologiques, même si un tel acte serait extrêmement grave.
À quelles difficultés les États-Unis et Israël pourraient-ils être confrontés si la guerre durait plus de quatre semaines, comme l’a annoncé Donald Trump ?
Carlos de Antonio Alcázar : Une campagne militaire de longue durée implique une consommation constante de missiles de précision, de bombes guidées et de carburant pour les avions, les hélicoptères et les navires militaires. Les deux pays disposent de capacités industrielles et de réserves considérables pour soutenir des opérations de grande envergure pendant plus d’un mois ; cependant, l’épuisement logistique pourrait, à terme, les contraindre à adapter leur planification opérationnelle et limiter leur capacité à mener des frappes durables contre des cibles stratégiques.
En outre, cela augmenterait également la probabilité que d’autres acteurs régionaux s’impliquent directement ou indirectement dans le conflit. Cela pourrait inclure des attaques menées par des milices et des groupes intermédiaires liés à l’Iran, ainsi que la possibilité d’actes terroristes hybrides à l’échelle mondiale. Sur le plan intérieur, les États-Unis et Israël pourraient être confrontés à une pression interne croissante si la campagne militaire ne produisait pas de résultats rapides. Cela pourrait se traduire par des critiques de l’opinion publique et des partis d’opposition, des débats sur la nécessité d’envoyer des forces terrestres et, à terme, des doutes plus généraux quant à la stratégie et à la durée de la campagne.
Un conflit de longue durée pourrait également réduire la marge de manœuvre politique et influencer les décisions stratégiques futures. En outre, une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait avoir un impact significatif sur les marchés mondiaux de l’énergie et du commerce. D’éventuelles perturbations des livraisons de pétrole via le détroit d’Ormuz, la hausse des prix du pétrole brut et du gaz naturel, ainsi que la pression économique sur les pays dépendants des importations d’énergie ou des exportations industrielles, pourraient exercer une pression politique supplémentaire sur les gouvernements des États-Unis et d’Israël pour qu’ils s’efforcent de trouver une solution plus rapide.
#webtube : La commune était le berceau de la démocratie française. Elle risque d’en devenir le tombeau silencieux — non par la violence des régimes, mais par l’effacement du choix. Le premier tour des élections municipales s’est tenu ce dimanche 15 mars 2026. Partout en France, des millions de nos concitoyens se sont rendus aux urnes. Et pourtant, sur une grande partie du territoire, le résultat était connu d’avance.
Le suffrage universel est l’un des fondements de notre République. Depuis 1848, il repose sur un principe simple et puissant : chaque citoyen compte pour un, et personne ne compte pour plus d’un. C’est ce principe qui donne leur légitimité à nos institutions et qui fait de la politique autre chose qu’une simple administration des hommes.
Érosion du système
Mais comme beaucoup de grandes conquêtes démocratiques, le suffrage universel peut s’éroder sans être frontalement remis en cause. Il suffit pour cela de l’enfermer peu à peu dans la procédure, de le transformer en mécanique administrative, de remplacer la confiance dans les citoyens par la multiplication des règles.
Le scrutin du 15 mars en apporte une illustration saisissante. Car derrière les résultats, un fait majeur s’impose : dans près de 68 % des communes, une seule liste était en lice dès le premier tour. Autrement dit, dans une majorité de cas, les électeurs n’ont pas choisi — ils ont validé ou se sont abstenus.
Ce constat éclaire d’un jour nouveau les chiffres de participation. Si celle-ci devait mécaniquement remonter par rapport à 2020 — année marquée par la crise sanitaire —, elle reste profondément affectée par un phénomène plus silencieux : l’absence de choix.
Car la participation ne dépend pas seulement du civisme. Elle dépend aussi de l’utilité perçue du vote. Lorsque l’issue d’un scrutin est certaine, ce bénéfice tend vers zéro — et l’abstention progresse. Pendant longtemps, dans les petites communes françaises, la démocratie municipale reposait sur une mécanique simple et profondément démocratique : le panachage. L’électeur pouvait rayer un nom, en ajouter un autre, composer lui-même son conseil municipal. Même en présence d’une seule liste, le vote conservait un sens. L’électeur pouvait corriger, ajuster, sanctionner. Il participait réellement à la désignation des élus. Ce système avait une vertu essentielle : il faisait confiance aux citoyens.
La réforme du mode de scrutin issue de la loi du 21 mai 2025 a profondément modifié cet équilibre. Désormais, partout, il faut constituer des listes complètes, paritaires, administrativement conformes. Dans les grandes villes, cela ne pose guère de difficulté. Mais dans les villages — où l’engagement repose sur le bénévolat et le sens du devoir civique —, ces contraintes deviennent un obstacle.
Avertissement silencieux
Le résultat est sous nos yeux : moins de listes, moins de candidats et, mécaniquement, moins de choix. La numérisation devait simplifier l’État. Elle a souvent produit l’effet inverse. Pour se présenter, il faut aujourd’hui accumuler formulaires, justificatifs, signatures — alors même que l’administration détient déjà ces informations. La République des citoyens devient peu à peu la République des formulaires.
À cette complexité s’ajoute une inégalité silencieuse. Dans les grandes villes, les campagnes électorales bénéficient de financements publics et d’avantages fiscaux. Dans les petites communes, les candidats financent eux-mêmes leur engagement. Ainsi, plus la commune est petite, plus l’engagement est bénévole… et plus les contraintes sont fortes.
Or, ce sont précisément ces communes qui sont les plus touchées : la grande majorité des situations de liste unique concerne des communes de moins de 1.000 habitants. Le danger n’est pas seulement administratif. Il est profondément politique. Car la démocratie ne se mesure pas seulement au droit de vote. Elle se mesure à la possibilité réelle de choisir. Lorsque le choix disparaît, le vote perd de sa substance. Il devient un geste formel, parfois une simple validation, souvent une abstention. La démocratie ne manque pas d’électeurs. Elle commence à manquer de candidats. Et cela devrait nous inquiéter.
Car la vitalité de notre République repose sur ces milliers de femmes et d’hommes qui s’engagent dans leur commune, souvent sans rémunération, toujours avec dévouement. Décourager cet engagement serait une faute politique majeure.
Au XIXᵉ siècle, Alexis de Tocqueville écrivait : « Les institutions communales sont à la liberté ce que les écoles primaires sont à la science. » Encore faut-il que ces institutions restent vivantes. La démocratie ne s’améliore pas toujours en ajoutant des règles. Parfois, elle s’améliore en en retirant. Antoine de Saint-Exupéry le rappelait avec justesse : « La perfection est atteinte non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retrancher. »
Le suffrage universel n’est pas une procédure. C’est une confiance. Le scrutin du 15 mars 2026 nous adresse un avertissement silencieux : une démocratie sans choix est une démocratie qui s’éteint, non dans le fracas, mais dans l’indifférence. La commune fut le berceau de notre démocratie. Elle ne doit pas en devenir le lieu où elle s’efface à bas bruit.
#webtube :Pour SeneNews, média sénégalais, la victoire de Bally Bagayoko est une « conquête » hautement symbolique. Une victoire aux allures de prise de guerre. Dimanche 15 mars, le candidat LFI Bally Bagayoko a remporté l’élection municipale à Saint-Denis avec 50,8 % des voix. Cet ex-basketteur de 52 ans est parvenu à ravir la ville au Parti socialiste dès le premier tour. Une performance qu’il s’était donnée comme objectif, quelques jours avant le scrutin : « Le 15 mars, nous pouvons gagner, et nous allons gagner ! », prédisait-il, mardi, à l’occasion d’un meeting avec Jean-Luc Mélenchon. Quelques instants après son sacre, le nouveau maire a été porté en triomphe dans l’une des salles de l’hôtel de ville sous les acclamations de ses soutiens.
🔴🇫🇷 𝗙𝗟𝗔𝗦𝗛 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Bally Bagayoko (LFI) fête sa victoire après avoir remporté la mairie de Saint-Denis dès le premier tour. pic.twitter.com/g3rEop9uAq
La France insoumise a remporté la mise alors qu’elle affrontait quatre listes de gauche et d’extrême gauche. Deuxième au classement, le maire socialiste sortant Matthieu Hanotin n’a recueilli que 32,7 % des suffrages. Loin derrière suivent Elsa Marcel pour Révolution permanente avec 7,12 %, Pascal Kouppé de Kermartin (UDI) avec 3,54 %, le centriste Quentin Gutierrez avec 3,45 %, Lutte ouvrière représentée par Agnès Renaud avec 1,50 % et, enfin, Jérémie Daire (extrême gauche) avec 0,91 %.
Sans appel, la victoire de Bally Bagayoko ? Il faut nuancer. La participation à ce scrutin a été historiquement faible – 15 points sous la moyenne de participation à une élection municipale entre 1959 et 2014 – de manière générale en France, mais en particulier à Saint-Denis : 42,8 % de participants seulement. Le candidat d’extrême gauche a ainsi été élu par 13.500 résidents d’une ville qui se targue par ailleurs de compter plus de 150.000 habitants…
La victoire du communautarisme
Dans l’euphorie de la victoire, M. Bagayoko a tenu quelques propos fort instructifs. Il a vanté les mérites des populations immigrées vivant à Saint-Denis – « celles et ceux qui ont quitté des continents énormes pour pouvoir bâtir une société humaniste » – et a exclu toute « gentrification » de la population locale. Interrogé plus tard sur l’expression « nouvelle France » largement employée par des élus LFI, l’édile n’a pas tergiversé : « Ce sont celles et ceux qui sont héritiers de l’immigration », a-t-il affirmé, sur RMC, ce mardi matin. Est-ce donc le sens de cette élection ? La victoire des communautés importées sur le peuple historique ? Il faut croire que oui.
Certains médias étrangers vont même plus loin et voient dans le succès de Bally Bagayoko la prise de pouvoir d’un Africain en France. « Municipales à Saint-Denis : le Malien Bally Bagayoko élu maire dès le premier tour », titre ainsi SeneNews, média « n° 1 de l’actualité sur Mobile au Sénégal ». Dans l’article en question, le candidat LFI n’est pas présenté comme un Français mais comme un « Malien » dont la « conquête » de la plus grande ville d’Île-de-France derrière Paris représente « un symbole politique important ». On ne saurait mieux dire.
Municipales à Saint-Denis : Le malien Bally Bagayoko élu maire dès le premier tour https://t.co/8iJ9NYmEYu
Il est sûr que la dimension ethno-culturelle de sa candidature est difficile à ignorer. On se souvient du discours que Sébastien Delogu avait donné en décembre 2025, alors qu’il était venu spécialement à Saint-Denis pour appuyer la candidature de la tête de liste LFI locale. « Vous avez aujourd’hui une opportunité en or qu’enfin un racisé dirige cette ville et fasse en sorte que le réel peuple de France reprenne le pouvoir ici », avait-il lancé, devant un public acquis aux thèses racialistes.
Le fruit du basculement démographique
Face à cette nouvelle donne identitaire qui pèsera de manière croissante à chaque élection, certains préfèrent mettre la tête dans le sable. « Comment expliquer la percée historique de La France insoumise au premier tour des municipales ? », se demande, en vain, France Info, qui énumère à peu près toutes les explications secondaires (la multiplication des réunions publiques, la diabolisation de LFI après la mort de Quentin Deranque, une forte mobilisation des jeunes) mais évite soigneusement la raison première.
Comment expliquer la percée historique de La France insoumise au 1er tour des municipales ? https://t.co/VdY6fJ8oHA
Et si les bons scores de LFI à Saint-Denis, Roubaix ou La Courneuve étaient liés à l’augmentation de la population d’origine étrangère qui y réside ? Et si le « Grand Remplacement » vanté par Jean-Luc Mélenchon était une réalité qui avait des conséquences, non seulement en matière d’insécurité, mais aussi sur le plan électoral ? Allez savoir.
#webtube : Alors que dimanche soir, la partie paraissait pliée, tout tourne mal pour la gauche parisienne. Contrairement à Marseille, où Delogu s’est retiré, sans doute contre la promesse de quelques maires d’arrondissement, contrairement à partout ailleurs, où les socialauds, écolos et communistes se couchent devant LFI, à Paris, Sophia Chikirou a attendu un coup de téléphone qui n’est jamais venu et a maintenu sa candidature.
La discussion a été très animée, toute la journée, dans la rédaction de Riposte Laïque. Nous savions tous que Sarah Knafo allait avoir un choix difficile à assumer : se maintenir ou se retirer. Les deux solutions avaient des avantages et des inconvénients. La discussion a donc fait rage, entre ceux qui, majoritaires dans l’équipe, souhaitaient qu’elle se maintienne, encore davantage en apprenant que c’est la clique Édouard Philippe, Bournazel et Marlène Schiappa qui avaient mis leur veto à une union allant jusqu’à Sarah, et ceux qui estimaient que la meilleure façon pour la candidate de sortir par le haut était de se retirer, pour faire barrage à la gauche.
Dans une lettre très touchante (voir ci-dessous), envoyée à tous ses amis et militants, Sarah Knafo a expliqué les raisons pour lesquelles elle a choisi de se retirer. Elle les a développées sur CNews, pendant une demi-heure, invitée par Pascal Praud. Elle a très clairement ciblé Édouard Philippe et Bournazel, qui ont mis leur veto contre se personne, ce qui, par ailleurs, n’est guère surprenant quand on connaît les oiseaux.
Alors que dimanche soir, la partie paraissait pliée, tout tourne mal pour la gauche parisienne. Contrairement à Marseille, où Delogu s’est retiré, sans doute contre la promesse de quelques maires d’arrondissement, contrairement à partout ailleurs, où les socialauds, écolos et communistes se couchent devant LFI, à Paris, Sophia Chikirou a attendu un coup de téléphone qui n’est jamais venu et a maintenu sa candidature. Donc, pour Dati, c’est inespéré car elle se retrouve seule représentante de la droite, face à une gauche divisée. Dimanche soir, tout était perdu, et mardi soir, tout redevient possible, même si la messe est loin d’être dite.
Car elle pense qu’elle va pouvoir récupérer les 85.000 voix des électeurs de Reconquête, tout en leur claquant la porte au nez. Le rejet de la gauche est tel que nombre d’électeurs de Sarah se reporteront sur la candidate LR, mais il va forcément en manquer. Mais ce retrait fait cauchemarder Grégoire, Belliard et Brossat, qui voient se profiler le sceptre d’une possible défaite. On peut donc dire qu’en cas de victoire de Rachida Dati, cela sera grâce à Sarah, et qu’en cas de défaite de la droite, cela sera à cause de la candidate, bien sûr, mais aussi des duettistes Bournazel-Philippe et de la marionnette Marlène Schiappa.
Sinon, partout ailleurs le spectacle de la caste politicienne, aux antipodes de la classe d’une Sarah Knafo qui se bat pour des valeurs et une certaine idée de la France, est pathétique, mais guère surprenant. Pendant que l’ensemble de la gauche se soumet aux Insoumis, toute honte bue, les LR multiplient les magouilles et les lâchetés avec un seul objectif : faire perdre le RN en espérant échapper au qualificatif de « fasciste » qui leur serait attribué s’ils faisaient alliance avec le parti de Marine et de Jordan Bardella.
Le meilleur exemple n’est-il pas Marseille, où Delogu, moyennant l’assurance d’avoir quelques maires d’arrondissement, retire sa liste, tandis que Martine Vassal, au lieu de se retirer, se maintient, espérant ainsi priver le RN Franck Allisio d’une victoire qui transformerait la donne à Marseille.
S’il y a une vie après la mort, qu’est-ce qu’il doit rigoler, Mitterrand, quand il constate, 40 ans après l’avoir mis en place, que son cordon sanitaire contre le FN devenu RN fonctionne toujours, grâce à la couardise de la droite la plus lâche et bête du monde, quant à gauche, ils s’émancipent allègrement de tous les beaux principes qu’ils exigent de leurs adversaires.
Je vous écris du fond du cœur. Et pas seulement du fond de mon cœur, mais en parlant directement au vôtre, avec gravité, et en plaçant en vous toute la confiance et toute l’amitié qui nous unit, malgré les pièges que la politique nous tend, et malgré les moments de doute et d’inquiétude inhérents à notre mission. La sincérité et l’engagement ne vont pas sans risques, et la victoire finale n’appartiendra jamais aux frileux.
Vous savez comme moi, et mieux que personne, ce que nous avons vécu depuis deux mois. Vous savez la beauté de notre campagne municipale. Nul ne l’ignore. Toute la France en a parlé, tous les médias, tout le peuple parisien, et le peuple français tout entier : même nos adversaires les plus acharnés, même nos ennemis les plus hypocrites, ont rendu hommage à la qualité de notre travail, notre sérieux hors-normes, notre clarté, notre créativité. Dès le jour de notre lancement, nous avons changé le visage de cette compétition. Chaque jour, et jusqu’à la dernière minute de la course, nous avons été des modèles de transparence, de générosité et de professionnalisme. Vous avez été exemplaires et je vous suis tellement reconnaissante, de votre travail, de votre engagement, de vos efforts. MERCI ! Oserai-je dire que vous avez été les meilleurs ? J’ose, sans hésiter. Je sais que c’est également votre sentiment profond. Je sais que nous avons raison et que rien ni personne ne pourra jamais nous en faire douter. Cette campagne fut bel et bien, en tous points, extraordinaire et exemplaire.
10,40% des suffrages. Comme vous, je me suis dit que nous méritions un résultat encore bien supérieur : gagner la Mairie de Paris. Et puis, bien vite, nous nous sommes rendus compte que 10,40% étaient en réalité une formidable félicitation : en à peine deux mois de campagne, nous avions réussi à imposer notre brillante présence dans le paysage politique, nous avons rallié à notre cause un très grand nombre de Parisiens, nous avons démontré que nous avions le meilleur programme, le meilleur chiffrage (le seul digne de ce nom !), les plus belles intentions pour la ville : les plus démocratiques et les plus crédibles. Sans démagogie, sans agressivité, sans vulgarité, sans jamais être médiocres. En somme, je me suis dit que nous avions réussi, et que ces 10,40% étaient une fantastique victoire sur le mensonge ambiant et la paresse généralisée. C’est même la plus grande des victoires : celle de l’intégrité. Mais, pour que cette victoire soit parfaite, il nous reste encore à la confirmer au second tour. C’est la raison de ce message que je vous adresse.
J’ai décidé, en mon âme et conscience, et après en avoir débattu avec tant de monde et vous avoir lus et écoutés, de ne pas nous faire concourir au second tour. Je sais la peine que cette décision occasionne en beaucoup de vos cœurs. C’est donc avec le plus grand respect que je veux vous expliquer ce choix douloureux.
Nous nous sommes engagés à chasser la gauche de Paris. Ce n’est pas un slogan destiné à séduire, ce n’est pas un élément de langage destiné à convaincre, c’est l’expression pure et simple d’un devoir politique, idéologique et moral. Le socialisme ne passera pas par nous : ni en pensée, ni par action, ni par omission. Si le malheur voulait que socialistes et communistes finissent par l’emporter, ce ne sera en aucun cas être de notre faute. Parce que ce combat ne tolère aucune tricherie, aucun zigzag idéologique ou moral, aucun petit arrangement personnel. Quels que soient les erreurs ou les fautes des autres formations de droite, ou supposés de droite, c’est à nous-mêmes que nous devons désormais rendre des comptes, et le seul critère à l’aune duquel nous devons nous juger est : avons-nous tout, réellement tout, absolument tout fait pour chasser la gauche de la mairie de Paris ? D’autres question se posent à coup sûr dans vos esprits, mais celle-ci doit toutes les dominer. La réponse à cette question décidera de notre destin dans les mois et les années à venir.
Ma réponse et donc simple : dans la situation qui est la nôtre aujourd’hui, il n’existe aucune autre solution honorable, conforme à ce que nous sommes, que de nous désister. Ma décision, je le sais, fera débat. Certains d’entre vous auront l’impression qu’on les force à baisser les bras, voire à capituler. Je veux leur dire que c’est tout le contraire ! Pour deux raisons. D’une part, rien ne serait pire que, par orgueil, de nous maintenir au risque de faire gagner la gauche. Car, les résultats du premier tour l’ont démontré : ce risque est immense, plus encore que ne le pensaient les sondeurs et les analystes. Chacune de vos voix jouera un rôle crucial.
D’autre part, parmi les mensonges qui nous avons été lancés au cours de cette campagne, « Sarah Knafo va faire gagner la gauche » a été le plus vicieux et le plus dangereux. Nous allons définitivement y mettre fin, avec toute l’autorité qui nous caractérise. Personne n’a le droit de nous salir. Personne ne nous salira. L’avenir du pays compte sur nous, et nous ne le décevrons en aucune manière. Nous ne laisserons rien, ni personne, ni à gauche, ni à droite, ni sur les plateaux de télévision, ni dans le QG des partis, ni dans les rues de la capitale, dire que nous sommes aussi bassement calculateurs que nos concurrents. Nous sommes debout, nous sommes droits, et nous le resterons. Bientôt, croyez-moi, nous nous en féliciterons.
J’espère vous avoir montré que nous ne devons pas hésiter, et que nous tirerions fierté de nous situer du bon côté du combat dimanche prochain. Nous montrerons que la droite ne peut pas se passer de nos 85 000 voix. Et que c’est bien là qu’il faut, cette semaine, placer notre espoir. Je me tiendrai à la disposition de ceux qui en doutent encore pour les convaincre. Je n’économiserai pas mon énergie pour leur rendre le sourire. Je suis là, je suis à vos côtés, dans les merveilleux moments que nous avons passés, comme dans les plus douloureux : ce n’est ni la première ni la dernière fois que nous aurons des décisions difficiles à prendre.
Courage, amis, nous avons franchi un immense pas depuis deux mois. Continuons. Ni pas de côté, ni reculade : en avant toute ! Soyons irréprochables, comme toujours, et nous serons récompensés. Nous le sommes déjà et il faut vouloir l’être encore. Ces 10,40% sont un trésor auquel nous allons donner une dimension nouvelle. Il n’appartient qu’à nous, à vous.
Je vous remercie, je vous applaudis et je vous embrasse.
#webtube : J’ai vu pas mal de situations politiques dans ma vie, mais rarement la politique n’est tombée à un niveau aussi bas que ce à quoi nous assistons à l’occasion de ce scrutin municipal. Franchement, si je mets de côté la légitime colère qui anime tant de gens et votre serviteur, le personnel politique actuel fait vraiment pitié.
L’immense majorité de ceux qui réclament les suffrages des Français n’ont aucune conviction. Ils portent une étiquette et prétendent défendre des valeurs alors qu’ils n’en ont pas et sont totalement interchangeables. C’est d’ailleurs pourquoi on en voit un nombre si élevé commencer leur carrière dans un parti, la poursuivre dans un autre, en changer encore un peu plus tard et finir par rejoindre Pierre, Paul ou Jacques, fut-il à l’exact opposé des convictions de départ de notre voyageur politique. Il en va exactement de même des opinions défendues que cela ne gênent nullement ces caméléons politiques de faire changer en fonction de ce que dit le buzz du moment. C’est d’autant plus vrai qu’on constate maintenant et à chaque élection que le programme est parfaitement secondaire pour celui qui veut être élu. Ce qui compte c’est de conquérir le poste et surtout… de le garder. Ce qui amène à des scènes où vraiment l’odieux le dispute au misérable. Ainsi en est-il des élections municipales que nous vivons actuellement.
J’ai indiqué hier la pitoyable mascarade qui se donnait en spectacle à droite, ce qui au reste lui interdit dans de multiples endroits de gagner. Mais qu’en est-il à gauche ? Les forces qui s’en réclament sont-elles frappées par les mêmes travers que la droite ? Et de fait, aujourd’hui, l’un des principaux sujets de discussion concernant la gauche est de savoir si la gauche « de gouvernement », comprenez le PS, est dans une logique de résistance et même de rupture avec LFI et que cette attitude de prise de distance du PS serait partagée par les autres courants notamment les écologistes et le PCF. Comme toujours en politique, on apprend plus en quelques heures voire en peu de jours qu’en plusieurs années, dans certaines circonstances. Et c’est bien le cas avec le municipales. Reprenons.
Depuis de longs mois, LFI ne cesse de taper sur ceux qui, sur le papier, sont ses alliés. C’est ainsi que lors du défilé du 1er mai, Raphaël Glucksmann (Place Publique) a été pourchassé à St-Étienne par les petites frappes de LFI et a échappé de peu à une bonne raclée. À Paris, il y a 2 ans, c’est Fabien Roussel (PCF) qui a du être exfiltré du cortège pour là aussi éviter une agression physique. Ce qui ne l’empêchera pas de se faire traiter de « Jacques Doriot », c’est à dire de fasciste, par Sophia Chikirou (LFI). L’an dernier Jérome Guedj (PS), qui est par ailleurs juif, est obligé de quitter le cortège parisien frôlant le cassage de gueule là aussi par LFI. En réponse il déclarera « j’accuse LFI de brutaliser la vie publique » et dénoncera « les décérébrés » qui l’ont attaqués. Quant à Mélenchon pour toutes ses prises de positions depuis le 7 octobre 2023, Guedj le qualifiera de « salopard antisémite ». Je pourrais continuer longtemps, les exemples de ce type étant innombrables, mais cela n’apporterait rien de plus à la démonstration. Par contre cela pose à juste titre la question de la rupture politique avec LFI qui est une organisation dans laquelle il n’y a aucune démocratie (pas de congrès, pas de débat interne sur le ligne politique, pas d’élection des responsables, exclusions brutales à la moindre divergence sur ce que dit Mélenchon,… etc) et qui pratique, vis à vis des autres partis de gauche, un relationnel uniquement basé sur le rapport de force, sans oublier le recours à la violence et les agressions verbales ainsi que la calomnie. Et pour ceux qui n’auraient toujours pas compris, Mélenchon a déclaré récemment : « Ce ne sont pas les autres partis de gauche qui dictent leurs conditions à LFI, c’est LFI qui leur dicte ses conditions ». Fermez le ban et circulez.
Tout cela s’explique, d’abord par les caractéristiques de LFI, mais aussi parce que récemment certains ont cru bon d’annoncer des primaires de la gauche en octobre, pour désigner le candidat pour la présidentielle. De même on a entendu des rodomontades du côté socialiste annonçant la rupture avec LFI du fait de ses prises de positions et actions trop sulfureuses. Le plus pitoyable dans ce numéro de claquettes étant François Hollande qui a déclaré qu’il fallait que le PS se maintienne ou se retire au 2e tour mais qu’en aucun cas il ne fallait s’allier à LFI. Ce type est un sinistre pitre. Nous lui rappelons au passage que lorsqu’il s’est présenté aux élections législatives de 2024 à Tulle, il portait la casaque NFP et donc n’avait aucun autre concurrent, notamment LFI face à lui. À l’époque il n’a nullement annoncé qu’il refusait toute cohabitation avec LFI. Sinon il aurait eu un candidat NFP contre lui et aurait été battu. C’est tellement vrai que ce tocard en étant le seul candidat de gauche a certes gagné mais en n’obtenant que 43,10 % au 2e tour. Imaginez à combien il aurait fini s’il avait refusé la casaque NFP pour celle du seul PS et avait eu en face de lui un candidat NFP. Quant à Olivier Faure (chef du PS) il a déclaré dès l’annonce des résultats « il n’y aura aucun accord national avec LFI »… et tout le monde a compris qu’il y aurait des accords locaux. À ce sujet, voyons ce qui s’est passé sur le terrain.
Dans une multitude de villes la question se posait : fusionner les listes de gauche (PS -écolos – PCF) avec LFI ou pas ? Et bien sûr en commençant, la position de la gauche surtout au PS était de garder des listes à part. Sauf que ça n’a pas duré longtemps. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, les élections municipales LFI, c’est à dire Mélenchon, s’en moque. Ils ramasseront quelques villes au passage, mais l’enjeu principal, le cœur du problème, c’est de faire de la pédagogie électorale avec l’existence de ces listes LFI. Et que veut faire passer Mélenchon comme message ? Un message tout simple : « si vous ne faites pas d’union avec LFI pour les élections, nous vous ferons perdre ». Et tout le monde a très bien compris le message. Comme en 2024 pour les législatives, alors que la plupart de ces gens ne peuvent pas se voir en peinture et se détestent cordialement, en moins de 24H, ils sont tombés d’accords. Et dans plein d’endroits la magie a fait son œuvre. Comme par exemple à Toulouse, le fief de Carole Delga (PS) présidente de la région, et surtout l’une des plus acharnés de la ligne pour la rupture avec LFI. Et à Toulouse le miracle s’est accompli. Une liste d’union LFI – PS dirigée par l’insignifiant François Piquemal (LFI) qui dès qu’il ouvre la bouche montre qu’il n’est pas un aigle de la politique. Pour l’instant Carole Delga ne soutient pas la liste, mais cela ne durera pas très longtemps, sinon elle le payera d’une manière ou d’une autre. Mélenchon a la rancune tenace. Il a 74 ans aujourd’hui. Il en aura 75 en 2027. C’est donc sa dernière occasion de pouvoir être élu président. Il ne permettra à personne de lui faire obstacle. Sinon il y aura du sang sur les murs. Idem à Marseille. Payan payera son refus d’alliance et l’obligation de retrait de Delogu (LFI) afin qu’il ne soit pas accusé d’avoir contribué à l’élection du RN. Mélenchon doit d’autant plus en vouloir à Payan qu’il s’était fait élire député à Marseille et qu’il est assez attaché à cette ville. Il en va de même à Strasbourg où Catherine Trautmann peut compter ses abatis en cas d’élection puisqu’elle a refusé de se plier à cette politique d’alliance gauche – LFI. On notera que Trautmann vient d’être suspendue par le PS pour avoir voulue fusionner sa liste avec celle d’Horizons. Donc pour le PS faire alliance avec des antisémites, soutenant la violence et refusant toute démocratie, c’est parfait. Mais faire une fusion avec Horizons c’est inacceptable et mérite d’être suspendu. Tout cela confirme dramatiquement ce que j’écris.
Au final les « accords de la honte » sont devenus la norme un peu partout en France. PS, PCF, et écologistes ont bien compris que sans accord avec LFI leur avenir politique se trouverait derrière eux. N’oublions pas que le PS a eu 60 députés élus en 2024. Résultat inespéré si l’on se réfère au résultat de la présidentielle où Hidalgo (PS) avait réussi le score historique de 1,75 %. Du temps de la SFIO le record était à 5 % ce qui avait précipité la disparition de la SFIO et son remplacement par le PS dont Mitterrand prit la tête en 1971 (congrès d’Épinay). Record pulvérisé par Hidalgo. Et aujourd’hui le PS est gardé en vie sous respirateur artificiel par LFI car cela lui sert pour ratisser plus large. Si le PS ne joue plus le jeu comme il faut, LFI a les moyens d’appuyer sur le bouton et dans ce cas débrancher le PS qui disparaîtra dans le néant. Situation exactement identique pour le PCF qui ne doit sa survie qu’à l’accord de LFI et en conséquence ne réagit guère quand son chef se fait traiter de Doriot. En conclusion, ces élections municipales permettent de dire qu’il n’y aura pas de primaires de la gauche en octobre. Mélenchon sera le candidat de la gauche à la présidentielle et LFI arbitrera les investitures aux législatives de 2027. Et pour mettre les points sur les i et les barres aux t Mélenchon a déclaré à propos des socialistes « C’est des gros combinards, ils ne nous coûteront pas trop cher à acheter pour le second tour ». Quelqu’un n’a pas compris ?
C’est cela la vérité et le reste n’est que du baratin pour des enfants de 5 ans.