. « La politique fiscale ne doit pas être uniquement comptable mais s’appuyer sur une véritable philosophie de l’intérêt général et du Bien commun »

Articles : Mar. 2026Fev 2026Jan 2026Dec. 2025
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#webtube : Pour ce nouveau « Libre Journal de la Nouvelle Droite », sur Radio Courtoisie, Xavier Eman est ses invités – Rodolphe Cart, François de Voyer, Nicolas Degroote et Lionel Baland – se penchent sur le phénomène de contestation fiscale « C’est Nicolas qui paie » avant d’évoquer l’avenir du capitalisme ainsi que la vie et l’œuvre du penseur allemand Ludwig Klages.

Xavier Eman, Revue Eléments

. Immigration : la droite européenne impose sa ligne au Parlement

Articles : Mar. 2026Fev 2026Jan 2026Dec. 2025
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#webtube : Le vote intervenu lundi 9 mars en commission des libertés civiles du Parlement européen marque un tournant politique à Bruxelles. Sur le très sensible « règlement retour », destiné à réformer les procédures d’expulsion des étrangers en situation irrégulière, une coalition inédite des droites a imposé sa ligne. Le texte a été adopté par 41 voix contre 32, avec une abstention. Pour faire passer ce rapport, le Parti populaire européen s’est allié aux Conservateurs et réformistes européens, aux Patriotes pour l’Europe, où siège le RN, ainsi qu’à l’Europe des Nations souveraines.

Avant le vote, Le Figaro indiquait que François-Xavier Bellamy avait choisi de chercher une majorité alternative faute d’accord avec la gauche européenne. L’eurodéputé défendait un texte visant à renverser la logique actuelle : le départ volontaire des migrants déboutés du droit d’asile deviendrait l’exception, tandis que l’expulsion forcée serait désormais la règle.

Une rupture politique au Parlement européen

Ce vote confirme l’affaiblissement de la majorité dite « von der Leyen » sur les questions migratoires. Le quotidien L’Opinion soulignait le 8 mars, en amont du vote, l’existence de « deux majorités possibles », l’une au centre, l’autre « à droite toute ». Le compromis défendu par François-Xavier Bellamy a finalement marginalisé les sociaux-démocrates, les libéraux de Renew et la gauche.

Cette nouvelle majorité a assumé une ligne de grande fermeté déjà proche de celle du Conseil des États membres. L’objectif affiché est de mettre fin à l’impuissance européenne en matière de retours. Selon le journal Le Point, à l’échelle de l’Union, seules 20 % des obligations de quitter le territoire sont effectivement exécutées, contre 9,6 % en France. « L’heure n’est plus aux jeux politiques, nous devons agir », a répondu François-Xavier Bellamy aux critiques de la gauche.

Rétention prolongée, hubs et conditionnalité

Sur le fond, le texte adopté prévoit plusieurs inflexions majeures. Il valide le principe des « return hubs », ces centres installés dans des pays tiers où pourraient être envoyés certains migrants irréguliers. Il allonge aussi la durée maximale de rétention jusqu’à vingt-quatre mois pour les migrants qui ne coopèrent pas, là où le cadre antérieur prévoyait six mois, avec prolongation exceptionnelle jusqu’à dix-huit mois.

Le rapport introduit également une logique de conditionnalité envers les pays tiers. L’UE pourrait désormais lier visas, aide au développement ou accords commerciaux au degré de coopération sur les réadmissions. Ce vote en commission ne clôt pas le processus, puisque le texte doit encore être validé en séance plénière avant les négociations avec le Conseil. Mais politiquement, le signal est déjà net : sur l’immigration, la droite européenne entend désormais fixer le cap et l’imposer dans les négociations à venir.


breizh-info.com

. Sénégal. Dans les ports de pêche, la mer ne nourrit plus : « Alors certains partent vers l’Europe »

Articles : Mar. 2026Fev 2026Jan 2026Dec. 2025
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#webtube : On continue de vous proposer des articles en immersion au Sénégal, plaque tournante de l’immigration vers l’Europe, toujours avec la volonté de chercher à comprendre pourquoi ils sont de plus en plus nombreux, d’Africains, à tenter leur chance vers un prétendu Eldorado européen qui n’a pourtant rien à leur offrir, mais qui attire plus que la misère sur place.

Au Sénégal, partir ou mourir lentement : la jeunesse africaine mise tout sur l’illusion européenne [Reportage]

Sur la plage de Bargny, à une trentaine de kilomètres au sud de Dakar, les pirogues colorées sont alignées sur le sable comme des silhouettes fatiguées. Certaines sont encore couvertes de sel et de filets. D’autres semblent abandonnées. Les pêcheurs reviennent lentement du large. Dans leurs caisses, le poisson est maigre.

« Avant, on remplissait les pirogues », soupire un pêcheur d’une quarantaine d’années « Aujourd’hui, on peut passer toute la journée en mer pour presque rien ramener. »

Autour de lui, les hommes réparent les filets en silence. Quelques touristes viennent s’agglutiner pour s’émerveiller de ce qui ressemble pourtant à une mauvaise journée pour les locaux. La scène se répète dans de nombreux ports sénégalais – Bargny, Mbour, Joal, Saint-Louis ou Kayar. Dans ces communautés où la pêche fait vivre des familles entières depuis des générations, la mer ne suffit plus à nourrir les hommes.

Une mer de plus en plus vide

Dans ces villages, le constat est unanime : les prises diminuent d’année en année.

« Quand j’étais jeune, on sortait quelques heures et on revenait avec assez de poissons pour nourrir nos familles et vendre au marché », raconte Abdoulaye Ndiaye, un pêcheur de 56 ans rencontré près des pirogues. « Aujourd’hui, on part parfois toute la nuit et on revient presque les mains vides. »

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. D’abord la pression démographique et l’augmentation du nombre de pêcheurs artisanaux. Mais pour les hommes de mer, le principal problème vient des chalutiers industriels.

« Les gros bateaux pêchent tout », affirme Ibrahima Fall, pêcheur à Mbour. « Ils prennent les sardines, les sardinelles, les chinchards… même les petits poissons qui devraient rester dans la mer pour se reproduire. »

Ces navires appartiennent parfois à des flottes étrangères ou à des sociétés mixtes liées à des investisseurs européens ou asiatiques. Officiellement, ils opèrent dans le cadre d’accords de pêche ou sous pavillon sénégalais. Mais selon plusieurs ONG environnementales, certains pratiquent une pêche industrielle intensive qui épuise les stocks.

Les pêcheurs dénoncent aussi des règles qu’ils jugent défavorables.

« On nous impose des zones, des périodes, des contrôles », explique Cheikh Sarr pêcheur à Kayar. « Pendant ce temps, les gros navires continuent. Nous, on respecte les règles, mais on n’a plus de poisson. »

Des revenus divisés par cinq

La conséquence est immédiate : les revenus chutent.

Sur la plage, une femme vide une petite caisse de poissons argentés dans un seau en plastique. La prise du jour de son mari.

« Avant je pouvais gagner 20 000 ou 25 000 francs CFA dans une bonne journée », explique-t-il. « Maintenant, certains jours je rentre avec à peine 4 000 francs. Après l’essence et le partage entre l’équipage, il ne reste presque rien. »

La pêche artisanale fait vivre directement ou indirectement près de 600 000 personnes au Sénégal, soit une part importante de la population active. Mais lorsque les prises diminuent, toute l’économie locale vacille.

Les femmes, qui fument ou vendent le poisson sur les marchés, sont également touchées.

« S’il n’y a plus de poisson, il n’y a plus de travail pour personne », explique la jeune femme vidant la caisse : « C’est toute la chaîne qui s’arrête. »

La tentation de l’Europe

Dans ces villages, la conversation finit souvent par glisser vers un autre sujet : l’Europe.

« Beaucoup de jeunes pêcheurs pensent maintenant à partir », confie nous un marin d’une trentaine d’années. « Quand tu ne peux plus nourrir ta famille, tu cherches ailleurs. ». On en retrouve d’ailleurs y compris dans les armements de pêche breton désormais.

Le trajet vers les îles Canaries, territoire espagnol situé à environ 1 700 kilomètres des côtes sénégalaises, est devenu l’une des routes migratoires les plus empruntées.

Mais aussi l’une des plus dangereuses.

Selon des ONG, des milliers de migrants meurent chaque année sur cette route maritime, engloutis par l’Atlantique dans des pirogues surchargées.

Pourtant, le rêve persiste.

« L’Europe, pour beaucoup de jeunes ici, c’est l’eldorado », explique Ousmane, un jeune pêcheur de Bargny. « Ils voient les images, les maisons construites par ceux qui sont partis. Ils pensent qu’ils trouveront du travail. »

Certains vendent leur moteur ou leur pirogue pour payer le voyage. Le prix d’une traversée clandestine peut atteindre 400 000 à 500 000 francs CFA, soit plusieurs mois de salaire local.

Des villages marqués par les départs

Dans certains ports, les traces de cet exode sont visibles. À Fass Boye ou Bargny, des pirogues restent immobilisées sur la plage. Leurs propriétaires sont partis.

« Regarde ces bateaux », montre un ancien pêcheur. « Certains appartenaient à des jeunes du village. Ils sont partis pour l’Europe. »

Parfois, les familles restent sans nouvelles pendant des semaines. « Quand quelqu’un part, personne ne sait s’il arrivera », dit-il doucement.

La tragédie frappe parfois les villages entiers. Des naufrages ont coûté la vie à des dizaines de pêcheurs sénégalais (ou d’autres nationalités) ces dernières années.

« Si la mer nous faisait vivre, on ne partirait pas »

Malgré tout, beaucoup de pêcheurs disent qu’ils préféreraient rester.

« Personne ne veut mourir en mer », insiste le jeune pêcheur en regardant l’océan. « Mais si la mer ne nous fait plus vivre, que peut-on faire ? »

Pour lui comme pour beaucoup d’autres, la solution serait simple : protéger davantage les ressources marines et la pêche artisanale.

« Si on nous laisse du poisson, on restera ici », affirme-t-il. « Mais si les grands bateaux prennent tout… alors les jeunes continueront de partir. »

Sur la plage, les vagues frappent doucement les pirogues. Un groupe de pêcheurs pousse un bateau vers l’eau.

La mer, malgré tout, reste leur seul horizon.

Sur place, YV

Breizh-info.com

. La France, otage des flammes de Perse

Articles : Mar. 2026Fev 2026Jan 2026Dec. 2025
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#webtube : La guerre en Iran tourne définitivement la page de la « mondialisation heureuse ». Les bombes tombent sur Téhéran, mais c’est le portefeuille des Français qui saigne, déplore Jean Messiha.

Dans le tumulte des missiles qui lacèrent Téhéran et font trembler le détroit d’Ormuz, la France ne reçoit pas de bombes. Elle reçoit la facture. Silencieuse, implacable, elle s’abat sur les pompes à essence, les factures d’électricité, les bilans des entreprises et le moral d’un peuple déjà exsangue. Cette guerre d’Iran – onze jours de feu et de chaos, déclenchée par les frappes américano-israéliennes du 28 février – n’est pas la nôtre. Elle est pourtant devenue notre garrot. Une guerre lointaine qui, par le col de la mondialisation, étrangle l’Hexagone avec la précision d’un bourreau invisible.

Économiquement, le verdict est déjà tombé, glacial. Le gouverneur de la Banque de France l’a lâché sans fard : « un peu plus d’inflation, un peu moins de croissance ». Traduction littéraire : le baril qui flirte avec les sommets, l’essence qui flirte avec les trois euros, l’industrie automobile – Renault, Stellantis – qui tousse, les transporteurs qui hurlent, les ménages qui serrent les dents. 20% du pétrole mondial transitent par Ormuz. L’Iran le sait, le mine, le menace. Résultat : le CAC 40 qui plonge, les prévisions de croissance 2026 – déjà timides à 1% – qui s’évaporent comme un mirage saharien. Et pendant que Paris convoque en urgence un G7 virtuel ce 11 mars pour « atténuer les conséquences énergétiques », les stratèges de Bercy ressortent les vieilles ficelles : puiser dans les réserves stratégiques, distribuer des chèques carburant. Sparadraps sur une artère sectionnée.

Car la France, cette championne du nucléaire qui se rêvait souveraine, paie au prix fort sa dépendance résiduelle au brut du Golfe. Les raffineries tournent, les camions roulent, les avions décollent encore. Chaque centime de hausse du baril devient un impôt déguisé sur la consommation, une taxe occulte sur la compétitivité. L’inflation, déjà rampante, va mordre plus fort les salaires réels. Les PME, déjà asphyxiées par l’énergie, vont licencier ou fermer. Et les plus modestes, ceux qui n’ont ni télétravail ni SUV électrique, vont choisir entre le plein et les courses. Pendant ce temps, les élites parisiennes, confortablement isolées dans leurs bureaux élyséens, parlent de « coordination européenne » comme d’une incantation magique. La réalité est plus triviale : la France paie pour une guerre qu’elle n’a ni déclenchée ni contrôlée, même si elle sert ses intérêts dans la guerre qu’elle est censée mener contre l’hydre islamique.

Socialement, la braise couve sous la cendre. Car derrière ces chiffres froids se cache la rage muette d’un peuple qu’on a déjà vu exploser pour moins que ça. Souvenez-vous : les gilets jaunes naquirent en 2018 d’une simple révolte contre la hausse du prix du carburant, cette étincelle qui mit le feu aux ronds-points et fit trembler la Ve République. Aujourd’hui, avec l’essence qui s’envole vers les trois euros sous l’effet direct des missiles iraniens, la même colère remonte des périphéries, des campagnes, des banlieues oubliées. Le risque d’un soulèvement populaire n’est plus une hypothèse de cabinet : il est palpable, viscéral. Les classes moyennes écrasées, les précaires qui comptent chaque litre, les jeunes sans horizon – tous sentent l’impôt de guerre indirect leur serrer la gorge. Un nouveau mouvement, plus radical, plus désespéré, pourrait surgir des mêmes ronds-points, cette fois armé non de gilets fluo mais de la certitude que l’État sacrifie son peuple sur l’autel d’une géopolitique dont il n’est même pas maître. Et si les rues s’embrasent, ce ne sera pas pour une taxe écologique : ce sera pour rappeler à l’Élysée que la vraie guerre, parfois, se joue à deux pas du Palais, et non à cinq mille kilomètres.

A lire aussi: Quand les missiles parlent et que les mythes mentent

Politiquement, le tableau est plus cruel encore. Emmanuel Macron, président du G7 par rotation, joue les pompiers-diplomates : réunion d’urgence, appels à la « désescalade », déploiement « strictement défensif » de frégates et de Rafale pour protéger nos intérêts et ceux de Chypre, cible iranienne. Belle posture. Mais la vérité est amère : Paris n’a pas été informé des frappes initiales. La France, puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité, réduite à suivre le sillage de Washington et de Tel-Aviv comme un canot de sauvetage accroché à un porte-avions. Résultat ? L’Iran menace l’Europe entière. Cyberattaques, drones, cellules dormantes : le risque terroriste remonte comme une marée noire. Les services de renseignement renforcent déjà Vigipirate. Les banlieues frémissent, les oppositions se frottent les mains. Le Rassemblement national et La France insoumise, pourtant aux antipodes, convergent dans la critique : « À quoi sert notre diplomatie si elle nous expose sans nous protéger ? » Et dans la tourmente économique et sociale qui s’abat sur le pays, la crise pourrait bien accélérer la chute définitive du paradigme idéologique antinational qui dirige la France depuis 1981 – ce funeste tournant où François Mitterrand, élu sur la promesse d’une rupture avec le capitalisme, trahit son peuple en embrassant l’Europe libérale, la finance internationale et le « ni-ni » qui enterre la souveraineté. De Maastricht en 1992, qui mutile notre monnaie et notre indépendance, à Schengen qui dissout nos frontières, de la « mondialisation heureuse » qui vide nos usines et nos campagnes à l’immigration de masse qui fracture notre identité millénaire, ce paradigme n’a cessé de creuser le même sillon : dissolution de la nation au profit d’un supranationalisme bruxellois impuissant, d’un atlantisme servile et d’un multiculturalisme suicidaire. De Chirac à Sarkozy, de Hollande à Macron – ultime avatar blafard de cette dynastie d’eunuques politiques qui ont fait de la France une province consentante –, tous ont perpétué le reniement systématique de ce qui fit sa grandeur. Cette implosion ouvrirait alors grand la voie à l’avènement du paradigme souverainiste et identitaire, seul capable de répondre à la fureur populaire par la restauration d’une nation redevenue maîtresse de son destin, de ses frontières et de son identité.

L’opinion publique, sondée à chaud, est sans illusion : 77% des Français jugent cette guerre mauvaise pour l’économie nationale. Ils ont raison. Car au-delà des chiffres, c’est la souveraineté qui saigne. La France, qui se voulait « puissance d’équilibre », se retrouve otage d’un conflit où elle n’a ni voix ni veto. Alliée fidèle de l’Amérique, elle en subit les contrecoups sans en récolter les fruits. Partenaire des monarchies du Golfe, elle voit ses intérêts menacés par les ripostes iraniennes. Européenne de cœur, elle découvre que l’Union, divisée, réagit en ordre dispersé. Et pendant ce temps, les mollahs agonisants crient leur haine jusqu’aux portes de l’Europe.

Cette guerre révèle l’essentiel : la France n’a plus les moyens de sa prétention. Sans souveraineté énergétique réelle, sans stratégie autonome au Moyen-Orient, elle reste une grande nation sur le papier, une moyenne puissance dans les faits. Les bombes tombent sur Téhéran ; c’est le portefeuille des Français qui saigne. Et quand le dernier missile se taira, quand Ormuz se rouvrira peut-être, il restera cette cicatrice invisible : la preuve que, en 2026, la grandeur française se mesure encore à l’aune des convulsions d’un régime théocratique à 5 000 kilomètres de Paris.

La leçon est cinglante. Car la France paie aujourd’hui au prix fort ses choix énergétiques calamiteux qui ont sciemment fragilisé la filière nucléaire dont elle était la championne incontestée : des milliards d’euros déversés sans compter dans des énergies renouvelables – l’éolien en tête –, pure escroquerie énergétique, mirage intermittent et subventionné jusqu’à l’os. Ces milliards, on aurait mieux fait de les consacrer à la modernisation et à l’extension du nucléaire, qui serait aujourd’hui le bouclier blindé face à l’explosion des prix des hydrocarbures. Même Ursula von der Leyen a fini par reconnaître que les errements sur le nucléaire avaient constitué une erreur stratégique majeure. La prochaine fois, peut-être, Paris comprendra que la vraie diplomatie ne consiste pas à convoquer des G7 en urgence, mais à ne plus dépendre du pétrole des autres pour allumer ses propres lumières. En attendant, le compteur tourne. Et la France paie. Cher. Très cher.

Jean Messiha, Causeur

. Pourquoi les Occidentaux sont psychologiquement désarmés pour défendre leur civilisation

Articles : Mar. 2026Fev 2026Jan 2026Dec. 2025
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#webtube : En imaginant que ses principes et ses valeurs sont universels, l’Occident s’empêche de comprendre sa propre singularité. Son identité culturelle lui échappe, de même que l’urgence de la protéger

Quand on pense que l’histoire a un sens et que celui-ci consiste en l’extension mondiale de la démocratie libérale, des droits de l’homme et de la reconnaissance de l’égalité foncière des individus, on ne comprend pas pourquoi le monde entier ne s’est pas dressé, aux côtés de l’Ukraine et de l’Occident, contre l’agressive et autoritaire Russie. On ne comprend pas non plus pourquoi l’Afrique se détourne de la France au profit de la Chine, de la Russie et de la Turquie. Ni pourquoi le riche Japon demeure si « patriarcal ». Ni pourquoi une partie de l’électorat euro-américain est séduit par des programmes politiques moins versés dans le cosmopolitisme que dans l’identité nationale.

Tout cela laisse perplexe, non seulement nos « élites mondialisées », mais aussi nombre de braves gens, qui ne s’expliquent pas comment on peut préférer le « cloisonnement identitaire » à « l’ouverture », la tradition à l’émancipation, l’autorité à la liberté et la hiérarchie à l’égalité.

Les Occidentaux confondent la règle et l’exception

Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est d’abord la nature même de leur incompréhension : ils se trompent sur ce qui est à élucider – sur la place du point d’interrogation, en quelque sorte. Ils pensent que le phénomène à expliquer est « la crispation identitaire », alors que c’est au contraire l’optimisme universaliste et la philanthropie humaniste qui réclament explication. En effet, dans le fonctionnement d’un système quelconque, c’est toujours l’exception qui requiert éclaircissement. Or la mentalité qui soutient le cosmopolitisme, l’égalité universelle et la liberté individuelle est, dans l’histoire et la géographie humaine, l’exception.

Ailleurs qu’en Occident, même dans les pays urbanisés, industrialisés et tertiarisés ayant fait leur transition démographique, les affirmations suivantes sont banales : chaque pays a son identité et ses intérêts (qu’il revient aux dirigeants de défendre), avec son territoire (donc des frontières à protéger) et une société dont les rôles sont fondés dans des traditions. On ne s’imagine pas que les inégalités résultent de discriminations arbitraires, que l’Etat doive se mettre au service de l’individu-roi, que l’Ecole serve à « réduire les inégalités » ou encore que l’on puisse changer de sexe. Ce que doit expliquer un anthropologue avisé, c’est la promotion, dans les sociétés occidentales, de l’individualisme, de l’égalitarisme et du cosmopolitisme.

L’attention occidentale portée à l’individu et à l’égalité n’est pas nouvelle

Ce ne sont pas là les principes idéologiques d’une petite élite par opposition à la sagesse populaire (même s’il y a du vrai dans cette distinction), ni d’un phénomène récent par opposition à « l’avant Mai 68 » (même si ce découpage n’est pas sans valeur). Nous avons affaire à une véritable mentalité collective d’une profondeur millénaire ancrée, à des degrés divers, dans toutes les couches de la société.

Si l’on veut bien inclure l’Antiquité grecque dans la catégorie « Occident », on notera que l’individualisme et le cosmopolitisme sont très en vogue à l’époque hellénistique. La Rome antique s’est également rêvée en empire universel omni-inclusif. De fait, l’Empire a été un immense processus d’absorption de cultures étrangères, jusqu’à l’adoption de la religion chrétienne. Cette dernière est explicitement universaliste et égalitariste – raison pour laquelle elle devait s’adapter merveilleusement à la mentalité occidentale.

Depuis les philosophes jusnaturalistes du XVIIe siècle jusqu’aux mouvements « progressistes » contemporains, il serait facile de montrer que chaque période de l’histoire occidentale illustre notre thèse : l’attention portée à la liberté individuelle et à l’égalité y est tout à fait singulière. S’il est vrai que l’on trouve sous toutes les latitudes et à toutes les époques des intellectuels promouvant de telles valeurs, il faut admettre que c’est dans des proportions très inférieures.

Les bizarreries occidentales s’expliqueraient par des règles matrimoniales singulières

Comment l’expliquer ? Plusieurs hypothèses sont avancées, selon que l’on se place dans une optique d’anthropologie culturelle, d’histoire économique, de géo-démographie ou que l’on insiste sur l’influence des institutions. L’une des explications qui progresse actuellement sur le marché des idées consiste à montrer que les valeurs occidentales relèvent d’une histoire des mentalités, qui elle-même aurait rapport avec le modèle de mariage ouest-européen (Western European Marriage Pattern / WEMP)[1].

Ce WEMP est tout à fait singulier par rapport aux autres pratiques maritales : nuptialité tardive, écart d’âge restreint entre époux, faible fécondité, fort taux de célibat, néolocalité (le couple emménage dans une nouvelle demeure), monogamie marquée et interdiction des unions conjugales étendue aux cousins. Nous aurions là le cocktail explicatif de la mentalité occidentale dans sa bizarrerie (weird)[2]. Que les Occidentaux soient WEIRD (Western, Educated, Industrialized, Rich, Democratic) tiendrait notamment au WEMP.

Concentrons-nous sur un aspect de cette mentalité : l’obligation de trouver son conjoint hors de sa parentèle. Cette hyper-exogamie implique de nouer des liens forts avec des extra-communautaires, à recombiner à chaque génération les réseaux d’alliances et de coopérations. Ces pratiques s’accompagnent d’une certaine ouverture à l’étranger (disposition inclusive, si l’on veut employer un mot à la mode).

L’universalisme ethnocentrique

La capacité de tisser des liens de confiance avec des étrangers est évidemment un atout quand il s’agit de fonder de grandes sociétés, de commercer à large échelle et d’instituer des Etats non corrompus. Les avantages de cette mentalité « inclusive » sont multiples sur les plans économique, politique et institutionnel, de sorte que la disposition psychologique WEIRD peut être considérée comme l’une des causes du succès historique de l’Occident.

Mais ce fruit contient un ver : l’illusion qui consiste à s’imaginer que, parce que l’extension des liens sociaux est potentiellement sans limite du point de vue occidental, les processus de coopération ne rencontreront pas d’obstacle – comme si les autres cultures véhiculaient la même mentalité.

C’est une forme originale d’ethnocentrisme. Originale, parce qu’elle s’accompagne d’une vision universaliste prétendument décentrée. En réalité, l’universalisme (sur le plan des valeurs) est un idéal, un espoir, une croyance, une foi et un a priori culturels particuliers (je ne parle pas ici de l’universalisme dans le domaine scientifique, où, à l’inverse, la vision hyper-relativiste est tout à fait néfaste).

Impérialisme colonial et contrition décoloniale sont deux aspects d’une même mentalité

Dans l’histoire des relations de l’Occident au reste du monde, la mentalité occidentale se manifeste de deux façons, qui ne sont contradictoires qu’en apparence : impérialisme et évolutionnisme, d’une part (il faut civiliser les barbares) ; décolonialisme et aide au développement d’autre part (il faut aider les pauvres et promouvoir partout l’égalité). Dans le premier cas, l’universalisme consiste à penser que l’humanité entière est embarquée dans une Histoire unique, dont l’Occident serait le phare. Dans le second cas, il faut répandre pacifiquement les droits de l’homme et appliquer le principe d’égalité à des sphères toujours plus grandes. C’est la même illusion, qui prend tantôt un aspect « viril », tantôt une silhouette irénique.

Dans les deux cas, les conséquences sont peu réjouissantes : soumission violente des autres peuples par la colonisation ou soumission des peuples occidentaux à l’idéologie décoloniale et au communautarisme qui l’accompagne – communautarisme qui, comme on l’a noté, contrarie la mentalité occidentale issue du WEMP. Les Occidentaux sont-ils condamnés à être colonialistes (universaliser le reste du monde par la force) ou décolonialistes (mondialiser l’Occident par l’immigration de masse) ?

Le réel est à nos trousses…

La révélation de cette forme curieuse d’ethnocentrisme se fera tôt ou tard, car les Occidentaux sont de plus en plus confrontés à la réalité : les autres ne pensent pas comme eux et ne veulent pas adopter telles quelles leurs conceptions de la démocratie, du droit, de l’individu, de l’égalité et encore moins des « genres » ou des « transgenres ». Cette résistance concerne les relations internationales aussi bien qu’intra-nationales, puisque les sociétés occidentales multiculturelles sont devenues des petits terrains géopolitiques.

S’il ne se réveille pas rapidement de son sommeil universaliste, l’Occident verra ses valeurs mises en minorité sur son propre sol, au profit de mentalités très éloignées des idéaux de solidarité transculturelle, d’égalité, d’individualisme juridique ou encore de sécularisation.

L’incurie des politiques s’adosse à une (ir)responsabilité générale

Ces réflexions sont désormais banales : on ne compte plus les hommes politiques, les intellectuels et les savants qui, depuis des décennies, mettent en garde contre les risques afférents à une immigration de masse (donc difficilement assimilable) et à l’idéologie multiculturaliste (qui fragilise le « capital social »). Mais ce qu’il convient d’expliquer, c’est justement pourquoi les peuples occidentaux n’entendent pas ces avertissements, ou pourquoi ils ne les entendent qu’à moitié, ou pourquoi ils s’empêchent de convertir leur prise de conscience partielle en action politique efficace.

En 2025, en France, 384 230 premiers titres de séjour ont été délivrés, le trafic de drogue a représenté une économie d’environ 6,8 milliards d’euros[3] et le déficit public a atteint 5,4% du PIB (déficit lié en grande partie aux dépenses sociales). Ce ne sont pas là des fatalités assommantes, mais le résultat d’une politique qui refuse de passer pour excluante (vis-à-vis des migrants), répressive (vis-à-vis des délinquants) et inégalitaire (vis-à-vis des bénéficiaires de l’assistance publique).

Des islamistes en promenade à Deauville, 10 mai 2025 © SICCOLI PATRICK/SIPA

La France, comme le reste de l’Occident, mène une politique conforme à ses prédispositions mentales. Ce qui est fatal n’est pas l’immigration, la délinquance ou le « trou de la Sécu », mais la résistance psycho-affective à adopter des mesures politiques qui heurteraient des sensibilités « inclusives ».

Notre raison et nos intérêts sont gouvernés par notre sensibilité

Les Occidentaux, qui se veulent les champions du rationalisme cartésien, sont surtout des âmes sensibles tétanisées à l’idée de paraître xénophobes, racistes, sexistes, capitalistes et égoïstes – sensibilité qui, chez certains, va jusqu’à la honte d’être riche (encore une curiosité anthropologique). Le blocage n’est pas seulement institutionnel ou élitaire (même s’il est vrai que les élites sont weird à haut niveau et sont une grosse partie du problème) : les peuples eux-mêmes sont responsables de leur situation. Ils sont complices des politiques gouvernementales dans la mesure où l’accusation de « racisme » et de « xénophobie » fonctionne à merveille sur eux et où ils se laissent berner par les beaux-parleurs et les moralisateurs publics.

Du bon usage des valeurs

Si les Occidentaux ne font rien de très efficace pour préserver leur civilisation, c’est donc parce qu’ils ne savent pas (pas assez) qu’ils ont une civilisation à défendre et que l’humanité est plurielle. Se croyant universels, ils ne parviennent pas à identifier leur identité – donc à la protéger. Cette ignorance est l’une des causes fondamentales de l’incurie des élites et de l’incapacité des peuples à se doter d’élites clairvoyantes.

Les valeurs d’égalité et d’inclusion sont des petits êtres fragiles qu’il faut savoir manipuler avec précaution et parcimonie. La philanthropie universaliste elle-même devrait être considérée comme un trésor local, qui ne peut produire ses nobles effets que sous certaines conditions socioéconomiques et démographiques particulières.

Dans Le domaine des dieux, Astérix apporte de la potion magique aux esclaves détenus par les Romains pour qu’ils se libèrent[4]. Mais ceux-là se servent de la potion pour raser la forêt qui fait la santé économique et le bonheur du petit village gaulois. La bienveillance d’Astérix s’est retournée contre lui et ses compatriotes, parce qu’il n’avait pas imaginé que sa générosité fût avant tout naïveté. Comparaison n’est pas raison, mais cela ne fait pas de mal de relire une bonne vieille BD, n’est-ce pas ?

[1] J. Hajnal ayant mis en évidence ce modèle dès 1965 (dans « European Marriage Pattern in Perspective”), on appelle aussi “Hajnal Line” la ligne de démarcation qui traverse l’Europe selon ce critère matrimonial. Voir également E. Todd, L’Origine des systèmes familiaux : Tome 1 : L’Eurasie, Paris, Gallimard,  2011.

[2] Pour J. Henrich, l’origine de la mentalité weird est avant tout institutionnelle (les règles matrimoniales édictées par l’Eglise chrétienne depuis le Moyen Âge – voir The Weirdest People in the World, Londres, Penguin Books, 2020). Pour d’autres, le WEMP est bien antérieur et remonte à la Préhistoire (par exemple P. Frost, « Did Christianity make Europeans WEIRD?”, aporiamagazine.com, 2025). Ces dispositions ne seraient pas seulement culturelles, mais aussi psycho-génétiques, puisque des processus de co-évolution gène-culture sont toujours à l’œuvre (V. Citot,  « Gènes et culture : comment l’humain accélère sa propre évolution », Le Point.fr, 2025). Si la mentalité WEIRD a des racines si profondes, on comprend qu’il soit difficile de la rendre lucide sur son propre compte.

[3] Estimation pour l’année 2023 (https://www.drogues.gouv.fr/estimation-de-levolution-des-marches-des-drogues-illicites-en-france-en-volume-et-en-valeur?).

[4] R. Goscinny et A. Uderzo (1971), Le domaine des dieux, Paris, Hachette, 2013, p. 19-23.

Vincent Citot, Causeur

. La chanson du jour, Chris Rea – Looking For The Summer

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#webtube : Il y a des chansons qui ne sont pas de simples mélodies, mais de véritables atmosphères. Ce classique de Chris Rea capture parfaitement ce moment charnière où l’on quitte l’insouciance pour chercher quelque chose de plus profond. Un riff de guitare solaire, une voix de velours, et cette quête éternelle de lumière.

#webtube : There are songs that aren’t just melodies, but true atmospheres. This Chris Rea classic perfectly captures that pivotal moment when we leave behind carefree days to search for something deeper. A sun-drenched guitar riff, a velvety voice, and that eternal quest for light.

Source : Youtube – Chris Réa

. [BIENVENUE CHEZ LES WOKE] C’est quoi être de gauche ?

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#webtube : Vous les avez peut-être déjà repérés sur les réseaux sociaux. Hilarants, les sketchs du cinéaste, réalisateur et scénariste Laurent Firode, dont Marc Baudriller faisait le portrait ici même, malmènent les wokistes et autres progressistes hors-sol.

Source : Youtube – BV

En accord avec Laurent Firode, chaque semaine, BV vous proposera désormais en exclusivité, pendant 36 heures, un épisode totalement inédit de Bienvenue chez les woke, réalisé par sa société de production Les Films à l’arrache, dont la chaîne YouTube est accessible ici.

. Les violences dans le périscolaire au cœur de la campagne parisienne

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#webtube : Animateurs suspendus, plaintes en hausse : le périscolaire face à la crise de protection des enfants. Le 5 octobre 2021, après deux ans et demi de travaux, la CIASE – Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église – remettait son rapport au président de la Conférence des évêques de France. Secouée depuis des années par le scandale des abus sexuels dans l’Église catholique, l’institution assumait pleinement et ouvertement ses responsabilités. On se pose alors la question : pourquoi n’en est-il toujours rien dans l’administration française ? Pourquoi n’y a-t-il pas de « commission d’enquête sur les violences et abus sexuels dans l’école de France » où l’on se contente souvent de déplacer les fautifs ?

Allez donc voir ailleurs, vous y serez mieux

Le projecteur est mis aujourd’hui sur le périscolaire. Dernier scandale en date dans une longue série : la suspension d’un animateur d’une école du 15e arrondissement visé par trois plaintes pour viol sur mineurs. Un parmi tant d’autres, serait-on tenté de dire tant le scandale qui remue la capitale prend de l’ampleur. Cette fois, en effet, il y a circonstance aggravante pour la Ville de Paris puisque ce même individu travaillait jusqu’en décembre dernier à l’école maternelle Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement. École dont neuf animateurs du périscolaire ont été suspendus en deux semaines.

Alors que l’affaire couvait depuis des mois, le magazine Cash Investigation, diffusé le 29 janvier sur France 2, a mis le feu aux poudres. Selon les méthodes dont l’émission d’Élise Lucet est coutumière, une journaliste s’est fait recruter en tant qu’animatrice dans l’école en question. Elle y a filmé des images qui ont déchaîné la colère des parents : violences à l’heure de la cantine où l’on crie sur les enfants, menaces de privation de nourriture, et baisers sur la bouche de la part d’une animatrice qui confie son amour fou pour le gamin qu’elle embrasse. Bref, l’affolement a saisi tout le secteur scolaire sachant que cette école accueille également, les mercredis et lors des vacances scolaires, les enfants des écoles proches : l’école Rapp et l’école La Rochefoucauld.

Certains parents, dont on devine l’inquiétude, ont écrit aux autorités de tutelle. « On réclamait d’avoir accès à la manière dont ces agents sont recrutés, tout simplement de savoir avec qui étaient nos enfants, mais nous n’avons pas eu de retour », dit leur avocat au Parisien. Pas étonnant en ce qui concerne le rectorat sachant que le périscolaire relève des services de la mairie et non de l’Éducation nationale.

Sans réponse, donc, 73 parents ont déposé une plainte collective contre X pour « violences volontaires sur mineurs », « mise en danger délibérée d’autrui », « délaissement d’une personne incapable de se protéger », « abstention d’empêcher un crime ou un délit », ou encore « non-dénonciation de mauvais traitements sur mineur ». C’est dans ce cadre que l’animateur évoqué plus haut a été « déplacé » de l’école Saint-Dominique vers l’école maternelle Volontaires, dans le 15e.

À ce sujet — Agressions sexuelles d’enfants dans les écoles parisiennes : « C’est l’omerta ! »

Des métiers sous-payés que personne ne veut faire

Depuis 2021, le collectif SOS Périscolaire se charge de recueillir les doléances des parents. Elles sont nombreuses et reflètent, là aussi, l’extrême fragilité de notre société. À raison, mais aussi parfois à tort, les plaintes se succèdent et l’institution ouvre grand le parapluie. Depuis 2023, la mairie de Paris a suspendu 52 animateurs du périscolaire et des centres de loisir pour des faits d’agression sexuelle. S’y ajoutent les dénonciations pour « maltraitance », une notion parfois très floue, là encore, puisqu’on y inclut ce qu’en d’autres temps on aurait simplement qualifié d’autorité ou de sévérité.

Peu de plaintes sont en réalité suivies de condamnations, or tout signalement de fait à caractère sexuel visant un animateur est automatiquement transmis au procureur de la République, conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale. La personne visée est automatiquement suspendue le temps de l’enquête administrative et pénale, si toutefois elle se justifie. En 2025, sur 30 suspensions, deux affaires seulement ont abouti devant le tribunal.

La Ville de Paris dit appliquer le principe de précaution, interdisant à quiconque fait l’objet d’un signalement, justifié ou non, de travailler avec les enfants. « Il aura la possibilité s’il s’agit d’un fonctionnaire ou d’un contractuel d’être  » recasé » à un autre poste », nous dit-on. C’est oublier que la plupart sont vacataires, c’est-à-dire sans contrat de durée, donc sans rémunération en cas de maladie par exemple, sans congés payés et sans chômage.

Lorsque le collectif SOS Périscolaire écrit, à juste titre : « Les menaces, cris, intimidations et violences physiques sont monnaie courante, il faut que l’animation redevienne un métier avec du personnel formé et protecteur », il devrait ajouter : alors il faut le payer décemment !

La pénurie de personnel d’animation est un problème dans chaque commune et tant qu’on n’appliquera pas à ces métiers le droit du travail commun, la situation perdurera. Les journées d’un animateur sont morcelées entre l’accueil du matin (7h30-8h30), du midi (11h30-13h30) et du soir (16h30-18h). Il faut gérer les enfants de la maternelle jusqu’à la fin du primaire avec des problèmes qui sont souvent identiques à ceux que rencontrent nos enseignants, pression des familles et quelquefois menaces comprises. Cela pour un taux horaire qui est au niveau le plus bas du SMIC et d’énormes responsabilités – pénales ! – pour le personnel d’encadrement. Faute de réformes sérieuses, le périscolaire illustre crûment l’incapacité du système éducatif à protéger ceux dont il a la charge.


Marie Delarue
, dans BV

. Pour Ursula von der Leyen, la politique antinucléaire de l’UE a été « une erreur stratégique »

Articles : Mar. 2026Fev 2026Jan 2026Dec. 2025
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#webtube : C’est historique : la présidente de la Commission européenne a acté le ralliement de l’UE au nucléaire civil. « La réduction de la part du nucléaire était un choix et, à la réflexion, l’Europe a fait une erreur stratégique en tournant le dos à une source d’énergie fiable, économique et peu émettrice ». Cette déclaration d’amour de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 10 mars dernier à Paris, lors du sommet européen du nucléaire civil, a fait l’effet d’une bombe.

Peu avant elle, en ouverture du sommet, Emmanuel Macron avait déjà vanté les vertus du nucléaire civil, facteur selon lui d’une « indépendance » bienvenue alors que le conflit iranien se déroule dans un contexte géopolitique où les tensions sur le pétrole et le gaz peuvent en faire des éléments « de déstabilisation ». Considérant que le nucléaire « est la clé pour réconcilier à la fois l’indépendance et donc la souveraineté énergétique, la décarbonation et donc la neutralité carbone à horizon 2050, et la compétitivité et donc la création d’emplois de nos économies », le président français a incité les acteurs à y investir. Et il ne s’est guère trouvé que deux militants de Greenpeace pour tenter de contredire cette ligne avec une banderole affirmant que l’énergie nucléaire alimente la guerre de la Russie (« Nuclear power fuels Russia’s war »).

À ce sujet — Le Charles-de-Gaulle engagé : si on oubliait Macron pour penser à nos marins !

Emmanuel Macron confirme son revirement de 2022

Pour qui se souvient du positionnement du candidat Macron en 2017, alors favorable, dans la lignée de François Hollande, au démantèlement d’une partie du parc (pour le ramener à 50 % de notre mix énergétique), du chemin a été parcouru. Mais il l’avait déjà largement été fin 2021 avec l’annonce d’orientations à nouveau favorables au nucléaire, lesquelles ont été confirmées début 2022, avec son discours de Belfort.

Comme le fait remarquer le spécialiste en énergies Philippe Charlez, consulté par BV, « comme d’habitude, il n’a pas reconnu qu’il faisait un virage à 180 degrés par rapport à ce qu’il avait dit avant, puisque quand il a été élu en 2017, il voulait ramener le nucléaire à 50 % et fermer 14 réacteurs. Il est passé de la fermeture de 14 réacteurs à leur non-fermeture et à la construction de 14 nouveaux réacteurs, tout en disant qu’il n’avait pas changé d’avis ». Cinq années d’errements donc ? « Emmanuel Macron aurait pu être un peu plus visionnaire en faisant ça dès 2017, mais d’un autre côté, il a été le premier grand chef d’État européen à se repositionner officiellement comme pronucléaire ». Depuis 2022, Emmanuel Macron ne s’est pas montré très offensif dans sa défense du nucléaire civil, à l’évidence soucieux de ménager une partie de la macronie gouvernementale ainsi que des soutiens à gauche, tous soucieux de promouvoir la montée en puissance des énergies intermittentes au sein du mix énergétique de la France. Mais Belfort aura été un marqueur suffisant pour infléchir la tendance.

Et, ajoute Philippe Charlez, « il faut reconnaître qu’une fois qu’il a insufflé cela, Agnès Pannier-Runacher a alors créé un groupe de pays européens pronucléaires pour s’opposer aux « anti », qui étaient essentiellement l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg et l’Italie, premier pays à être sorti du nucléaire en Europe dans les années 90. Or aujourd’hui, plusieurs de ces pays se sont ralliés à la position de la France ».

En 2022, alors que se déclenchait l’offensive militaire russe en Ukraine, plusieurs pays, dont l’Allemagne et la Pologne, avaient fait le choix du gaz russe, ainsi que du charbon, pour produire de l’électricité. Ce sont ces choix qui ont été remis en cause depuis.

Les antinucléaires isolés dans l’UE

Aujourd’hui, note Philippe Charlez, seuls « l’Autriche et le Luxembourg restent campés sur leur choix non nucléaire ». Il faudrait pour être complet, ajouter le Portugal qui, du fait de sa situation géographique, continue de miser sur l’éolien. Le reste de l’UE est désormais venu (ou revenu) à une stratégie pronucléaire.

Et ces ralliements ne sont sans doute pas étrangers à la volte-face d’Ursula von der Leyen, qui acte sans le dire l’isolement presque total désormais des antinucléaires au sein de l’Union européenne.

À Bruxelles comme à Paris, le positionnement pronucléaire s’accompagne d’une réaffirmation d’un mix donnant aussi une belle place aux énergies intermittentes, et notamment à l’éolien. En France, rappelle Philippe Charlez, la loi de programmation PPE3 (défendue par Sébastien Lecornu au mépris du Parlement), « donne une très belle place au nucléaire, mais aussi au renouvelable, ce qui est inutile, puisque nous surproduisons par rapport à nos besoins de consommation ».

Ce 10 mars 2026, au-delà de toutes les nuances et prudences qui s’imposent, Emmanuel Macron a (enfin ?) confirmé le nucléaire comme locomotive de la stratégie énergétique de la France sur le long terme. Quant à Ursula von der Leyen, la portée de son discours ne manquera pas d’avoir un impact bien plus important encore pour l’avenir. D’une part parce qu’il constitue une indéniable volte-face en faveur du nucléaire, mais accessoirement aussi parce que les choix européens continuent de peser, quoiqu’on en dise et pense, sur la réalité politique française.


Etienne Lombard
, dans BV

. Démocratie participative et pas de référendum sur l’immigration ?

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#webtube : Décodage du gadget qu’on vous sort à toutes les élections : le coup de la démocratie participative, une imposture de gauche reprise par plein d’élus de droite. Une usine à gaz qui est tout le contraire de la vraie démocratie.

Source : Youtube – Riposte Laïque