#webtube : Dans cette analyse sans concession, l’Institut des Libertés décrypte les enjeux vitaux de l’escalade actuelle entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Bien au-delà de la stratégie militaire et de l’usage révolutionnaire des drones, nous explorons comment ce conflit menace de bouleverser l’équilibre énergétique mondial, notamment via la sécurité du détroit d’Ormuz. Fidèles à notre approche, nous lions cette géopolitique de crise à votre réalité économique : quel sera l’impact sur le prix du baril, sur l’approvisionnement en gaz de l’Europe et, surtout, comment pouvez-vous protéger votre épargne et votre pouvoir d’achat face à ce « crépuscule des dieux » diplomatique ? Une réflexion essentielle pour anticiper les secousses d’un monde en pleine mutation.
00:00 : Introduction et contexte des bombardements au Moyen-Orient. 00:01:16 : Succès militaires et assassinat du chef d’État iranien. 00:02:42 : Le rôle de l’Iran et l’objectif de Trump : la fin de la théocratie. 00:04:47 : Escalade vers les extrêmes : une « Bataille des Ardennes » moderne. 00:06:22 : Impasse diplomatique et Conseil de guerre à Téhéran. 00:07:34 : Capacités militaires : drones, missiles et pénurie de munitions. 00:09:50 : La fin de l’hypothèque terroriste au Moyen-Orient. 00:11:18 : Fragilité du régime iranien et risque de fractionnement du pays. 00:13:06 : Détroit d’Ormuz : mines et menace sur les réserves mondiales de pétrole. 00:14:07 : Le gaz, véritable point faible de l’Europe et de Taïwan. 00:17:35 : Épargne : Comment se protéger face au choc énergétique ? 00:18:27 : Performance des portefeuilles : l’importance des actifs énergétiques. 00:21:00 : Russie et États-Unis : les grands gagnants économiques du conflit ? 00:22:31 : Résilience de la Chine face à la fermeture du détroit d’Ormuz. 00:24:11 : Guerre des drones : Starlink et la nouvelle doctrine de la « masse abordable ». 00:29:17 : Politique américaine : Midterms 2026 et impopularité des démocrates. 00:32:47 : Effondrement de la démocratie représentative et mépris des élites. 00:34:43 : Le pari de Trump : pacifier le Moyen-Orient pour ramener les troupes. 00:38:52 : Aristote vs Platon : l’imprévisibilité de Trump face aux experts. 00:40:41 : Stratégie financière : ne pas perdre d’argent dans un marché désastreux. 00:42:00 : Conclusion et perspectives pour l’Université de l’Épargne.
#webtube : Nous nous sommes rendus au Sénégal en ce début d’année, afin d’enquêter sur les routes migratoires, sur les raisons de cet exode massif vers l’Europe, mais aussi sur la situation en Afrique de l’Ouest. Ces reportages – comme celui déjà paru sur l’immigration et dont la suite paraitra prochainement – vous permettront de découvrir un monde non pas caché, mais nettement moins exposé dans les médias occidentaux.
En arrivant à Saly, au Sénégal, on comprend vite que quelque chose cloche.
La mer est là, indifférente, avec ses reflets d’étain à l’heure où le soleil tombe. Les hôtels alignent leurs piscines, les restaurants leurs terrasses. La station balnéaire à une petite heure au sud de Dakar, et moins loin encore de l’aéroport d’où viennent en masse les Occidentaux, vend du repos, du sable, des sourires.
Mais à mesure que l’on marche, une autre économie apparaît, plus sourde, plus lourde. Elle ne s’affiche pas comme un “quartier rouge” et pourtant elle travaille les rues, les plages, les parkings, les couloirs d’hôtels, le jour, mais la nuit surtout. Une économie de la “rencontre” où l’argent ne dit pas son nom tout de suite, et où le consentement ressemble parfois à une facture.
Il faut quelques heures à peine pour repérer la scène répétée, presque ritualisée : des hommes blancs, souvent entre cinquante et soixante-dix ans, s’installent à l’ombre d’un parasol, parlent fort, se donnent des airs de vacanciers conquérants. On les retrouve aussi à faire du change dans des boutiques improbables, certains parlant réellement comme des colons aux Sénégalais qui les servent. Ou dans des bars très connus pour leurs « extras » et autres soirées folles : le bar le Petit Zing comme la boîte de nuit le R.D.C en sont l’épicentre.
Certains de ces touristes sont des retraités, d’autres “jeunes retraités”. Beaucoup ont cette aisance tranquille de ceux qui savent que, ici, leur monnaie pèse plus lourd. À leurs côtés, des femmes très jeunes, parfois trop jeunes, parfois maquillées comme pour gagner dix ans, parfois au contraire avec ce visage fermé des gens qui ont compris trop tôt comment fonctionne le marché. Dans cette atmosphère, la gêne n’est pas un accident : elle est une toile de fond.
Des “salons de massage” qui vendent autre chose qu’un massage
Le décor est banal. Enseigne discrète. Rideau tiré. Un couloir, une pièce climatisée, même pas de musique. Dans plusieurs salons, la proposition est frontale, sans fioritures. On vous parle de “massage plus”, on insiste, on sourit comme si c’était normal, comme si c’était le service standard d’une station balnéaire.
“On fait le massage… et après, si tu veux, on s’arrange”, glisse Aïssatou (prénom modifié), la vingtaine. Elle précise d’emblée qu’elle n’est “pas d’ici” mais de Gambie. Elle évoque un parcours compliqué, des papiers absents, une arrivée par étapes. Elle n’entre pas dans les détails, ou plutôt elle les évite : à chaque question qui s’approche trop, elle change de ton, elle rit, elle détourne.
Dans ces salons, la majorité des femmes rencontrées assises, sur la devanture de ces salons particuliers (même si il faut préciser qu’il y a aussi des massages traditionnels) sont étrangères au Sénégal. Certaines disent venir de pays voisins, d’autres restent vagues. Toutes ont un point commun : une précarité qui colle aux gestes. Quand on demande pourquoi elles acceptent, la réponse revient, sèche, sans romantisme : “Il faut vivre.” Malgré les risques y compris judiciaires – même si la Prostitution au Sénégal est légale…mais réglementée. Et quand on insiste sur la frontière entre “massage” et prostitution, elles soupirent comme si la distinction était un luxe d’Européen. Mais derrière l’apparence, on se doute aussi, vu l’âge, vu l’absence de papiers, que certains réseaux s’en mettent plein les poches.
Ici, la prostitution est encadrée légalement sous conditions (notamment en théorie par un suivi sanitaire et administratif). Mais la réalité observée ressemble davantage à une zone grise : ni pleinement déclarée, ni complètement clandestine, avec des intermédiaires, des “relais”, des logiques de dette, et parfois une menace implicite qui n’a pas besoin d’être formulée pour être comprise.
Le pouvoir d’achat comme arme douce
Abdoulaye, chauffeur de taxi, conduit des touristes depuis des années. Il a vu l’évolution. “Avant, c’était plus discret. Maintenant, depuis les années 2000 ils viennent pour ça. Ils ne se cachent même plus”, dit-il. Il pointe du menton un couple qui passe : lui marche devant, lunettes de soleil, chemise ouverte, ventre en avant ; elle le suit d’un demi-pas, robe courte, regard au sol. “Tu crois qu’elle est amoureuse ?”, demande Abdoulaye, sans attendre la réponse.
Dans les conversations, un mot revient : “toubab”. Le Blanc, l’Occidental. Pas forcément insultant, mais chargé d’une évidence : avec le toubab, il y a l’argent. Parfois un visa rêvé. Parfois un billet d’avion. Parfois une promesse de “sortie” du pays. Et pour des jeunes femmes pauvres, ou étranglées par une situation irrégulière, ce pouvoir d’achat devient une pression. Une pression qui ne crie pas, mais qui décide.
Mariam (prénom modifié) raconte sans détour son calcul, et la honte qui l’accompagne. “Je viens de Guinée. Je ne veux pas rester ici toute ma vie. Je veux partir. Je veux une maison pour ma mère. Je veux que mes petites sœurs aillent à l’école.” Elle ne parle pas de “vente”. Elle parle de “chance”. Comme si l’exploitation pouvait se déguiser en opportunité.
Et c’est là l’un des nœuds du problème : dans un pays où beaucoup luttent pour la dignité, l’argent du tourisme sexuel se présente comme une échappatoire individuelle, alors qu’il produit une humiliation collective.
Des hommes qui “assument” et cherchent au Sénégal ce que la France leur interdit
Les hommes occidentaux rencontrés ne se ressemblent pas tous bien entendu. Certains viennent pour des vacances. D’autres font des rencontres « naturelles ». Certains aussi jouent la comédie de la romance, parlent de “rencontre”, de “destin”, de “cœur”. D’autres sont plus bruts, presque cyniques. Ils décrivent le Sénégal comme un endroit où ils peuvent “respirer”, “changer d’air”, “vivre autrement”. Et, parfois, ils le disent clairement : ici, ils obtiennent ce qu’ils n’osent pas ou ne peuvent plus acheter chez eux.
Joël, la soixantaine, se décrit comme “un homme seul”. Il ne se pense pas comme un prédateur. Il se pense comme un client. “En France, c’est compliqué, on te regarde comme un monstre. Ici, c’est simple. Tu aides, tu profites. Tout le monde est content.” Il dit ça calmement comme une forme de normalité affichée.
Quand on lui parle d’exploitation, il répond : “Elles veulent. Elles viennent. Elles demandent.” Comme si le besoin n’existait pas. Comme si la misère n’était pas une contrainte. Comme si le rapport de force économique n’était pas un rapport de force.
Dans l’ombre de cette économie, il y a aussi le numérique. Des applications de rencontre (sur Badoo comme Tinder, le rapport « homme bétail » vs « femme qui sélectionne » est inversé dans ces pays. Un homme qui se connecte aura des dizaines de propositions, amicales, amoureuses, dont la plupart sont toutefois vénales au final, en quelques heures). Des forums de discussion spécialisés (dont un fameux commençant par un Y) où certains occidentaux racontent leurs “séjours”, leurs “plans”, leurs “bonnes adresses” et même leurs ébats. Ils publient des comptes rendus, notent des femmes comme on note des hôtels, décrivent des scènes parfois abjectes, se passent des tuyaux. Une industrie du récit qui transforme l’humain en produit et l’exploitation en anecdote de voyage.
On comprend alors que ce tourisme sexuel n’est pas seulement une dérive individuelle. Il est structuré par des habitudes, des réseaux, des codes, une culture. Et cette culture ne naît pas à Saly : elle débarque avec les avions.
Les femmes blanches aussi : fantasmes inversés, même logique de marché
La scène ne se limite pas aux hommes occidentaux. Sur certaines plages, en fin d’après-midi, on voit arriver des femmes blanches, parfois âgées, parfois moins, souvent seules ou en petits groupes. Elles ne sont pas toujours discrètes non plus. Elles observent, s’installent, sourient. Et, très vite, des jeunes hommes s’approchent. Les mêmes gestes se répètent : compliments, proposition de balade, “massage”, “dîner”, “soirée”. Et on les retrouve ensemble le soir, dans les résidences, dans les hôtels.
Ibrahima (prénom modifié), la vingtaine, ne cache pas la logique. “Je peux gagner en une nuit ce que je ne gagne pas en un mois. Pourquoi je dirais non ?” Il parle d’un ton presque professionnel. Il ne décrit pas de la “prostitution”, il décrit un service, une opportunité. “Il y a des dames qui veulent se sentir aimées. Elles paient pour ça. Moi, je fais mon travail.”
Le malaise est total parce qu’il brouille les repères : ici aussi, l’argent commande. Ici aussi, la “relation” est une transaction. Ici aussi, le consentement se plie au besoin.
Un pays musulman, une station balnéaire et l’hypocrisie des zones franches
Ce qui frappe, c’est le contraste. Le Sénégal est un pays où la religion, les familles, les normes sociales sont toutes puissantes. Un pays dans lequel le musulman et le catholique cohabitent en paix et même en harmonie, sans doute moins avec l’athée. Les discours publics valorisent l’honneur, la retenue, la dignité. Et pourtant, dans certaines zones touristiques, tout se passe comme si une exception morale avait été négociée : on tolère tant que ça rapporte, on détourne le regard tant que les hôtels tournent.
Moussa, commerçant, dit sa colère. “Ça salit le pays. Les enfants voient. Les jeunes copient. Et après on s’étonne que tout parte en vrille.” Il ne vise pas seulement les touristes. Il vise aussi les autorités, les responsables locaux, les propriétaires, ceux qui profitent. “Tout le monde sait. Personne ne veut casser la machine.”
Les premières victimes : les plus précaires, les plus jeunes, les invisibles
Au cœur de cette économie, il y a des victimes évidentes : les femmes précaires, parfois étrangères, parfois sans papiers, parfois piégées dans des réseaux. Et il y a, plus grave encore, la question des mineurs. Elle rôde. Elle revient dans les récits. On entend des soupçons, des alertes, des murmures. Les âges se maquillent, les dates de naissance se bricolent, les identités se floutent.
Awa, une maman sénégalaise croisée dans un supermarché de Saly, parle avec une peur contenue : “Il y a des filles qui ne sont pas des femmes. On le voit. Mais qui va aller les sauver ?” Elle raconte des adolescentes qui traînent près des hôtels, des bars, des boîtes. Elle raconte des “tantes” qui surveillent. Elle raconte aussi le silence : “Si tu parles, tu as des problèmes.”
Il ne s’agit pas ici d’accuser au hasard, ni de fabriquer des crimes. Il s’agit de dire ceci : quand une économie sexuelle prospère sur la misère, le risque d’abus sur mineurs n’est pas une fiction. Il est un danger structurel. Et ce danger exige une réponse claire : contrôle, police, justice, protection de l’enfance, coopération internationale. Pas des slogans.
La colère des Sénégalais : “Ce n’est pas notre visage”
Beaucoup de Sénégalais rencontrés ne supportent plus l’image renvoyée par ces scènes. Ils n’aiment pas voir leur pays réduit à un décor de consommation sexuelle. Ils n’aiment pas voir leurs jeunes transformés en rabatteurs, leurs filles ou celles des autres en marchandise, leur dignité en folklore.
“On n’est pas un parc d’attractions”, tranche Cheikh, serveur. “Tu vois ces vieux qui se promènent avec des filles qui pourraient être leurs petites-filles ? Tu crois que c’est normal ?” Il parle aussi des conséquences : jalousies, violences, alcool, drogues, réseaux. “Ça attire le mauvais.”. Ce dernier nous confie « ne rien avoir contre les Toubabs ». « Il y a aussi des couples franco-sénégalais normaux, ou des touristes qui viennent et qui respectent, il faut le dire, heureusement. Peut être la majorité. Mais ils sont effacés par ce qui se passe à côté de la plage ».
Et puis il y a une autre blessure, plus intime : cette économie entretient l’idée que la réussite passe par le corps, par la capture d’un étranger, par le visa, par l’argent rapide. Elle abîme le lien social, et elle abîme les rêves.
Dénoncer sans se tromper de cible : la responsabilité des clients, des réseaux, des profiteurs
On se tromperait lourdement en réduisant cette histoire à une “faute des filles” ou à une “dérive des garçons”. La racine est ailleurs : dans la demande étrangère, dans l’impunité pratique, dans les réseaux, dans la misère exploitée, dans la complaisance économique. Le tourisme sexuel n’est pas une aventure exotique. C’est un rapport de domination déguisé en liberté. Il repose sur une asymétrie simple : celui qui paie choisit, celui qui manque subit. Et même quand il y a consentement, ce consentement est souvent négocié sous contrainte sociale, financière, administrative.
Sans faire dans le puritanisme extrême, le Sénégal mérite mieux que cette zone franche morale. Les femmes sénégalaises ou africaines ne sont pas “une option de vacances”. Les jeunes hommes méritent mieux que de se vendre comme un service de plage. Et les victimes étrangères, parfois piégées, méritent autre chose qu’un couloir climatisé et une promesse de “massage plus”.
Ce reportage ne prétend pas clore le sujet. Il dit seulement ce que l’on voit, ce que l’on entend, et ce que beaucoup refusent de regarder : à Saly et ailleurs sur la Petite Côte, une industrie du sexe prospère, parfois à visage découvert, parfois sous des masques de respectabilité. Et tant que les clients continueront à venir “acheter de l’amour à la semaine”, tant que des plateformes continueront à banaliser l’exploitation par le récit, tant que les autorités préféreront le silence au scandale, cette mécanique continuera de broyer les plus faibles.
La mer, elle, continuera de briller. Et derrière les cartes postales, la honte continuera de travailler.
#webtube : La députée RN Alexandra Masson pourrait l’emporter face à Louis Sarkozy dont la campagne vire au fiasco. Reportage. Dans les Alpes-Maritimes, Menton (30 000 habitants) est certainement la ville symbole du profond affaiblissement des Républicains au profit du Rassemblement national. Tant et si bien que la ville pourrait tomber dans l’escarcelle du parti de Marine Le Pen le 22 mars soir.
Menton est un bastion de la droite classique. Emmanuel Aubert fut le député RPR emblématique de la quatrième circonscription des Alpes-Maritimes dont le poumon est Menton, durant 25 ans dans les années 70-80. Il fut aussi à la tête de la ville durant douze ans, de 1977 à 1989. Son successeur Jean-Claude Guibal fut maire de la cité durant 32 ans et député de 1997 à 2017, traversant ainsi les évolutions de la droite, d’abord RPR, ensuite UMP puis LR. L’élection de la candidate du RN, Alexandra Masson, lors des législatives de 2022, fut donc un séisme pour le pays mentonnais. Et ce succès depuis ne cesse de se confirmer. En 2024, lors des législatives anticipées, la députée patriote est réélue dès le premier tour avec 56,27 % des suffrages. Désormais candidate au fauteuil de maire, Alexandra Masson est en mesure de faire sensation : créditée de 31 % dans un sondage Elabe BFMTV/Nice Matin paru le 25 février, elle caracole en tête au premier tour et est donnée gagnante dans tous les cas de figures au second. Face à elle, la droite part éparpillée façon puzzle. Trois listes se disputent le fromage. Celle de Louis Sarkozy, le candidat investi par LR, dont le parachutage est en passe d’être un échec cinglant. Malgré le tapage médiatique dont il bénéficie depuis le début de sa campagne, le sondage le classe en quatrième position avec 16 %. Membre de l’équipe municipale sortante, Sandra Paire a déchiré sa carte d’adhérente face au choix incompréhensible de Paris d’accorder l’investiture au fils de l’ancien président de la République ; sa liste est à égalité avec la liste d’alliance de la gauche à 17 %. Un autre membre de l’ancienne équipe se présente : Florent Champion (Nouvelle Energie) est donné à 15 %.
Le bilan de l’ancienne équipe municipale est gravement entaché par le feuilleton de l’affaire des ports de la ville qui illustre brillamment des pratiques de corruption et d’enrichissement personnel, digne d’une série télévisée. L’ancien maire LR Yves Juhel, vient d’être condamné ce vendredi 6 mars pour complicité de détournement de fonds publics (il a indiqué « réfléchir » à un éventuel appel, rapporte Le Parisien). Il écope notamment de trois ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique. Son ex-adjoint Mathieu Messina a été condamné quant à lui à trois ans de prison ferme (à cette heure, on ne sait pas s’il a l’intention de faire appel). À ce fiasco s’ajoute la mauvaise campagne de Louis Sarkozy qui porte les couleurs des Républicains. « Il se vante toujours d’être le fils de son père » confie à Boulevard Voltaire un fin connaisseur de la ville, « il est hautain et parle mal des gens ». Malgré le tapage médiatique la marque Sarkozy fils n’imprime pas. « Ce n’est pas Nicolas, c’est Louis, et Louis n’a pas de prénom » cingle auprès de BV un ténor LR local. Le jeune homme de 28 ans a multiplié dans cette campagne les propos loufoques : légalisation des drogues, simplification du code de la route en supprimant les feux rouges et les panneaux de signalisation. Il y a une semaine, une nouvelle déclaration d’un goût douteux, confiée au Nouvel Obs provoquait le malaise : « Si j’arrive en troisième position, ça voudra dire que Menton me dit : “Je ne suis pas une fille facile, il faut recommencer, un an c’était trop vite, trop fort, trop rapide, pour me séduire ». Symbole d’un désamour, le local de campagne du candidat LR a été vandalisé à plusieurs reprises. Il y a quelques jours encore, plusieurs affiches étaient placardées : « De père en fils nous Mentons ».
Jordan Bardella et Éric Ciotti en meeting
Face au parachutage raté de son adversaire, la candidate RN présente de nombreux atouts, susceptibles de séduire l’électorat de droite. Avocate au barreau de Nice, Alexandra Masson a fait ses armes au RPR puis à l’UMP. Sa mère Hélène Masson-Maret fut elle-même sénatrice UMP du département. « C’est une femme qui a toujours été fidèle à ses convictions, à ses valeurs » témoigne auprès de BV, Henri Leroy, sénateur LR des Alpes-Maritimes. Dans ce département du sud de la France, la porosité entre les électorats de droite est une réalité. « Extrême-droite ce n’est pas une insulte insiste Henri Leroy, si être d’extrême-droite c’est défendre notre identité, nos valeurs, rétablir l’autorité, lutter contre l’immigration, essayer de remettre l’éducation au centre de notre vie sociale ». Alexandra Masson se revendique justement auprès de BV d’une « droite forte, enracinée, souverainiste, patriote ». Pour la députée mariniste cette élection locale va permettre de préparer la grande alternance de 2027, « il y a une envie de redressement de la France et de la ville de Menton ». Son ambition ? Faire de Menton « le phare de la ville méditerranéenne par excellence » en redonnant à cette ville frontière, coincée entre les Alpes et la Méditerranée la place qu’elle mérite. Jordan Bardella ne s’y est pas trompé en se rendant à Menton dans sa tournée du grand sud. Ce vendredi 6 mars, après un passage à la Bonne Mère de Marseille pour soutenir Franck Allisio, le président du RN a choisi de se rendre dans la ville du citron pour soutenir Alexandra Masson lors d’un grand meeting en présence de l’allié si précieux, Éric Ciotti.
« Abattez les cloisons électorales »
Dans les Alpes-Maritimes, le Rassemblement national grignote Les Républicains. En 2024, six des neufs députés du département ont l’étiquettes de l’alliance RN/UDR. À Nice, Éric Ciotti bénéficie de sondages favorables, à Cagnes-sur-Mer, le député RN Bryan Masson pourrait créer la sensation. Si Menton tombe aussi, le parti à la flamme serait à la tête de trois des cinq plus grandes villes du département. Et pourrait ainsi remporter deux, voire trois des cinq sièges sénatoriaux de celui-ci. « Avec nos amis de l’UDR, nous n’avons pas seulement bâti une plateforme électorale explique ce soir-là à Menton Jordan Bardella devant 1 500 sympathisants électrisés par la venue du président du RN, nous avons construit un tremplin pour la victoire de nos idées et de notre famille de pensée lors de l’élection présidentielle de 2027. »« Abattez les cloisons électorales » lance l’eurodéputé qui sent frémir à Menton un basculement. L’électorat de droite, lassé des divisions au sein de LR et d’une ligne floue entre vote du budget et participation aux gouvernements d’Emmanuel Macron, peut se reporter désormais massivement sur le RN. L’électeur peut être attiré par des candidats expérimentés qui ont appartenu à l’UMP ou LR, à l’image d’Alexandra Masson. Dans cette ville surnommée « la perle de la France », la candidate RN en est certaine, nous sommes à la veille d’un nouveau départ : « le 23 mars au matin on va se réveiller, on sera rentré dans une nouvelle ère ».« Je crois vraiment que si la droite veut revenir au pouvoir, on ne peut pas passer outre l’union des droites » explique le sénateur Leroy. On observera lors de ces élections municipales les circonstances locales où cette union est en passe de se faire autour du RN et de l’UDR, Jordan Bardella plaidant ici à Menton pour une « alliance dans le respect des sensibilités ». Menton, laboratoire de la disparition progressive des Républicains.
#webtube : Derrière les provocations verbales de plus en plus abjectes de Jean-Luc Mélenchon se cache aussi son aisance à exploiter les failles du pouvoir politico-médiatique – ce dernier cherchant, jusqu’à la nouvelle façon de prononcer les noms, il est vrai, à nous imposer son dictionnaire. Analyse.
« Ce n’est pas parce que Monsieur Le Pen disait qu’il préfère le soleil à la pluie que le soleil lui appartient » ; cette phrase, qui a marqué son époque, prononcée par l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy au sujet de l’immigration en France1, pourrait aujourd’hui être pleinement associée à la récente remarque de Jean-Luc Mélenchon concernant la prononciation du nom du criminel sexuel le plus décrié du monde, Jeffrey Epstein.
Derrière le parfum nauséabond utilisé par le patron de LFI autour de l’origine juive du roi déchu de la jet-set américaine, Mélenchon est loin d’être le seul à avoir remarqué la différence de prononciation des noms qui finissent par « stein », majoritairement d’origine juive allemande et dits depuis toujours « chteyn » en France, et la version « Epstine » que les médias américains, habités par ce dossier explosif, auraient imposée pour évoquer le scandale qui entache un nombre invraisemblable de gens influents de la société occidentale.
Si Mélenchon voit dans cette manœuvre politico-phonétique la volonté de ses auteurs de russifier le nom du prédateur financier — ce qui est, il est vrai, dans le contexte actuel de guerre hybride entre l’Occident et la Russie, de nature à diaboliser davantage le malfaiteur (« Epstine » sonne presque comme « Eltsine », sic) — cette astuce sémantique confirme surtout la tendance à la création d’un nouveau langage, dans lequel les mots sont soigneusement choisis par un pouvoir dont l’identité précise nous échappe, mais qui nous guide depuis plusieurs décennies déjà dans la définition collective — et même individuelle — du bien et du mal.
Supprimer les nuances de la langue pour diriger nos pensées
Malgré tout le déchirement que chacun de nous peut ressentir à l’égard des jeunes filles, mineures, manipulées et abusées par l’impitoyable empire de l’homme d’affaires new-yorkais, il serait aussi légitime d’interpeller le terme « survivantes » employé à leur égard. Les malheurs et les souffrances humaines ne sont ni des sujets de compétition ni des objets de comparaison sur une quelconque échelle de la douleur ou des dégâts physiques et moraux. Mais s’agissant des crimes, le terme « survivant », depuis la Seconde Guerre mondiale et l’horreur de la Shoah, a reçu un statut à part. Les revenants de l’enfer des camps de concentration l’avaient mérité et nous, les générations qui ont suivi, leur devons au moins cette définition.
Les victimes d’abus sexuels méritent elles aussi un mot juste pour décrire leur souffrance. Mais l’utilisation du terme « survivant » pourrait presque laisser penser qu’un pouvoir invisible politico-médiatique cherche à vulgariser et ainsi banaliser les crimes du nazisme.
Mais le dictionnaire de la bien-pensance contemporaine ne se limite pas à l’affaire Epstein, bien évidemment. Depuis quelques années déjà, nous sommes habitués à l’usage du terme « complotisme » pour désigner un avis qui tranche avec la version courante des élites au pouvoir afin d’expliquer un événement social ou géopolitique, ou encore à celui de « propagande ». Ce dernier est utilisé, le plus souvent, pour lier les auteurs d’opinions alternatives au président russe Vladimir Poutine, champion toutes catégories des maux de l’Occident, ou à son acolyte asiatique Xi Jinping.
Ces mots « outils », utilisés pour dénigrer un désaccord profond avec la version officielle et pour anéantir la moindre tentative de débat — qui est pourtant la base vitale d’une démocratie — nous ramènent, encore et toujours, au livre qui, hélas, avait pressenti, il y a 80 ans, les risques de dérives totalitaires que pouvait courir l’Occident : 1984, de George Orwell. L’une des armes les plus redoutables du parti de « Big Brother » fut la création d’un dictionnaire idéologique, avec pour objectif de « restreindre les limites de la pensée » au point de « rendre littéralement impossible le crime par la pensée, car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer2 ». On se souvient des formules les plus efficaces du régime politique d’Océania, dans 1984 : « La guerre, c’est la paix », « La liberté, c’est l’esclavage » et « L’ignorance, c’est la force ».
Les mots justes pour une société juste
L’uniformisation de la pensée moderne mainstream, celle qui ne distingue plus la guerre contre un régime terroriste et le génocide, les élans populaires patriotes et les mouvements néo-nazis, les abus sexuels et l’extermination raciale, la volonté d’un peuple de choisir son leader et l’ingérence étrangère, est un véritable poison lent, qui a déjà vu les sociétés européennes sombrer dans le déni de la perte de leur souveraineté, de leur compétitivité et, tout simplement, de leur raison d’être dans le monde d’aujourd’hui.
« La Révolution (totalitaire) sera complète quand le langage sera parfait », a prédit Orwell par la voix de l’un des personnages de son livre ô combien prémonitoire. Et si la survie de la France et de l’Europe se trouvait peut-être d’abord dans la capacité d’appeler les choses par leur véritable nom, dans la préservation et l’usage de toutes les nuances de la langue que tant de gens exceptionnels nous ont laissées en héritage ?
#webtube :Monsieur Nostalgie se souvient avec émotion du lancement de La Cinq le 20 février 1986 et rétrospectivement considère qu’elle fut une expérience télévisuelle quasi-fantastique…
Je revois mon camarade, Alexandre, les yeux embués, lui le plus fidèle téléspectateur, l’indéboulonnable laudateur des programmes américano-italiens, le Berlusconien-Berrichon de cœur s’effondrer en 1992 dans son salon. Seul devant l’écran noir. Hébété. Perdu. Chien sans collier. Son principal repère venait de tomber. La Démocratie avait perdu. Ne comprenant pas pourquoi cette chaîne avait généré tant de haine et de jalousie. La Cinq n’était plus. Elle n’émettrait plus. Il l’avait soutenue dès le mois de février 1986, dès son origine. Il fut à la fois un disciple et un théoricien de cette aventure rocambolesque. Aucune émission de cette grille baroque tirant sur le rococo ne lui était étrangère.
Il fut pour moi, un passeur, mieux un professeur. Sans lui, jamais, je n’aurais mesuré la portée métaphysique de cet objet. Alexandre analysait les séries et les variétés comme s’il découvrait un nouveau monde. Il avait compris, avant les autres, le pouvoir féérique et disruptif, flamboyant et un brin neurasthénique de cette création surréaliste aux reflets « m’as-tu vu ». Il regardait La Cinq avec les yeux purs d’un adolescent qui a peur du lendemain et qui cherche un moyen d’évasion, une porte de sortie à cet enfer rural. Notre environnement d’alors était comprimé dans un collège unique et la rotation d’un seul car par jour reliant la préfecture berruyère à notre village abandonné. Bien plus tard, il m’avoua que La Cinq l’avait sauvé, sauvé des raisonneurs, sauvé des injonctions civiques et des crises démocratiques, sauvé d’une pensée toute faite imposée au forceps. Là où certains virent l’avènement du mercantilisme et la fin d’une civilisation culturelle, lui avait saisi son pouvoir magique. Il n’était pas resté bloqué sur le côté outrancier de l’image, sa surabondance, son déversement, sa théâtralité assumée. La saturation fut certainement le plus grand atout de cette antenne ; La Cinq sidérait quand ses concurrents plus habiles, plus introduits, plus compatibles avec notre fausse souveraineté, louvoyaient. La Cinq ne mentait pas sur la marchandise, elle n’avait pas vocation à donner du sens ou à renforcer notre citoyenneté, elle était le terrain vague, ouvert à toutes les fantaisies et à toutes les constructions possibles. Son néant était un nouvel existentialisme. Alexandre s’était attaché à elle comme à un ami imaginaire. Quant il était face à un adversaire qui attaquait sa télé-champagne et ricanait sur sa profusion de paillettes, il souriait tout en regrettant que son interlocuteur ne perçoive pas l’exacerbation assumée, l’entrée dans un univers parallèle, bien plus profond et tentateur qu’il n’y paraissait.
Selon lui, La Cinq ouvrait de nouvelles perspectives, sa décorrélation avec la réalité n’était pas un drame, son côté anesthésiant avait même des vertus curatives. Je le revois dans la cour de récréation argumenter, défendre la télé de Sivio devant des écoliers sceptiques, déjà perclus par l’esprit de la cohabitation et le sérieux des années 1980. Un jour, il me dit qu’il n’y avait rien de plus beau et de plus troublant qu’une émission présentée par Christian Morin et Amanda Lear où étaient invités Jean-Pierre Rives et Jeane Manson. Alexandre aimait Roger Zabel et Hubert Auriol, mais surtout le déferlement des séries le comblait de bonheur. Sur ce point-là, j’étais d’accord avec lui. Dans une Europe grossissante, dans une lutte des classes vieillissante, sur quoi la jeunesse de France pouvait-elle bien s’appuyer ? Alexandre répondait calmement : Happy Days, Kojak, Supercopter, Riptide, Chips, Arabesque, Mike Hammer, Arnold et Willy, Shérif fais-moi peur, Star Trek, Baretta, K 2000 ou l’Homme de l’Atlantide. C’était implacable. J’ai compris très récemment pourquoi cette chaîne avait tant séduit ma génération. En lisant Un nouveau fantastique de Jean-Baptiste Baronian, éditions l’Age d’Homme paru en1977, j’ai vu enfin clair. La Cinq était un objet éminemment fantastique car elle répondait aux deux facteurs constitutifs du fantastique selon l’auteur: « D’une part, le facteur qui amène, sinon provoque la déroute du réel. D’autre part celui qui suggère une ambiguïté. Autrement dit, tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, de façon tout à fait spectaculaire ou purement allusive, entretient une atmosphère d’étrangeté immédiate, irréductible à la raison raisonnante ».
#webtube : On n’y comprend plus rien à ce qui se passe dans Paris, c’est une véritable partie de poker menteur. A l’exception de Sarah Knafo, tout le monde ment et cache ses cartes. Jusqu’à Chikirou, qui ne prend jamais le métro, mais raconte que c’est peinard, surtout vers minuit. Et manifestement, Rachida préfère Sophia à Sarah… Pierre Cassen*