. Banque de France : la police du like a (encore) frappé. Toujours à droite, bien sûr !

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#webtube : La police tue, clame l’extrême-gauche. C’est SA police du like qui tue socialement. La CGT a ciblé un cadre dirigeant. La Banque de France ouvre une enquête interne. On imagine des dossiers stratégiques subtilisés, des informations sensibles livrées à l’ennemi, une trahison d’État. On ouvre Libération, on consulte Mediapart, on tend l’oreille du côté de BFM TV. Et là, stupéfaction : le crime ? Des « likes » sur LinkedIn.

Un dirigeant de la Banque de France aurait approuvé des publications de Sarah Knafo, de Mathieu Valet – et, comble de l’horreur, des posts « à la gloire de Napoléon ». Oui, Napoléon. Il vrai qu’eu égard aux antécédents du monsieur, on peut craindre un coup d’état. Il faudra prévenir Saint-Cyr d’urgence : célébrer Austerlitz mettrait désormais en péril la République.

La CGT a « alerté la direction » et exige une procédure disciplinaire. On parle d’atteinte à l’image, de neutralité bafouée. La gauche n’aime pas la police, sauf la sienne : celle du Like de travers. Une police idéologique, méticuleuse, capture d’écran à l’appui. On y trouve aussi un « Vive l’empereur » sur un post du général Bruno Clermont, un hommage à Napoléon relayé par Christine Kelly, un message saluant Vincent Bolloré, la présence d’Alice Cordier dans une vidéo. Nous voilà face à une conspiration impériale, industrielle et médiatique.

Certains posts critiquaient l’Union européenne ou la bureaucratie. Sacrilège suprême pour une institution membre de la BCE ! On découvre au passage que la CGT défend avec ardeur l’orthodoxie européenne : voilà qui ne manque pas de sel.

La CGT n’aime pas les « j’aime »… de droite

Mais parlons de neutralité. Les agents de la Banque de France ne sont pas des fonctionnaires stricto sensu ; leur statut est sui generis, la déontologie élastique. Le gouverneur est nommé par le président de la République : un détail parfaitement apolitique. Ses positions publiques laudatives sur l’immigration (il la vante notamment en Espagne où selon lui elle aurait favorisé la croissance économique) et la finance verte, sans doute aussi. Rappelons au passage que ce gouverneur, François Villeroy de Gallhau, annoncé sa démission anticipée en juin 2026, avant la fin de son mandat officiel prévue en octobre 2027. Faut-il y voir le souhait ardent, tellement ardent qu’il ne peut pas y résister plus longtemps, de rejoindre son prochain poste à la Fondation des Orphelins Apprentis d’Auteuil, ou un service rendu à Emmanuel Macron qui l’a nommé en 2021 (la deuxième fois, après François Hollande), et qui verrouille toutes les institutions, les unes derrières les autres, avant l’arrivée possible du RN à la prochaine présidentielle.

Plus piquant encore : Laurent Baumel, cadre de direction à la Banque de France sur LinkedIn, est député socialiste du Nouveau Front populaire sur X. Artisan des accords d’union de la gauche, hier Nupes, aujourd’hui NFP. À cette aune de la neutralité, le like sur Napoléon semble bien dérisoire.…Mais il est vrai que le rouge bénéficie d’une indulgence chromatique.

La CGT, poreuse à l’extrême gauche

Quant à la CGT, elle gagnerait à plus de discrétion. Le 7 mai 2025, elle exprimait sa « vive inquiétude » après la procédure de dissolution visant la Jeune Garde. On apprend par ailleurs que ce groupuscule aurait dispensé des formations d’autodéfense à des militants de LFI, d’EELV… Il ne serait pas inintéressant de tirer le fil : on dédouane toujours la CGT, organisatrice des manifs syndicales, quand il y a des débordements liés aux antifas et aux blackblocs, normalement les organisateurs sont responsables mais là on dit qu’ils n’y peuvent rien. On découvre, ou en tout cas on a la confirmation, qu’ils se connaissent et donc que la porosité est extrême.

Ce qui se joue ici dépasse un cadre et son profil LinkedIn. La Banque de France, en prenant très au sérieux cette affaire, entérine un principe : vos likes (quand bien même vous n’auriez rien dit, rien écrit…) sont publics, donc politiques, donc punissables. Vous n’avez rien écrit ? Peu importe. Vous avez approuvé. En silence. C’est suffisant.

Philippe Carli, patron du groupe EBRA, a déjà payé pour des likes jugés infréquentables. Toujours du même côté de l’échiquier, curieusement. La police du like ne regarde qu’à droite. À gauche, c’est de l’engagement ; à droite, c’est de la dérive.

Il existe, on vient de le voir tragiquement, la mort physique. Et puis il y a la mort sociale : réputation entachée, nom associé sur pour l’éternité numérique à un clic infamant. Pour tuer socialement, la gauche excelle. Avec pour seule arme une capture d’écran.


Gabrielle Cluzel
, dans BV

. La grossièreté d’Emmanuel Macron à l’égard de Giorgia Meloni nous fait honte

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#webtube : « Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés », ose dire E. Macron à G. Meloni. Franchement, Emmanuel Macron est drôlement gonflé. Alors qu’il est en voyage en Inde, comme chacun sait, le président de la République n’a visiblement pas apprécié les propos de Giorgia Meloni au sujet du meurtre de Quentin. La présidente du Conseil italien a en effet posté sur X un court message. Citons-le in extenso :

Le message de Giorgia Meloni

« Le meurtre du jeune Quentin Deranque en France est un événement qui nous choque profondément et nous attriste. La mort de ce jeune homme d’une vingtaine d’années, agressé par des groupes liés à l’extrême de gauche et submergé par un climat de haine idéologique qui touche plusieurs nations, est une blessure pour toute l’Europe. Aucune idée politique, aucune opposition idéologique ne peut justifier la violence ou transformer le débat en agression physique. Lorsque la haine et la violence remplacent le dialogue, c’est toujours la démocratie qui perd. »

Un message sobre, digne pour exprimer la solidarité d’un pays voisin, ami et frère, qu’il est de coutume d’envoyer lorsqu’un pays voisin, ami et frère, est frappé par un terrible malheur : accident, catastrophe naturelle ou attentat causant de nombreuses victimes. Dans le cas du drame de Lyon, il n’y a certes qu’un mort. Mais tout le monde a bien compris, en France comme ailleurs, que la mort de Quentin n’est pas un simple fait divers. Que c’est aussi un fait politique et peut-être plus.

Le mufle élyséen

Réaction de Macron à ce message de Giorgia Meloni ? Il l’invite « à ne pas commenter ce qui se passe chez les autres ». De la part de Macron, cela ne manque pas de sel, lui, qui pense, agit, nous dit-on, nous dit-il, en Européen ! Tout le monde est chez soi chez tout le monde, même ceux qui ne sont pas européens, d’ailleurs… Mais le pompon vient ensuite : « Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés », a tout simplement ajouté Macron. Petite délicatesse du mufle élyséen : les moutons remplacent les vaches. On a échappé aux chèvres. On dit que Donald Trump est grossier. Peut-être. Mais, lui, au moins, il assume. Et il ne joue pas au bourgeois-gentilhomme. Emmanuel Macron, qui donne du baise-main à tour de bras lorsqu’il fait sa tournée des cours européennes, vient de démontrer à travers ses propos qu’il peut-être d’une rare grossièreté qui ne fait pas honneur à notre pays.

Alors quelle mouche indienne a bien pu piquer Macron ?

Qu’est-ce qu’il n’a pas aimé dans le message de Giorgia Meloni ? Que l’Europe – « notre Europe », comme il dit -, découvre, tout d’un coup, que son beau village Potemkine, après bientôt neuf ans de pouvoir, est en fait un coupe-gorge où un jeune de vingt-trois ans peut être battu à mort par des nervis d’extrême gauche, en plein jour, dans la rue, parce qu’il est de droite ? Sans doute.

Au fait, Emmanuel Macron ignore-t-il, comme l’a fait justement remarquer Marion Maréchal ce que signifie pour l’Italie la violence politique. Sans remonter très loin : les années 70-80 qu’on appelle les Années de plomb où attentats d’extrême droite et attentats de l’extrême gauche frappèrent durement l’Italie. Souvenons-nous des Brigades rouges qui enlevèrent le président du Conseil Aldo Moro et l’assassinèrent en 1978. Au passage, rappelons, d’ailleurs, que la France de Mitterrand (et bien après) donna refuge à plusieurs membres des Brigades rouges. Mais ça, c’est une autre histoire…

À ce sujet — Pour Emmanuel Macron, la liberté d’expression, c’est du « bullshit »

Nous évoquions, il y a deux jours, les propos du ministre des Affaires étrangères allemand Johann Wadephul. Propos peu amènes à l’égard de la France et d’Emmanuel Macron. Sauf erreur de notre part, on n’a pas entendu Emmanuel Macron inviter son « cher Friedrich » à demander à son ministre de modérer un peu ses propos à l’égard d’un voisin, d’un ami, un frère. Curieusement…

Dans la soirée du 19 février, la présidente du Conseil italien a réagi au cours d’une interview aux propos d’Emmanuel Macron. Selon elle, sa déclaration sur la mort de Quentin n’était pas de l’ingérence. L’ingérence, pour Giorgia Meloni, « c’est quand un dirigeant est élu chef du gouvernement par ses citoyens et qu’on entend un État étranger dire :  » Nous surveillerons l’application de l’État de droit ». Une petite piqure ironique en guise de rappel de la déclaration de Laurence Boone, alors secrétaire d’État chargée de l’Europe, lorsqu’en 2022, Giorgia Meloni venait de gagner les élections. Bon, en France, Laurence Boone a disparu du paysage politique ; en Italie, Giorgia Meloni est toujours là, de même, semble-t-il, que l’État de droit.

Georges Michel, dans BV

. La chanson du jour, Driving the Last Spike – Genesis

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#webtube : Un bijou sous-estimé de l’album We Can’t Dance. Phil Collins raconte l’histoire poignante d’un ouvrier des chemins de fer britanniques du 19e siècle (les fameux « navvies »), ceux qui ont risqué et souvent perdu leur vie pour poser les rails. Fatigue, danger, familles laissées derrière, accidents… et à la fin, le moment symbolique où on plante le dernier crampon (le « last spike »). Épique, mélancolique, avec cette montée instrumentale qui te prend aux tripes vers la fin.

#webtube : An underrated gem from the album We Can’t Dance. Phil Collins tells the poignant story of a 19th-century British railway worker (the famous « navvies »), those who risked and often lost their lives laying the tracks. Fatigue, danger, families left behind, accidents… and finally, the symbolic moment of driving in the last spike. Epic, melancholic, with that gut-wrenching instrumental crescendo towards the end.

Source : Youtube – Genesis

. L’affaire Epstein/Maxwell et ses zones d’ombre

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#webtube : En septembre 2023, le livre du criminologue Xavier Raufer, Jeffrey Epstein — L’âme damnée de la IIIe culture (Les Éditions du Cerf, 278 pages, 22 euros), proposait au public français une enquête fouillée sur ce scandale hors norme dont de nombreux aspects demeurent inexpliqués.
L’auteur reste sur le plan des faits, sans se prononcer sur les multiples théories avancées pour combler les pièces manquantes du puzzle : intermédiation en faveur de financiers très influents, liens étroits avec les services de renseignement américains ou israéliens dans le cadre d’un kompromat à l’échelle internationale, gouvernance mondiale de dirigeants pédophiles…
Johan Hardoy

Un couple digne du Marquis de Sade

« Commençons par La Philosophie dans le boudoir pour les personnages : Jeffrey Epstein, l’abuseur, en Dolmancé, prototype s’il en est du pédocriminel ; Ghislaine Maxwell, l’entremetteuse, en madame de Saint-Ange, ainsi nommée par antiphrase l’on s’en doute ; les jeunes filles, les esclaves, en autant d’Eugénie de Mistival, captations, initiations et punitions comprises. »

« Dans sa déposition à la police de Palm Beach, un ancien employé d’Epstein compte une centaine d’adolescentes attirées, soudoyées ou menacées pour la seule villa de Floride et pour la seule décennie 1990-2001, les méfaits de son employeur dépassant largement ce cadre et cette période. »

« Le nombre de décès brutaux autour d’Epstein ou de ses proches, qu’il s’agisse de maladies incurables, de suicides inattendus, de disparitions inexpliquées, n’a pas manqué d’alimenter les adeptes du soupçon. […] Là encore, le trait est sadien : en parallèle du culte d’Éros s’institue le sacrifice à Thanatos. »

« Pendant au moins dix ans, de 1994 à 2005, mais sans doute au-delà malgré ses dénégations, Ghislaine Maxwell va être l’éminence grise et le pivot logistique du réseau criminel d’Epstein : elle gère le recrutement des filles, le programme de leur soumission physique et psychologique, les carnets de leurs rendez-vous avec les “amis de Jeffrey”. »

Les victimes, qui viennent d’Europe, d’Asie ou d’Afrique, sont le plus souvent des adolescentes fragiles et vulnérables qui ont connu la rue ou la drogue après des problèmes scolaires et familiaux. En échange de leurs services sexuels, des rémunérations variables leur sont attribuées. Les récalcitrantes se voient confisquer leur passeport et menacées de mort.

« Après avoir été esclavagisées, elles sont chassées le jour où Epstein les juge “trop vieilles”, c’est-à-dire à l’entour de leurs 18 ans. » Le majordome d’une propriété de Floride dénombre pour ce seul lieu 500 victimes, tandis que l’enquête finale en enregistre 80. Dans deux autres propriétés des Îles Vierges, elles se comptent par centaines, « pour la plupart âgées de 12 à 17 ans » selon la justice locale. Les plus jeunes avaient 11 ans lors des faits. Certaines, plus âgées, jouent également le rôle d’enrôleuses.

Les quelques « abuseurs » qui pourraient avoir quelques scrupules se voient menacés par Ghislaine Maxwell de révélations publiques de leurs ébats. Des systèmes d’espionnage sont, en effet, disséminés dans les chambres, les salles de bains et les toilettes des propriétés.

Un itinéraire mystérieux

Jeffrey Epstein est né en 1953 à Brooklyn dans une famille juive ashkénaze de la classe moyenne inférieure. À l’âge de vingt ans, après une scolarité où il n’a obtenu aucun diplôme, il devient enseignant stagiaire en maths et physique dans un lycée privé et huppé de New York, avant d’en être renvoyé deux ans plus tard pour résultats insuffisants. Durant les cinq années suivantes, il exerce comme trader en s’initiant à la gestion de fortune.

En 1982, il crée sa propre société et monte des opérations financières avec l’aide d’ex-collègues. Un de ses associés sera ultérieurement condamné à 18 ans de prison en raison d’une « escroquerie géante » et dénoncera Epstein comme « l’architecte de l’anarque » sans que celui-ci soit inquiété.

« Dans ces années 1980, Epstein vit dans un petit appartement de Manhattan et mène une vie modeste. »

En 1989, il se lie avec le milliardaire Leslie « Les » Wexner, qui lui confie deux ans plus tard une procuration de gestion totale et illimitée sur l’ensemble de ses avoirs et activités !

Entretemps, Epstein rencontre à Londres Ghislaine Maxwell, que son père, le magnat de la presse Robert Maxwell (de son vrai nom Jan Ludvik Hyman Benyamin Hoch), lui a présenté comme « l’un de ses partenaires en affaires ».

Cette femme, qui est née en 1961 à Maisons-Laffitte (Yvelines) et dont la mère est française, a suivi des études supérieures au distingué Marlborough College avant de devenir « une coqueluche de la haute société londonienne ». En 1991, son père est retrouvé noyé dans l’Atlantique, dans des circonstances telles que sa fille récuse obstinément la thèse officielle de l’accident. [Robert Maxwell a été enterré au cimetière juif du mont des Oliviers à Jérusalem, en présence du Président, du Premier ministre et de six actuels ou anciens chefs de services secrets israéliens, ce qui ne manque pas d’alimenter la thèse de sa proximité avec lesdits services.]

Par la suite, le couple apparaît « mille fois photographié sur les cinq continents en compagnie de monarques et de milliardaires, de chefs de gouvernement, de présidents d’institutions internationales ou d’universités prestigieuses ».

Une fortune inexpliquée

En 2019, les propriétés de grand luxe situées à Manhattan, au Nouveau-Mexique, en Floride, aux Îles Vierges et au 22, avenue Foch à Paris, ainsi que sa flotte aérienne (hélicoptères et avions, dont le fameux Boeing 727 Lolita Express, véritable « lupanar volant »), permettent d’évaluer le patrimoine d’Epstein à plus de 550 millions de dollars.

« Consultés en 2006-2007, les meilleurs connaisseurs du Stock Exchange déclarent n’avoir aucune idée de la façon dont Epstein gagne son argent. »

« Aux États-Unis, l’État fédéral dispose de l’appareil de lutte contre la criminalité financière le plus compétent et le plus agressif au monde. […] Comment Epstein a-t-il pu échapper à ce laminoir en termes de fraude et de blanchiment ? Jusqu’à sa mort, il va conserver des comptes dans de grandes banques internationales qui ignorent pourtant d’où vient et où va son argent. »

Une étrange impunité

En 1995, Epstein fait l’objet de plaintes pour violences sexuelles, classées sans suite, de la part d’une jeune adulte et de sa sœur de 16 ans qui décrivent comment Ghislaine Maxwell les a contraintes à participer à des orgies.

En 2005, la mère d’une adolescente l’accuse d’avoir violé sa fille de 14 ans. L’enquêteur en charge de l’affaire constitue un dossier solide mentionnant une quarantaine de jeunes filles victimes, mais le procureur Alex Acosta émet des doutes tandis que des ténors du barreau assurent la défense de l’accusé. Dans le même temps, les agents ont la nette impression que ce dernier est informé à l’avance de leurs investigations. Le FBI, qui succède au service de police local, identifie à son tour plus de 30 victimes mineures sur une durée de huit ans, mais le procureur Acosta décide de renvoyer cette affaire criminelle devant un simple tribunal de police pour « sollicitation de prostituées » !

Condamné à 18 mois de prison, Epstein est détenu dans une véritable « chambre d’hôte » dont la porte reste constamment ouverte. Il est libre de se rendre où bon lui semble dans l’établissement jusqu’à 23 heures. Il a lui-même choisi ses gardiens, qui restent en civil (contrairement au règlement) et qu’il gratifie de primes, et reçoit de nombreuses visites de jeunes femmes dont certaines sont mineures ! Après quelques semaines de détention, « les magistrats de Floride, qui n’inclinent guère habituellement à la mansuétude, lui accordent de pouvoir quitter la prison sur la base hebdomadaire de 6 jours sur 7 jusqu’à complétion de sa peine », à condition de porter un discret bracelet électronique. Il peut ainsi se rendre à New York ou dans les Îles Vierges pour ses affaires, avant d’être « libéré » de manière anticipée dix mois après sa condamnation.

Le procureur Acosta sera nommé secrétaire du Travail au début du premier mandat de Donald Trump mais devra démissionner après la révélation de ce scandale. Pour se justifier, il expliquera avoir notamment été informé d’« en-haut » que le cas d’Epstein relevait « du monde du renseignement » et que celui-ci devait être protégé…

En janvier 2015, une femme, identifiée ultérieurement sous le nom de Virginia Giuffre, épouse Roberts, incrimine Ghislaine Maxwell en l’accusant de l’avoir subornée alors qu’elle était mineure, en 1999 à Palm Beach en Floride, pour « servir de jouet sexuel » à Epstein.

Les poursuites pénales n’aboutissent pas à cause d’un « blocage à la fois juridique et financier » provenant à la fois d’une absence d’instructions de l’autorité centrale du FBI et du placement sous scellés, sans motif ou motivation, des documents versés par l’accusation. En 2017, Ghislaine Maxwell verse à la victime un dédommagement estimé à plusieurs millions de dollars, tout en affirmant qu’elle ne fréquente plus Epstein depuis 2004 (ce que des échanges de courriels et des témoignages démentiront).

Virginia Giuffre accuse également le prince Andrew de l’avoir violée à plusieurs reprises alors qu’elle était mineure. Celui-ci sera déchu de son titre d’altesse royale mais évitera de comparaître devant un tribunal après le versement d’un dédommagement de 12 millions de livres en faveur de la victime (qui se suicidera en 2025).

Durant toutes ces années, des adolescentes venues de l’étranger se déplacent sur les lignes intérieures américaines, en passant les contrôles de sécurité, sans être signalées par les services normalement compétents. En tout cas, « zéro trace n’en subsiste ». Une victime raconte que les officiels des Îles Vierges accueillaient Epstein « comme une star à l’aéroport », sans prêter attention au groupe de filles qui l’accompagnait.

L’intéressé aime à se rendre avenue Foch, « accompagné de son usuelle escorte de jeunes filles plus ou moins majeures ». « Après deux décennies d’impunité », ce n’est qu’en 2016 que des policiers et des magistrats commencent à s’intéresser à l’entrepreneur français en mannequinat Jean-Luc Brunel, qui est finalement arrêté en 2020 pour complicité de trafic international de jeunes femmes avant d’être retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de la Santé en 2022.

Ghislaine Maxwell est également interpellée en 2020, dans le New Hampshire. Deux ans plus tard, elle est condamnée à 20 ans de prison. Aucune photo ou vidéo provenant des systèmes de surveillance installés dans les propriétés, ni aucun des enregistrements collectés par les micros du Lolita Express, n’ont été versés au dossier ou présentés à l’accusée, qui pratique « un insigne mutisme depuis sa réclusion carcérale »…

Un suicide douteux

En juillet 2019, Epstein est arrêté dans un aéroport du New Jersey par la brigade de répression des crimes pédophiles. 36 jours plus tard, il est retrouvé mort dans sa cellule, les légistes concluant à un suicide par pendaison effectué au moyen d’un drap accroché à un barreau de lit.

Incarcéré dans un quartier de haute sécurité du Manhattan Correctional Center, le détenu était censé faire l’objet d’une vigilance accrue en tant que « prisonnier le plus sensible d’Amérique ». La nuit de sa mort, il était seul dans sa cellule (contrairement au règlement) et les deux caméras de surveillance étaient malheureusement en panne (les bandes de celle du couloir se révèleront « inutilisables »). De leurs côtés, les deux gardiens affectés à sa surveillance se sont abstenus de faire les rondes prescrites toutes les 30 minutes et ont passé la nuit dans leur bureau à surfer sur Internet et à dormir, à moins de cinq mètres de la cellule du détenu. Malgré la falsification du registre de surveillance (une infraction criminelle pour un fonctionnaire fédéral) et leur complet mutisme lorsque les policiers leur demanderont de décrire l’état ou la position d’Epstein au moment où ils ont pénétré dans sa cellule, aucun des fonctionnaires défaillants ne fera un jour de prison et leur supérieur hiérarchique bénéficiera même d’une promotion !

Jugeant cette mort suspecte, son frère cadet Mark engage un ancien médecin légiste de grand renom pour effectuer une contre-enquête. Celui-ci constate de multiples manquements aux normes criminalistiques : le corps a été immédiatement retiré de la cellule, sans examen, recueil d’indices ou photographies, les lieux ont été souillés par des intervenants non autorisés, aucun prélèvement n’a été effectué sur le drap qui est d’ailleurs passé par de multiples mains. En examinant la dépouille, le praticien note plusieurs incohérences qui laisse penser à une strangulation manuelle plutôt qu’à une pendaison. Sa conviction finale est qu’« Epstein a été assassiné et vraisemblablement “étranglé avec un fil de fer” », mais le FBI a déjà refermé le dossier…

Johan Hardoy, Polémia

. Quentin, Lyon et la fracture française : la violence politique annonce la barbarie

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#webtube : Il y a des morts qui ne sont pas seulement des drames. Ce sont des symptômes. La mort tragique de Quentin a agi comme un révélateur brutal. Une génération découvre que la violence politique n’est plus une relique des années 70, ni une parenthèse marginale. Elle est là. Filmée. Partagée. Commentée. Justifiée.

Il ne se passe plus une semaine sans qu’apparaissent sur les réseaux sociaux des vidéos où l’on voit des groupes s’acharner à coups de pied et de poing sur un homme déjà à terre. Les images circulent, alimentent la rage des uns, la satisfaction des autres, l’effroi silencieux du reste.

Et chacun reste dans sa bulle.

Nous vivons dans une civilisation fracturée. Non pas divisée — fracturée. Ce n’est plus un désaccord, c’est une incompatibilité croissante.

Les réseaux sociaux n’informent plus : ils enferment. Ils construisent des univers parallèles. Chaque camp lit sa propre actualité, interprète les faits à travers son filtre, renforce ses certitudes. On ne confronte plus ses idées : on les consomme.

Il y a désormais plusieurs réalités simultanées dans un même pays.

Certains voient un climat d’agressions politiques unilatérales. D’autres ne voient que des “rixes” entre extrêmes. Certains parlent d’ultra-violence organisée. D’autres dénoncent la “récupération”.

La vérité importe moins que l’appartenance.

Quand les faits deviennent secondaires face à l’adhésion tribale, la société entre dans une zone dangereuse.

Le symbole d’une époque

Un détail pourrait sembler anecdotique : le MMA est aujourd’hui infiniment plus populaire chez les jeunes que la boxe anglaise.

La boxe classique était un affrontement codifié, debout, avec des règles strictes. Le MMA, lui, autorise le combat au sol, l’étranglement, l’écrasement, la domination physique totale de l’adversaire.

Ce n’est pas un jugement moral. C’est un symbole.

Notre époque ne valorise plus la confrontation réglée. Elle valorise la neutralisation. La soumission. L’anéantissement de l’autre.

La violence n’est plus une transgression. Elle devient un spectacle.

Et quand la violence devient spectacle, elle devient contagieuse.

L’impossibilité croissante du “vivre ensemble”

Le mot est usé. Mais le problème demeure.

Peut-on vivre ensemble lorsque les différences ne sont plus négociées, mais exacerbées ? Lorsque les identités deviennent des blocs étanches ? Lorsque chaque camp considère l’autre non comme un adversaire, mais comme une menace existentielle ?

Nous sommes entrés dans une ère d’hyper-sensibilité identitaire et de radicalité émotionnelle.

On ne discute plus : on accuse.
On ne débat plus : on disqualifie.
On ne tolère plus : on exclut.

Les réseaux amplifient cette mécanique. Les algorithmes récompensent l’indignation, pas la nuance. La colère, pas la complexité. La dénonciation, pas la confrontation argumentée.

Chaque jour, des milliers de personnes s’éveillent dans une réalité soigneusement calibrée pour conforter leur vision du monde.

Comment s’étonner ensuite que l’incompréhension dégénère en violence ?

Une génération saturée

Les jeunes générations grandissent dans un climat d’images permanentes : émeutes, affrontements, humiliations filmées, combats clandestins, “expositions” publiques d’adversaires.

La frontière entre militantisme, hooliganisme et guérilla symbolique devient floue.

Quand l’action politique s’exprime d’abord par l’intimidation physique, quand la rue redevient un théâtre de démonstration de force, la démocratie s’érode silencieusement.

La violence ne surgit pas du néant. Elle est préparée, normalisée, légitimée par des discours qui transforment l’adversaire en ennemi absolu.

Le risque d’une escalade

La guerre civile ne commence jamais par une déclaration officielle. Elle commence par des ruptures successives : sociales, culturelles, informationnelles.

Elle commence quand des groupes ne partagent plus aucun récit commun.
Quand ils ne reconnaissent plus les mêmes autorités.
Quand ils ne reconnaissent plus les mêmes faits.

Nous n’y sommes pas encore.

Mais nous avançons sur une pente dangereuse.

La mort d’un jeune homme, les vidéos de lynchages politiques, les discours de justification implicite ou de relativisation sont autant de signaux faibles qui, additionnés, dessinent un paysage inquiétant.

Une société qui ne sait plus réguler ses conflits par la parole finit toujours par les régler autrement.

Retrouver le sens du réel

La barbarie ne vient pas seulement de la rue. Elle vient du refus du réel.

Refus de voir la fragmentation.
Refus de reconnaître l’exaspération mutuelle.
Refus d’admettre que l’accumulation des haines nourrit une dynamique autonome.

Si chacun continue à vivre dans sa bulle, à considérer l’autre comme irrécupérable, à alimenter la radicalité comme un carburant identitaire, alors oui, l’escalade deviendra probable.

Le vivre ensemble n’est pas un slogan. C’est une discipline.

Et aujourd’hui, cette discipline s’effondre.

La question n’est pas de savoir qui a commencé. La question est de savoir si quelqu’un veut encore arrêter.

Parce qu’une civilisation ne meurt pas seulement d’attaques extérieures. Elle peut aussi se dissoudre dans ses propres fractures.

La barbarie ne surgit pas toujours avec fracas. Elle s’installe d’abord dans les esprits.

Et c’est là qu’elle devient irréversible.

YV

 breizh-info.com 

En complément :

https://www.polemia.com/meurtre-de-quentin-la-guerre-civile-qui-vient

. Javier Gil Guerrero, historien, sur l’Iran : « C’est le moment le plus délicat de l’histoire de la République islamique, et ils en sont conscients »

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#webtube : Javier Gil Guerrero est titulaire d’un doctorat en histoire de l’université de Navarre et enseigne actuellement les relations internationales à l’université Francisco de Vitoria. Spécialiste de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient et de l’histoire contemporaine de l’Iran, il est l’auteur de The Carter Administration and the Fall of Iran’s Pahlavi Dynasty (L’administration Carter et la chute de la dynastie Pahlavi en Iran) et de La sombra del Ayatolá. Una historia de la República Islámica de Irán (L’ombre de l’ayatollah. Une histoire de la République islamique d’Iran).

Notre confrère Álvaro Peñas l’a interviewé pour The European Conservative, traduction par nos soins.

Comment définiriez-vous le régime iranien ?

Javier Gil Guerrero : Il s’agit d’un régime autoritaire, cela ne fait aucun doute, mais à certains égards, il est indescriptible. Nous avons un parlement et un président élus directement par le peuple, un guide suprême, le Conseil des gardiens, l’Assemblée des experts… toute une série d’institutions qui assurent l’équilibre des pouvoirs au sein de l’appareil étatique, mais le peuple ne peut choisir que parmi un nombre très limité de candidats autorisés par le régime. Ces élections ne sont pas libres et la véritable opposition ne peut y participer.

Au cœur du système se trouve le guide suprême, une fonction à vie, dont il y a eu deux titulaires : Khomeini, jusqu’à sa mort en 1989, et Khamenei, depuis lors. Et c’est le guide suprême qui fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre, qui soutient telle ou telle faction, qui accorde plus de liberté électorale ou la restreint. Ce qui est frappant dans ce système, c’est que les débats et les affrontements entre les factions au sein du régime se déroulent dans les médias, ce qui est impensable en Chine, par exemple. Cela crée une image confuse de l’endroit où se trouve réellement le pouvoir, mais la clé est le guide suprême, qui décide de ce qui peut et ne peut pas être fait à un moment donné.

Ainsi, lorsque nous entendons dire que l’Iran a élu un président ouvert d’esprit, cela ne signifie pas grand-chose.

Javier Gil Guerrero : Lorsqu’un président est élu, il est parfois qualifié d’« ouvert d’esprit », de « réformiste », de « modéré » ou de « pragmatique ». Au cours des 30 dernières années, il y en a eu trois : Khatami, Rouhani, bien qu’il ne l’ait pas été entièrement, et Pezeshkian. Au final, c’est une histoire d’impuissance, car les gens placent en eux l’espoir d’élargir le cadre des libertés, d’assouplir l’appareil répressif de l’État et de se rapprocher des États-Unis et de l’Occident, espoirs qui ne se réalisent pas. Cependant, ce sont des réformistes sous la tutelle du régime et il ne faut pas les confondre avec la véritable opposition. Ils ne cherchent pas à détruire la République islamique, mais à la rendre plus efficace à long terme.

La raison des manifestations qui secouent actuellement l’Iran est en grande partie due à l’incapacité du régime à résoudre des problèmes tels que la pénurie d’eau, tout en cherchant à devenir une puissance mondiale.

Javier Gil Guerrero : L’Iran ressemble un peu à la Russie en ce sens qu’il tente de créer un empire au-delà de ses moyens économiques. Il projette une image très forte vers le monde extérieur, mais l’économie et le système lui-même ne sont pas préparés au rôle mondial auquel il aspire. L’Iran a tenté de projeter une hégémonie au-delà de ses moyens parce que c’est un système miné par la corruption, la mauvaise gestion économique et les fuites de toutes parts : coupures d’électricité, sécheresses, manque de compétitivité, inflation galopante, etc. Il est vrai que de nombreux problèmes économiques ont été exacerbés par la politique de pression maximale de Trump, mais cette politique n’est pas la cause profonde de ces problèmes, et l’Iran n’a jamais retrouvé la croissance économique dont il bénéficiait pendant les années du Shah.

À l’exception du cas de Masha Amini, ces manifestations ont généralement une origine économique : coupures d’électricité, réduction des subventions sur le diesel ou inflation. Mais au final, l’important est que ces manifestations ne restent pas au niveau économique, mais finissent par faire boule de neige, prenant des revendications politiques et des appels au changement de régime. Le peuple iranien ne voit aucun avenir pour lui-même ou pour son pays, et estime que la République islamique est idéologiquement et administrativement épuisée.

Quelle est la cause des problèmes économiques chroniques de l’Iran ?

Javier Gil Guerrero : Il y a une certaine incompétence économique, mais aussi un manque de volonté politique. De nombreux secteurs ont profité de cette économie clientéliste, basée sur la contrebande et marquée par le népotisme, et ils craignent une économie plus libéralisée. C’est pourquoi des intérêts ont été créés, tels que ceux des Gardiens de la révolution ou des fondations religieuses, qui sont finalement toxiques pour l’économie du pays. Cela a conduit à la destruction du tissu industriel privé et à la croissance d’un tissu industriel parallèle, essentiellement parapublic, qui n’a aucun intérêt à créer une économie compétitive ou ouverte.

Vous avez mentionné tout à l’heure les manifestations autour de Masha Amini, qui a été tuée pour ne pas avoir porté son voile « correctement ». Selon certaines informations, le voile ne serait plus obligatoire en Iran. Est-ce vraiment le cas ?

Javier Gil Guerrero : Après la mort de Masha Amini, le régime, toujours aussi astucieux, a compris que la situation pouvait dégénérer et qu’il serait sage d’assouplir quelque peu les normes sociales. Cela ne signifie pas la fin de l’appareil juridique qui oblige les femmes à porter le voile, mais plutôt que, ces dernières années, il n’a pas été appliqué avec la sévérité dont il a fait preuve pendant des décennies. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’un changement d’opinion de la part des autorités, mais simplement d’une mesure visant à réduire la frustration et la lassitude de la population. L’ensemble de l’appareil répressif et la législation sont toujours en place, mais afin d’éviter une escalade des protestations, la police des mœurs n’est plus aussi rigoureuse et véhémente qu’auparavant. Bien sûr, tout cela pourrait changer dès que le régime reprendra le contrôle de la situation.

Il faut comprendre que l’une des raisons de la longévité du régime est qu’il a très bien géré le timing et [joue] de la politique étrangère et intérieure comme d’un accordéon. Lorsqu’il le juge opportun, il accorde plus de libertés et s’ouvre au monde extérieur, et à d’autres moments, il fait exactement le contraire.

Malgré la répression brutale du régime, il a fallu trois semaines aux Nations unies pour convoquer une réunion du Comité des droits de l’homme, et une grande partie de la société occidentale semble indifférente à ce qui se passe. Quelle en est la raison, selon vous ?

Javier Gil Guerrero : En général, la gauche occidentale éprouve une sympathie naturelle pour la République islamique en raison de son discours anti-mondialisation, anti-américain, antisioniste, anticapitaliste et antilibéral. Toute cette rhétorique et cette propagande sont chargées d’images qui sont essentiellement très gauchistes. La contradiction concernant la situation des femmes, des homosexuels et des minorités demeure en Iran, et, pour le bien commun, la gauche choisit de l’ignorer.

Les États-Unis déploient des forces militaires et Israël appelle à la chute du régime, mais des négociations sont en cours. Pensez-vous qu’il soit possible que la République islamique cède à la pression et parvienne à un accord avec les États-Unis ?

Javier Gil Guerrero : La République islamique d’Iran est, au fond, un acteur rationnel ; ce ne sont pas des fanatiques prêts à se sacrifier. Toute cette rhétorique qui effraie tant l’Occident, selon laquelle un pays serait prêt à se sacrifier et à déclencher une apocalypse s’il était attaqué, n’est rien d’autre qu’une stratégie. La réalité est que lorsque l’Iran a été attaqué, rien de tel ne s’est produit. Pensez à l’époque où Reagan a lancé l’opération Praying Mantis et coulé une partie de la flotte iranienne, lorsque Trump a ordonné l’élimination de Soleimani, ou lorsque les États-Unis et Israël ont attaqué les installations nucléaires iraniennes. À tous ces moments-là, l’Iran ne s’est pas comporté comme l’État islamique et n’a pas embrassé le martyre. La République islamique a montré que si, pour survivre, elle se trouve entre le marteau et l’enclume et doit négocier avec le « Grand Satan », elle est prête à le faire. Pendant la guerre avec l’Irak, elle a acheté de nombreuses armes à Israël et aussi secrètement aux États-Unis. À l’époque, il n’y avait aucun problème à conclure des accords avec les ennemis d’Allah.

L’erreur dans ces négociations, selon les informations qui filtrent, est qu’elles semblent se concentrer sur le programme nucléaire. Je crains que l’Iran, pour survivre, n’offre des concessions importantes, mais après les bombardements américains et israéliens, ce programme est gravement endommagé.

Ce qu’ils ne semblent pas prêts à abandonner, c’est le programme de missiles balistiques et le soutien aux milices par procuration en Irak, au Liban et au Yémen, qui sont les points d’intérêt pour Israël. Si Trump ne se préoccupe que du programme nucléaire, il répétera l’erreur d’Obama, qui a également ignoré les missiles balistiques et l’aventurisme militaire.

En cas d’intervention, pourrait-on assister à une répétition du modèle vénézuélien, c’est-à-dire permettre au régime de survivre et de démanteler progressivement son appareil répressif, en s’orientant vers une sorte de transition, ou y a-t-il un risque de guerre civile ?

Javier Gil Guerrero : Il s’agit de deux sociétés, cultures et idéologies différentes, donc un résultat similaire n’est pas possible. Je pense que la République islamique est à son niveau le plus faible et le plus vulnérable depuis l’invasion de Saddam Hussein en septembre 1980. C’est le moment le plus délicat de ses 47 ans d’histoire, et ils en sont conscients. Ils craignent beaucoup une opération américaine visant à déstabiliser l’appareil d’État et que cela, combiné aux manifestations, provoque l’effondrement du régime. La question est de savoir s’il existe quelqu’un capable de combler le vide du pouvoir une fois que la République islamique aura implosé. Il est vrai que la figure du prince héritier, Reza [Pahlavi] Shah, jouit d’une certaine légitimité parce qu’il est le fils de son père et que l’héritage de ce dernier a été largement réévalué en Iran ces dernières années, les gens regardant avec nostalgie les années 1960 et 1970. C’est une figure qui se situe au-dessus de la politique et qui pourrait jouer le rôle d’arbitre dans une transition. Le problème est qu’il vit hors d’Iran depuis 47 ans et qu’il ne dispose pas de l’infrastructure ni de l’organisation nécessaires dans le pays pour prendre le contrôle du gouvernement.

En ce qui concerne la possibilité d’un scénario similaire à celui de la Libye ou de la Syrie, je pense que la République islamique joue avec l’idée « c’est nous ou le chaos ». Cependant, j’ai du mal à imaginer un tel scénario, car contrairement à l’Irak, au Yémen ou à la Syrie, l’Iran est un État qui a conservé plus ou moins ses frontières actuelles depuis des siècles, et la tradition historique de l’identité et du gouvernement iraniens remonte à 2 500 ans. Il est vrai qu’il existe une menace provenant des minorités ethniques et linguistiques à la périphérie de l’Iran et qu’en cas d’effondrement institutionnel, celles-ci pourraient tenter de revendiquer leur indépendance ou leur autonomie, mais la société iranienne est beaucoup plus cohésive que celle d’autres pays du Moyen-Orient.

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. Terres agricoles : la France peut nourrir ses habitants… mais ne le fait plus

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#webtube : À quelques semaines du Salon de l’agriculture et à l’approche des élections municipales, le mouvement Terre de Liens publie la cinquième édition de son rapport sur l’état des terres agricoles en France, intitulé Agriculture et alimentation : une faim de démocratie locale. Le constat est sévère : la France dispose des terres nécessaires pour nourrir sa population, mais son organisation agricole l’en empêche de plus en plus.

Une agriculture puissante… mais déconnectée des besoins locaux

Selon le rapport, 70 % des fermes françaises relèvent d’un modèle intensif et commercialisent exclusivement en filières longues, majoritairement tournées vers l’exportation ou l’industrie agroalimentaire. Près de la moitié des terres agricoles produisent pour les marchés extérieurs, tandis que 43 % des surfaces seraient dédiées à l’exportation.

Cette spécialisation dessine une carte agricole éclatée : grandes cultures dans le Bassin parisien, élevages intensifs dans l’Ouest, monocultures viticoles ou arboricoles ailleurs. Résultat : des territoires capables de produire massivement certaines denrées, mais incapables de répondre à l’ensemble des besoins alimentaires locaux.

Le rapport souligne ainsi que la moitié des départements disposent d’une capacité de transformation alimentaire insuffisante au regard de la consommation de leur population, alors même que leur potentiel nourricier en surfaces est parfois excédentaire. L’exemple de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est éclairant : malgré une agriculture dynamique, seuls 12 % des besoins alimentaires de la population seraient couverts par la production régionale.

Des campagnes surproductives, mais des habitants en précarité

Le paradoxe est d’autant plus frappant que la précarité alimentaire progresse. Huit millions de personnes déclarent ne pas toujours avoir assez à manger. Plus de 21 000 communes ne disposent d’aucun commerce alimentaire, soit 62 % d’entre elles.

Dans le même temps, la concentration des productions entraîne une pression accrue sur les sols, l’eau et la biodiversité. Un quart de la population vit dans une commune où les traitements pesticides ont augmenté ces cinq dernières années. Les collectivités doivent ensuite financer des traitements de l’eau coûteux, supportés in fine par les ménages.

À cette pression environnementale s’ajoute un effondrement du tissu agricole. Entre 2020 et 2023, 40 000 fermes ont disparu. La taille moyenne des exploitations est passée de 28 hectares en 1988 à 68 hectares en 2020. Les terres restent agricoles, mais les fermes familiales disparaissent, absorbées par des structures plus grandes et plus mécanisées.

Démocratie alimentaire : un rendez-vous manqué ?

Le rapport insiste également sur la question démocratique. La loi d’orientation agricole de 2025 définit la souveraineté alimentaire sous l’angle productif et exportateur, sans évoquer explicitement le droit des citoyens à définir leur système alimentaire.

Les projets alimentaires territoriaux (PAT), créés en 2014 pour territorialiser l’alimentation, se sont multipliés (450 recensés), mais la participation citoyenne y reste limitée et les actions relevant réellement de la « démocratie alimentaire » ne représentent qu’une part marginale.

Pour Terre de Liens, l’enjeu dépasse la seule production. Il s’agit de reconnecter agriculture, transformation et consommation à l’échelle des bassins de vie, de soutenir des filières locales de transformation, et d’orienter le foncier vers une agriculture nourricière et diversifiée.

Municipales 2026 : un levier local décisif ?

Le rapport s’adresse clairement aux futurs élus municipaux. Urbanisme, restauration collective, gestion de l’eau, soutien aux filières locales : les collectivités disposent de leviers juridiques et politiques pour agir.

À travers l’exemple de communes ayant acquis des terres pour installer des maraîchers bio ou structuré des filières de proximité, Terre de Liens défend l’idée qu’une relocalisation partielle des systèmes alimentaires pourrait renforcer l’emploi agricole et agroalimentaire, améliorer l’accès à une alimentation de qualité et préserver les ressources naturelles.

En creux, le rapport pose une question politique : la France veut-elle continuer à produire toujours plus pour exporter, au risque de vider ses territoires et d’importer ce qu’elle consomme, ou redonner aux terres agricoles une vocation d’abord nourricière ?

À l’heure où des centaines de milliers de conseillers municipaux vont être renouvelés, la bataille des terres et de l’alimentation pourrait bien se jouer, non pas dans les grands discours nationaux, mais dans les conseils municipaux et intercommunaux.

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. Les antifas tuent Quentin : enquête au coeur d’une zone sous tension

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#webtube : À Lyon, devant Sciences Po, Quentin a été lynché à mort par des antifas de la Jeune Garde, un groupe qui m’avait déjà menacé par le passé. Je me suis rendu sur place pour reconstituer précisément les faits, comprendre le déroulement du drame et documenter ce qui s’est réellement passé, accompagné de ceux qui étaient présents lors de l’attaque des antifas. Cette enquête se veut au plus près des faits, sans mise en scène ni parti pris autre que celui des faits.

Au cours du reportage, alors que nous filmions sur le lieu même du meurtre, nous avons été pris pour cible par des militants antifas. Tirs de mortier, intimidations, poursuite : la zone était toujours sous leur contrôle au moment de notre présence. Les images que vous voyez correspondent à la réalité de la situation vécue sur place. Il ne s’agit ni d’une mise en scène, ni d’une fiction, mais d’un travail journalistique de terrain, réalisé dans des conditions de tension extrême. Ce reportage pose une question simple et grave : comment un meurtre à caractère politique peut-il encore aujourd’hui être entouré d’un tel climat d’impunité ?

Source : Youtube – Vincent Lapierre

. Vers l’explosion de la Zone Euro : Quand ? Et Quelles conséquences ?

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#webtube : Cette vidéo est consacrée à la fin de la Zone Euro telle que nous la connaissons aujourd’hui et qui devrait se produire d’ici 2030. Vous êtes d’ailleurs très nombreux à me questionner sur la probabilité et les conséquences de cette explosion. Un cas de figure qui est revenu sur le devant de la scène ces derniers jours avec les déclarations de M. Macron sur son souhait d’augmenter la dette publique de l’Union Européenne de 1200 milliards d’euros par an. Encore un vrai scandale !

Dans ce cadre et de manière à répondre à toutes vos interrogations, cette vidéo s’articulera autour du programme suivant, agrémenté de nombreuses questions : 1. France : M. Macron veut augmenter la dette publique de l’Europe de 1 200 milliards d’euros par an. Pourquoi un tel souhait constitue une provocation ? En quoi pourrait-il marquer le début de la fin de la Zone Euro ? 2. Quand la Zone Euro explosera… à cause de la France, et avec la bénédiction de l’Allemagne… Quelles perspectives en 2026 et à l’horizon 2030 ? Pourquoi le Frexit serait beaucoup plus coûteux pour la France que le Brexit pour le Royaume-Uni ? 3. Quelles conséquences pour la France et l’Europe ? Les entreprises et les citoyens ? 4. Question de la semaine : Pourquoi Stellantis s’effondre ? 5. Quelle est la Bonne Nouvelle de la semaine… 6. Quelles sont les citations de la semaine de la MarcTouaTeam… Réponses à toutes ces questions et à bien d’autres dans cette vidéo, graphiques et tableaux explicites, pédagogiques et réalisés sans trucage à l’appui…

Source : Youtube – Marc Touati

. « Ça va mal finir ! » : les propos menaçants de Mathilde Panot envers Némésis

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#webtube : Le meurtre de Quentin met en lumière le féminisme à géométrie variable de l’extrême gauche. C’est ce qu’on appelle le « privilège rouge ». Mise en cause pour ses liens étroits avec la Jeune Garde, milice violente dont certains membres sont suspectés d’avoir participé au meurtre du jeune Quentin D., la France Insoumise continue de parader sur les plateaux télé.

Loin de raser les murs ou de faire amende honorable, le parti extrémiste éructe, vilipende et menace. Sa cheffe de file, Mathilde Panot, était ainsi de passage sur LCP ce lundi 16 février, où elle a adressé un message pour le moins virulent aux jeunes membres du collectif Némésis : « Nous demandons à ce que Némésis soit tenu en dehors de nos conférences, de nos meetings, de nos manifestations… sinon, ça va mal finir ! », a ainsi averti Mathilde Panot. En face, le journaliste de service public n’a pas relevé ces propos menaçants. Il aurait pourtant pu faire remarquer à l’insoumise que cela s’est déjà « mal » fini. Jeudi soir, les féministes de Némésis s’étaient tenues à bonne distance du meeting donné par Rima Hassan à Lyon, se contentant de brandir une banderole à l’extérieur des lieux. Mais cela a suffi pour que l’une d’entre elles finisse aux urgences, avec plusieurs jours d’ITT, et qu’un de leurs proches meurt lynché au sol…

Sur X, les personnes visées par cette prise de parole ont immédiatement réagi. « Que sous-entendez-vous par « ça va mal finir » ?, a interrogé Alice Cordier, présidente de Némésis. Le constat c’est qu’aujourd’hui, un homme est mort aux abords d’un de vos meetings en nous protégeant. C’est donc cela que vous sous-entendez ? Vous nous menacez de mort ? ». Au RN aussi, les propos de Mathilde Panot ont du mal à passer. « Mme Mathilde Panot vient de déclarer que si Némésis ou le collectif Nous Vivrons n’étaient pas « tenus en dehors » des événements LFI, cela allait « mal finir ». Je suis consterné, les Insoumis sont en roue libre ! », a commenté Jean-Philippe Tanguy.

Le féminisme en carton des gauchistes

Dans la presse convenue, il est de bon ton de contester aux militantes de Némésis la nature féministe de leur combat. « Elles ne sont choquées que si l’agresseur est immigré, arabe ou musulman ! », jure le média macroniste Franc-tireur. Ces jeunes femmes seraient « des identitaires grimées en féministes » selon Le Monde, les égéries du « fémonationalisme »« Elles n’attaquent que les violeurs étrangers. Donc c’est à dire que si une femme est violée par un Français, ça ne les intéresse pas », a-t-on encore pu entendre sur le plateau de Franceinfo, ce samedi 14 février.

À ce sujet — Meurtre de Quentin : six suspects identifiés

Assénée sans contradiction, cette affirmation est factuellement fausse : à titre d’exemple, Némésis a dénoncé à plusieurs reprises les viols de Mazan, alors que leurs auteurs sont, pour la plupart, de bons Français. Mais au-delà de ce procès d’intention malhonnête, un autre élément interroge : pourquoi ces accusations de féminisme à deux vitesses ne sont-elles jamais portées à l’encontre des partis de gauche ? Ces derniers sont pourtant les champions des indignations à géométrie variable, sur l’ensemble des sujets, mais de manière plus éclatante encore sur celui de la défense des femmes. Où étaient les Mathilde Panot, Alice Coffin et autres Sandrine Rousseau pour défendre ces jeunes filles violentées, jeudi à Lyon ? Selon le procureur de la République, plusieurs militantes de Némésis ont été agressées alors qu’elles ne faisaient rien de plus que déployer une banderole devant l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon pour dénoncer la venue de Rima Hassan. « Rapidement, plusieurs individus intervenaient pour tenter d’arracher la banderole, puis exerçaient des violences sur au moins deux des jeunes femmes. Et, selon leur témoignage, l’une aurait été étranglée, l’autre jetée au sol, puis frappée à terre et bénéficie d’ITT de deux et cinq jours », a ainsi détaillé Thierry Dran en conférence de presse. La gauche autorise-t-elle l’étranglement des femmes lorsque celles-ci sont de droite ?

Les bons et les mauvais agresseurs

Plus que le profil des victimes, c’est peut-être celui des agresseurs qui, avant tout, donne des pudeurs de gazelle aux pseudo-féministes de gauche. Nul doute que si les étrangleurs lyonnais avaient été des « fascistes », les Insoumises auraient daigné tweeter quelques mots de soutien envers les militantes de Némésis. Hélas, les assaillants de ces dernières étaient des hommes situés à l’autre bout de l’échiquier politique… C’est le même silence qui règne lorsque des femmes sont violées par des OQTF en France, forcées à porter le voile en Iran, ou massacrées par des musulmans dans les kibboutz israéliens. Quand les agresseurs n’ont pas la bonne étiquette ethnique ou politique, la gauche féministe détourne les yeux et regarde ailleurs.

Jean Kast, dans BV