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#webtube : Le film ravira les familles qui souhaitent un récit agréable sans trop de discours politiquement corrects. C’est un succès indéniable pour Christophe Barratier. Le metteur en scène des Choristes, de Faubourg 36, de La Nouvelle Guerre des boutons et du Temps des secrets en est déjà à plus de 450.000 entrées pour son dernier film, Les Enfants de la résistance. De quoi le conforter dans sa volonté affichée de réaliser toute une trilogie ; le second volet devrait d’ailleurs être tourné cet été.
Les enfants montrent l’exemple
Adapté de la série de bande dessinée de Benoît Ers et de Vincent Dugomier, composée de neuf tomes, le récit nous plonge en 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, dans le village fictif de Pontain-l’Écluse, situé à proximité de la ligne de démarcation, sur le canal reliant la Marne à la Saône.
Du haut de leurs treize ans, François, Eusèbe et Lisa, une jeune Allemande qui s’est réfugiée récemment sous une fausse identité auprès de la famille du premier, décident d’entrer en résistance contre l’envahisseur. Sous le nom de code « Lynx », ce réseau clandestin va alors donner du fil à retordre aux ennemis de la France : de la distribution de tracts aux sabotages en tous genres, en passant par des actes de vandalisme, rien ne sera épargné aux Allemands.
Hélas, si les enfants feront des émules parmi les adultes du village, ils apprendront bien vite que leur engagement peut avoir de lourdes conséquences pour leurs proches.
Un film qui ne dépasse pas les archétypes…
Portant à l’écran les deux premiers tomes et une partie du troisième, le film de Barratier, disons-le, a un parfum de déjà-vu, avec ses ostensibles teintes sépia et ses musiques omniprésentes, surlignant l’action et les sentiments des personnages. Le réalisateur, surtout, célèbre un patriotisme qui semble davantage relever, chez lui, d’une forme de jeunisme naïf que d’une réelle conscience nationale – les enfants, depuis Mai 68, ayant forcément des leçons de vie à donner aux adultes, c’est bien connu…
Ce cliché-là, dont le cinéma de Spielberg fut l’un des principaux promoteurs dans les années 80, n’est pas le moindre ; on relève, en outre, un « maire-courage » incarnant la République solide comme un roc, un curé de village excentrique joué par Gérard Jugnot, un bistrotier collabo et servile à souhait, et des soldats allemands qui ne cessent de crier… Des archétypes que l’on conçoit aisément en bande dessinée mais qui, au cinéma, nous consternent.
À ce sujet — Cinéma : Le Temps des secrets, de Christophe Barratier
Les jeunes acteurs, au milieu de tout cela, font dans la récitation de répliques volontaristes et martiales écrites par des adultes incapables de se mettre à leur niveau – l’époque des Choristes et du jeu subtil de ses comédiens semble bel et bien révolue…
Pour les familles essentiellement
Le film, néanmoins, n’est pas déplaisant à suivre et, à coup sûr, ravira les familles qui souhaitent un récit agréable sans trop de discours politiquement corrects.
En sus de ses valeurs patriotiques – trop peu présentes au cinéma – et de ses décors de l’Yonne, où s’est déroulé le tournage, Les Enfants de la résistance nous propose une interprétation originale d’Artus dans un rôle de paysan taiseux, inattendu de sa personne.
Mais pour un récit pleinement réussi sur l’enfance durant la Seconde Guerre, nous recommandons vivement à nos lecteurs de revoir Promis… juré !, film à la fois sensible, bouleversant et intelligent de Jacques Monnet, sorti en 1987, avec sa bande originale inoubliable, signée Vladimir Cosma.
2,5 étoiles sur 5
Pierre Marcellesi, dans BV
