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#webtube : Se souvenir que l’ultragauche, autrement dit l’extrême gauche, tue. Au soir de l’annonce de la mort de Quentin, roué de coups par des nervis cagoulés, Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde à Lyon, s’est fendu de ce message sur X : « J’apprends ce décès avec horreur et dégoût. Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue. J’adresse mes condoléances à la famille de ce jeune homme et je souhaite que toute la lumière soit faite sur ce drame. » Service minimum, indécence, culot monstre ou plutôt monstrueux, les mots manquent sans doute en lisant ce communiqué.
« Les mots tuent »
« Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue » : le député LFI de Vaucluse, peut-être sous le coup de l’émotion, s’est-il trompé en utilisant le verbe « perpétuer » au lieu de « perpétrer » ? C’est possible. On va dire que l’on joue sur les mots et que ce n’est pas le moment. Oui, mais les mots ont leur importance. Les mots ne sont jamais innocents. Ils peuvent même tuer, comme l’a rappelé très justement – reconnaissons-le -, Gérald Darmanin, à propos de ce drame. Selon le Garde des Sceaux, LFI fait « semblant de ne pas voir que les mots tuent ». Invité, ce dimanche, du Grand Jury RTL/Public Sénat/M6/Le Figaro, le ministre de la Justice n’a pas tourné autour du pot : « Quentin est mort molesté manifestement, par l’ultragauche incontestablement. La justice fera toute la lumière sur ce drame ignoble. Les discours politiques violents amènent à la violence physique ». Darmanin n’est plus le « premier flic de France » mais il a en charge la Chancellerie de France, et donc cet adverbe « incontestablement » tombe presque comme un verdict : l’ultragauche a tué. Et, ce qui s’est passé à Lyon ne perpétue rien du tout, comme le déclare Arnault, mais installe, institue cette réalité dans notre paysage politique. Et si l’ultragauche tue, c’est qu’elle peut donc recommencer.
Certes, Darmanin s’essaye à un semblant de jeu d’équilibre lorsqu’il affirme « qu’il y a une complaisance de la France Insoumise, de partis extrêmes en général, pour la violence politique ». Mais il aurait été bien en peine de trouver la moindre « complaisance pour la violence politique » de la part du Rassemblement national que l’on se plaît en Macronie à voir en parfait et confortable symétrique, chien de faïence ou frère siamois de La France Insoumise. Que l’on sache, le Rassemblement national n’appelle à « dézinguer » personne, à la différence de Raphaël Arnault : souvenons-nous de ce tweet dans lequel il lançait : « Suprémacistes religieux ou nationalistes, on va tous vous dézinguer ». Là aussi, les mots ont un sens et peuvent tuer. Jeudi soir, à Lyon, on a « dézingué », de la plus lâche des manières, un jeune de vingt-trois ans, « manifestement » – pour reprendre l’adverbe de Darmanin – parce qu’il était supposé être un « militant nationaliste ».
« Vive la Jeune Garde ! »
Alors, après ce drame de Lyon, il faudra bien sûr se souvenir des discours de Raphaël Arnault, député de la nation. Le plus emblématique, sans doute, très court, a été prononcé au sein même de l’Hémicycle : « Vive la Résistance ! Vive l’antifascisme ! Vive la Jeune Garde ! » Sous les applaudissements de ses petits camarades de LFI.
🗣️Raphaël Arnault, député LFI :
— Bleu Blanc Rouge ! 🇫🇷 (@LBleuBlancRouge) February 15, 2026
« Vive la Résistance ! Vive la Jeune Garde ! Vive l’antifascisme ! »
Ceux qui ont sciemment ouvert les portes de l’Assemblée nationale à ces individus portent une responsabilité écrasante – une responsabilité criminelle – dans le poison de… pic.twitter.com/zGf96OpNat
Il faudra aussi se souvenir du discours du patriarche Mélenchon, à Auxerre, le 30 avril 2025, alors que la procédure de dissolution de la Jeune Garde avait été lancée par Bruno Retailleau : « La Jeune Garde, une organisation alliée, liée au mouvement insoumis… Alors, M. Retailleau, profitez-en pour nous dire « Qu’on fait ces jeunes gens ? À quel moment vous avez des actes à leur reprocher qui justifient qu’on les interdise ?’’… » Bien se souvenir de ces mots : non seulement « alliée » mais « liée ». Là encore, les mots ont un sens.
"Bravo, continuez !"
— Laurent Obertone (@LaurentObertone) February 14, 2026
En avril dernier, Mélenchon appelait tous ses camarades à se "grouper derrière la bannière de la Jeune Garde".
Organisation "alliée, liée au mouvement insoumis", c'est un dispositif clé du Mélenchonisme. pic.twitter.com/Mhzoj7Xqy6
À ce sujet — L’ultra-gauche ne salira pas Quentin
Bien se souvenir encore que la semaine dernière, alors que la procédure de dissolution de la Jeune Garde devait être examinée en Conseil d’État, avant d’être finalement renvoyée sine die, le groupe LFI à l’Assemblée signait un communiqué dans lequel il interpellait « solennellement » Emmanuel Macron et son gouvernement pour que cette procédure soit abandonnée. Mais aussi que la Ligue des droits de l’homme est intervenue « volontairement » devant le Conseil d’État en soutien à la requête de « La Jeune Garde antifasciste » visant à obtenir l’annulation du décret du 12 juin 2025 prononçant la dissolution du groupement.
Se souvenir des législatives de 2024
Et puis, évidemment, il faudra se souvenir de ces fameuses élections législatives de 2024. Lorsque la gauche, dite de gouvernement, apporta finalement son soutien au candidat Raphaël Arnault à Avignon pour « faire barrage » à qui vous savez (voir notre édito du 27 janvier). Se souvenir aussi qu’à l’occasion des ces élections, dans ce même département, un candidat socialiste n’hésita pas à revendiquer le soutien de la Jeune Garde sur son bulletin de vote officiel, validé par la très officielle commission de propagande de la préfecture (il est vrai que la Jeune Garde existait alors très officiellement). Un bulletin de vote où figuraient les logos du PS, de LFI (ça va sans dire), du PCF, des Écologistes et du gentil parti Place publique du très gentil Raphaël Glucksmann ! Aujourd’hui, ce candidat socialiste, battu par le RN à ces législatives, se présente aux élections municipales à Cavaillon en tête d’une liste gentiment qualifiée de « divers gauche ». Se souvenir tout de même que la candidate macroniste, arrivée en quatrième position à ces législatives d’Avignon, se refusa à faire barrage tant au Rassemblement national qu’à Raphaël Arnault, ce qui, mécaniquement, dût profiter au candidat de LFI.
Oui, dans les jours, les semaines et les mois qui viennent, il va falloir se souvenir de plein de choses qui ne remontent pas à si longtemps que ça… Et surtout se souvenir, par-dessus tout, que l’ultragauche, autrement dit l’extrême gauche, tue.

Georges Michel, dans BV
