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#webtube : Il y a des organisations qui ne meurent jamais, non parce qu’elles seraient utiles, mais parce qu’elles se nourrissent de leur propre nuisance. SOS Racisme est de celles-là. Après avoir méthodiquement pourri la vie des boîtes de nuit, des bars, des campings et de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un lieu de sélection, la voilà désormais lancée à l’assaut des agences immobilières. Même méthode, même scénario, même morale préfabriquée.
Un testing orienté, des appels enregistrés, des chiffres brandis comme des preuves définitives, puis l’indignation médiatique soigneusement organisée. Cette fois, le prétexte s’appelle la discrimination raciale dans l’accès au logement. Traduction concrète : transformer toute sélection de locataire en faute morale. Le réel, une fois encore, est prié de se taire.
La mécanique est désormais parfaitement huilée. On appelle une agence, on suggère à demi-mot de filtrer des profils, on pousse l’interlocuteur dans une zone grise juridique, puis on crie au scandale. Le piège est grossier, mais il fonctionne à merveille dans un pays où l’idéologie remplace l’analyse et où la posture morale tient lieu de politique publique.
On ne cherche jamais à comprendre pourquoi l’agent hésite, pourquoi le propriétaire est méfiant, pourquoi certains dossiers sont refusés. On cherche un coupable, rien de plus. Le propriétaire devient suspect par principe, l’agent immobilier complice, et la prudence élémentaire se transforme en délit moral.
Dans la foulée, la ministre Aurore Bergé monte au créneau. Indignation calibrée, posture martiale, annonces de formations obligatoires pour tous les salariés de l’immobilier, et promesse de lois renforcées pour durcir un arsenal juridique déjà étouffant. Comme si le problème venait d’un manque de règles. Comme si la France n’était pas déjà un enfer administratif et judiciaire pour les propriétaires.
Comme si empiler les normes allait, par miracle, faire apparaître des locataires solvables, respectueux et fiables. Personne ne pose la seule question sérieuse. Pourquoi les propriétaires refusent-ils certains profils ?
La réponse est pourtant simple, triviale, vécue. Ce n’est ni la couleur de peau ni l’origine qui posent problème, c’est le risque. Le risque d’impayés, le risque de dégradations, le risque de procédures interminables, le risque d’un État qui protège systématiquement le mauvais payeur et abandonne celui qui met son bien en location.
En France, louer est devenu un acte à haut risque, parfois ruineux, souvent irréversible. Dans ce contexte, sélectionner n’est pas une idéologie, c’est une question de survie. L’agence immobilière ne fait que transmettre, souvent à voix basse, la demande du propriétaire. Une demande rationnelle, fondée sur l’expérience, mais devenue indicible.
Il y a surtout une hypocrisie juridique totale dans cette affaire. Officiellement, la loi interdit toute discrimination. Officieusement, tout le monde sait que cette loi est inapplicable sans mentir. On demande aux agences immobilières d’être à la fois lucides et aveugles, responsables et naïves, professionnelles et suicidaires. On leur interdit de dire ce que tout le monde sait, on leur impose de faire semblant, puis on les punit quand le réel finit par remonter à la surface. Ce n’est plus du droit, c’est du théâtre. Et comme toujours dans ce pays, quand la loi est déconnectée du réel, ce n’est pas la loi qui change, c’est le mensonge qui devient obligatoire.
Cette logique mène à une impasse parfaitement prévisible. Moins de sélection officielle signifie plus de sélection officieuse. Moins de transparence signifie plus de contournement. Moins de propriétaires signifie moins de logements. Les petits bailleurs vendent, les agences se couvrent, les locations se font au noir ou entre initiés, et les quartiers se figent. L’idéologie prétend lutter contre les ghettos, elle les fabrique. Elle prétend moraliser le logement, elle l’assèche. Et comme toujours, quand le système craque, les mêmes responsables viendront expliquer que c’est la faute des Français, jamais celle des lois qu’on leur a imposées.
Cette réalité dérange trop le récit officiel. Alors on préfère parler de discrimination, ce mot-valise magique qui permet d’éviter toute analyse sociale sérieuse. Les médias dominants, et notamment la chaîne d’information en continu préférée du pouvoir et de la morale obligatoire, font le reste.
Extraits choisis, indignation en boucle, commentaires larmoyants, mais jamais de mise en perspective. Jamais un plateau pour expliquer les droits du propriétaire, jamais un sujet sur les ravages causés par des locataires protégés par un système totalement déséquilibré, jamais un mot sur l’exode massif des petits bailleurs qui préfèrent vendre plutôt que louer.
Le logement est devenu un champ de bataille idéologique où le réel est systématiquement sacrifié.
Ce que révèle cette affaire, ce n’est pas une France raciste, c’est une France schizophrène. Une France qui refuse de nommer ses problèmes mais qui les subit chaque jour. Une France dirigée par des responsables incapables de choisir entre le réel et l’idéologie et qui finissent toujours par choisir l’idéologie par lâcheté.
La France de Macron et de Mélenchon, si opposés en façade, mais unis dans la même soumission au discours moral obligatoire. Dans cette France-là, le propriétaire est devenu l’ennemi, l’agence un suspect, et l’ONG militante le bras armé d’un État qui a renoncé à gouverner autrement qu’en punissant.
À force de vouloir interdire toute sélection, on organise la pénurie. À force de transformer la prudence en délit, on décourage l’investissement. À force de traiter les Français comme des coupables permanents, on fabrique de la défiance, du contournement et une colère froide.
La vérité, c’est que ce pays ne cherche plus à loger, il cherche à punir, et quand l’idéologie gouverne le logement, ce sont toujours les murs qui restent debout et la société qui se fissure.
Jérôme Viguès, Riposte Laïque
