. Humour ou militantisme politique ? Le comité d’éthique de Radio France bégaie

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#webtube : Les travaux de la commission reprennent. « Les Français peuvent compter sur moi », affiche, déterminé, Charles Alloncle. Après un long mois d’interruption, la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public reprend ses travaux. Au menu de ce 20 janvier, le comité d’éthique de Radio France. Sa présidente, Françoise Benhamou, était auditionnée avec Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes de Radio France.

Parce que la question est au centre des débats : un humoriste peut-il tout dire à l’antenne, tout exprimer sur ses réseaux sociaux avec le logo officiel de la radio à laquelle il appartient ? Ils sont encore légion, les exemples que nous donne l’actualité, sans compter le talent du rapporteur Charles Alloncle pour dénicher les propos les plus scandaleux tenus à l’antenne de France Inter notamment, sous couvert d’humour.

Le député de l’Hérault est revenu sur la chronique de Merwane Benlazar qui affirmait, sur France Inter, le 7 janvier : « Mettre un facho au micro, c’est légitimer ses idées » (lire l’article d’Arnaud Florac à ce sujet). Ne doutons pas qu’avec ce même raisonnement, l’humoriste en herbe a dû s’indigner de ce que la radio publique accorde un long entretien à l’ambassadeur du régime islamique iranien qui affirmait tranquillement à l’antenne, il y a deux jours, que « le régime iranien n’a pas de sang sur les mains ».

« Est-ce que les Français doivent payer pour ce genre d’humour ? »

Le rapporteur de la désormais très suivie commission prend au mot la médiatrice : « Vous nous expliquez que l’humour fait partie de la politique éditoriale de France Inter », et revient sur une chronique de l’humoriste Aymeric Lompret qui, le 15 octobre 2021, se tapait sur les cuisses ainsi : « Merci, les gens d’extrême droite, d’avoir payé pour qu’on dise que vous êtes des gros cons. Si j’étais à votre place, comment je serais dégoûté de me faire insulter toute la journée et, en plus, de devoir payer pour ça. » Puis le même Lompret ajoutait : « Est-ce que ça t’excite, Jordan Bardella, de faire un gros chèque à Guillaume Meurice ? ». Ou encore cette chronique, sur France Inter toujours, de Charline Vanhoenacker dont les propos du lundi 19 janvier, taxés d’antisémitisme, créent la polémique : « Ça n’a jamais encore été fait, une version à colorier de Mein Kampf ? », s’interroge la journaliste.

Pour Charles Alloncle, les questions sont simples. « Est-ce acceptable sur une antenne payée par l’impôt des contribuables ? » « Est-ce que les Français doivent payer pour ce genre d’humour ? » Est-ce cela, l’audiovisuel public français ?

À ce sujet — [POINT DE VUE] L’humoriste Benlazar refuse de « mettre un facho au micro »

Tout au long de l’audition, la présidente et la médiatrice de Radio France n’apporteront aucune réponse. Elle se retranchent derrière les saisies qui ne sont faites que par les Français eux-mêmes. Un comité d’éthique non rémunéré, qui se réunis deux fois l’an et ne dispose d’aucun moyen réel selon sa présidente, Françoise Benhamou.

« Un médiateur ne peut pas s’autosaisir », explique quant à elle Emmanuelle Daviet, « je n’ai pas à réécrire mon statut à radio France ». Avec toujours la même rengaine de l’humour, encadré par la loi, au nom de quoi on pourrait tout dire. La députée RN Caroline Parmentier pointe du doigt le militantisme politique de ces humoristes qui s’expriment à la radio ou sur les réseaux avec le logo de leur radio publique. Comme cette même Charline Vanhoenacker, rapporte la parlementaire, en citant l’humoriste qui s’exprime ainsi dans Le Monde : « France Inter, parce qu’elle est la première radio de France, est aujourd’hui un lieu de pouvoir. J’ai décidé de résister de l’intérieur au moment où l’Assemblée nationale compte plus de 140 députés RN. »

À ces questions, nous n’aurons pas de réponse, ou toujours les mêmes hésitations sur une incapacité à condamner des propos – « je ne suis pas dans mon rôle » – ou en faisant référence à des « chartes » ou des comités qui surveillent le comité.

« Je ne cèderai à aucun pression »

« Les français peuvent compter sur moi, j’irai jusqu’au bout de ma mission. » Avant le début de cette audition, le député Charles Alloncle a tenu une conférence de presse pour réaffirmer sa « détermination ». Remis en cause par la présidente de l’Assemblée nationale et le président de la commission qui a instauré de nouvelles règles de travaux, le député ciottiste déplore le mois d’interruption qui a fait perdre un temps précieux à une commission dont les travaux sont limités dans le temps. Il charge aussi France Télévisions qui a fait « deux mois de rétention d’information » avant d’accepter de transmettre les documents réclamés. Le député ciottiste qui « ne s’attendai[t] pas à une telle levée de boucliers » « constate que [s]es questions dérangent » et dénonce une « tentative de discréditer les travaux de la commission ».

« Je ne cèderai à aucun pression ou tentative d’intimidation, ça ne me fera pas plier. » Tête haute, Charles Alloncle repart de plus belle pour la seconde partie des auditions qui s’annonce très chargée. Dernière victoire en date, l’audition de l’animateur Patrick Sébastien qui, finalement, sera auditionné, a indiqué le président de la commission qui, jusqu’ici, y était formellement hostile.

Yves-Marie Sévillia, dans BV

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