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#webtube : Dans la tourmente, Raphaël Arnault a disparu des radars. L’implication de trois membres de l’équipe des assistants parlementaires du député insoumis Raphaël Arnault, dans le lynchage et la mort de Quentin Deranque est un fait politique majeur.
Deux collaborateurs actuels de l’élu mélenchoniste et un ancien, ont d’après les premiers éléments de l’enquête, une responsabilité dans le drame de Lyon. La justice en déterminera les détails. Jacques-Élie Favrot, 25 ans a été placé en détention provisoire, il est mis en examen pour « complicité par instigation » d’homicide volontaire. Membre actif de La Jeune Garde, ce dernier est déjà connu des services de police, notamment pour détention d’armes. L’AFP cite un jeune homme « violent, connu de nos services et fiché S pour son appartenance à l’ultra gauche radicalisée ». Robin Chalendar, 24 ans, est l’autre assistant parlementaire actuel concerné. Il a été placé en garde à vue, puis remis en liberté ; il sera convoqué ultérieurement au tribunal pour répondre de « recel de malfaiteur ». Adrian Besseyre, 25 ans, longtemps décrit comme stagiaire, était un membre à part entière de l’équipe de Raphaël Arnault puisqu’il était en CDD jusqu’au 30 janvier dernier. Il a été écroué et mis en examen pour homicide volontaire. L’appartenance active de ces hommes au mouvement antifa La Jeune Garde n’est plus un mystère.
Les fonctions de l’assistant parlementaire
D’après les premiers éléments étudiés, Robin Chalendar a été embauché à l’Assemblée nationale sous le pseudonyme « Robin Michel ». Le Figaro révèle que ce Robin Chalendar était surveillé par les autorités et qu’il avait fait l’objet d’une fiche de renseignement. La pratique du pseudonyme est selon toute vraisemblance possible puisque le député Raphaël Arnault lui-même a pour vrai nom Raphaël Archenault. « Des vérifications de sécurité ont été faites préalablement à l’embauche de ce collaborateur sur la base de son nom réel et de son nom d’usage a indiqué la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun Pivet Compte tenu des événements récents, j’ai demandé à ce que les contrats de l’ensemble des collaborateurs soient examinés par les services de l’Assemblée et à ce que soit mis fin immédiatement à de telles pratiques. »
Jacques-Elie Favrot a-t-il prévenu son employeur qu’il partait à Lyon ? L’a-t-il fait avec la bénédiction de Raphaël Arnault ? Le degré de complicité entre ce dernier et son assistant peut le laisser penser. L’enquête le déterminera. Boulevard Voltaire a posé la question à plusieurs députés, le parlementaire qui est le seul employeur-responsable de son assistant, ne sait pas « tous les jours de l’année » quel est l’emploi du temps de leurs collaborateurs. Le mot « souplesse » est utilisé par les élus. La fonction d’assistant parlementaire nécessite une certaine « autonomie » d’autant que les assistants sont souvent consacrés ou au travail législatif, ou au travail en circonscription de l’élu avec lequel il collabore. Un assistant peut aussi partager son temps entre Paris et la circonscription. Un assistant peut aussi se consacrer à la seule communication de son député. « J’ai trois assistant nous explique un parlementaire un se consacre à l’activité législative, un est en circonscription, et un autre qui gère ma communication ». Une organisation assez classique et répandue de manière générale au Parlement. L’emploi du temps et le contrôle de l’activité d’un assistant est à la seule responsabilité de l’élu. Alors que pouvait bien faire Jacques-Elie Favrot, rémunéré par l’argent du contribuable à Lyon, en marge de la conférence de Rima Hassan le jeudi 12 février ?
« L’ employeur est responsable des actes de ses salariés quand il les oriente (pour ne pas dire les encourage) » note le député de Vaucluse RN Hervé de Lépinau sur X.
Parallélisme avec l’affaire des assistants parlementaires RN
« Aller en dehors de sa circonscription quand on est député, c’est possible en tant que représentant de la Nation parce que nous ne sommes pas que représentant d’une circonscription » explique à Boulevard Voltaire Matthias Renault, député RN de la Somme, qui s’interroge sur la légitimité d’une telle situation : « envoyer des assistants en dehors de la circonscription alors que ce n’est pas pour l’activité du député et sans la présence du député ». D’après les informations de Boulevard Voltaire, le député Raphaël Arnault était à la salle de sport de l’Assemblée nationale, le jeudi 12 février, entre 18h et 19h à l’heure du drame de l’agression de Quentin Deranque.
En l’occurrence, le collaborateur parlementaire peut-il exercer une fonction autre que celle directement liée à son employeur ? Bruno Gollnisch, ancien député européen, mis en cause dans l’affaire des assistants parlementaires du RN, plaide auprès de BV pour une « utilisation discrétionnaire » d’un assistant « dès lors que sa mission est politique ». Néanmoins, en désaccord complet avec les accusations dont le RN et lui font l’objet, il souligne que le cas de Jacques-Elie Favrot révèle les mêmes difficultés. « Si on prétend poursuivre les gens du RN au motif que leurs assistants ne travaillaient pas de façon strictement personnelle à l’exercice exclusif de leur mandat parlementaire, il est évident qu’il faut poursuivre Raphaël Arnault et ses assistants ». Une similitude d’autant plus claire, que les reproches qui sont fait au RN, le sont alors que « la circonscription des députés européens c’est tout la France car les eurodéputés sont élus sur une liste nationale. »
Dans la tourmente, Raphaël Arnault a disparu des radars. Absent de la minute de silence en hommage à Quentin Deranque, mercredi à l’Assemblée nationale, il n’est plus apparu en public et ne s’est pas exprimé (seulement deux tweets laconiques sur X) depuis l’agression mortelle du militant conservateur de 23 ans.
Yves-Marie Sévillia, dans BV
