. Émotion pendant France-Irlande : La Marseillaise de Maxence

Spread the love

Articles : Fev 2026Jan 2026Dec. 2025Nov. 2025
Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

#webtube : Il faut voir ce petit bonhomme chanter des deux mains, silencieusement mais de tout son cœur, en langue des signes. Le Tournoi des Six Nations s’est ouvert ce jeudi, avec une belle victoire du XV de France face à l’Irlande. On sait qu’un certain nombre de choses séparent le rugby de l’autre sport collectif qui a le vent en poupe en France : le football. Pendant les matchs de rugby, on n’a pas besoin de réserver un emplacement à l’équipe visiteuse : le fair-play et la plus élémentaire politesse font leur travail. Ce n’est pas dans un stade de rugby qu’on entendrait une équipe siffler l’hymne national de l’autre.

Après les matchs de rugby, on cherche en vain les Abribus™ cassés, les poubelles qui brûlent, les Foot Locker dévalisés et les affrontements avec les forces de l’ordre. Est-ce dû à l’esprit de ce sport, qui privilégie l’engagement physique, souvent rude, sur le terrain plutôt que dans la rue ? Est-ce dû au public ? Et si oui, peut-on préciser cette réponse sans tomber sous le coup de la loi ?

Le courage et le sourire de Maxence

Il y a aussi une différence notable : la Marseillaise. Les joueurs de rugby la chantent à pleins poumons depuis toujours, on n’a pas eu besoin de les y pousser. Jeudi, par exemple, peu avant le coup d’envoi, une équipe de jeunes rugbymen de la France entière était venue avec les joueurs du XV tricolore pour interpréter l’hymne national. Parmi eux, il y avait un garçon de onze ans, dont le prénom est Maxence. Maxence est atteint d’une maladie génétique qui l’empêche d’entendre correctement, et qui, à terme, le rendra complètement sourd. Il joue au rugby à Meung-sur-Loire, près d’Orléans, dans le Loiret, mais il devra un jour renoncer à jouer à son sport favori… quand il n’entendra plus sans ses appareils. Il pourrait s’en désoler et il y aurait du monde pour le plaindre, à juste titre. Loin de se complaire dans son malheur, pourtant, le jeune garçon a témoigné de sa joie et de son courage dans l’adversité, puisqu’il a été sélectionné pour tenir la main du légendaire Antoine Dupont au moment de l’arrivée sur le stade. Interrogé par France TV (Maxence a signé la Marseillaise devant Antoine Dupont), il livre, sans aucun misérabilisme et avec un espoir solaire, un constat sur sa maladie et sur le handicap en général : « Si vous êtes handicapé, dit-il à l’adresse des autres enfants, ça va pas vous changer. Ça va peut-être vous empêcher de faire des trucs, mais pas vos rêves. » On ne fait pas plus simple. On ne peut pas dire mieux.

Silencieusement mais de tout son coeur

Il faut voir ce petit bonhomme chanter des deux mains, silencieusement mais de tout son cœur, en langue des signes, un immense sourire aux lèvres, notre hymne national. Il a les yeux qui brillent et il fait un peu étinceler les nôtres, il faut bien le dire, d’émotion mais aussi, selon le mot de Volkoff, « comme l’acier se trempe : de fierté ». À une époque où tout handicap bénéficie du misérabilisme compassionnel de la société, à une époque où l’apitoiement gluant a remplacé la tendresse, à la manière d’un produit synthétique, ces quelques minutes suspendues, avant le coup d’envoi du match d’ouverture, font beaucoup de bien.

Allez, les Bleus !

Mention spéciale – une fois n’est pas coutume – à la télévision de service public. Avec neutralité, bienveillance et patriotisme (trois valeurs que les médias subventionnés ne cultivent pas au quotidien), le format court qui présente le jeune Maxence donne des raisons d’espérer. Les vieux disent toujours, depuis des millénaires, que la jeunesse est perdue et que c’était mieux avant. C’est peut-être confortable de se replier sur le monde que l’on a connu, mais c’est faux. La nature humaine, elle, ne change pas, en mal… comme en bien. Et tant qu’il y a, dans les stades français et dans les clubs de rugby régionaux (« dans les territoires », disent les insupportables Parisiens), des petits gars comme Maxence, non, ce n’est pas foutu. Allez, les Bleus !

Arnaud Florac, dans BV

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *