Articles : Jan 2026 – Dec. 2025 – Nov. 2025 – Oct. 2025 –
Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100069673161887 Twitter : https://twitter.com/OrtfNews Music 24/24 : http://DJMUSIC.fr

#webtube : Des tensions communautaires venues d’ailleurs débordent dans les rues phocéennes, mais pas seulement. Jeudi 22 janvier, une manifestation initialement déclarée en soutien au peuple kurde s’est transformée en scènes de violences urbaines dans le centre de Marseille. Selon les autorités, près de 2.500 personnes ont répondu à l’appel, mais la mobilisation a basculé : mortiers d’artifice lancés vers les forces de l’ordre, jets de projectiles et mobilier urbain dégradé ont marqué les débordements. La préfecture a confirmé au moins 10 policiers blessés et plusieurs interpellations en marge de ce rassemblement devenu incontrôlable.
C’est possible de manifester sans tout casser ?
— Matthieu Valet (@mvalet_officiel) January 22, 2026
À Marseille, des activistes kurdes ont ravagé le centre-ville et attaqué les policiers.
Tout saccagé, tout détruit : lunaire 😱.
Il est urgent de créer “une taxe casseur” :
“t’es chopé à casser, t’es amené à tout payer”, point ! pic.twitter.com/iXnb1JRs4k
Les transports en commun ont été perturbés, des vitrines brisées et des caméras arrachées, tandis que certains quartiers ont vécu des scènes dignes de zones de guerre plutôt que de rues françaises pacifiées.
Deux jours auparavant, à Villiers-le-Bel, un groupe d’une cinquantaine d’individus, revenant vraisemblablement d’un rassemblement identique, a incendié des poubelles et bloqué la circulation, avant que les policiers ne soient pris pour cible par des jets de pierres et de mortiers. Là encore, huit personnes ont été interpellées et onze agents blessés, dont deux transportés à l’hôpital.
À l’origine de cette mobilisation, il y a le nouveau chaos syrien : un cessez-le-feu annoncé reste fragile, l’avenir des forces kurdes est incertain et la question des prisonniers de l’État islamique détenus dans la zone continue d’inquiéter. C’est ce contexte, loin du Vieux-Port, qui a servi de détonateur aux rassemblements de soutien en France.
Une récurrence inquiétante : Dijon, Décines…
Ces épisodes s’inscrivent dans une répétition plus large. En juin 2020 à Dijon, des affrontements intercommunautaires entre Tchétchènes et Nord-Africains avaient plongé la ville dans plusieurs nuits de violences. Le quartier des Grésilles était devenu le théâtre d’expéditions punitives, avec des groupes organisés, parfois armés, venus de plusieurs régions. On évoquait alors 150 à 200 personnes impliquées, des incendies, des dégradations et des affrontements directs avec les forces de l’ordre. Bilan : au moins dix blessés en quelques jours, et une situation suffisamment explosive pour que l’État déploie de lourds renforts (CRS, gendarmes mobiles, unités spécialisées) afin de reprendre le contrôle du terrain. Dans la foulée, plusieurs interpellations ont été effectuées, illustrant une réalité désormais familière : quand des logiques communautaires s’enclenchent, la rue française devient le décor d’un conflit qui n’aurait jamais dû y être rejoué.
Ce même fil de tension avait déjà trouvé un écho en juillet 2020, à Décines-Charpieu, où un cortège pro-Arménie avait été perturbé par des militants ultra-nationalistes turcs, créant panique et climat hostile sans bilan officiel chiffré.
Le sport devient lui aussi vecteur de tensions importées
La violence importée ne se limite pas aux causes politiques. Le football, lui aussi, sert parfois de chambre d’écho pour des passions extérieures qui débordent en France.
Soutien aux marins pompiers et forces de l’ordre engagées sur les lieux en ce moment même. Vive condamnation de ces débordements qui touchent riverains et commerçants du centre-ville. Aucune réaction de @BenoitPayan. https://t.co/OoFTPmMsZ0
— Une Volonté Pour Marseille (@UVPMarseille) January 22, 2026
À ce sujet — Football : quand la fête vire au chaos en France, après une victoire de l’Algérie
Lors de la CAN 2025–2026, plusieurs rencontres impliquant l’équipe d’Algérie ont donné lieu à des scènes de débordements et d’affrontements avec les forces de l’ordre dans plusieurs villes françaises. Après la victoire des Fennecs face au Burkina Faso, le 28 décembre, des heurts ont éclaté à Lille, Roubaix, Lyon, Marseille et Toulouse, marqués par des tirs de mortiers d’artifice vers les policiers, des incendies de poubelles ou de mobilier urbain, et plusieurs arrestations.
À Lille, par exemple, une centaine de supporters ont bloqué des voies de circulation et fait usage de mortiers et fumigènes, nécessitant l’intervention des forces de l’ordre, tandis qu’à Roubaix, des objets ont été incendiés en pleine rue.
Dans le Sud, près de 800 supporters se sont rassemblés à Marseille, dégradant un tramway et affrontant les policiers avec des mortiers, tard dans la soirée.
Une France qui découvre… ce qu’elle importe
Les violences politiques ou sportives importées posent une question embarrassante pour notre pays : comment un État peut-il gérer des tensions extérieures qui se rejouent ici, dans nos rues, nos quartiers, nos centres-villes ?
Là où une manifestation peut dériver en affrontements et où une fête du ballon rond se transforme en chaos, c’est moins la passion qui s’exprime que l’importation de conflits et de divisions étrangères. Les scènes de Marseille, comme les débordements post-CAN, rappellent que nos espaces publics deviennent parfois le prolongement symbolique, et parfois brutal, de tensions qui n’appartiennent à aucun projet collectif français.
Et si, ironiquement, la France n’a pas vocation à devenir l’arrière-cour des conflits du monde, force est de constater que certains semblent avoir appris à importer ces tensions mieux qu’à célébrer pacifiquement une victoire sportive ou à manifester pour une cause politique. Ce n’est pas seulement une question de maintien de l’ordre : c’est une interrogation sur ce que nous acceptons, tolérons et finissons par importer dans notre vie quotidienne.
Yann Montero, dans BV
