. Contre l’avis de la France, Zelensky peut acheter des armes américaines avec l’argent de l’UE

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#webtube : Mercosur, Ukraine : l’avis de la France, désormais, tout le monde s’en fout. L’Union européenne n’abandonne pas l’effort de guerre. Elle combattra jusqu’au dernier centime du dernier contribuable – à qui il n’est pas question de demander son avis, bien sûr. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’a affirmé ce mercredi : 90 milliards d’euros de fonds européens vont être « débloqués », selon la formule consacrée, au profit du gouvernement ukrainien. Les scandales de corruption ? Pensez donc ! On ne va pas s’arrêter à ça. L’argent doit pouvoir continuer à couler à flots, et on verra plus tard à quoi il aura servi.

Un prêt de 90 milliards d’euros

En l’occurrence, sur les 90 milliards promis, 60 pourront être employés au renforcement des capacités militaires ukrainiennes. Les 30 milliards restants iront au renforcement de l’Etat de droit et à la lutte contre la corruption. Arroser d’argent magique l’un des pays les plus corrompus d’Europe, pour qu’il renforce ses capacités de lutte contre la corruption, il fallait être commissaire européen pour y penser. Ce petit détail mis de côté, il reste donc 60 milliards à dépenser dans l’armement. La priorité est accordée aux industries d’armement des pays de l’UE, a ajouté Mme von der Leyen, qui entend probablement affirmer ainsi qu’elle n’oublie tout de même pas les intérêts économiques du Vieux Continent. Jusque-là, pas de problème ou presque. On peut évidemment critiquer le réflexe de la Commission, qui fait systématiquement les poches des Européens sans les consulter, pour renforcer les capacités d’un régime ukrainien qui, objectivement, est en train de perdre tactiquement. En revanche, c’est plutôt sympathique de profiter de ce hold-up pour donner un coup de pouce à l’industrie de défense.

À ce sujet — Grande seigneuresse, Ursula von der Leyen « prête » 90 milliards à l’Ukraine

Mais – car il y a un mais – Ursula von der Leyen s’empresse de préciser que, si les pays européens ne sont pas en mesure de répondre à une demande spécifique de l’Ukraine, il sera possible « à l’occasion » d’acquérir du matériel ou de l’armement en-dehors de l’Europe. Ah. A l’occasion. On ne sait pas bien quelle pourrait être cette occasion, ni dans quelles proportions l’Ukraine pourrait être exemptée d’achats prioritaires auprès de l’UE. Ce qui est certain, c’est que l’Ukraine, qui achète une grande partie de son matériel militaire aux Etats-Unis, avait insisté pour être exemptée de cette clause prioritaire, alors que la France, au contraire, avait plaidé pour une exclusivité européenne. Avec cette réponse mi-figue mi-raisin, Ursula von der Leyen ouvre, non sans une certaine fourberie, une porte vers le commerce entre l’Ukraine et le complexe militaro-industriel américain.

D’hypothétiques remboursements

Résumons cette triste histoire en deux phrases : l’UE va prêter 90 milliards d’euros à l’Ukraine, prélevés sur le budget des Etats, dont 30 pour « l’Etat de droit » et 60 pour acheter du matériel militaire. Cet argent européen pourra, dans des « occasions » qui ne sont pas définies, servir à acheter du matériel militaire américain. Voilà, tout simplement. Et dans cette affaire, on peut encore noter deux petites choses avant de conclure. D’abord, trois pays (Hongrie, République tchèque et Slovaquie) ont obtenu d’être exemptés de ce mécanisme de prêt. Comme quoi, quand on veut… Et ensuite, ce prêt ne sera remboursé par l’Ukraine que lorsque la Russie aura versé des réparations au régime de Zelensky. Autant dire pas tout de suite…

Outre le caractère immoral de ce prélèvement arbitraire et bien peu démocratique, outre le caractère hypothétique des remboursements, et même outre le fait que l’argent de l’Europe servira à payer l’armement fabriqué par les Etats-Unis, la conclusion la plus grave nous concerne. La France voulait, pour une fois, une forme de souveraineté européenne, une exclusivité de l’UE sur l’achat de matériel militaire. Mais c’est comme pour le Mercosur : l’avis de la France, désormais, tout le monde s’en fout.

Arnaud Florac, dans BV

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