. Voyage dans les années 80 : et maintenant, une journée d’hommage aux travailleurs immigrés…

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#webtube : C’est une résolution proposée par le groupe écologiste à l’Assemblée nationale. L’info nous avait échappée avec les « fêtes de fin d’année » : le groupe écologiste à l’Assemblée nationale a déposé le 12 décembre dernier une proposition de résolution sur laquelle il peut être intéressant de se pencher deux petites secondes. Il s’agit, dans ce texte, de demander « l’instauration d’une journée nationale d’hommage aux travailleurs immigrés de l’après-guerre ». Nous parlions, il n’y a pas si longtemps, de ce Haut Commissariat à la Diversité, que veut créer Emmanuel Macron. Ce nouveau délire nous renvoyait tout droit à l’antiracisme béat des années 80, disions-nous alors. Il semble que cette mode nostalgique ait touchée aussi les écolos avant Noël. Regardons cela.

Dans leur texte, les signataires de la proposition récapitulent les principaux motifs d’instauration d’une telle journée. On connaît déjà l’essentiel de ces éléments de langage : « Des milliers d’immigrés ont relevé la France à bout de bras » ; ils « ont rejoint la France qui voyait en eux les bras qui, à moindre coût, lui permettraient de se relever de la Seconde Guerre mondiale ». Plus encore : « À la fin des années 70, les travailleurs immigrés avaient construit un logement sur deux et 90 % des autoroutes ». Arrêtons-nous là pour l’instant : les travailleurs immigrés ont relevé la France (qui ne pouvait donc rien faire sans eux), une France qui, de son côté, n’était pas dans une logique d’accueil mais de « moindre coût ». Salauds de Français, décidément, puisque les immigrés ont construit 90 % des autoroutes – tour de force, au passage, puisqu’ils étaient quelques « milliers ».

« Métissage de notre société française »

Le texte se poursuit et nous permet d’y voir plus clair : « Leur héritage est aussi celui du métissage de notre société française puisque, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 7 millions de personnes en France (hors Mayotte) ont au moins un parent immigré ». Et pour les presque 60 millions de Français qui n’ont pas la chance d’avoir « au moins un parent immigré », ils iront se faire voir. L’agenda idéologique est clair : la société française doit être présentée comme métissée depuis longtemps, afin de s’assurer, complète le texte, « qu’aucun discours, d’où qu’il vienne, ne pourra remettre cela en cause ». D’où qu’il vienne : suivez tout de même leur regard, on a très bien compris.

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Intéressant : cette énième journée bien-pensante ne concernerait que l’immigration d’après-guerre, c’est-à-dire une immigration essentiellement subsaharienne et maghrébine, qui a presque aussitôt profité des largesses du regroupement familial. Pour les Italiens (dont deux tiers sont repartis en Italie), pour les Arméniens ou les Polonais, par exemple, rien.

En somme, dans ce projet archaïque, qui rappelle les scénarios des séries de France TV dans les années 90 ou les marches de « Touche pas à mon pote », il y a le clientélisme habituel de la gauche. Si cette résolution venait à prospérer jusqu’à devenir une loi, il y aura une nouvelle journée pour demander pardon, une nouvelle occasion de critiquer l’administration coloniale (que le texte, bien sûr, égratigne au passage)… Sandrine Rousseau figure parmi les signataires de cette proposition de résolution : la seule surprise, c’est qu’il n’y ait pas un mot sur l’oppression systémique des femmes sur les chantiers de BTP des Trente Glorieuses. En termes de distorsion du réel, on n’en serait plus à ça près.

Ah oui, une dernière chose, un détail de cette histoire : cette résolution propose de fixer cette journée au 1er janvier. On laisse au lecteur le soin de découvrir la raison de ce choix judicieux. Le 25 décembre, ça aurait été bien aussi. On se demande pourquoi ils n’y ont pas pensé…

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